#Roman francophone

Déserter : le bain tiède de Mathias Énard

#RentréeLittéraire23 - Le Prix Goncourt 2015 Mathias Enard revient avec un roman qui entrelace deux récits, deux styles, deux mondes, et traite un même sujet : la désertion. Une première fuite à travers les montagnes d’un pays du bord de la Méditerranée, avec la guerre en arrière-fond. En parallèle, on se remémore un grand mathématicien du temps des camps et du rideau de fer, dans l’Allemagne de la social-démocratie triomphante. Le second déserta le réel pour les sphères idéales des mathématiques et des utopies…

Le 22/08/2023 à 12:09 par Hocine Bouhadjera

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22/08/2023 à 12:09

Hocine Bouhadjera

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« Paul et Tusi avaient peut-être raison, il convenait de se réfugier dans les mondes des étoiles et des mathématiques — les astres, l’amour, les corps, des anneaux, les idéaux, tout ce fatras si profondément humain qui ne peut pas s’effondrer, car il reste en nous, dans le monde imaginal. »

Peut-on s’exiler indéfiniment dans l’art, qui peut-être celui d’Évariste Galois, les idées, pour se protéger de la réalité du monde ? Avec Platon certainement, avec Nietzsche il n’en est pas question. Et Paul Heudebert ? Là est toute la réflexion du dernier roman de Mathias Énard.

Un soldat dans le dur, des universitaires sur un bateau

Le grand mathématicien allemand, imaginé par l’auteur, est raconté à travers sa fille Irina et d'autres qui l’ont connu ou sont spécialistes de ces travaux. Ils ont tous été réunis pour un colloque fluvial le long de la Havel, organisé sur un bateau de croisière de luxe, Le Beethoven. Des lettres d’amour qu’il envoyait à la femme de sa vie, dans la guerre et séparés par le célèbre Mur de Berlin, et le regard d’une Irina septuagénaire complètent le tableau. Ces « Journées Heudebert » levèrent l'ancre le 11 septembre 2001…

Le portrait d’un savant « communiste fervent jusqu’à la déraison », malgré les déconvenues qui s’enchaînent : l’Insurrection de Budapest, le Printemps de Prague,  la fin de l’utopie RDA, l’éclatement de la Yougoslavie, l’assassinat d’Yitzak Rabin… « L’humanité me semble, en gagnant le capitalisme, avoir perdu l’humanité. Partout dans le monde, disait-il. » Dans un autre espace-temps, un fils de ferronnier s’est tiré du camp des vainqueurs, avec sa bite, son couteau, son fusil et son treillis, direction la frontière du nord, fatigué de la guerre.

Un intello à idées d’un côté, un villageois sans nom ni nationalité traîné hors de chez lui de l’autre, qui en appelle à Dieu pour se sortir de la galère. On est dans sa tête et dans son adieu à l’enfance, son franchissement du Rubicon, son arrachement aux liens tribaux. « Il se rappelle les avions étrangers qui broyaient les villes sans défense, il se rappelle la joie que lui procuraient ces morts et ces effondrements. » Face aux savantes discussions d’universitaires âgés et compassés, « le sang, la merde, la soif, la faim ». Une bonne confrontation entre le nord et le sud, un des grands sujets de l'oeuvre de Mathias Énard.

Pour l’Allemand Paul Heudebert, il y eut un avant et un après camp de Buchenwald, on le comprendra aisément (lire Jean Améry ou Primo Levi par exemple) : de cette expérience des limites sur la colline d’Ettersberg, voisine de la ville qui donna son nom à la gabegie à l’allemande, Weimar, il tira Les conjectures de Buchenwald, qui sorti du lot de la production mathématique pour « son côté littéraire, ses considérations sur la Révolution, ses passages obscurs, sa poésie si sombre, sa radicalité scientifique, croisement, au fond du XXe siècle, du désespoir historique avec l’espérance mathématique ».

