#RentreeLitteraire23 – Elle a mille ans, comme en attestent les sillons par centaines comme autant d’ornières sur sa peau. Dans ce nouveau roman, Isabelle Wéry nous transporte dans les paysages désertiques autant que cinématographiques de l’Andalousie. Une femme, partie en vacances, se retrouve embarquée dans une quête initiatique, à la recherche d’elle-même…
Le 21/08/2023 à 14:43 par Nicolas Gary
0 Réactions | 406 Partages
Publié le :
21/08/2023 à 14:43
0
Commentaires
406
Partages
À traîner sa carcasse dans toute l’Europa (si, si : Europa) et à travers le monde, Vanina en avait oublié de visiter l’Andalousie. Pour son anniversaire, ses neveux — cupides et intéressés par sa fortune, elle le jurerait — lui offrent un séjour à Sierra Alhamilla. Cette chaîne de montagnes au cœur de l’Espagne ne doit laisser aucun doute au lecteur : ce 21 août, le thermomètre affiche 26 °C, mais le désert n’est jamais loin.
Elle est également célèbre pour sa station thermale, où l’eau jaillit à quelque 58 °C. De quoi se brûler quand on croit approcher les lèvres d’une source naturelle…
Accueillie par Le Chat, L’Ancienne est conduite au Cortijo del pescado, un gîte pour cette échappée andalouse. Petit homme robuste avec un accent espagnol prononcé, il la conduit à travers des paysages pittoresques, jusqu’à ce paradis de maisons blanches, au jardin verdoyant — et à la piscine bleue. La Ferme du Poisson, littéralement : voilà un bel endroit pour partir à la recherche de soi-même.
Particulièrement quand on n’en avait pas le projet.
L’Ancienne est intriguée par l’histoire de l’endroit autant que par Le Chat lui-même. Malgré une défiance immédiate — serait-il de mèche avec les affreux, affreux neveux ? — elle apprécie progressivement sa compagnie et la beauté des lieux. Entre les bruits du désert, sa végétation étonnante et ses créatures, humaines ou animales, des plus déconcertantes, il ne manquerait plus qu’un fantôme pour que le séjour de Vanina se change en aventure mystique.
Voilà qui tombe à pic : un Marin Mort (d’avoir été emmuré) ferait jouer ses chaînes chaque nuit.
« En un mot, l’endroit est sublimissime. Dans un écrin de rochers rouges et de verdure, deux maisons blanches aux formes cubiques sont posées. Un grand jardin de gazon vert les sépare. Une piscine d’eau très bleue y est creusée. Ici, les bruits du monde sont étouffés. Seuls des sifflets stridents d’oiseaux invisibles percent l’horizon.
Le sprint du temps semble arrêté. Un plan d’eau couvert d’un bouquet de nénuphars roucoule. Des poissons barbotent. Un léger souffle de vent dorlote les cimes de quelques eucalyptus. Des palmiers lourds de dattes orange grincent doucement comme de vieilles barques amarrées. Pas de doute, je suis déjà au paradis ! »
– Rouge Western
Vanina, L’Ancienne, aura bien des choses à nous apprendre sur son existence, comme cette relation toxique avec un certain Sergio. Elle qui use de réseaux sociaux pour donner l’image d’une bimbo aux seins fermes « comme des pommes », se laissera embarquer dans une traversée, littéralement, du désert. Remonter son temps intérieur et le fil de ses souvenirs, pour gagner une nouvelle conscience et une compréhension plus profonde de soi…
Un roman de la vengeance qui se découvre à elle-même, une femme que transcende un #MeToo survenu par théophanie. Ou comment le désert grâce à la parole — comme le disent les termes hébreux Dabar et Midbar, soulignait Edmond Jabès — est le lieu de la révélation. Western moderne, assurément.
Vanina, quelque part entre la Valkyrie aux mille combats et une Lilith ayant résolument abandonné Adam incarne superbement cette figure mythologique grecque des Graiai : ces êtres incarnant la beauté de la jeunesse et la laideur des derniers âges.
L’Ancienne, claire et obscure, grotesque et sublime : toute hugolienne.
