Malgré la circulation intense sur les grandes artères de Varsovie, Léon Nowinski est serein : son GPS lui indique qu’il arrivera avec une minute d’avance à la réunion où il doit présenter les esquisses de la nouvelle étiquette pour un jus de chou fermenté que sa boîte va bientôt lancer sur le marché.
Le 25/08/2023 à 12:43 par Mimiche
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25/08/2023 à 12:43
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Aussi est-il très surpris par les coups de klaxon énervés que lui adresse l’énorme 4x4 qui arrive derrière lui et qui, malgré l’impossibilité de lui dégager la voie, menace de lui rentrer dedans. Dans le rétroviseur, il voit le conducteur hurler et taper du poing sur le volant. Jusqu’au moment où le bus, à côté de lui, lui laisse un espace pour se rabattre. Il voit alors le véhicule foncer à toute allure sur la voie libérée.
Très agacé, Léon décroche son téléphone pour avertir la police de ces comportements dangereux quand il voit le véhicule s’empaler sans ralentir sur le rail de sécurité dans une gerbe d’étincelles, le déchirer comme une vulgaire feuille de papier, passer par-dessus et partir s’écraser plusieurs mètres plus bas en contrebas de la voie rapide aérienne.
À Meganews.pl, pendant ce temps, Julita Wójcicka se félicite du succès de l’article qu’elle vient de poster : les compteurs indiquent que de très nombreux internautes ont cliqué pour le lire. Une piètre satisfaction pour elle qui, faute d’avoir trouvé une embauche dans un vrai journal d’investigation, devait se contenter de sensationnalisme peu reluisant dans un journal de deuxième voire de troisième ordre…
Sur le site de l’accident, la police est arrivée rapidement. Avec son collègue, Radek Gralczyk s’affaire aux premières constatations et découvre rapidement que le chauffeur, qui n’a pas survécu à l’accident, n’est autre qu’une vedette très, très connue de la télévision où elle animait des émissions à succès avec des enfants invités à raconter leurs rêves que l’animateur se chargeait de transformer en réalité pour le plus grand bonheur des enfants, certes, mais aussi des parents.
À Meganews.pl, la chef de Julita lui confie déjà l’exclu dont un indic vient d’informer la rédaction : Ryszard Buczek vient de décéder dans un terrible accident de la circulation sur une voie rapide de Varsovie. Julia est donc chargée de lancer le scoop dans les cinq minutes pour profiter de ces quelques instants d’avance sur la concurrence et des photos inédites que le photographe dépêché sur place par le journal va lui envoyer. L’occasion que la jeune femme n’osait espérer.
Malgré la piètre qualité de son article, celui-ci, aidé en cela par la notoriété de la victime, déclenche un volume de clics impressionnant et des commentaires de toutes natures à foison. Dont certains mettent en doute l’accident et, dans un bel élan de complotisme aigu, crient à l’accident provoqué.
Dégagé du stress de l’urgence, Julita, en observant plus calmement les photos reçues, ne peut s’empêcher d’être intriguée par des détails, certes anodins, mais cependant anachroniques.
Avec l’accord de sa chef, mais en dehors de ses heures de travail pour Meganews.pl, Julita se met en quête d’éléments susceptibles de faire disparaître en elle cette « impression que quelque chose n’était effectivement pas net ».
Le point de départ d’évènements qu’elle n’aurait jamais pu imaginer et qui viennent bouleverser son quotidien.
Superbe bouquin. Superbe traduction de Kamil Barbarski.
Si vous avez encore des doutes sur les surprises à attendre de la société informatisée que nous concoctent les grandes entreprises du numérique, ce livre va vous remettre les compteurs à l’heure.
Déjà, le fait que Jakub Czamałek soit justement un professionnel de ces techniques contribue à donner à l’intrigue une réalité que la pure science-fiction avait un peu de mal à rendre aussi terriblement concrète, laissant au lecteur une place pour se convaincre que les auteurs « en faisaient un peu trop » !
Aujourd’hui que la commande à distance des volets roulants de votre domicile est passée au rang des gadgets d’une banalité crasse, que craquer tous les systèmes de sécurité, tous les « firewalls »,… est tellement à la portée du premier hacker venu, nous ne sommes même plus étonnés d’apprendre par la radio qu’un hôpital a été piraté et rançonné après avoir été plongé dans le noir informatique le plus total au risque de mettre en danger la vie de tous ceux qui sont sous surveillance médicale assistée par ordinateur.