Un artiste dans les maths, comme Alexandre Grothendieck et son fascinant Récoltes et Semailles, ou Nietzsche qui fut un poète dans la philosophie, Werner Heisenberg un philosophe dans la physique. Dès les années 60, Paul Heudebert, qui devient directeur de l’Académie des sciences de la RDA, travailla à démontrer l’infinité des nombres premiers jumeaux et se concentra sur les « espaces utopiques », dites « Surfaces d’Heudeber », vit en reclus farouche, jusqu’à une fin nimbée de mystère…

Là encore, un point commun avec le Berlinois Alexandre Grothendieck, qui refonda la géométrie algébrique avant de se retirer du monde les 23 dernières années de sa vie, installé dans l'Ariège. Lui aussi a connu les camps, à son arrivée en France en 1939, et son père a subi la déportation à Auschwitz, dont il n'est pas revenu. Enfin, c'est un autre réfugié dans les mathématiques qui a basculé dans l'engagement politique : contre la guerre du Vietnam, le totalitarisme soviétique et du côté de l'écologie radicale. Alors, une grande figure des mathématiques au XXe siècle qui inspira l'écrivain ?

L’équation de la fuite

La supposée « musique secrète des mathématiques » qui échappe à la plupart des littéraires, Mathias Énard la met en scène à un seul moment du récit, avec un poème qu’uniquement les initiés comprendront. Sinon, nulle équation ni développement algébrique, arithmétiques ou géométriques, il se borne à un portrait de communiste déprimé. Reste une tentative de définition de la science des sciences : « Matière glacée comme les étoiles, langue divine. » Sans affect, comme si elles avaient été inventées pour les anges qui n’ont aucun soufre à dépenser. Les mathématiques comme consolation, on l’aura compris, mais non la source d’une possible rédemption pour le savant allemand...

Les mathématiques sont un voile posé sur le monde, qui épouse les formes du monde, pour l’envelopper entièrement ; c’est un langage et c’est une matière. 

Face à ces « deux étrangers au bout du monde si différents » (quoi que), trois femmes : Maja, la femme de Paul, orpheline devenue une des plus importantes figures du SPD — équivalant du PS belle époque — dans les années 70. La femme qui en impose — de grande taille avec une voix grave et assurée — a fini députée, vice ministre et fut une pionnière de la lutte pour les droits des femmes. Elle s’est d’abord engagée dans le socialisme radical avant-guerre et à l’Est, avant de quitter la sphère soviétique.

Le seul avantage de cette séparation entre Paul et Maja est de protéger du drame du quotidien : la relation bascule dans l’idéel, parfait pour le « mathématicien antifasciste, anti-impérialiste, têtu comme un axiome »...

La seconde est une fille de son pays de scoumoune — même Zeus lui en veut —,  ou dit autrement, d’un conflit qui la dépasse — on est toujours victime de ce que l’on ne parvient pas à conscientiser —, et dont elle subit les exactions. Logiquement, elle en tire une certaine méfiance… 19 ans dans le réel, mais « tout le monde en a 100 pendant la guerre… » Elle est accompagnée d’un vieil âne moribond, mais robuste, symbole de la jeune outragée et du soldat renégat.

La troisième, la fille du grand homme célébré de l’Allemagne de l’Est, est une historienne des mathématiques, « que lisent ni les historiens ni les mathématiciens », enfouie dans la solitude du XIIIe siècle habité par le savant persan Nasiruddin Tusi.

Le philosophe, mathématicien, physicien, et astronome raconta, pour y avoir participé, la destruction de Bagdad en 1258 par les armées mongoles de Hulagu, petit-fils de Gengis Khan. « Il fallait que s’impose le silence parfait de la victoire » : des pyramides de tête, et tuer mêmes les chiens et les oiseaux… Près de 8 siècles plus tard, la ville d’Al-Khwârizmî sera à nouveau détruite par les G.I. américains, après la chute des deux tours. Le savant passera la moitié de sa vie reclu dans la forteresse d’Alamut, dissimulé dans un pli du massif de l’Alborz où s’est installée la secte des Assassins. On sait que Mathias Énard s'appuie sur une épaisseur de références pour ses oeuvres, mais elles ne pèsent jamais.