DOSSIER - Rentrée littéraire 2023 : découvertes et coups de cœurs
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Paru le 31/08/2023
281 pages
Au Diable Vauvert
20,00 €
Paru le 01/06/2013
178 pages
Maelström (Editions)
15,00 €
Paru le 09/03/2006
149 pages
Editions Labor
14,00 €
Plus d'articles sur le même thème
Il suffit de quelques pages pour comprendre que L’Avant-poste (trad. Raphaëlle Pache) n’est pas un simple roman d’anticipation. C’est un territoire. Un monde clos, poisseux, saturé de brouillard et de non-dits, où l’Histoire a reculé jusqu’à se figer. D’emblée, Glukhovsky plante le décor avec force : « L’immense pont s’enfonce dans une vase glauque, dans un épais brouillard empoisonné, s’y dissout peu à peu et disparaît complètement. » Tout est là : la frontière, l’interdit, la peur de ce qui se trouve “de l’autre côté”.
16/01/2026, 10:33
Oubliez les dorures, les poignées de main chorégraphiées et les communiqués aseptisés : Accréditée vous propulse dans l’arrière-boutique du pouvoir, là où ça sue, ça ruse et ça verrouille. Ania Nussbaum écrit comme on infiltre un bunker, carnet en bandoulière et lucidité en alerte maximale. Ici, l’Élysée n’est pas un symbole, mais une machine nerveuse, parfois parano, souvent fascinante. Un livre qui ne murmure pas : il observe, il note, il appuie là où ça fait mal.
16/01/2026, 10:30
Une lecture éprouvante, à l'image du destin de Rose, mais un salutaire devoir de mémoire avec le rappel de l'histoire récente de l'île de La Réunion et de la sinistre affaire des « enfants de la Creuse ».
15/01/2026, 13:04
Il y a des romans qui happent sans élever la voix. Et ça secoue. Le Voile des illusions (trad. Carine Chichereau) sera à ajouter au compte : le texte avance, et c’est nous qu’il déshabille. Anna, à quarante-cinq ans, enquête sur sa propre trajectoire — non pour dresser un dossier, mais pour comprendre la part souterraine des choix.
15/01/2026, 11:03
Impossible de rester simple spectateur devant Une main vers le ciel : Jean-Christophe Boccou vous attrape par le col et vous installe, d’emblée, dans la tête de Khieu, seize ans, Phnom Penh, avril 1975. « La guerre est finie ? Tu n’y crois pas beaucoup. Tu n’y crois pas du tout. » « Les doctrines changent, les mains aussi, mais il y a toujours une lame, et une gorge coupable à trancher – au nom de la justice, au nom de la sauvegarde du régime, au nom du nom. » À paraître le 5 février. Par Jérôme Bosch.
14/01/2026, 16:19
Il suffit de quelques pages à Aurore pour installer un climat de tension sourde, presque organique. Un appel nocturne, un réveil brutal : « Le téléphone laisse échapper deux courtes sonneries et Mélanie l’a déjà saisi, par réflexe. » En quelques lignes, le lecteur est plongé dans une mécanique d’urgence, rythmée par l’épuisement et la responsabilité. Le roman s’ouvre sur cette cadence heurtée, qui ne cessera plus de structurer le récit. À paraître le 6 février.
13/01/2026, 15:29
Avant même le premier corps, il y a une panne. Et quelle panne… « Soixante-treize heures d’affilée, ça fait tout de même un peu long pour une seule et même coupure de courant. » Le ton est donné : sec, drôle, lucide. À Beyrouth, l’électricité n’est pas un confort ; c’est une humeur nationale. « Routine absurde qui rythme leurs journées, à lui comme aux deux millions d’habitants de la capitale. » À paraître le 5 février.
13/01/2026, 11:28
Il est des livres qui ne racontent pas une vie : ils l’approchent à pas feutrés, comme on entre dans une clairière en retenant son souffle. Le Souffle de la forêt relève de cette catégorie rare. Simonetta Greggio n’écrit pas sur Simona Kossak ; elle marche à ses côtés, dans une prose habitée, charnelle, attentive au moindre frémissement. Dès les premières pages, le ton est donné : « Elle n’a que la peau, les os et un nom de famille. » Tout est là : la nudité, la résistance, l’essentiel. À paraître le 21 janvier.