Croyez-moi, si vous avez encore des inquiétudes quant à la fragilité de tous les mots de passe que chaque organisme avec lequel vous êtes en relation, vous impose, préférant prendre contact avec vous via son site internet plutôt que par du personnel (trop cher et, en plus, susceptible de se mettre en grève sans crier gare), vous n’allez pas être rassurés par ce roman qui vous transportera dans un présent qui déjà me dépasse… Et me fait regretter chaque jour un peu plus ma vieille 2CV dont le moteur rustique n’était pas soumis aux humeurs d’un ordinateur de bord très susceptible sinon fantasque ! Voire passif au point de se laisser dicter des règles de conduite par un étranger plutôt mal intentionné.
Alors, oui, n’hésitez pas à vous plonger dans cette histoire rocambolesque (et pourtant…) qui ne recule pas devant l’option de faire parler les morts : à l’évidence, nous avons largement dépassé les frontières du possible que le commun des mortels est tout juste en situation de saisir. L’immense Far West qui s’ouvre devant nous a déjà franchi le seuil de notre quotidien…
Une façon magistrale de nous dessiller les yeux !
À lire absolument. Et notons que la version poche sera en librairie le 6 octobre prochain.
Par Mimiche
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 09/09/2022
462 pages
Editions Métailié
22,90 €
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5 Commentaires
Jérôme Stridon
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"Superbe traduction.", écrivez-vous.
On peut trouver étrange d'estimer la traduction "superbe" mais de ne pas se donner la peine de rendre à César ce qui appartient à César : la traduction est en l'occurrence l'œuvre de Kamil Barbarski.
#LesTraducteursExistent
Team ActuaLitté
26/08/2023 à 14:38
Bonjour
Le nom du traducteur est indiqué dans la fiche ci-dessous.
Il n'y a pas d'oubli. Nous l'ajoutons plus visiblement.
Jérôme Stridon
26/08/2023 à 19:57
Oui, je sais que vous vous dédouanez de citer le nom du traductaire dans le corps de vos recensions parce qu'il est indiqué "dans la fiche ci-dessous", celle que la plupart de vos lecteurs ne lisent pas, à mon avis (la fiche en question arrive après la section commentaire et après 4 liens publicitaires illustrés. On voit dans quel estime vous tenez les autrices et auteurs de traductions pour prétendre les citer quand faire apparaître leur nom est moins prioritaire que les pubs.)
Je le sais même tellement bien que j'avais vérifié avant d'écrire mon commentaire, et le nom de Kamil Barbarski ne figurait pas à ce moment-là sur la fiche...
Team ActuaLitté
27/08/2023 à 00:27
Merci donc d'avoir redressé un tort et de chercher à faire d'une exception une généralité avec une certaine agressivité et une ignorance volontaire de tout le travail effectué par la rédaction, justement pour la reconnaissance du métier de traducteur.
Vos observations reposant sur un jugement et des accusations à l'emporte-pièce, pesantes de sous-entendu, n'hésitez pas à passer à la rédaction, pour une vraie conversation, plus honnête.
Excellente fin de journée.
Jérôme Stridon
28/08/2023 à 09:06
"Plus le chien a tort, plus il aboie fort", disait ma grand-mère. Ce n'est pas en m'agressant ("ignorance volontaire", "accusations à l'emporte-pièce", sous-entendu de malhonnêteté, et... "certaine" agresssivité, le comble, vu les noms d'oiseaux dont vous me qualifiez) que vous aurez raison. Je cite des faits, vous me répondez par des déclarations d'intention.
Je lis ActuaLitté depuis des années, aussi n'en ignoré-je pas les papiers sur le travail, le métier et la reconnaissance des traductaires, même si je ne peux m'empêcher de remarquer que ledit métier ne figure pas parmi les 9 entrées de votre menu "Métiers", sans doute faut-il comprendre qu'il est inclus dans "Auteurs", puisque les traducteurs sont des auteurs.
La première reconnaissance consiste toutefois à ne pas les invisibiliser, et donc à les CITER.
Croyez-vous vraiment que donner leur nom en fin de page, après le papier et les éventuels commentaires, en reléguant l'information au même niveau que le prix, la date de parution et le nombre de pages du livre (les informations "techniques", peut-on dire), juste avant les liens affiliés, contribue à cette "désinvisibilisation" ?
Un tel comportement n'est pas une exception sur ActuaLitté, plutôt la généralité.
Il semblerait que citer systématiquement le nom du/de la traducteur/rice dans le corps de la recension vous soit impossible, pourquoi donc ?