Tout le monde a déserté en dernière analyse : Maja l’Allemagne de l'Est du mari et de l’enfant pour une carrière politique, Irina pour le Caire, puis au cœur du Moyen Âge, entre l’algèbre d’Omar Khayyam et les nombres irrationnels de Nasiruddin Tusi. Pour Mathias Énard, qui vécut à Barcelone, en Italie, Syrie, Liban et en Allemagne, la question de l’exil est sensible. Sans parler d’écrire des romans, qui est déserter le monde presque dans l’exactitude mathématique.

La frontière : trait entre deux formes de malheur. 

Une fleur sans épines

Un ton, une voix, pour chacun des deux récits partagés en courts chapitres : cette nature pleine de balafres, dans laquelle s’échappe l’anonyme déserteur blessé à l’âme, est le terrain de belles et riches descriptions fleuries, où le lyrisme fonctionne à plein. « Des odeurs de safran et de valériane », « le bruissement obsédant de la montagne », ou « la mer, qui ourle de blanc ses plaines violacées ».

Des longues phrases qui se prolongent malgré un saut à la ligne et un espace comme au début d’un nouveau paragraphe. On sait que l’écrivain se fixe des contraintes de rythme pour ses romans — 90 secondes écoulées dans l’histoire par page pour Boussole, 1 km pour son ouvrage Zone d'une seule phrase à la première personne sur 500 pages... Parfois toute une atmosphère de la campagne campée en une simple phrase comme celle-ci : « L’âne est invisible, on l’entend brouter des feuilles… » Le découpage en courts chapitres aide à la lecture. L'autre partie est sans graisse, affûtée. Deux livres en un court roman.

Le Beethoven, c’est l’Union européenne, et l’UE, c’est l’Allemagne : la bonne conscience de la social-démocratie, un ciel grisâtre et un robinet d’eau tiède qui humidifie une profonde sécheresse du sol. Ils ont tous les mains propres, mais ils n’ont pas de mains : comme François Hollande et les autres, « ils cumulent les bienfaits du vice et de la vertu ».

Mais au bout du compte, un sentiment domine : l'ouvrage est inoffensif « comme un aryen tressé (Vald) ». Le roman est « bon », et c’est peut-être la plus grande vacherie. Rien à signaler…  « Un livre doit être un danger », affime Cioran dans Ébauches de vertige. Il faut plus de génie pour rater un livre que pour en faire un bon. On pourrait rétorquer que cette banalité est la caractéristique commune de la plupart des ouvrages qui sortent chaque saison : Mathias Enard possède une réputation, il est jugé à cette aune.

Ce texte est celui d’un écrivain officiel : tout est arrondi (avoir une émission sur France Culture ne pardonne pas visiblement) dans les deux récits. Toute petite ambiguïté est immédiatement désamorcée : le roman ressemble à ces cours d’allemand, qui oscillent entre les écoquartiers, le mur de Berlin et la Stasi : sirupeux et inconséquent. « Parfois, le sommeil arrive par surprise comme un tireur embusqué », écrit Mathias Énard. Le lecteur de ce plaisant roman échappera à cette embuscade, mais non sans ressentir une certaine fatigue européenne.

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

DOSSIER - Rentrée littéraire 2023 : découvertes et coups de cœurs

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

2 Commentaires

 

Fab la rage

31/08/2023 à 20:27

Je pense un peu injuste la critique décrivant le livre comme un "bon" roman, par trop convenu.
Pour ma part j'y ai vu aussi une réflexion sur le caractère à la fois vain et trompeur de toute tentative d'enfermer la réalité dans une forme (donc une esthétique) à vocation parfaite (que ce soit les mathématiques, la poésie ou la littérature), tentative vaine car tjrs en deçà de la réalité et trompeuse car incapable d'en rendre réellement compte.
Face à cela, le récit âpre et puissant du déserteur et de la femme meurtrie que l'expérience de la guerre a brisé. Pourtant c'est d'eux, plongés dans une réalité d'une précarité extrême qu'un peu de lumiere (solidarité, compassion, rédemption ?) va venir...
Bref, il n'est pas si facile pour un auteur, friant de contraintes, comme il est utilement rappelé, de reconnaître que son travail formel, que son travail fictionnel, au bout du bout doit céder le pas face à la violence ( souvent) et à la lumière (parfois) du monde.

