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Une courte histoire de la traduction… en une page web

Les traducteurs et traductrices ont toujours joué un rôle majeur dans la société, tout en contribuant à la richesse des langues et des cultures. Ils/elles jouent un rôle de passerelle entre les civilisations, façonnent les langues modernes et enrichissent notre savoir jour après jour. Cet essai doit beaucoup à Wikipédia, notre bible des temps modernes. Merci à Anna Alvarez pour son aide.

Le 06/04/2022 à 11:16 par Marie Lebert

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06/04/2022 à 11:16

Marie Lebert

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Pendant l’Antiquité

Datant du IIIe siècle avant notre ère, la traduction en grec de la Bible hébraïque est la première traduction d’envergure dans le monde occidental. Cette traduction est appelée la Septante, en référence aux 70 érudits qui traduisent la Bible hébraïque à Alexandrie, en Égypte. Bien que chaque traducteur ait travaillé seul, cloîtré dans sa cellule, la légende veut que les 70 versions aient été identiques.

Térence, dramaturge romain, traduit et adapte des comédies du grec vers le latin au IIe siècle avant notre ère. Il indique déjà le rôle de passerelle du traducteur, censé « faire passer » les valeurs d’une culture à l’autre.

Homme d’État, orateur, avocat et philosophe, Cicéron traduit également des textes du grec vers le latin et compare le traducteur à un artiste. Dans son œuvre De l’Orateur (De Oratore) publiée en 55 avant notre ère, Cicéron critique la traduction « mot pour mot » (« verbum pro verbo ») : « Je n’ai pas cru devoir présenter au lecteur un décompte des mots, mais pour ainsi dire lui offrir une somme de mots en bloc. »

Le débat opposant la traduction du sens pour le sens et la traduction mot à mot remonte en effet à l’Antiquité et reste toujours de mise dans notre monde moderne.

L’inventeur de la notion de traduction de sens pour le sens serait Jérôme (connu aussi sous le nom de Saint Jérôme), lui aussi traducteur, qui explique cette notion en l’an 396 de notre ère dans sa Lettre à Pammaque. Auteur d’une traduction latine de la Bible connue sous le nom de Vulgate, Jérôme affirme que le traducteur doit rendre « non pas le mot pour le mot, mais le sens pour le sens » (« non verbum e verbo sed sensum de sensu »).

À la fin du IVe siècle de notre ère, Kumārajīva, moine bouddhiste, érudit et traducteur prolifique, s’attelle à une tâche pharaonique, à savoir la traduction du sanskrit au chinois d’un grand nombre de textes bouddhiques. Sa traduction la plus célèbre est celle du Sutra du Diamant, un influent sutra du bouddhisme mahayana en Extrême-Orient, devenu un objet de dévotion et d’étude. Daté de 868, un exemplaire tardif de l’édition chinoise du Sutra du Diamant est « le plus ancien exemplaire complet d’un livre imprimé nous étant parvenu », selon la British Library, qui conserve cette relique.

Les traductions claires et sans détour de Kumārajīva s’attachent davantage à transmettre le sens du texte religieux qu’à rendre l’original avec précision. Ses traductions influencent profondément le bouddhisme chinois et restent plus populaires que des traductions ultérieures plus littérales.

L’expansion du bouddhisme provoque de vastes programmes de traduction pendant plus de mille ans dans toute l’Asie, dont certains dans un laps de temps relativement court.

Il ne faut que quelques décennies aux Tangoutes, par exemple, pour traduire nombre d’œuvres majeures. Des sources contemporaines décrivent même l’Empereur des Tangoutes et sa mère contribuant personnellement à ces traductions aux côtés de sages de diverses nationalités.

Après avoir conquis l’Empire grec, les Arabes entreprennent eux aussi un vaste programme de traduction afin d’offrir à terme des versions arabes de tous les grands ouvrages philosophiques et scientifiques grecs. De ce fait, le savoir grec contribue au savoir arabe dans de nombreux domaines, par exemple l’astrologie ou la médecine.

Au Moyen Âge

Le latin reste la lingua franca de l’Europe occidentale pendant tout le Moyen Âge. Rares sont les œuvres latines traduites dans des langues dites vernaculaires (anglais, français, espagnol, etc.), qui sont encore mal définies et peu développées.

À la fin du IXe siècle, Alfred le Grand, roi du Wessex (Angleterre), est très en avance sur son temps puisqu’il fait traduire du latin en anglais deux œuvres classiques majeures, d’une part l’Histoire ecclésiastique du peuple anglais de Bède, et d’autre part la Consolation de philosophie de Boèce. Ces traductions contribuent à l’évolution de la prose anglaise.

