BONNES FEUILLES – Pour son nouveau roman, Charles Aubert s'intéresse à l'épopée de Johann Trollmann, surnommé "Rukeli", un boxeur d'origine tsigane qui a osé défier le régime nazi. Inspiré de faits réels, ce roman décrit en dix chapitres la vie de ce champion né à Hanovre en 1907.
Publié le :
24/08/2023 à 09:26
Anonyme
1
Commentaires
366
Partages
Rentreelitteraire23 – Couronné Champion d'Allemagne des poids moyens en 1928, il était célèbre dans toute la République de Weimar sous le pseudonyme de Der tanzende Zigeuner, en raison de son style de boxe unique et de ses mouvements de jambes sur le ring.
Rukeli embrasse sa carrière professionnelle en 1931, remportant de nombreux combats. Bien que son entraîneur lui ait offert une opportunité aux États-Unis en 1932, il décide de rester en Allemagne. Cependant, le journal sportif pro-nazi, Box-Sport, critique constamment son style, l'associant à l'"imprévisibilité tsigane" et le surnomme le Gipsy, affirmant que sa manière de boxer n'était pas "allemande". En signe de protestation, Rukeli fait broder ce surnom sur son short.
Avec l'ascension d'Hitler au pouvoir en 1933, la situation de Rukeli se détériore. Il est dépossédé de son titre et contraint de le défendre à nouveau. Lors de ce combat mémorable, il choisit de rester immobile, encaissant chaque coup jusqu'à être mis KO. Il lui est alors interdit de boxer. En 1942, il est envoyé au front de l'Est. Plus tard, lors d'une permission, il est arrêté par la Gestapo, déporté au camp de concentration de Neuengamme et finalement assassiné en 1943.
Les éditions Slatkine & Cie nous en proposent aujourd'hui un extrait, en avant-première :
DOSSIER - Romans de la rentrée littéraire 2021 : parcourir les bonnes feuilles
Paru le 07/09/2023
172 pages
Slatkine et Cie
20,00 €
Plus d'articles sur le même thème
Dans Elles ne mouraient pas toutes, Barbara Métais-Chastanier, avec la collaboration de Sandra Lucbert, interroge les manières dont sont racontés les meurtres de femmes. À partir d’un travail d’élaboration né de la mort de Loan Bernède, l’autrice cherche à restituer les mécanismes sociaux et genrés qui peuvent disparaître derrière le récit d’un « crime passionnel ».
15/09/2026, 07:00
Avec Le commandant du fleuve, Ubah Cristina Ali Farah raconte le passage à l’âge adulte d’un jeune homme partagé entre plusieurs héritages. Entre racisme quotidien, diaspora somalienne et histoire familiale, le roman suit Yabar, 18 ans, dans un été qui va bouleverser ses certitudes.
15/09/2026, 07:00
Avec La Pleureuse, Camilla Läckberg replonge Erica Falck et Patrik Hedström dans une nouvelle affaire à Fjällbacka. Trente ans après la disparition d’une lycéenne, la découverte de restes humains vient réveiller les secrets et les rancœurs d’une petite communauté où personne ne semble avoir tout oublié. Roman traduit du suédois par Susanne Juul et Andreas Saint Bonnet
15/09/2026, 06:00
Aventurier, écrivain, résistant, ministre : André Malraux a multiplié les vies et largement contribué à construire sa propre légende. Avec Malraux, Jean-Yves Le Naour et Alain Grand proposent une biographie dessinée décalée, dans laquelle l’intéressé raconte lui-même son histoire… tandis que Clara, sa première épouse, intervient pour rétablir les faits.
15/09/2026, 06:00
Dans DJ Bambi, Auður Ava Ólafsdóttir retrace le parcours de Logn, une femme de 61 ans qui revient sur les différentes étapes de son existence alors qu’elle attend l’opération qui doit lui donner le corps auquel elle aspire. Un roman sur l’identité, la famille et la transition, traduit de l’islandais par Éric Boury.
