Restrictions sanitaires à Paris : rencontres et dédicaces interdites en librairie ?

Nicolas Gary - 05.10.2020

Edition - Librairies - restrictions sanitaires paris - mesures covid Paris - dédicaces rencontres librairies


De nouvelles mesures entreront en vigueur ce 6 octobre, pour lutter contre la propagation du coronavirus. Paris et la proche banlieue sont désormais concernés par une nouvelle salve de restrictions — de quinze jours pour le moment. 

covid librairie
 

Hemingway en perdrait son latin, voire s’en mettrait à l’eau plate. La fermeture des bars, qui sera officialisée ce 6 octobre vise une consolidation du protocole sanitaire déjà mis en place. Le préfet de Paris Didier Lallement l’indique à l’AFP : « Ce sont des mesures de freinage, car l’épidémie va trop vite. Il faut la freiner avant que le système de soins ne soit débordé. »
 

Délit de festivité


Mais la grande question posée reste celle-ci : « J’interdis explicitement les soirées étudiantes et tout type de rassemblement festif ou familial dans les établissements recevant du public », poursuit le préfet. 
 
Selon la définition consacrée par l’administration française, « Magasin de vente et centre commercial » sont définis comme ERP. Paradoxalement, les rassemblements de plus de 10 personnes sont interdits sur la voie publique, or « [c]ette règle ne s’applique pas dans les commerces, entreprises, administrations et quelques exceptions ».
 

Pour l’instant, il semble que seuls les grands magasins et centres commerciaux seraient concernés par l’arrêté : un client pour 4 m2. « Les lieux culturels, comme les théâtres, les cinémas, les musées seront ouverts en continuant à appliquer strictement les protocoles assez sévères qui d’ores et déjà ont été mis en place. »

Contacté, le Syndicat de la librairie française, qui vient d’élire sa nouvelle présidente, Anne Martelle (librairie Martelle, Amiens), hésite encore. Guillaume Husson, délégué général confirme que « les commerces sont des ERP mais je ne suis pas certain pour autant que les restrictions concernant les rassemblements festifs ou familiaux couvrent les animations en librairie. Ce point est en cours de vérification ».
 
Un libraire parisien ironise : « S’il suffit de ne pas être festif, nous rendrons les rencontres et dédicaces déprimantes, en demandant aux clients de bien vouloir tirer la tronche. » Mais au-delà de la provocation, l’interrogation reste entière : personne ne sait, depuis le ministère de la Culture en passant par le Centre national du livre, quelles conséquences pour la librairie peuvent avoir les annonces de Didier Lallement. 

Pas certains que les auteurs apprécient le contournement des mesures préfectorales — pour autant, l’interrogation reste entière. En fonction du nombre de personnes reçues, la situation des librairies n’a rien de clair. 
 

Un article 6 qui laisse pantois


La police nationale renvoie pour l’heure les professionnels vers la mairie de la commune où se situe leur établissement. Du côté de la préfecture de police de Paris, on propose de consulter l’arrêté 2020-00806 qui détaille les mesures. Mais bien entendu, rien ne concerne strictement les librairies.

Ce dernier indique uniquement, pour les ERP de type M (commerces, magasins de vente), que l’accueil du public est autorisé « uniquement pour les activités physiques et sportives qui s’y déroulent ». On se grattera la tempe avec circonspection encore quelque temps… En revanche, on nous pointe bel et bien l’article 6 qui laisse assez bien entendre que, si une rencontre ou une dédicace est festive, au sein d’un ERP, alors elle serait interdite.

« Ce que l’on ressent, à l’écoute des annonces, c’est que les autorités ont mis en place pour empêcher les rassemblements de poivrots, et les pochtronneries d’étudiants. Mais évidemment, quand on est préfet, on n’a pas le droit d’utiliser ce langage », reprend une libraire de région parisienne. « On apprécierait tout de même d’être exclus explicitement du périmètre… »

La préfecture nous indique que toute précision relative à l’arrêté sera indiquée sur son fil Twitter. En attendant… mystère. Nous mettrons à jour cet article dès l'obtention de plus amples informations.


crédit photo : ActuaLitté, CC BY SA 2.0


Commentaires
En attendant, voici une solution (provisoire) possible et respectueuse de la loi: que la rencontre et la dédicace se transforment en événements physiques et sportifs.



En cas de "rencontre", auteur.trice et lecteur.trice, tour à tour, se poursuivront en courant entre les rayons de la librairie; sauteront à pieds joints par-dessus des piles de livres placées tous le 80 cm et termineront à cloche-pied la distance les séparant de la porte d'entrée-sortie. Ils auront l'occasion d'échanger quelques propos entre-temps.



En cas de "dédicace", auteur.trice et lecteur.trice joueront à cache-cache entre les rayons; celui qui trouve l'autre lui dédicacera le bouquin. Mais le lecteur. trice seuj.e emportera le livre: c'est lui(elle) qui l'a payé, non?
Bonjour,

je viens de contacter la préfecture de Paris et l'ARS à ce sujet, ils m'ont indiqué qu'il fallait respecter le ratio de 4m2 par personne dans les lieux clos recevant du public...
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