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Emmanuel Macron accorde 100 millions € aux éditeurs (MàJ : ou pas ?)

Nicolas Gary - 19.05.2020

Edition - Economie - éditeurs 100 millions - Emmanuel Macron éditeurs - aide trésorerie éditeurs


Interrogé par la députée Géraldine Bannier, lors d’une séance à l’Assemblée nationale ce 19 mai, Franck Riester a décidé de faire des déçus. En nombre. Alors que l’industrie du livre s’apprêtait à dégainer une pétition réclamant une aide de 500 millions € à l’État, le locataire de la rue de Valois annonce une enveloppe de 100 millions €.


 

Les Français ont trouvé refuge dans la lecture, annonce la députée — en effet, ils ont lu 2,5 livres en moyenne durant le confinement, selon un sondage Harris/ActuaLitté. La députée énumérant les différentes aides disponibles pour la filière livre, demandait au ministre quelle serait l’aide pour l’industrie. 

Franck Riester revient lui aussi sur l’attachement des Français « à la littérature, au secteur du livre ». Secteur très touché par la crise, le ministre salue les libraires, certains d'entre eux, qui ont su s’organiser pour mettre en place des systèmes de livraison ou de retrait de commande. Une « capacité à s’adapter », également louable, dans cette réouverture dans des conditions de sécurité optimale.

Les dispositifs transversaux mis en place et qui auront permis une première vague d’aides pour les professionnels, sont également mis en avant.

« Aujourd’hui, nous devons absolument donner les moyens à ce secteur de pouvoir rebondir », reprend le ministre. Il s’agira d’aides à la trésorerie, « notamment pour les éditeurs », et à ce titre, un fonds de plus de 100 millions € a été décidé par Emmanuel Macron. Le tout sera géré par l’IFCIC.

Un plan de filière global est également en cours d’élaboration avec Bruno Le Maire, ministre de l’Économie « et que nous annoncerons dans les semaines qui viennent ».  
 

 

Toute la question est de savoir si les 500 millions € d'aide, évoqués par Antoine Gallimard dernièrement, seront bel et bien validés dans une enveloppe plus globale. Ou si l'industrie ne bénéficiera que de ces 100 millions €. Trop de questions encore : nous avons sollicité le ministère de la Culture pour avoir plus de détails.

 

mise à jour : 


Contrairement à ses bonnes habitudes, la rue de Valois – le ministre en personne – a apporté des précisions. Et nous n'aurions rien compris des déclarations faites devant les députés, pourtant disponibles en vidéo ci-dessus : 
 


Les propos rigoureusement exacts sont : « Ça passe par des moyens en termes de trésorerie, notamment pour les éditeurs, et c’est le fonds de 100 millions € qui a été décidé par le président de la République, géré par l’IFCIC pour permettre les moyens financiers spécifiques pour le secteur du livre, et notamment les éditeurs. » Ce qui ne ressemble en rien aux propos du tweet que le ministre nous a adressé – voire même, serait contradictoire...

Et à cela, s’ajoute donc le plan de filière global, qui sera dévoilé dans les prochaines semaines. Rappelons qu’au 20 avril, le ministre de la Culture promettait « un puissant plan de relance » pour les librairies. Dont le détail reste encore à présenter et les modalités toujours inconnues.

La réponse formulée à l'Assemblée nationale portait sur l'industrie du livre, faut-il le rappeler, et non sur les entreprises culturelles et créatives. On notera d'ailleurs que pour une aide sous la forme de prêts – ce qui n'était pas précisé à l'Assemblée –, ces 100 millions € étaient particulièrement fléchés vers les éditeurs.



Commentaires
... et pour les auteurs ...
Comme les autres aides je suppose que les éditeurs indépendants passeront à travers. Beaucoup d'effet d'annonce, des belles décisions mais toujours pour les mêmes. Il y en a, comme nous, qui doivent se débrouiller seuls avec un chiffre d'affaires égal à zéro.