14/09/2026, 06:00
Avec Oratorio, Cécile Wajsbrot revient sur les parcours de celles et ceux qui quittent leur pays par nécessité, traversent la Méditerranée ou empruntent les routes migratoires. À partir de données recueillies sur plusieurs décennies, la romancière compose un texte entre chœur, dialogue et récit, qui interroge notre rapport à l’exil et aux frontières.
12/09/2026, 07:00
Avec Été 1914, Victor Lepointe revient sur les premières semaines de la Première Guerre mondiale à travers deux jeunes hommes que tout semble opposer. Un récit en bande dessinée qui suit le basculement d’une génération, de l’enthousiasme patriotique d’août 1914 à la brutalité d’une guerre nouvelle.
12/09/2026, 06:30
Après Beauté fatale, Mona Chollet revient sur les normes esthétiques imposées aux femmes avec Soigner sa peau. Exploration d’une obsession. Sérums, K-Beauty, Botox ou chirurgie : l’autrice examine la place prise par la peau dans les pratiques contemporaines de beauté et les mécanismes d’une industrie qui transforme l’insatisfaction en moteur de consommation.
12/09/2026, 06:00
Le gentleman cambrioleur revient dans une nouvelle adaptation en bande dessinée de l’un des grands classiques de Maurice Leblanc. Dans Arsène Lupin – Le Bouchon de cristal, Jérôme Félix et Alain Janolle revisitent cette célèbre aventure sur fond de corruption politique, de scandale et de secret d’État.
11/09/2026, 06:00
Avec Retour à Grey Gardens, Claire Béchec revient sur le destin hors norme de Little Edie Beale, figure méconnue en France mais devenue un véritable mythe aux États-Unis. Son récit retrace l’histoire d’une femme et d’une demeure devenues indissociables, entre aristocratie déchue, isolement et liberté de ton.
11/09/2026, 06:00
Au jour le jour : écrire le quotidien des classes populaires en France (XIXe-XXIe siècle) entend regarder l'histoire par un autre bout de la lorgnette : celui de la vie ordinaire. Sous la direction d'Anaïs Albert, Fanny Gallot, Anne Jusseaume, Eve Meuret-Campfort, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust, cet ouvrage collectif plonge dans le quotidien des femmes et des hommes des classes populaires, du XIXe au XXIe siècle.
11/09/2026, 06:00
Avec Déclaration de perte, Catherine Benhamou poursuit son travail autour des récits de femmes et de leurs trajectoires intimes. Publié aux éditions des femmes-Antoinette Fouque, ce nouveau texte fait dialoguer deux destins marqués par la perte d’un enfant et par un silence difficile à briser.
10/09/2026, 06:00
Avec L’Enclos des esclaves, Najwa Bin Shatwan revient sur une réalité historique largement méconnue : celle de milliers d’Africains subsahariens réduits en esclavage en Libye sous la domination ottomane. Traduit de l’arabe par Souad Labbize, ce roman propose une fresque de la société libyenne à travers le destin d’une femme en quête de ses origines.
10/09/2026, 06:00
Destiné aux lecteurs à partir de 9 ans, Ensemble contre l’antisémitisme propose 50 questions-réponses pour mieux comprendre l’histoire et les mécanismes de l’antisémitisme, en France comme dans le monde. L’ouvrage paraîtra le 8 octobre 2026 aux éditions Privat.
10/09/2026, 06:00
Et si le monde était régi par un code informatique que seuls quelques-uns pouvaient lire ? Avec La Marche du Monde, Lou Lubie signe une nouvelle série de fantasy destinée aux lecteurs de 14 ans et plus. Dans ce premier tome, intitulé Nord, une adolescente mise à l’écart découvre que ses mystérieuses syncopes lui permettent en réalité de lire le code qui régit le monde.