12/01/2026, 09:34
Il suffit parfois de quelques mots, répétés comme un mantra fragile, pour faire vaciller toutes les certitudes. J’t’aime encore part de là. D’un aveu simple, presque banal, mais chargé d’un vertige immense. Dès l’ouverture, le lecteur est happé par cette voix qui s’adresse à un « vous » complice, embarqué dans une traversée intime du couple, du temps qui passe et des rêves qu’on réaménage plutôt qu’on n’abandonne. À paraître le 6 février.
09/01/2026, 10:47
Matthias Zschokke aime les personnages qui trainent derrière eux une vie banale faite de tâches ingrates et répétitives dans une administration quelconque, des personnages qui semblent ne pas exister, ne pas avoir d’emprise avec le réel. Et pourtant, dans les insignifiantes vies de ces personnages-là, existent une multitude de détails, de petits incidents qui en disent long sur un univers lunaire, poétique, à la limite de l’imaginaire. Une traduction de Isabelle Rüf. Parution le 16 janvier aux éditions Seuil.
08/01/2026, 12:02
Dès l’ouverture, Toussaint Noël frappe sans ménagement. Pas de montée progressive, pas de décor aimablement planté : une adolescente morte, une cabane sordide, un flic à bout. « Debout au-dessus du cadavre sans tête de la petite Tsvetana, treize ans… la nausée m’a submergé ». Tout est là : la violence du monde, l’usure morale, et cette ligne de fracture à partir de laquelle plus rien ne sera réparable. À paraître le 18 février.
08/01/2026, 10:20
Il y a parfois une photographie d’enfance qui suffit à contenir toute une vie. Pour Anthony Hopkins, ce cliché pris sur une plage galloise en 1941 devient le point d’ancrage d’une autobiographie construite comme un long retour vers l’enfant inquiet qu’il fut. « Aujourd’hui, à l’âge de quatre-vingt-sept ans, il m’arrive parfois de regarder cette photo, et j’ai alors envie de dire à ce petit garçon perdu : “On s’en est pas trop mal sorti, petit.” » L’incipit donne le ton : ni triomphe, ni règlement de comptes, mais une tentative de compréhension
07/01/2026, 11:20
PF Radice signe une très belle adaptation du roman noir de Richard Morgiève (Le Cherokee) : « L'histoire d'un shérif et d'un agent du FBI sur les traces d'un tueur et d'une bombe ». Une relecture originale et très convaincante.
06/01/2026, 13:05
Dès les premières pages, La Double Vie de Jesús (trad. Francois Gaudry) installe un malaise discret, presque feutré. Rien de spectaculaire, pas d’entrée fracassante : tout commence dans la banalité d’un matin ordonné, rythmé par le pédalage d’un vélo d’appartement. Pourtant, derrière cette scène anodine se dessine déjà une fissure. Jesús Pastrana, quadragénaire méthodique, commissaire aux comptes irréprochable, rêve de justice et d’ordre dans un Mexique rongé par la corruption.
06/01/2026, 11:02
Il y a des livres qui racontent une existence : La Vie entière fait plus que cela : il la précède, l’embrasse, l’invente avant même qu’elle n’advienne. Dès l’incipit, une voix féminine s’impose, vibrante et pressée, comme si le temps manquait déjà. « J’ai des souvenirs d’avance. Je les écris dans le désordre, très vite, pour rester vivante. » Tout est dit, ou presque : l’urgence d’écrire, la peur de disparaître, et cette intuition que la vie ne se déroule pas toujours dans l’ordre attendu Sortie le 2 janvier.
01/01/2026, 16:14
Comme il est bon de ne plus craindre la mort propose un texte de témoignage rigoureux, mais aussi comme une construction narrative solide, où chaque scène nourrit une réflexion plus large sur la guerre, la responsabilité et la lucidité politique. Un livre qui ne cherche pas à convaincre par l’émotion seule, mais par l’accumulation patiente des faits — et des voix.
01/01/2026, 10:52
Roman de la parole différée, Chimère explore les zones grises de la filiation, de la responsabilité et de la vérité. Rien n’y est livré de front. Tout se gagne par patience, par écoute, par méfiance aussi. Julie Wolkenstein signe ici un texte exigeant, qui fait de la narration elle-même un objet de suspicion — et de fascination. À paraître le 2 janvier.
