Pour la rentrée littéraire, les éditions Les Avrils publient le premier roman de l’auteur strabourgeois Dan Nisand. Un roman, aux inspirations autobiographiques, sur la jeunesse et l’absurdité de la violence. « Moi qui avais grandi parmi les enfants d’Ungemach, je savais quel genre de graine poussait dans ce quartier... »
Le 19/08/2021 à 08:03 par Victor De Sepausy
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19/08/2021 à 08:03
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Dans la musique, les livres, les films, il n’apparaissait jamais aucun lieu qui ressemble à cet étrange quartier de mon enfance. Rien dans le discours sur la ville ne rendait compte d’un tel contexte. Il m’a fallu le recréer entièrement, mais à partir de sa véritable histoire, de cette intention explicite de « changer les hommes » à travers l’utopie d’une cité-jardin. Moi qui avais grandi parmi les enfants d’Ungemach, je savais quel genre de graine poussait dans ce quartier...
- Dan Nisand
Melvil a grandi dans l’un des 138 pavillons de la cité-jardin Hildenbrandt, en Alsace. À vingt-cinq ans, sa vie se résume à un modeste emploi en mairie, quelques soirées au bar ou au lac. Et à prendre soin du paternel depuis que ses frères sont partis. Virgile, l’aîné, s’est engagé dans la Légion. Jonas, le cadet, a disparu depuis des mois. Au grand soulagement du voisinage. Car leur nom seul suffit à terroriser le quartier. Les Ischard : irresponsables, asociaux, récidivistes. Des teignes. Mais un jour de printemps, le téléphone sonne et, dans les rues aux noms de fleurs, la rumeur enfle...
Hildenbrandt est un de ces endroits où les enfants enseignent aux autres à ne pas circuler seuls. Dire qu’un jour, quelqu’un a voulu ce quartier, ces rues, pour y implanter quelque chose comme une société idéale. Trois quarts de siècle plus tard, voici les fruits de cette belle ambition. Sous l’ombre tutélaire du père fondateur, les enfants bénis de la cité-jardin complotent à devenir des hommes.
Ample, intense, intemporel, ce premier roman impressionne par la tension qu’il distille et la virtuosité de son style. Plus vulnérable, plus rêveur que ses frères, le personnage de Melvil bouleverse ; comment devenir un homme, se lier d’amitié, s’exprimer, lorsque la violence est sa langue natale ? Tragédie contemporaine sur l’effondrement des mythes, Les Garçons de la cité-jardin raconte aussi l’histoire d’une jeunesse qui refuse de se soumettre.
Les éditions Les Avrils et ActuaLitté vous proposent d’en découvrir les premières pages, avant sa parution en librairie le 18 août 2021 :
Né en 1978 près de la cité Ungemach, quartier du Wacken, à Strasbourg, Dan Nisand vit aujourd’hui en Seine-Saint-Denis. Rédacteur pour la presse et l’édition, il est l’auteur de Morsure, une novella parue en 2007 aux éditions Naïve. Durablement marqué par le quartier où il a grandi et ses codes, il réinvente dans Les Garçons de la cité-jardin ce monde tout en tension, beau, hostile, profondément humain.
Dossier - Romans de la rentrée littéraire 2021 : parcourir les bonnes feuilles
Par Victor De Sepausy
Contact : vds@actualitte.com
Paru le 18/08/2021
378 pages
Les Avrils
22,00 €
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