10/09/2026, 06:00
Que reste-t-il de nos « au revoir » ? Dans son nouvel ouvrage, Gilles Marchand s’intéresse à ces mots familiers qui accompagnent les départs, les ruptures, les deuils, mais aussi l’espoir de se retrouver. Un texte intime et universel, à paraître aux éditions Rivages le 7 octobre.
09/09/2026, 07:30
Avec Sous la neige des sentinelles, Mip Ruberto Sanquer entraîne les lecteurs de 14 ans et plus dans une uchronie steampunk située en Haute-Savoie, en décembre 1901. Entre complot, enquête, capacités augmentées et animaux doués de parole, le roman mêle aventure et fantastique dans le décor d’un Noël en haute montagne.
09/09/2026, 06:00
Dans S’envoler, Thierry Clech suit un homme aisé, vieillissant et inquiet face au temps qui passe, qui décide de partir pour un tour du monde organisé. De New York à Kyoto, de l’île de Pâques à Bénarès, les kilomètres défilent, mais le voyage ne suffit pas à combler le vide qui le ronge.
08/09/2026, 10:16
Avec Isaiah dans les eaux du temps, Aurélie Wellenstein entraîne les lecteurs, de 15 ans et plus, dans une fantasy sombre où les courants temporels peuvent faire disparaître les vivants et où le temps lui-même devient une ressource à pêcher. Un récit de survie aux enjeux aussi fantastiques que profondément humains, à paraître le 8 octobre 2026 chez Scrineo.
08/09/2026, 08:00
Comment le VTT, découvert à l’adolescence, est devenu pour Kilian Bron à la fois un espace de liberté, une discipline et un moyen de s’extraire d’un environnement familial difficile. Le vététiste revient sur son parcours, son goût du risque et sa relation à la montagne dans ce récit personnel, préfacé par Martin Fourcade et publié en poche chez Flammarion.
08/09/2026, 07:00
Alors que l’intelligence artificielle et la culture de l’immédiateté semblent gagner chaque pan de nos vies, Raphaëlle Le Baud invite à regarder du côté des ateliers. Dans Petit éloge des métiers d’art, l’entrepreneuse engagée dans le secteur célèbre celles et ceux qui font de la matière, du geste et de la transmission une autre manière d’habiter le monde.
08/09/2026, 06:00
Avec Au nom du peuple français, François Molins revient sur quarante-six années passées au sein de l’institution judiciaire. De la lutte antiterroriste aux grandes affaires politico-financières, l’ancien magistrat raconte les dossiers qui ont marqué sa carrière, mais aussi sa conception de la justice et de sa nécessaire compréhension par les citoyens. Ses Mémoires paraissent en poche chez Flammarion, dans la collection Au Grand jour.
08/09/2026, 06:00
Les arnaques aux faux conseillers bancaires, un phénomène qui s’appuie sur des données dérobées, l’usurpation d’identité et la manipulation des victimes. Par cette édition augmentée, publiée dans la collection Au grand jour (Flammarion), Thibaut Martinez-Delcayrou reprend une enquête menée entre 2023 et 2025 au contact des policiers, magistrats, banques, escrocs et victimes, et les failles qu’ils exploitent.
07/09/2026, 08:30
Après La Belle Famille, Laure de Rivières revient avec un nouveau thriller familial, L’Enfant de cœur, à paraître chez Flammarion le 7 octobre prochain. Au cœur du récit : un enfant adopté, une famille qui se fissure et une question vertigineuse autour de la filiation et de l’identité.
07/09/2026, 07:30
Dans Petit éloge de l’amitié, Léa Wiazemsky explore un lien que l’on tient parfois pour acquis, mais qui accompagne pourtant toute une existence. De l’ami d’enfance aux amitiés virtuelles, des bandes de copains aux ruptures amicales, la comédienne et romancière raconte ce lien choisi qui nous construit, nous accompagne et peut parfois nous faire souffrir.