01/01/2026, 10:40
Certains romans s’ouvrent comme une porte sur un paysage : Nos héritages (trad. Marguerite Capelle) commence comme une respiration. Avant même que l’intrigue ne se noue, Anna Hope installe un lieu, un rythme, une sensation d’épaisseur du temps. « Le jour n’est pas encore levé », écrit-elle, et tout est déjà là : la terre humide, la maison ancestrale, la fatigue sourde des vivants et la présence insistante des morts
29/12/2025, 12:47
Sans effet de manche, Les mots qui tuent propose une cartographie précise d’un phénomène encore mal compris. Il ne cherche ni l’indignation facile ni la démonstration spectaculaire. Il s’attache, méthodiquement, à rendre lisible l’invisible — et à rappeler que, parfois, les mots suffisent à tuer. Par Lucy L. Sortie le 21 janvier.
29/12/2025, 11:03
L’Attrape-mots avance par touches successives, sans chercher l’effet. Il interroge ce que peuvent les mots face à la perte, comment la littérature devient un outil de respiration quand le souffle manque. « J’ai perdu connaissance au milieu d’une phrase », écrit Jade. Et tout le roman semble répondre à cette suspension, en tentant, phrase après phrase, de reprendre l’air. À paraître le 21 janvier 2026.
27/12/2025, 16:12
Bad Hombre (trad. Aloïse Denis) n’est ni un pamphlet ni un manifeste. C’est un texte inconfortable, volontairement instable, qui interroge les certitudes morales de son temps. En refusant la position de surplomb, Pola Oloixarac propose une analyse sans mode d’emploi, attentive aux contradictions et aux dérives possibles d’une justice devenue virale. À paraître le 15 janvier.
25/12/2025, 21:29
Roman épistolaire au long cours, La Correspondante (trad. Leïla Colombier) déploie une intrigue patiente, presque silencieuse, fondée sur un geste en voie de disparition : écrire des lettres. Le récit s’ouvre sur un rituel immuable. « Le lundi, autour de dix heures ou dix heures et demie, Sybil Van Antwerp s’assoit à son bureau. La correspondance constitue sa façon de vivre. » Voilà qui pose l’écriture comme mode d’existence, comme rempart contre l’effacement. À paraître le 8 janvier.
25/12/2025, 18:07
Passions publiques ne propose ni solution clé en main ni apologie des émotions. Il invite plutôt à reposer une question décisive : à quelles conditions les affects peuvent-ils devenir un ressort de la raison politique plutôt que son envers destructeur ? En ce sens, l’essai offre moins un verdict qu’un cadre de compréhension, exigeant et salutaire, pour penser les tensions affectives qui traversent nos démocraties contemporaines.
24/12/2025, 10:52
Il est des livres qui avancent à pas feutrés, presque à voix basse, mais qui laissent derrière eux une empreinte durable. La Petite Vie, d’Antoine Cargoet, appartient à cette catégorie rare. Roman du souvenir, de la filiation et de l’ordinaire assumé, le texte se déploie comme une longue confidence adressée au père disparu, dans un mouvement où la mémoire devient à la fois matière narrative et geste de résistance contre l’effacement.
23/12/2025, 18:13
On ne verra pas les fleurs le long de la route n’est ni un récit d’anticipation classique ni un pamphlet. C’est un roman de la lucidité inquiète, qui avance sans illusions, mais sans renoncer totalement à la beauté. Même au milieu des ruines, subsiste un regard levé vers Orion, une main qui écrit, un silence partagé. Peu de consolation, certes, mais une exigence : celle de regarder le monde en face, sans détour. À paraître le 16 janvier.