ABC

11/02/2024 à 15:47

C'est un livre mystérieux et troublant, ouvrant la porte à de multiples questionnements et de réflexions sur les individus et les peuples face à la violence de la guerre. Notre monde face à ses angoisses et ses contradictions... Que veut dire réussir ou rater un livre ??? Quand la lecture vous a pris en ses lignes et vous a tenu jusqu'au point final, je me permets de dire qu'il a un intérêt évident, même s'il ne répond pas à toutes les attentes qu'il a fait naître...

Déserter

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Mathias Enard

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Boussole

Mathias Enard

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Mathias Enard

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Un roman noir face au suicide des enfants : Toussaint Noël

Dès l’ouverture, Toussaint Noël frappe sans ménagement. Pas de montée progressive, pas de décor aimablement planté : une adolescente morte, une cabane sordide, un flic à bout. « Debout au-dessus du cadavre sans tête de la petite Tsvetana, treize ans… la nausée m’a submergé ». Tout est là : la violence du monde, l’usure morale, et cette ligne de fracture à partir de laquelle plus rien ne sera réparable. À paraître le 18 février.

08/01/2026, 10:20

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Anthony Hopkins se raconte avant la légende : On s’en est pas trop mal sorti, petit

Il y a parfois une photographie d’enfance qui suffit à contenir toute une vie. Pour Anthony Hopkins, ce cliché pris sur une plage galloise en 1941 devient le point d’ancrage d’une autobiographie construite comme un long retour vers l’enfant inquiet qu’il fut. « Aujourd’hui, à l’âge de quatre-vingt-sept ans, il m’arrive parfois de regarder cette photo, et j’ai alors envie de dire à ce petit garçon perdu : “On s’en est pas trop mal sorti, petit.” » L’incipit donne le ton : ni triomphe, ni règlement de comptes, mais une tentative de compréhension  

07/01/2026, 11:20

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God Bless America : quand le roman noir devient un grand polar graphique

PF Radice signe une très belle adaptation du roman noir de Richard Morgiève (Le Cherokee) : « L'histoire d'un shérif et d'un agent du FBI sur les traces d'un tueur et d'une bombe ». Une relecture originale et très convaincante.

06/01/2026, 13:05

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La Double Vie de Jesús : Enrique Serna face à la corruption mexicaine

Dès les premières pages, La Double Vie de Jesús (trad. Francois Gaudry) installe un malaise discret, presque feutré. Rien de spectaculaire, pas d’entrée fracassante : tout commence dans la banalité d’un matin ordonné, rythmé par le pédalage d’un vélo d’appartement. Pourtant, derrière cette scène anodine se dessine déjà une fissure. Jesús Pastrana, quadragénaire méthodique, commissaire aux comptes irréprochable, rêve de justice et d’ordre dans un Mexique rongé par la corruption. 

06/01/2026, 11:02

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Dans son roman La Vie entière, Timothée de Fombelle défie le temps

Il y a des livres qui racontent une existence : La Vie entière fait plus que cela : il la précède, l’embrasse, l’invente avant même qu’elle n’advienne. Dès l’incipit, une voix féminine s’impose, vibrante et pressée, comme si le temps manquait déjà. « J’ai des souvenirs d’avance. Je les écris dans le désordre, très vite, pour rester vivante. » Tout est dit, ou presque : l’urgence d’écrire, la peur de disparaître, et cette intuition que la vie ne se déroule pas toujours dans l’ordre attendu  Sortie le 2 janvier.