07/09/2026, 07:00
Après avoir parcouru près de deux mille lieux abandonnés à travers le monde, le photographe Jonk revient avec Urbex Stories, un ouvrage qui dévoile les coulisses de ses explorations. Entre rencontres inattendues, accidents évités de justesse et fascination pour les traces laissées par le temps, le photographe propose vingt récits accompagnés de 122 photographies.
07/09/2026, 06:00
Dans un nouvel essai, la philosophe Peggy Avez s’intéresse à une activité aussi quotidienne que dépréciée : le ménage. En interrogeant son histoire, sa dimension genrée et les humiliations qui lui sont associées, elle propose de retourner le stigmate : et si nettoyer pouvait aussi devenir un espace de pensée, de création et d’émancipation ?
05/09/2026, 09:00
Tout surmonter de Patrice Franceschi est un témoignage porté par une réflexion sur les différentes épreuves que cet explorateur et écrivain a affrontées lors de ses expéditions aux quatre coins de la planète, ou de ces engagements dans différentes guérillas. Il démontre que les échecs n'en sont jamais réellement et qu'il y a toujours une leçon à en tirer.
02/09/2026, 11:50
Avec 1000 raisons de croire en Jésus, Olivier Bonnassies poursuit une réflexion consacrée aux rapports entre foi, raison et connaissance. À paraître chez Guy Trédaniel, l’ouvrage rassemble arguments historiques, témoignages et phénomènes présentés comme autant de « raisons de croire », tout en confrontant la thèse chrétienne à l’athéisme et à plusieurs grandes traditions religieuses.
26/08/2026, 09:26
Agnès Martin-Lugand revient avec un nouveau roman, Retour à Folegandros, à paraître le 17 septembre aux éditions Michel Lafon. Dans ce récit profondément humain, elle explore les liens familiaux, les blessures du passé et la force des retrouvailles à travers l’histoire d’Andréas, un jeune homme qui réunit ses parents sur l’île grecque où leur histoire familiale a commencé.
26/08/2026, 09:13
Un imprévu, de Michel Layaz, paraîtra le 1er octobre 2026 aux éditions Zoé. Le romancier suisse y transforme le dîner improvisé d’un puissant dirigeant en procès de ses choix, puis d’un système économique qui autorise l’enrichissement au détriment de l’environnement.
21/08/2026, 08:00
L’envie est le plus capital des péchés. Tout commence par une liaison. Un homme. Une femme. Un rendez-vous clandestin dans un parc en hiver. On ne sait rien d’eux. Sinon qu’ils viennent de franchir une ligne dangereuse. Puis survient un drame.
21/08/2026, 06:00
À La Sagnée, hameau isolé au cœur d’une forêt, Philippe Kern cherche désespérément sa fille Chloé, douze ans, disparue sans laisser de trace. Très vite, le comportement des habitants l’inquiète : regards fuyants, réponses évasives, réunions nocturnes et silences obstinés. Parmi eux, Sylvain, un simple d’esprit qui dessine des cercles sur les arbres et les fenêtres, semble détenir une part du mystère.
17/08/2026, 06:30
Le 30 novembre 2023, la vie de Stella bascule. Le jour de ses 33 ans, elle perd sa meilleure amie, survit à un accident de voiture et apprend que sa cécité sera irréversible. Hypersensible et profondément indépendante, elle doit désormais reconstruire son existence dans un monde privé de repères familiers. Le noir me va si bien de Sabrina Depraz imagine une romance spirituelle autour du deuil, du handicap et de la reconstruction. Le roman paraîtra le 14 octobre, chez Lune noire.
15/08/2026, 06:30
Toulouse, Biarritz et la vallée de Katmandou, Élodie Ridolfi mêle reconstruction intime, spiritualité et symbolisme dans un récit où les coïncidences finissent par dessiner un chemin. Avec Le dernier Himalayen, elle signe un premier roman placé sous le signe du voyage intérieur. Le livre paraîtra le 14 octobre 2026 dans la collection Feel Good de Lune noire.