Selon Roger Bacon, érudit anglais du XIIIe siècle, un traducteur doit bien connaître à la fois la langue source et la langue cible pour écrire une traduction de qualité. Il doit aussi maîtriser la discipline de l’ouvrage à traduire.

Au XIVe siècle, le poète anglais Geoffrey Chaucer débute une tradition poétique basée sur des traductions ou des adaptations d’œuvres littéraires disponibles en latin et en français, deux langues alors mieux établies que l’anglais.

Pendant ce temps, le théologien John Wycliffe traduit pour la première fois la Bible du latin en anglais. Cette Bible paraît en 1382-1384 sous le nom de Bible de Wycliffe.

Aux XIIe et XIIIe siècles, l’École des Traducteurs de Tolède (Espagne) devient le rendez-vous des érudits européens, qui s’installent dans cette ville pour traduire en latin les grandes œuvres philosophiques, religieuses, scientifiques et médicales disponibles en arabe et en grec. Pourquoi Tolède ? Tolède est l’un des rares endroits de l’Europe médiévale où les chrétiens peuvent être exposés à la langue et à la culture arabes.

Nombre de ces érudits chrétiens sont curieux d’en apprendre plus sur une civilisation qui leur semble très riche et leurs traductions vont permettre de diffuser ces nouvelles connaissances auprès de leurs collègues dans toute l’Europe. Toutes ces traductions font connaître les grandes œuvres arabes au monde chrétien. Elles ont une grande influence sur le savoir en Europe dans des domaines aussi variés que la connaissance du Coran, l’astronomie, les mathématiques ou la géographie.

Le voyage du philosophe byzantin Gémiste Pléthon à Florence (Italie) suscite un regain d’intérêt pour le savoir grec en Europe occidentale, et notamment pour les œuvres du philosophe Platon. Lors du Concile de Florence en 1438-1439, Gémiste Pléthon rencontre Cosme de Médicis, dirigeant de Florence et mécène de la science et des arts, et cette rencontre permet la fondation de l’Académie platonicienne à Florence.

Sous la direction de Marsile Ficin, érudit et traducteur italien, l’Académie platonicienne entreprend la traduction en latin de toutes les œuvres de Platon, suivies des Ennéades du philosophe Plotin et d’autres œuvres néoplatoniciennes. L’œuvre de Marsile Ficin et de ses collègues — et l’édition latine du Nouveau Testament par Érasme — rend les lecteurs plus exigeants vis-à-vis des œuvres traduites.

Pour la première fois, les lecteurs demandent une certaine rigueur dans la traduction des mots exacts de Platon, de Jésus, d’Aristote et de bien d’autres, qui sont le fondement de leurs propres convictions philosophiques et religieuses.

Au XVIe siècle

La littérature non savante repose encore largement sur l’adaptation d’œuvres classiques du passé. Les auteurs et les traducteurs — qui sont souvent les mêmes personnes — cherchent à satisfaire un nouveau public apparu avec l’émergence de la classe moyenne et le développement de l’imprimerie.

Bel exemple de prose anglaise, Le Morte d’Arthur (1485) de Thomas Malory est une traduction libre des romans arthuriens, qui met en scène le légendaire roi Arthur et ses compagnons Guenièvre, Lancelot, Merlin et les chevaliers de la Table Ronde.

Thomas Malory traduit et adapte des récits médiévaux disponibles en français et en anglais. Il ajoute aussi de nouvelles histoires qui proviennent sans doute de sa propre imagination, par exemple Gareth, présentée comme l’une des aventures des chevaliers de la Table Ronde.

Les poètes de l’époque Tudor et les traducteurs élisabéthains adaptent ensuite des thèmes d’Horace, d’Ovide, de Pétrarque et d’autres auteurs classiques, tout en inventant un nouveau style poétique.

Imprimé en 1525, le Nouveau Testament de Tyndale est l’une des grandes traductions de l’époque Tudor. Cette traduction doit son nom à William Tyndale, l’érudit anglais qui en est le principal traducteur. Pour la première fois, la Bible est traduite directement de l’hébreu et du grec.