01/01/2026, 16:14

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Ukraine : le récit sans filtre d’une lieutenante au front

Comme il est bon de ne plus craindre la mort propose un texte de témoignage rigoureux, mais aussi comme une construction narrative solide, où chaque scène nourrit une réflexion plus large sur la guerre, la responsabilité et la lucidité politique. Un livre qui ne cherche pas à convaincre par l’émotion seule, mais par l’accumulation patiente des faits — et des voix.

01/01/2026, 10:52

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Chimère : Julie Wolkenstein dans un vertigineux exercice de masques familiaux

Roman de la parole différée, Chimère explore les zones grises de la filiation, de la responsabilité et de la vérité. Rien n’y est livré de front. Tout se gagne par patience, par écoute, par méfiance aussi. Julie Wolkenstein signe ici un texte exigeant, qui fait de la narration elle-même un objet de suspicion — et de fascination. À paraître le 2 janvier.

01/01/2026, 10:40

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Le “mea culpa trompeur” : pourquoi tu ne t’excuseras plus quand tu n’as rien fait

Mon petit trésor, voilà un moment que j’ai fermé ce livre et qu’il me trotte dans la tête. J’aurais bien envoyé un message à Marta Martinez Novoa, mais mon espagnol, vois-tu, ne me le permet pas vraiment. Je me contenterai de remercier la traductrice, Lara El Keilany, par qui j’ai pu achever cette lecture. J’en ai retenu bien des choses. D’ailleurs, je garderai ce livre pour quand tu seras plus grande. En attendant…

10/02/2026, 13:32

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Outsphere ou l’impossible seconde genèse

Sous les atours spectaculaires d’un planet opera haletant, Outsphere de Guy-Roger Duvert met en scène la fuite d’une humanité condamnée, contrainte d’abandonner la Terre pour fonder une colonie sur Eden, planète lointaine et en apparence hospitalière. Autour d’une expédition militaire et scientifique chargée d’assurer la survie de l’espèce, le roman déploie une fresque foisonnante où s’entrecroisent luttes de pouvoir, conflits idéologiques et rencontres avec des formes de vie autochtones.

10/02/2026, 11:33

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Crime et châtiment, de Fédor Dostoïevski : le chant du phénix

Par l’ensemble de son œuvre, Dostoïevski nous montre, mieux qu’aucun romancier, que l’inspiration touche à ce qui brûle – soufre ou souffrance. Que de là vient la lumière la plus forte, la plus pure : celle de l’esprit, qui sauve les corps.

10/02/2026, 11:18

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Chasse gardée de François Pieretti : Flora et les chics types

Un jeune homme issu d’une famille aristocratique désargentée, élevé par le gardien de la propriété, part à la recherche de la petite fille de celui-ci, qui souhaite la rencontrer avant de mourir. Ce jeune homme de bonne famille ne sait pas qu’il part pour un périple de trois ans et va transformer sa vie de prof particulier d’une jeune fille sauvage en bandit de grand chemin moderne.

10/02/2026, 10:16

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Personne ne quitte l’Hotel Ambrosia

Robyn, 17 ans, a une obsession : l'hôtel Ambrosia, situé en face de chez elle. Fascinée par sa sinistre réputation, et grande fan de true crime, elle passe son temps à l'observer à travers ses jumelles : routines du personnel, étranges clients, aucun secret ne lui échappe !

10/02/2026, 07:00

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Survivre aux émotions : Désertion, de François Bégaudeau

Deux frères, Steve et Mickaël, grandissant dans une ville côtière du pays France, parcourent les étapes normales d’une vie normale : aller au collège, chercher des thunes, envisager l’amour, ne pas savoir qui l’on est, se faire lourder par autrui, vendre un scooter, chercher le sens de la vie. Par Jeanne Rivoire.