14/08/2026, 06:30
Le Phare de l’impossible, roman de Michael Pedersen traduit de l’anglais (Écosse) par Claire-Marie Clévy, paraîtra le 27 août 2026 aux éditions Buchet-Chastel. Sur l’île isolée de Muckle Flugga, l’arrivée d’un écrivain vient bouleverser l’existence d’un gardien de phare et de son fils.
13/08/2026, 07:39
Autres articles de la rubrique Livres
Une boîte en carton, des journaux intimes, et voilà le féminisme bien peigné qui prend un coup dans les tibias. En vidant l’appartement de sa mère, Clarence Edgard-Rosa retrouve ses carnets d’enfance. À huit ans, elle écrivait : « Les filles sont terribles. Elles sont méchantes, c’est la guerre. Il n’en restera qu’une. » Toute l’enquête part de là : non d’une théorie à appliquer, mais d’un embarras à regarder en face.
15/09/2026, 15:31
Il suffit parfois d’une batterie morte pour qu’un homme très important redevienne simplement un homme. Erik Dogam, PDG d’une multinationale, a tout prévu : son emploi du temps, son corps, ses déplacements, ses affaires, probablement jusqu’à la quantité d’oxygène utile à une journée bien menée. Une panne de téléphone, pourtant, enraye la mécanique. Et Michel Layaz résume son héros avant même de commencer à le démonter : « Erik Dogam goûtait peu les imprévus. » Bilan comptable ce 1er octobre.
15/09/2026, 15:31
Madrid brûle, Cuba suffoque et, entre les deux, l’Atlantique ressemble moins à une promesse qu’à un sas vers l’abattoir. Infierno (trad. Anne Proenza,) part d’une nuit d’insurrection, en juin 1866 : Leonor, choriste madrilène, croise Mauro, étudiant en médecine passé du côté des insurgés. Un soldat meurt, un policier les traque, chacun doit fuir. Elle gagne Cuba sous la protection trouble d’un mariage quand lui y découvre qu’un contrat de travail peut n’être qu’un autre nom donné aux fers.
15/09/2026, 15:26
Ni formules toutes faites ni slogans tapageurs. Dans Une réponse, Iris Brey livre une traversée émancipatrice, entre réflexion intime et critique sur la construction du désir. Faisant la part belle aux trajectoires obliques, elle esquisse les contours d’une éthique attentive aux violences que subissent les démunis et les minoritaires, le viol et l’inceste au premier chef.
15/09/2026, 15:20
Brandon Sanderson a souvent construit ses mondes autour d’une mécanique : des règles, des pouvoirs, une prophétie, puis des personnages chargés d’en éprouver les limites. Ténébreux retourne la pièce. Paul Tanasin n’est pas l’élu promis à sauver un royaume : à Mirandus, il est celui que l’histoire attend pour le détruire. Un changement de perspective simple sur le papier, autrement moins sage en images.
15/09/2026, 15:17
Qu'on ait trouvé son enfant dans un chou, dans une rose ou dans sa propre chair, l'affaire n'a que faire des doctrines. Pédagogie libérale, rigoriste ou bricolée : rien ne protège de l'expérience nue. Non par défaut d'instinct, mais parce que l'épreuve est structurelle — un vertige existentiel qu'une simple question d'enfant suffit à faire basculer.
15/09/2026, 09:59
Hilda Bustamante est morte depuis un an. Elle se réveille sans souvenir de son décès, sans savoir pourquoi elle se retrouve dans le cimetière. Pour célébrer cette nouvelle vie, elle va sonner les cloches de l’église à toute volée au point d’éclater toutes les vitres du village et regagne sa maison. Hilda Bustamante revient de Salomé Esper, traduction d’Hélène Serrano.
