Ma nuit en plein jour, de Pierre-Louis Basse, publié aux éditions En Exergue, figure dans la première sélection — liste longue — du Prix Lumière d’août 2026, dans la catégorie littérature.
Avec ce livre grave, lumineux et profondément attentif, Pierre-Louis Basse compose une méditation inquiète sur la beauté, la mémoire et l’état du monde. Un homme, écrivain et ancien journaliste, s’installe plusieurs semaines dans l’abbatiale Notre-Dame de Bernay, face à une œuvre d’Ernest Pignon-Ernest : huit figures mystiques, huit saintes suspendues au-dessus d’un miroir d’eau, dans l’obscurité fraîche du lieu.
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Peu à peu, dans cette nuit traversée de lumière, la contemplation fait remonter les souvenirs : les proches, l’enfance, le sport, les fidélités anciennes, mais aussi les inquiétudes d’aujourd’hui. Car dehors, loin du silence de l’abbatiale, le monde gronde : précarité, laideur, fatigue démocratique, montée des colères et des replis.
Pierre-Louis Basse ne signe pas un simple récit de contemplation. Il interroge ce que regarder veut encore dire, dans une époque pressée, distraite, abîmée par le bruit. Devant la beauté, il ne cherche ni refuge facile ni consolation naïve : il éprouve au contraire ce que l’art peut encore ouvrir comme espace de veille, de résistance et de présence.
Le livre impressionne par sa délicatesse, sa mélancolie, sa pudeur et sa manière de faire tenir ensemble l’intime et le politique. Ma nuit en plein jour est un texte de lenteur et d’attention, un livre habité par la mémoire, par la beauté fragile des lieux, et par cette question essentielle : que nous reste-t-il lorsque nous ne savons plus regarder ensemble ?
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Un livre sobre, profond, traversé d’ombre et de clarté, où la littérature devient une manière de tenir debout dans le vacarme du temps.