23/12/2025, 15:22
Dans 14 Juillet, Benjamin Dierstein referme une trilogie entamée avec La Sirène qui fume et La Cour des mirages en replongeant le lecteur au cœur des années 1968-1984, entre gauchisme, barbouzes et montée de l’extrême droite. Le livre s’ouvre sur un avertissement programmatique – « Rien de ce qui suit ne s’est passé de cette façon. Tout aurait pu se passer de cette façon. Et pourtant, rien. »
23/12/2025, 14:51
Au Fond du Puits, village perdu « au bout de la route », Cécile Coulon ouvre son nouveau roman par une vision d’apocalypse intime : un enfant de sept ans dont « le visage était pourri », transformé en masque de chair boursouflée, « criblé d’énormes et profondes stries ». D’emblée, le décor est posé : ce livre ne reculera ni devant l’horreur, ni devant la tendresse.
22/12/2025, 18:03
Dès les premières pages, Le secret de l’Herboriste pose un cadre limpide et une question morale qui irrigue tout le récit : « Les plantes sont capables du meilleur comme du pire. Certaines guérissent, D’autres blessent. » L’avertissement n’est pas décoratif. Il annonce un roman où le savoir, loin d’être neutre, devient une ligne de partage entre soin et châtiment, transmission et persécution. Par Lucy L. À paraître le 26 janvier 2026.
22/12/2025, 17:35
Dès son prologue, Ici tombent les filles installe une atmosphère d’une violence sourde, presque tellurique. La scène inaugurale, celle de la renarde attirée puis massacrée par un garçon armé d’une hache, agit comme une clé de lecture symbolique. L’animal croit au jeu, à l’échange, avant de comprendre, trop tard, qu'« il ne joue pas ». À paraître le 15 janvier.
22/12/2025, 17:19
Une jeune Italienne, de Franck Petruzzelli se présente comme un roman de la mémoire et de l’exil, tissé de strates temporelles qui se répondent et se contredisent. Dès les premières pages, le lecteur est placé face à une femme en suspens, Elena — devenue Hélène — assise sur un banc face à la mer, observant ses enfants jouer à distance.
19/12/2025, 15:02
Il est des livres qui ne racontent pas seulement une histoire : ils déposent une présence. Comment te dire ? (trad. Hélène Cohen) appartient à cette catégorie rare. Dès les premières pages, Genevieve Kingston installe une voix – calme, précise, traversée d’émotions contenues – qui ne quittera plus le lecteur.
19/12/2025, 11:19
Dès sa première phrase, Le ciel a disparu frappe par une frontalité déconcertante, « le jour où mon grand-père Ayann Ader décida de tuer Elon Musk ». L’énoncé, sec, presque clinique, agit comme un crochet narratif autant que comme un avertissement. Alain Blottière n’écrit pas un roman à thèse ; il installe un dispositif de trouble. À paraître le 8 janvier 2026.
18/12/2025, 16:23
Tout commence par une scène de forêt, ample et charnelle, où Paul Beaupère installe son héroïne dans un rapport viscéral au monde. Marie-Thérèse, soixante-dix ans, chasseuse aguerrie, traque un cerf avec une ferveur quasi mystique. Le texte épouse son souffle, sa patience, sa science du terrain. À paraître le 28 janvier 2026.
17/12/2025, 11:24
L’hôpital comme théâtre moral. Un étrange contexte pour installer un roman. C'est pourtant celui que choisit Laure Heinich pour installer son récit, Avant la peine : un espace saturé de symboles. Non pas décor neutre, mais véritable scène tragique où se croisent pouvoir, reconnaissance sociale, désir et violence larvée. À paraître le 14 janvier 2026.
16/12/2025, 17:41
Underdog n’est ni une biographie classique ni un simple récit autobiographique. Bruno Marsan y compose un livre de strates, un texte hybride où la trajectoire de Sylvester Stallone sert de miroir, de point d’ancrage et parfois de contrepoint à une exploration intime de l’enfance, de l’humiliation et de la construction de soi.
16/12/2025, 15:59
Avec Un abri pour Lampedusa, Elsa Régis propose un récit d’une grande densité littéraire, où l’intime et le politique s’enchevêtrent dans une même respiration narrative. Le roman s’ouvre sur un été italien, saison trompeuse « où l’on dit “été” pour dire “ça ne dure pas” », et se déploie entre Rome, Tivoli, Tarente et l’île de Lampedusa, dans un mouvement de va-et-vient constant entre les lieux de villégiature et les marges de l’exil.