14/09/2026, 13:02
À la Strange Academy, la rentrée ne ressemble pas franchement à une rentrée. Ici, les élèves viennent d’Asgard, de Weirdworld ou de la Dimension Noire, un géant du givre partage les couloirs avec une fée et le fils de Dormammu tente de ne pas finir comme papa. Dans
13/09/2026, 14:53
Par curiosité, regardez sur la toile quelques photographies de Liane de Pougy (1869-1950). L'une d'elle la représente en 1900, à l'âge de trente-et-un ans. Brune, élégante, avec son grand chapeau emplumé, sa poitrine frêle sous le décolleté orné de roses blanches, elle a le visage penché, et son regard, embrumé d'un léger fard sur les paupières, a quelque chose de profond et de mélancolique: elle est merveilleusement belle. C'est une créature de Proust en chair et en os (1)... La courtisane Odette de Crécy, diront certains. Mais moi, j'estime Liane de Pougy bien supérieure, car son destin, la prenant courtisane, fit d'elle une princesse puis une "presque sainte" (c'est vrai). De surcroît elle fut romancière (voir la chronique des Ensablés ici) et tint un journal fort bien écrit (qu'elle appelle ses "cahiers bleus"), que les Editions Le Passeur se sont attelées à publier intégralement, d'où ce nouveau livre portant sur les années 1925-1926, et intitulé "Tous les fruits de l'arbre du Mal" (2). Pour information, la diariste destinait ce journal à "l'an 2000". Il a été partiellement édité en 1977. Par Hervé BEL.
13/09/2026, 14:43
Cette semaine, la Booksletter passe des partitions de Nino Rota aux archives du KGB, du spleen d’un tueur imaginé par Edgardo Scott aux patients qui réapprennent les gestes les plus simples après une lésion cérébrale. En chemin, Alexander Krauss rappelle combien les outils façonnent les découvertes scientifiques. Cinq livres, cinq manières d’explorer les zones où l’art, l’histoire, la médecine et la science déplacent notre regard sur notre monde.
12/09/2026, 11:30
Oklahoma, 1935. L’Amérique mord la poussière : une ville s’enfonce dans le Dust Bowl tandis qu’un tueur profite du chaos. Avec Dust to Dust, Phil Bram et J.G. Jones construisent un polar historique lent, suffocant et visuellement saisissant, dont la résolution convainc moins que l’atmosphère. Delcourt publie en français ce récit complet, traduit par Laurent Queyssi.
11/09/2026, 12:16
Le casse du siècle, de Sarah Knafo, entre directement à la première place des ventes de livres en France avec 60.584 exemplaires écoulés du 31 août au 6 septembre 2026. Et en ferait oublier que la semaine passée encore, Freida McFadden culminait en tête des meilleures ventes. De quoi faire regretter l'Américaine, sa femme de ménage et toute la clique...
11/09/2026, 11:50
La rentrée littéraire c'est aussi la rentrée des classes avec, au programme, cette leçon d'Histoires sur la guerre d'indépendance des États-Unis et la toute première expédition du très jeune La Fayette outre-Atlantique.
10/09/2026, 09:00
Prière de retirer ses chaussures avant d’entrer dans les sujets sérieux. Cécile Crassous, elle, garde les chaussettes. Et c’est là que son roman trouve son équilibre : dans ce mélange de pudeur et d’impudeur, de farce et de chagrin, où la féminité cesse d’être un concept pour redevenir une affaire de chair, de désir, de rides, de sang, de deuil et, parfois, de très mauvaises idées. Rendez-vous le 24 septembre.
08/09/2026, 10:44
Il y a des livres qui installent leur menace à coups de portes qui grincent. Marie Pavlenko choisit plus sournois : une mouillette, une bouffée de chaleur, un corps qui change, une mouche écrasée. Puis quelque chose remue sous la peau du réel. Et nue, je suis entrée dans l’eau rassemble trois nouvelles reliées par une même question : que se passe-t-il lorsque la proie cesse d’accepter la place qu’on lui a assignée ? La réponse n’a rien d’un manifeste abstrait. Elle aura des dents, des sucs, des larves et parfois un goût de sang, ce 16 septembre.