C'est pas grave, personnellement je n'écoute même plus les belles choses promises.
Belle promesse, seul les ogres en profiteront, l'enveloppe sera vide pour les petits éditeurs... et oui ;-(
Bonjour nous n'avons pas eu droit aux aides déjà annoncées (fonds de solidarité ou CNL) alors on suppose que les millions annoncés iront toujours aux mêmes...ceux qui ont le plus gros chiffre d'affaires et les autres pourront faire faillite sans que personne ne s'en tracasse...tant qu'y a "des livres", pas vrai...
Dans le cas d'argent public, ce serait bien de savoir où va l'argent... D'ailleurs sur le sujet j'attends toujours un retour du ministère de la culture pour les bourses fadel (vous je ne sais pas mais je n'ai trouvé aucun auteur qui se vante de les avoir touché, étrange non? Moi ça me rendrais fière, une manière de reconnaître mon travail qui n'en est pas un pour la SGDL par exemple... Et à qui vont aller ces 100 millions?! Avec des critères hallucinants encore? Comme pour les auteurs? M'est avis que c'est le moment de demander la transparence des comptes publics de la culture...
Quand on voit les critères exigés pour l'obtention d'aides (FADEL, covid-19 etc.), on se dit qu'on marche sur la tête. Ces mesures s'adressent surtout aux grandes maisons d'édition, tandis que les indépendants se décarcassent pour ne pas mourir. Ainsi, on assiste à une uniformisation culturelle, avec des lignes éditoriales identiques. L'originalité disparaît au profit d'une homogènéité bien déprimante.
Il y a encore des gens qui écoutent (et croient) Riester?
Je pensais avoir fini d'entretenir les éditeurs, voilà qu'ils ne se contentent plus de manger sur le dos des auteurs mais qu'ils s'en prennent à l'argent public, donc à tout le monde. Parasitisme des élites, tout à fait dans le goût de Macron.
Pourquoi ne pas faire la grève des manuscrits ? Sans manuscrits ils sont quoi les éditeurs ? Ils ne comprennent que les rapports de force ? Soit, imposons-leur le nôtre. Le manuscrit c'est notre seule arme, alors saisissons-là et négocions collectivement pied à pied. Mais non, on a trop peur de leur jugement, on est assujetis à leur reconnaissance éternelle, à leur adoubement.

Auteurs, affranchissons-nous de l'emprise du syndrome "de la blouse blanche" (docteurs, prêtres, éditeurs...) dont on attend qu'ils nous jugent, et gagnons notre liberté d'auteurs! Sans ce courage envers nous-mêmes, si nous ne décidons pas de relever la tête, nous n'aurons que nos yeux pour pleurer et leur rire pour continuer de nous moquer. Et pourquoi la Ligue des Auteurs Pros n'entamerait-elle pas une telle démarche plutôt que de s'engluer dans le bourbier administratif juridique...
Une grève c'est une bonne idée mais ça ne marche que si tout le monde sans exception la fait, façon grève des scénaristes aux USA, où la WGA a permis de tout bloquer. Mais les auteurs ne sont pas représentés par une instance, plutôt plusieurs associations dont certaines, on l'a vu récemment, ne semblent pas vraiment avoir leurs intérêts à coeur et semblent plus intéressées par leur propre préservation.



Le deuxième point est qu'en qualifiant l'éditeur d'adversaire, je pense qu'on se trompe. J'ai un très bon rapport avec mon éditeur, il est honnête et droit. L'adversaire, le vrai, c'est l'état qui ne nous reconnaît rien, qui nous enfonce et nous emppêche de nous exprimer, depuis de longues années. Cette attitude culmine avec le gouvernement actuel. Ce sont des types qui n'ont rien fait pour l'hôpital public, alors imaginez-vous que des auteurs, ils n'en ont rien à foutre. Attitude évidemment illogique vu notre poids économique. Nous devons trouver un moyen d'action bloquant, comme les intermittents l'ont fait, et je pense que ça ne pourra se faire que par une forme d'action trans-plateforme réunissant les artistes en tous genres, musiciens, plasticiens, écrivains, etc etc...



Il sera temps ensuite de s'attaquer aux éditeurs malhonnêtes ou borderline, car un statut nous donnerait plus de poids.
je ne sais pas si mon éditeur est malhonnête ou pas mais ce que je sais c'est qu'il ne m'aide pas beaucoup pour ne pas dire pas du tout ... quand aux comptes...à part un petit acompte il y a bien longtemps je ne sais toujours pas ou j en suis!Mais j'ai trouvé une solution pour me sortir de ce probléme et je vais m'y attaquer dés la fin du confinement...par contre une association loyale, cela va de soi, serait une excellente action pour nous... à réfléchir et à créer???????
Je ne dis pas qu'ils sont malhonnêtes, bien sûr, mais c'est bien eux quand même qui nous font signer sourire aux lèvres un contrat qui prévoit un droit d'auteur de 10% (au mieux), non ? Il faudrait une association d'auteurs dont l'objectif principal serait de se battre pour obtenir une part du gâteau bien plus équitable qu'elle ne l'est aujourd'hui. C'est-à-dire à mon avis proportionnelle aux ventes.
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