16/12/2025, 15:22
Autres articles de la rubrique Livres
La Trilogie chronolytique, de Michel Jeury, paraît en librairie le 26 février et réunit trois romans majeurs de la science-fiction française, Le Temps incertain, Les Singes du temps et Soleil chaud, poisson des profondeurs. Publié par la maison d’édition mentionnée dans ton dossier, cet ensemble explore les dérèglements du temps, les futurs totalitaires et les mutations technologiques à travers une écriture visionnaire qui a marqué durablement le genre.
19/01/2026, 08:00
Aux éditions du Seuil, dans la collection « Pierres vives », Thétis de Christine Spianti paraît le 20 février. Dans ce roman ample et singulier, l’autrice réinvente l’Iliade en déplaçant le regard vers Thétis, mère d’Achille, pour faire entendre une épopée contemporaine portée par la compassion, la voix des femmes et des oubliés, des rives de la Grèce antique aux luttes actuelles.
19/01/2026, 07:00
Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.
18/01/2026, 09:00
Cette semaine, la Booksletter explore les lignes de fracture du monde contemporain. De la crise du capitalisme rhénan aux promesses vertigineuses du quantique, des vulnérabilités invisibles de l’Internet sous-marin aux voix de la diaspora vénézuélienne, les livres révèlent ce que l’actualité brute ne dit pas. Un parcours exigeant à travers idées, sciences et combats pour la liberté de publier.
17/01/2026, 09:07
Comment habiller un garçon, nouveau roman de Cyrille Martinez, paraît aux éditions Verticales le 19 février et poursuit une exploration littéraire de la jeunesse et de ses rites, en racontant l’initiation d’un jeune homme à la mode masculine à travers l’apprentissage collectif d’une bande d’étudiants provençaux, entre quête de style, construction de soi et détournement des codes sociaux.
17/01/2026, 08:00
Avec Miss Kim, Cho Nam-Joo poursuit son exploration implacable de la condition féminine en Corée du Sud à travers huit portraits de femmes, dans un roman traduit du coréen par Pierre Bisiou et Choi Kyung-Ran, à paraître le 5 février aux éditions Robert Laffont. De l’enfance à la vieillesse, ces trajectoires intimes exposent les violences, les discriminations et les contradictions auxquelles les femmes sont confrontées, dessinant en creux le visage d’une société entière.
17/01/2026, 07:10
Nouvelle figure du polar Angelino, Jordan Harper nous entraîne dans les coulisses des célébrités et des puissants, ceux qui sont au-dessus des lois grâce à une armée de gardes du corps, avocats, communicants, chargés de leur tisser une toile protectrice et de leur façonner une impunité où tous les vices sont permis. Convaincant et dérangeant.
16/01/2026, 15:22
Vite, très vite, Bad Hombre (trad. Aloïse Denis) s’annonce comme un livre impossible à ranger sur une étagère rassurante. Ni manifeste, ni confession pure, ni pamphlet idéologique, l’essai de Pola Oloixarac avance à découvert, assumant ses zones de trouble et ses contradictions. « Ceci étant une histoire vraie, elle se doit d’inclure une confession. » Cette phrase inaugurale devient pacte de lecture : ici, rien ne sera simple ni confortable. L’autrice s’expose, non pour se justifier, mais pour comprendre.
16/01/2026, 12:03
Certains auteurs tiennent parole, dès le titre de l'œuvre : Pierre Lemaitre signe ainsi une entrée fracassante sur le marché. Il se place au sommet des meilleures ventes dès la première semaine, apportant un souffle nouveau à un classement qui ronronnait depuis plusieurs mois. Passage en revue du palmarès des derniers jours (du 05/01 au 11/01)...
16/01/2026, 11:36
Une employée modèle, roman de Jean-Christophe Tixier publié chez Albin Michel et attendu en librairie le 11 février, met en scène une femme ordinaire dont l’existence réglée bascule lorsqu’elle décide de sauver son frère menacé, déclenchant un engrenage clandestin où la transgression devient peu à peu une manière d’exister.