Après avoir traduit la totalité du Nouveau Testament, William Tyndale débute la traduction de l’Ancien Testament, dont il traduit la moitié. Il devient aussi une figure majeure de la Réforme protestante avant d’être condamné à mort pour possession illicite des Saintes Écritures en anglais. Après sa mort, un de ses assistants achève la traduction de l’Ancien Testament. La Bible de Tyndale est la première Bible anglaise imprimée en masse suite à l’invention de l’imprimerie. Elle est suivie de plusieurs traductions dans d’autres langues modernes.

Martin Luther, professeur de théologie allemand et figure majeure de la Réforme protestante, traduit la Bible en allemand vers la fin de sa vie. Événement à la fois religieux et littéraire, la publication de la Bible de Luther entre 1522 et 1534 favorise le développement de la langue allemande moderne. La Bible de Luther a également des effets durables sur la religion. Les divergences dans la traduction de certains mots et passages clés alimentent la division de l’Occident chrétien entre catholiques et protestants.

Luther est le premier érudit européen à affirmer que l’on ne traduit de manière satisfaisante que vers sa langue maternelle, une idée audacieuse qui deviendra la norme deux siècles plus tard.

Deux autres traductions marquantes sont d’une part la Bible de Jakub Wujek (Biblia Jakuba Wujka), une Bible en polonais imprimée en 1535, et d’autre part la Bible du roi Jacques (King James Bible), une nouvelle Bible en anglais imprimée en 1604-1611. La publication de ces deux Bibles a des répercussions durables sur les langues et cultures polonaise et anglaise.

Suivent des traductions de la Bible en néerlandais, en français, en espagnol, en tchèque et en slovène. L’édition néerlandaise est publiée en 1526 par Jacob van Liesvelt. L’édition française est publiée en 1528 par Jacques Lefèvre d’Étaples (connu aussi sous le nom de Jacobus Faber Stapulensis). L’édition espagnole est publiée en 1569 par Casiodoro de Reina. L’édition tchèque est publiée entre 1579 et 1593. L’édition slovène est publiée en 1584 par Jurij Dalmatn.

Toutes ces traductions jouent un rôle majeur dans l’usage des langues vernaculaires de l’Europe chrétienne et contribuent au développement des langues européennes modernes.

Au XVIIe siècle

Miguel de Cervantès, romancier espagnol connu dans toute l’Europe pour son roman Don Quichotte (1605-1615), exprime lui aussi son point de vue sur le processus de traduction.

Selon Cervantès, les traductions de son époque — à l’exception des traductions du grec vers le latin — donnent au lecteur l’impression de regarder une tapisserie flamande sur l’envers. On discerne les figures, mais elles sont pleines de fils lâches qui en obscurcissent les contours et elles n’ont pas la clarté des mêmes figures à l’endroit de la tapisserie. Les critiques de Cervantès n’empêcheront pas de très nombreuses traductions de son roman Don Quichotte au fil des siècles.

Dans la seconde moitié du XVIIe siècle, le poète et traducteur anglais John Dryden tente de faire parler le poète latin Virgile « avec les mots qu’il aurait probablement employés s’il avait vécu la vie d’un Anglais ». John Dryden fait également observer que « la traduction est une sorte de dessin d’après nature », comparant ainsi le traducteur à un artiste, tout comme Cicéron plusieurs siècles auparavant.

Alexander Pope, autre poète et traducteur anglais, se voit reprocher d’avoir ordonné à l’excès le « paradis sauvage » d’Homère dans ses traductions de l’Iliade et l’Odyssée. Ses traductions sont basées sur celles d’Anne Dacier, philologue et traductrice, qui a déjà fait connaître Homère à la société française. Mais ces critiques n’empêchent nullement des records de vente pour les traductions d’Alexander Pope, qui font connaître Homère à la société anglaise.

Durant ce siècle, fidélité et transparence sont enfin définies comme le double idéal à atteindre en traduction, selon Wikipédia. La fidélité est le degré de précision avec lequel une traduction rend compte du sens du texte source, sans le déformer, en tenant compte du texte lui-même (sujet, type et usage), de ses qualités littéraires et de son contexte social ou historique. La transparence est le fait que la traduction finale devient un texte autonome qui aurait pu être rédigé à l’origine dans la langue du lecteur, et qui se conforme à la grammaire, à la syntaxe et au style de cette langue. Une traduction transparente est souvent qualifiée d’idiomatique.

Au XVIIIe siècle

Selon Johann Gottfried Herder, critique littéraire et théoricien du langage allemand, un traducteur devrait traduire vers sa propre langue — et non depuis celle-ci — comme l’affirmait déjà deux siècles plus tôt Martin Luther, traducteur de la Bible en allemand et premier érudit à émettre un tel conseil. Dans son Traité sur l’origine du langage daté de 1722, Herder pose aussi les bases de la philologie comparée.