08/09/2026, 10:42
Virginia met un peu de couleur dans le gris du quotidien, elle fait équipe avec le narrateur, un jeune homme, factotum, qu’elle a pris sous son aile immédiatement, comme une mère poule. Une relation fusionnelle s’installe entre eux avec une idée obsessionnelle pour Virginia : préparer une fête pour égayer cet univers clos.
07/09/2026, 13:45
Elle paraît inquiétante Frédérique dite « la grande Frédé » sur la couverture du nouveau roman de Nicolas Robin, et il y a de quoi : cette grande rousse d’un mètre quatre-vingt-cinq, mène une vie terne entre son job d’hôtesse de l’air au sol- parce qu’elle a peur de l’avion- et la garde du chat de sa voisine, elle aussi hôtesse de l’air et dépressive.
07/09/2026, 12:01
En une dizaine d’années, les éditions Vibration se sont fait une place remarquée et incontournable avec ses publications sur la poésie russe. La situation actuelle n’incite guère à la curiosité pour découvrir ou redécouvrir les poètes de cet empire, et c’est un tort, car la poésie de cette partie du monde épouse l’histoire de son pays et de ses soubresauts. Une histoire mouvementée perçue à travers la sensibilité d’auteurs est une formidable façon de comprendre et d’aborder ce peuple qui semble voué à une destinée unique et particulière.
07/09/2026, 11:49
Olivier Truc, s'essaie au roman de guerre et nous révèle la face cachée de la pseudo-neutralité suédoise durant la guerre. Son roman très didactique est un véritable panorama de l'histoire militaire récente de la Suède mais pèche par excès de pédagogie si bien que la mise en scène un peu artificielle manque de naturel.
07/09/2026, 05:00
À rebours du plaidoyer attendu, Jean-Pierre Winter interroge ce qui, aujourd’hui, résiste encore à la psychanalyse. Silence de l’analyste, transfert, responsabilité, absence de garantie institutionnelle : Il n’est jamais trop tard pour choisir la psychanalyse défend moins une méthode qu’une expérience de la parole et du désir, volontairement rétive aux promesses de résultats immédiats.
06/09/2026, 14:07
Dix-huit ans après avoir fui Folegandros, Suzanne et Vadim y reviennent pour leur fils. Agnès Martin-Lugand transforme l’île grecque en territoire de mémoire, où les silences familiaux finissent par céder et où aimer ne signifie jamais effacer. Chante, Muse, à partir du 17 septembre.
05/09/2026, 22:02
Cette semaine, la Booksletter traverse le XVIIIe siècle avec George Forster, ausculte la seconde présidence de Donald Trump, raconte l’énigme Mar de Marchis, envisage le scénario d’une guerre biologique et interroge l’avenir de l’intelligence artificielle avec Cory Doctorow. Cinq livres, cinq angles pour lire les inquiétudes, les impostures et les bouleversements d’un monde qui ne manque décidément ni de vertiges ni de matière à penser.
05/09/2026, 14:13
1 Commentaire
FredEx
25/08/2023 à 08:10
https://fredericroux.fr/wp-content/uploads/2023/06/T.pdf
« Maquillage, pense-t-elle, en allemand c’est Maske… »
Jean-Jacques Schuhl
Mein Leben war von Anfang an ein Leidensweg
Il faut régler les lumières pour parler de Johann Trollman, prendre le parti du noir et blanc, des éclairages expressionnistes, avoir Murnau, Lang, Pabst, von Sternberg, Nosferatu, L’Ange bleu, Loulou et M le maudit en mémoire pour ensuite se transporter le 9 juin 1933 au milieu de la fumée et des hurlements (gros plans de bouches édentées et des yeux de Peter Lorre) dans une brasserie de Berlin (serveuses, douze chopes blotties entre leurs seins), où se déroulaient aussi bien des réunions politiques (SA en uniforme) que des concerts (plastrons, monocles) ou des combats de boxe…
« Remets du Rimmel à tes cils Lola ! »
Vor der Kaserne
Vor dem großen Tor
Stand eine Laterne
Und steht sie noch davor
So woll’n wir uns da wieder seh'n
Bei der Laterne wollen wir steh'n
Wie einst Lili Marleen.