16/01/2026, 08:00
Avec L’Avant-poste, roman de Dmitry Glukhovsky traduit du russe par Raphaëlle Pache et publié chez Robert Laffont, l’auteur de Metro 2033 plonge le lecteur dans une Russie de l’après, ravagée par une guerre civile et coupée de son propre centre, où un jeune homme isolé dans un poste-frontière rêve d’un monde auquel plus personne n’ose accéder. En librairie le 5 février, ce récit d’anticipation explore l’attente, l’enfermement et la peur de l’inconnu à travers un suspense tendu et politique.
16/01/2026, 07:00
Je suis une idiote de t’aimer (trad. Laura Alcoba) est un ensemble de nouvelles incandescent, parfois excessif, toujours sincère. Il revendique ses débordements, ses contradictions, ses élans incontrôlés. C’est un livre qui parle d’amour, oui, mais surtout de survie, de filiation choisie, de beauté trouvée là où personne ne pensait la chercher. Des portraits d'héroïnes inoubliables, avec peut-être le plus frappant : celui de Billie Holiday.
15/01/2026, 10:32
Avec La Résidence, Laurent Crassat, dont le livre paraît le 6 février 2026, propose un roman historique solidement documenté qui explore l’histoire européenne de la colonisation de l’Afrique du Nord entre 1830 et 1925, en mettant en regard la violence de la conquête algérienne et la mise en place plus feutrée du protectorat marocain, tout en dévoilant les ressorts politiques, militaires et financiers d’une domination aux effets durables.
15/01/2026, 08:17
Skara est une jeune viking qui a reçu à la naissance un talent rare et divin : le don du Loup. Ce don fait d’elle une redoutable guerrière pouvant tenir tête à n’importe qui malgré son jeune âge ! Après la mort de sa mère, tuée par des pillards, Skara, emportée par la colère et le désespoir, incendie accidentellement un temple sacré d’Odin.
15/01/2026, 07:00
On ouvre L’Usine de Robin Conche comme on entrouvre une porte coupe-feu : l’air y est épais, la lumière blafarde, et pourtant ça accroche. Francis Painsec, vingt-six ans, s’allonge sur son canapé rouge et regarde son déficit comme un écran de fin du monde : « Il est écrit en rouge – 1 600 €. » Puis, presque bravache : « Ça va. »
14/01/2026, 11:54
Publié au Seuil et attendu en librairie le 6 février, Le Chant du sol est un conte écologique signé Julien Denormandie, ingénieur agronome et ancien ministre, avec une préface d’Érik Orsenna, membre de l’Académie française, qui imagine la révolte silencieuse de ce sol que l’humanité croit connaître mais qu’elle n’écoute plus, dans un récit engagé où la fiction devient un outil pour alerter sur notre rapport au vivant.
14/01/2026, 08:18
Avec Leçon particulière, roman de Sulmi Bak traduit du coréen par Marion Gilbert et publié aux éditions HarperCollins le 18 février, l’autrice sud-coréenne signe un premier livre sombre et tendu, construit comme une descente méthodique au cœur de la cruauté humaine, où une jeune professeure particulière s’immisce dans la vie d’un adolescent pour l’obliger à affronter une vérité dont les conséquences s’annoncent glaçantes.
14/01/2026, 07:00
Devant le magnétophone de Maryvonne Lapouge et Clélia Pisa, ces femmes nous plongent au cœur de la condition féminine dans un Brésil où les inégalités sociales, le racisme structurel, la violence de genre et la colonisation des femmes à l’intérieur du pays marquent profondément le quotidien.
13/01/2026, 08:00
Partant du constat que nous accordons spontanément du crédit au nom posé en haut d’une couverture ou en bas d’un tableau, Samah Karaki analyse comment certaines figures d’autorité constituent une fiction cognitive, un mécanisme mental auquel notre cerveau est spontanément enclin.
13/01/2026, 07:00
De bons personnages, une bonne histoire, dans ce roman policier à énigme déguisé en romance à l'eau de rose : Philip Gray joue les faux-monnayeurs et nous offre une lecture facile et 100% plaisir qui devrait plaire au plus grand nombre. La maison aux neuf serrures, traduit par Elodie Leplat, se déguste, tout bonnement.
12/01/2026, 17:18
Le devoir des vivants est de penser aux morts pour qu’ils ne disparaissent pas tout à fait. C’est ce que fait admirablement Natacha Wolinski dans un texte mémoire sur son père et sa famille. Chaque jour, elle va au Palais de Justice, « un Etna » difficile à gravir, mais nécessaire, afin de suivre le procès des assassins de Charlie Hebdo.