09/02/2026, 15:00

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Des lectures à privilégier pour choisir une voiture électrique adaptée à vos besoins

La mobilité électrique s’installe progressivement dans le paysage automobile, et avec elle se pose la question essentielle : comment choisir une voiture électrique adaptée à vos besoins ? Entre autonomie, infrastructure de recharge, budget et usage quotidien, les futurs conducteurs font face à de nombreux paramètres. Ce dossier propose un tour d’horizon, en s’appuyant également sur des ouvrages de référence pour enrichir la réflexion. Il s’agit d’associer information technique et culture de la lecture dans une approche éclairée.

 

09/02/2026, 11:31

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Les fantômes de Shearwater, une île au bord de la fin du monde

Venu d'une île perdue entre l’Australie et l'Antarctique, ce récit hybride emporte le lecteur très loin. On peut le lire comme une anticipation, un thriller à énigmes, un message écolo, ou une forte histoire à propos de la résilience des liens familiaux.

09/02/2026, 11:05

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Vers la violence

09/02/2026, 11:02

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Ilaria, ou la conquête de la désobéissance

09/02/2026, 10:10

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Poutine “aigle et insecte” : anatomie d’une tyrannie intrusive

Du philosophe J. L. Austin, redoutable maître d’Oxford et homme de l’ombre d’Overlord, au portrait de Vladimir Poutine en « aigle et insecte », cette livraison relie idées, pouvoir et récit. Elle traverse aussi les archives de l’Inquisition autour de Crispina Peres à Cacheu, la tragédie des disparus au Mexique racontée par Alma Delia Murillo, puis le face-à-face sino-américain décrit par Dan Wang. Cinq textes, cinq terrains, une même question : que fait le langage quand l’Histoire accélère ? Ici  

07/02/2026, 09:07

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Le Cauchemar américain ou L’affrontement de somnambules : l’Amérique au miroir de ses fractures

De l’hiver 2014 au 6 janvier 2021, Nathan Juste scrute la démocratie américaine non pas depuis l’abstraction des institutions, mais à hauteur d’hommes et de femmes happés par ses fractures. Son roman, à la fois intime et politique, expose les tensions d’une époque où l’Histoire n’épargne ni l’intime ni le familier.

06/02/2026, 10:58

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Freida McFadden transforme le top des ventes en résidence secondaire permanente

On ne sait plus trop comment l’aborder, désormais : Freida Mcfadden reste en première place, avec 21.908 exemplaires écoulés sur cette semaine 5 (26 janvier - 1er février). Et le reste… devient presque lassant, parce qu’après La femme de ménage (trad. Karine Forestier), viennent évidemment les suites de ses aventures.

06/02/2026, 10:27

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Chroniques d’une période incertaine

Pendant environ quatre années, la pandémie due au Covid-19 m’ayant contraint de vivre dans l’intemporel, j’en ai profité pour regarder de plus près le temps passer. Dans la situation de l’homme dont les jours sont comptés au-delà du raisonnable, j’ai noté sur des papiers ce qui faisait que tous ces jours comptaient malgré tout pour moi. 

06/02/2026, 08:00

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Notes, compétition, échec : repenser la réussite scolaire

À force de considérer que la performance scolaire repose uniquement sur les notes, les devoirs et la compétition, l’école oublie une réalité essentielle : les élèves ne sont pas des machines à apprendre, mais des individus à accompagner et à éveiller. Dans cet ouvrage, Naïm Bououchma questionne les fondements d’un système éducatif qui montre aujourd’hui ses limites.

06/02/2026, 07:00

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Beyrouth paradise : Marwan Khalil face aux fantômes d’un Liban qui saigne encore

Avec ce polar bien ficelé, David Hury nous ouvre un nouveau chapitre de l'Histoire du Liban, actualisé à la lumière des événements récents survenus dans la région. Et son héros Marwan Khalil est en passe de devenir l'un des meilleurs flics de papier du moment.