Ce soir-là, meine Damen und meine Herren, Adolf Ubermensch Witt rencontre Johann Untermensch Trollmann pour le titre de champion d’Allemagne des poids mi-lourds vacant depuis que le tenant, Erich Seelig, menacé de mort parce que Juif, a quitté le pays. Les deux hommes se sont déjà rencontrés trois fois, égalité parfaite : une victoire chacun et un match nul. « Rukeli » est né en 1907 à Hanovre dans une famille Senti et ce soir-là, devant une foule en délire, dans son style « gitan », il domine son adversaire de la tête et des épaules. Au sixième round, l’arbitre arrête le combat, les juges déclarent le combat « sans décision ». La foule mécontente envahit le ring, des bagarres éclatent aux quatre coins (serveuses renversées jupons par-dessus tête), les chaises volent, on renverse les bocks (un poing serré sur une anse, un fume-cigarettes en bakélite brisé dans une flaque), la confusion est à son comble jusqu’à ce que Trollmann brandisse la ceinture au-dessus de son épaisse tignasse noir corbeau.
Un gitan est champion d’Allemagne.
Les choses n’en resteront pas là, les autorités annuleront la décision sous le prétexte que Trollmann ne pratique pas le seul style en vigueur à l’intérieur des frontières du Reich : le style « aryen » ; ils ne consentiront à restituer sa licence à Johann Trollmann que s’il s’engage à renoncer à ses simagrées tziganes.
Le 21 juillet, toujours pour le titre national, toujours à la Bockbrauerei de Berlin, « Rukeli » monte sur le ring où il doit affronter Gustav Eder. Teint en blond, poudré von Kopf bis Fuß, c’est bien un masque que porte Trollmann. Il encaissera les coups de son adversaire sans en éviter un seul et sans répliquer pendant cinq rounds.
Sa carrière est finie.
Bien sûr, pour gagner sa vie, il disputera encore dix combats mais, perpétuellement menacé de mort, il en perdra huit. Sa licence lui sera définitivement confisquée en 1935. Il divorcera ensuite pour ne pas mettre en danger sa femme, Olga Bilda, qui n’était pas Sinti, et leur fille Rita qui l’était à moitié, il ira même plus loin puisqu’il acceptera d’être stérilisé pour ne plus « polluer la race ».
Incorporé dans la Werhmacht pendant la Deuxième Guerre mondiale, il en sera, plus tard, renvoyé comme tous les Sintis et tous les Roms. Arrêté en 1942, il sera déporté à Neuengamme puis au camp annexe de Wittenberge où il sera tué le 9 février 1943. Les versions de sa mort diffèrent, pour certains il aurait été abattu par un SS, pour d’autres massacré à coups de pelle par un kapo.
Adolf Witt, celui qu’il avait battu, ne tiendra pas la limite devant Marcel Thil, il boxera jusqu’en 1948 avant de mourir deux ans après, il avait 50 ans ; Gustav Eder, celui qui l’avait battu, sera champion d’Europe poids welter à plusieurs reprises, il disputera son 162e et dernier combat en 1949 et mourra le 6 février 1992 à 84 ans.
En 2003, soixante ans après sa mort, comme mieux vaut tard que jamais, les autorités sportives allemandes restitueront à Johann Trollmann le titre qu’il avait remporté soixante-dix ans auparavant, le 9 juin 1933, dans la fumée des cigares et les remugles de bière et de nazisme.
Aus dem stillen Raum
Aus der Erde Grund
Hebt sich wie eine Traum
Dein verliebter Mund
Wenn sich die späten Nebel drehn
Werd’ich bei der Laterne steh’n
Wie einste Lili Marleen