D’après Wikipédia, « tout au long du XVIIIe siècle, les traducteurs s’attachent avant tout au confort de lecture. Tout passage qui leur échappe ou leur semble susceptible d’ennuyer le lecteur est systématiquement omis. (…) Même dans le cas d’œuvres érudites, exception faite de la Bible, ils n’hésitent pas à traduire depuis des langues qu’ils connaissaient à peine. »

À l’époque, les dictionnaires ne sont pas considérés comme des outils utiles pour les traducteurs. Dans son Essai sur les principes de la traduction daté de 1791, l’historien écossais Alexander Fraser Tytler souligne qu’une pratique assidue de la lecture est plus utile que l’usage de dictionnaires. Le poète et grammairien polonais Onufry Andrzej Kopczyński exprime le même point de vue quelques années plus tôt, en 1783, tout en soulignant l’importance pour le traducteur d’être exposé à la langue étrangère parlée.

L’encyclopédiste polonais Ignacy Krasicki est aussi romancier, poète, fabuliste et traducteur. Dans son essai posthume Sur la traduction des livres publié en 1803, il précise le rôle majeur du traducteur dans la société. Ignacy Krasicki écrit que « la traduction est en fait un art à la fois respectable et très difficile, et n’est donc pas à la portée des esprits ordinaires ; elle devrait être l’apanage de ceux qui considèrent plus utile de traduire les œuvres des autres que de créer leurs propres œuvres, et qui mettent en avant le service rendu à leur pays plutôt que leur propre gloire. »

D’abord anonymes, les traductrices utilisent ensuite un pseudonyme masculin puis commencent à signer leurs traductions de leur vrai nom. Nombre d’entre elles ne se contentent pas de traduire des œuvres littéraires ou scientifiques. Durant ce siècle et les siècles suivants, elles militeront aussi pour l’égalité des sexes, l’éducation des femmes, l’abolition de l’esclavage, le droit de vote des femmes et les droits sociaux des femmes.

Au XIXe siècle

De nouvelles normes apparaissent en matière de fidélité et de style. Les traducteurs sont enfin sommés d’être fidèles au texte original et de respecter son style.

Une exception est la traduction et l’adaptation de poèmes persans par Edward Fitzgerald, écrivain et poète anglais. Publié en 1859, son livre Les Rubaiyat d’Omar Khayyām regroupe une sélection de poèmes d’Omar Khayyām, poète, mathématicien et astronome du XIe siècle. Ce livre devient vite un best-seller. "La traduction libre de Fitzgerald du persan vers l'anglais reste aujourd’hui la plus célèbre traduction des poèmes d’Omar Khayyām, malgré des traductions ultérieures plus fidèles. Cette traduction libre est ensuite traduite dans d’autres langues à partir de la version anglaise, chose courante à l’époque.

La théorie de la traduction « non transparente » est développée par le théologien et philosophe allemand Friedrich Schleiermacher, figure majeure du romantisme allemand. Lors de sa fameuse conférence Des différentes méthodes du traduire en 1813, Schleiermacher distingue les méthodes de traduction qui amènent l’auteur au lecteur, à savoir la transparence, de celles qui amènent le lecteur vers l’auteur, à savoir une grande fidélité au texte source. Schleiermacher privilégie la seconde approche.

La distinction qu’il fait entre « domestication » (amener l’auteur au lecteur) et « étrangéisation » (amener le lecteur vers l’auteur) inspirera d’éminents théoriciens au siècle suivant, par exemple Antoine Berman et Lawrence Venuti.

Yan Fu, érudit et traducteur chinois, développe en 1898 sa théorie de la traduction à trois facettes. La première facette est la fidélité, à savoir une traduction fidèle à l’original en esprit. La deuxième facette est l’expressivité, à savoir une traduction accessible au lecteur. La troisième facette est l’élégance, à savoir une traduction rédigée dans une langue « éduquée ».

La théorie développée par Yan Fu est basée sur son expérience de la traduction d’ouvrages de sciences sociales de l’anglais vers le chinois. De ces trois facettes, la seconde facette lui paraît la plus importante. Si le sens du texte traduit n’est pas accessible au lecteur, il n’y a aucune différence entre avoir traduit le texte et ne pas l’avoir traduit du tout.