05/02/2026, 12:11

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Fragments d'en bas : dans la face cachée de la ville

La littérature sociale trouve parfois sa vérité la plus nue dans les marges. Ici, le récit plonge sans filtre dans une humanité cabossée, vibrante, dangereusement vivante. Dès les premières pages, le lecteur entre dans une matière presque organique, visqueuse, troublante, où la ville devient un organisme qui digère ses propres exclus. 

05/02/2026, 11:08

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Quand la pauvreté dicte la loi : La fin du voyage, d'Arnaldur Indridason

« Les premiers feux du jour apparaissaient enfin à la lucarne. La ville s’éveillait. » Dès l’ouverture, La Fin du voyage (trad. Eric Boury) installe un présent minutieux, presque sonore, avant de le faire dérailler d’un geste sec : « Ces maudites marches lui avaient joué un vilain tour. » Indridason accroche ainsi son lecteur à une scène domestique, triviale, et pourtant décisive, parce qu’elle porte déjà l’idée centrale : « Plus la nuit avait passé, plus il avait eu l’impression que son destin était scellé. »  

05/02/2026, 08:10

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Une vie structurée par la course à pied

En 1912, le Japon s'ouvre au monde. Shizo Kanakuri, un étudiant de 20 ans, rejoint la Suède en transsibérien afin de participer au marathon des Jeux olympiques de Stockholm. Le départ de la course est donné sous une chaleur accablante. Autour du trentième kilomètre, à bout de force, le coureur japonais vacille. Abandonne. Trouve un refuge. Avant de disparaître… 
 

05/02/2026, 08:00

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L’amour, version séquestration

Enlever Yosep leur semblait être la plus belle preuve d’amour. Pour quatre de ses admiratrices dévouées, un poster accroché au mur ne suffisait plus : elles le voulaient pour elles toutes seules. Et après tout, n’étaient-elles pas en train de lui rendre service, en le délivrant du fardeau de la célébrité ?

05/02/2026, 07:00

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La correspondante, l’art délicat de vivre par lettres

Succès assuré pour La correspondante, un roman épistolaire de la veine de 84, Charing Cross road. Une lecture facile et délicieuse.

04/02/2026, 14:44

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Rai Rai Rai : la comédie SF qui propulse l’invasion extraterrestre au cœur du corps humain

Dans un monde marqué par les séquelles d’une guerre dévastatrice entre l’humanité et des forces extraterrestres, certaines créatures alien subsistent encore sur Terre. Pour gérer cette menace résiduelle, des entreprises spécialisées interviennent afin d’éliminer les spécimens jugés les moins dangereux. Rairairai, signé Yoshiaki sortira chez Ki-Oon début mars.

04/02/2026, 07:00

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Le songe premier ou l’enfance comme dernier territoire de liberté

Conte poétique illustré par deux enfants, méditation philosophique sur l’imagination, fable politique sur la dépossession du sensible, Alphonse et le songe premier d’Othman Ihraï appartient à cette lignée rare de livres qui semblent simples parce qu’ils sont profonds, et lumineux parce qu’ils sont graves. Sous les traits d’un petit singe poète, c’est toute une conception du monde qui se joue : celle d’un refus obstiné de l’aliénation moderne et d’une fidélité radicale à l’enfance du regard.

03/02/2026, 12:20

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Sur les cimes et dans le doute : autopsie d’un homme que la réussite n’a pas sauvé

Un homme très amoureux de sa femme se trouve entraîné avec elle dans des discussions politiques et sociétales qui finiront par avoir raison de leur couple. Dans ce roman contestable et passionnant, Nicolas Chemla documente quelque chose d’un émiettement de la pensée de gauche. Par Jeanne Rivoire.

03/02/2026, 11:17

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Résidence Jean Monnet 2026 : un appel à candidatures tourné vers la Pologne

La Résidence Jean Monnet 2026 ouvre son appel à candidatures pour accueillir un ou une écrivaine européenne à Cognac d’octobre à novembre 2026. En lien avec la programmation du festival Littératures Européennes Cognac, consacré cette année à la Pologne, la résidence s’adresse prioritairement à un auteur ou une autrice polonaise déjà traduit en français. Le ou la résidente bénéficiera d’un hébergement, d’une bourse d’écriture et participera au festival du 18 au 22 novembre.