12/01/2026, 17:02
Il y a des romans qui commencent par une scène, et d’autres par une obsession. Dans Leurs désirs immenses, Léa Lhermet ouvre directement la vanne : « Au départ, il y a les femmes. » Et tout suit, comme une marée. « Les femmes m’envahissent, prennent possession, me gavent, m’étourdissent. » On est happé : une voix vive, parfois mordante, qui explore sans faux-semblants ce que les lignées transmettent — et ce qu’elles étouffent.
12/01/2026, 10:49
Dès les premières pages, L’Enfant du vent des Féroé impose un territoire, une voix, une respiration. Le roman ne commence pas par une action, mais par un lieu qui parle. « Et puis il y a moi, Gjógv. Un village de carte postale au toponyme imprononçable. » Le décor devient narrateur, conscience diffuse, mémoire minérale. Le lecteur comprend vite qu’ici, l’histoire humaine sera indissociable des éléments.
12/01/2026, 10:45
Dans un Mexique ravagé par la violence et les cartels, un homme honnête croit pouvoir devenir maire. Mais, dans le même temps, il va découvrir l’amour de sa vie, un amour scandaleux. Humour ravageur, suspense, un roman de passion pure sur la morale des apparences.
12/01/2026, 07:00
Du film noir classique aux dérives du capitalisme numérique, de la philosophie antique aux figures spirituelles du XXᵉ siècle, la Booksletter de la semaine explore les grandes tensions de notre modernité à la lumière des livres. Au sommaire : Assurance sur la mort, archétype du film noir hollywoodien ; l’« enshittification » d’Internet selon Cory Doctorow ; Diogène, cynique radical ; Edith Stein, philosophe et martyre ; et une plongée dans l’économie criminelle contemporaine.
10/01/2026, 10:06
Entrelacs. Entretiens réunit Daniel Mendelsohn, Adrien Zirah et Déborah Bucchi dans un volume publié aux éditions Seuil et attendu en librairie le 6 février, qui donne à lire une série d’échanges approfondis autour de l’œuvre et de la pensée de l’écrivain américain, entre héritages antiques et juifs, récits personnels et lectures des grands textes, dessinant le portrait d’un auteur pour qui l’intime dialogue sans cesse avec l’histoire et la littérature. Traduit de l'anglais par Adrien Zirah.
10/01/2026, 08:00
La Sage-Femme et la Rivière, roman d’Ariel Lawhon traduit par Sarah Tardy, paraîtra le 11 février 2026 aux éditions HarperCollins. Dans ce nouveau récit historique, l’autrice explore un passé instable, traversé de secrets, de mensonges et de vérités dissimulées, où l’histoire elle-même semble se dérober sous les pas du lecteur.
10/01/2026, 07:03
Voici une relecture en images de la fameuse Trilogie Berlinoise, quand Philip Kerr nous entraînait aux côtés du détective Bernie visiter les sombres coulisses du Berlin nazi. Avec fidélité au texte original, ces deux premiers albums de Pierre Boisserie et François Warzala redonnent une nouvelle jeunesse à ces polars devenus légendes.
09/01/2026, 15:58
En 2039, la prison n’existe plus. Les criminels sont désormais condamnés à la Sphère, un purgatoire psychique piloté par une intelligence artificielle, où ils doivent affronter leurs fautes jusqu’à obtenir une possible rédemption. Ange Barol, analyste brillante et conceptrice du système, croit avoir inventé une justice plus humaine que l’enfermement.
09/01/2026, 12:44
Il y a des romans qui ne cherchent pas à faire événement, mais qui avancent à pas feutrés, comme on entre dans une mémoire qu’on croyait close. Les filles s’ouvre ainsi, sans fracas, sur une rentrée scolaire au début des années 1970, lorsque deux enfants franchissent un portail noir, « serrées l’une contre l’autre ». Rien d’extraordinaire, en apparence. Pourtant, dès ces premières lignes, quelque chose se noue. Une intensité discrète, mais tenace.
09/01/2026, 12:27
Commenter cet article