Selon Yan Fu, afin de faciliter la compréhension, l’ordre des mots peut être changé, des exemples chinois peuvent remplacer les exemples anglais, et les noms propres chinois peuvent être modifiés pour être plus compréhensibles. Sa théorie aura un grand impact dans le monde entier, mais sera parfois étendue à tort à la traduction d’œuvres littéraires.

Au XXe siècle

Certains traducteurs et traductrices produisent délibérément des traductions

littérales, surtout pour les œuvres historiques, académiques et scientifiques. Ils choisissent de suivre le texte source au plus près, repoussant parfois les limites de la langue cible pour aboutir à une traduction non idiomatique.

Mais les traducteurs et traductrices de fiction ont une optique très différente. Aniela Zagórska, traductrice polonaise, traduit entre 1923 et 1939 presque toute l’œuvre de son oncle Joseph Conrad, romancier polono-britannique d’expression anglaise.

Selon Conrad, la traduction, au même titre que les autres arts, implique des choix, et ces choix impliquent une interprétation. Conrad donne donc ce conseil à sa nièce : « Il vaut mieux interpréter que traduire. Il s’agit donc de trouver les équivalents. Et là, ma chère, je vous prie, laissez-vous guider plutôt par votre tempérament que par une conscience sévère » (cité dans la biographie de Joseph Conrad par Zdzisław Najder).

Dans les années 1960, Jorge Luis Borges, romancier, essayiste et poète argentin, est un traducteur prolifique d’œuvres littéraires de l’anglais, du français et de l’allemand vers l’espagnol. Il traduit notamment — en les transformant légèrement — les œuvres de William Faulkner, André Gide, Hermann Hesse, Franz Kafka, Rudyard Kipling, Edgar Allan Poe, Walt Whitman et Virginia Woolf.

Borges écrit abondamment sur l’art de la traduction et donne de nombreuses conférences sur le sujet, « soutenant qu’une traduction peut améliorer l’original et peut même lui être infidèle, et que des interprétations alternatives et potentiellement contradictoires de la même œuvre sont tout aussi valables » (Wikipédia).

Les années 1970 voient la naissance d’une nouvelle discipline sous le nom de traductologie (Translation Studies). Le terme original anglais est dû au poète James S. Holmes, qui utilise ce terme pour la première fois dans son article The Name and Nature of Translation Studies (Le nom et la nature de la traductologie) paru en 1972.

James S. Holmes est non seulement un poète, mais aussi un traducteur réputé de poètes contemporains hollandais et belges. Il enseigne l’art de la traduction à l’Institut des interprètes et traducteurs créé en 1964 par l’Université d’Amsterdam.

Réunis sous la même ombrelle pendant des siècles, l’interprétariat (pour la langue parlée) et la traduction (pour la langue écrite) deviennent des disciplines différentes, quoique complémentaires. L’internet (inventé en 1974) et le web (inventé en 1990) apporteront des changements drastiques dans ces professions.

Au XXIe siècle

Au passé comme au présent, le rôle du traducteur est essentiel, et il importe de ne pas oublier le nom des traducteurs et traductrices à côté du nom des auteurs et autrices. Cet oubli est de plus en plus commun sur le web alors que la profession est déjà très éprouvée par l’invisibilité et la précarité.

Sans ces traducteurs et traductrices et leur rôle de passerelle entre les langues et les cultures depuis plus de deux millénaires, des pans entiers du savoir ancien auraient disparu et des pans entiers du savoir moderne ne seraient disponibles que pour une minorité — celle qui peut lire l’œuvre dans sa version originale.

Une manière pour nous de reconnaître l’importance de leur travail est d’offrir un dictionnaire en ligne des traducteurs et traductrices du passé, avec une première version (auto-financée) en trois langues dans les Community Texts de l’Internet Archive.

Sans surprise, nous recherchons un financement dans le monde francophone, anglophone ou hispanophone pour développer ce dictionnaire (site dédié, autres traducteurs et traductrices, illustrations, liens vers les œuvres traduites, etc.).

crédit photo : Joseph Conrad et sa traductrice, Aniela Zagórska ; CBN Polona, CC BY SA 4.0

 
 

Par Marie Lebert
Contact : marie.lebert@gmail.com

14 Commentaires

 

Arthur Magnus

06/04/2022 à 12:56

Bonjour ActuaLitté, si je n'ai rien à redire à l'article, votre chapô me laisse perplexe "Cet essai rédigé par Marie Lebert et traduit par Anna Alvarez"...
Il n'y aurait pas une pouille dans le cottage ? Marie Lebert est déjà l'auteure de plusieurs articles sur ActuaLitté sans qu'il n'ait jamais été fait mention qu'elle les rédigeait dans une langue dite étrangère...