03/02/2026, 10:35

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Pourquoi le scepticisme antique parle directement à notre époque

Il faut imaginer un philosophe sans œuvre, presque sans voix, mais dont l’ombre traverse toute l’histoire de la pensée. C’est ce paradoxe que l’essai explore avec une énergie communicative. Dès les premières pages, le portrait frappe : « Pyrrhon n’écrivit rien, ne laissa aucune institution philosophique capable de lui survivre. » Et pourtant, le personnage obsède les siècles, insaisissable, mouvant, presque spectral.

03/02/2026, 09:41

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Saint-Soleil, l’utopie rebelle de la peinture haïtienne

Haïti, 1975. André Malraux arpente les hauteurs d’un morne reculé en surplomb de la baie de Port-au-Prince pour y rencontrer une petite communauté de peintres constituée de paysans et d’artisans qui y a surgi. 

03/02/2026, 08:00

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Un bébé abandonné dans un quartier populaire

Alertés par un habitant ayant entendu des pleurs alors qu’il descendait les poubelles, les pompiers découvrent un nourrisson au fond d’un conteneur. 

03/02/2026, 07:00

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Detroit Roma : une longue route éblouissante

Detroit Roma est plus qu'un album de bande dessinée ou un roman graphique, c'est un périple à travers la géographie mentale et physique de deux copines américaines qui décident, après bien des errements, de prendre la route ensemble. Becki dessine, Summer ne mange presque pas. 

02/02/2026, 10:25

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L'Ami secret

02/02/2026, 09:58

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Terre des ombres : dans le monde des Chuchoteuses

Imaginez un monde dans lequel les Ombres s’animent de leur propre volonté. Que leur contact, même s’il ne s’agit que d’un simple effleurement, soit mortel pour les êtres humains. Que, pour se protéger, l’humanité a construit d’immenses Bulles autour de leurs cités, des structures en verre magistrales, où règne la lumière à toute heure. Pour contrer la terreur qu’inspire la nuit, voici la seule solution durable, sécurisée. Depuis des décennies, la guerre perdure. Comment finira-t-elle enfin ?

01/02/2026, 13:09

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Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

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Îles interdites, abus cachés, génies toxiques : le monde raconté par les livres

L’intelligence artificielle ne frappe pas à la porte de l’édition : elle s’installe déjà à l’intérieur. Outils d’aide à l’écriture, traduction automatisée, analyse de manuscrits ou production de contenus, la technologie progresse plus vite que les cadres juridiques et économiques. Entre opportunité industrielle et déséquilibre structurel, le livre devient un terrain d’expérimentation où se rejouent les rapports de force entre création humaine, automatisation et valeur culturelle.

31/01/2026, 09:48

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Tu n'auras pas de mal à la marier !

30/01/2026, 12:41

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Shoah, exil, amour perdu : L’Esprit de sel, ou quand la mémoire brûle

Certains romans racontent l’Histoire. D’autres la traversent. L’Esprit de sel appartient à cette seconde catégorie, où la mémoire collective se confond avec une voix singulière, obsédante, presque hypnotique. Dès l’ouverture, la narratrice annonce sa méthode et sa blessure : « C’est depuis l’intérieur de ce temps enrubanné que je dois raconter. » Un manifeste esthétique : le récit sera fragment, saccade, flux.

 

30/01/2026, 11:58

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Meilleures ventes : pour les livres, Lemaitre, étalon

Une semaine n'en suit vraiment pas une autre – ou alors une tendance globale : contrer la vague McFadden revient à vider la mer à la petite cuillère. La femme de menage reprend du poil du balai (ou le fil de l'aspirateur, au demeurant) et la tête des meilleures ventes de la semaine 4 (19-25 janvier) : 24.497 exemplaires écoulés pour le titre traduit par Karine Forestier.

30/01/2026, 10:23