Marie Lebert

06/04/2022 à 16:21

Bonjour de Melbourne en Australie. Je suis bilingue francais-anglais (mon chromebook actuel ne me permet pas d'ajouter la cédille adéquate) et j'essaie de publier tous mes articles et livres numériques en trois langues, grâce à Anna pour l'espagnol. Anna m'aide aussi dans les autres langues à l'occasion parce que la tâche est titanesque. Voici notre nouveau projet en trois langues: https://archive.org/details/histoire-traduction


Claire Nottale

28/08/2025 à 08:42

Merci Marie pour cet article que je découvre et pour votre magnifique projet !

La traduction est comme le combustible avant la flamme sur des espaces obstrués : elle prépare la route. Il suffira d'une étincelle pour embraser ces chemins et permettre au voyageur d'avancer.
Les traducteurs restent invisibles la plupart du temps et il y a là quelquechose à creuser quant à leur tempéramment.

Claude Rayon

08/04/2022 à 08:33

C'est un article passionnant. La problématique de la traduction est trop souvent passée sous silence, sauf quand on s'y trouve confronté directement, comme je peux l'être quand il s'agit d'avoir un recours aux sources pour vérifier des faits, comme la lectures d'actes médiévaux en latin.
On connait les grands traducteurs mais l'oubli dans lequel sont plongés les indispensables "petites mains" ou "tâcherons", (ce n'est pas péjoratif dans ma pensée) de cette époque qui travaille avec Internet doit être levé.
Les traducteurs sont des passeurs, des transmetteurs de culture, celles et ceux qui établissent des connections par delà le temps et l'espace.
Il faut les mettre en avant, les sortir de l'ombre et faciliter leur tâche.

Catherine

08/04/2022 à 10:52

magnifique ta recherche ! j'en suis touchée d'autant plus que mes études était pour devenir traductrice puis interprète.

j'ai reculé devant la traduction métier d'ermite, devant l'interprétariat métier d"entonnoir" pour finir libraire ce qui me confronte sans arrêt à la qualité des traducteurs que j'admire et que je trouve peu mis en valeur. Je te remercie de ton article pour eux.

Rose Marie

08/04/2022 à 11:14

Ce que m'inspire ton article, c'est la volonté farouche, éternelle des hommes et des femmes de cette terre de se comprendre. De tout temps, il y a eu des gens bienveillants, qui ont mis les gens différents par leur langage, leur couleur ou leur pays en communication. Et de tout temps, hélas, on en est encore témoins actuellement avec cette guerre d'Ukraine, il y a des gens qui luttent contre ce besoin de se comprendre, qui maintiennent la vérité sous verrou, qui ne veulent que se faire voir comme importants... la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf. Mais, dans la fable, la grenouille en crève tandis que là, hélas, ce sont des populations entières qui sont massacrées. Je ne sais pas très bien m'expliquer, je crois, mais ton article tombe à point nommé pour défendre les idées positives, la fraternité et le besoin de se connaître et de se comprendre. Bonne continuation dans ton périple et dans ton travail.

Annick

09/04/2022 à 09:02

Cet article est très interressant et riche de précisions et démontre bien l importance et le role des traducteurs , de leurs traductions et interprétations . C est vrai que le grand public n en a pas toujours conscience.
Je pense qu' il est en effet utile et nécessaire de créer un dictionnaire qui les répertorie pour redonner une visibilité et une reconnaissance légitime aux traducteurs .

Jean-Paul

12/04/2022 à 01:23

Une belle gageure que cette page condensant la douzaine de chapitres que tu as consacrée à l'histoire millénaire de la traduction, où j’ai découvert les enjeux des diverses écoles
qui ont traversé cette histoire.
Il est vrai que le traducteur est trop souvent laissé dans l’ombre. Mais je me souviens qu’enfant, j’avais été tellement ébloui par mon Livre de la jungle, que j’avais appris par cœur le nom de d’Humières et Fabulet et qu’à l’école j’avais choisi anglais.
Ils sont toujours présents pour moi. Ce sont des passeurs d’humanité.

Sophie Amaury

20/04/2022 à 09:27

Bonjour, je découvre avec un grand intérêt cette rétrospectivie de la traduction, un métier de l'ombre. Et j'avoue qu'en tant que bibliothécaire, grâce à Marie, je fais plus attention à la traduction de romans par exemple car c'est fondamental et cela suppose beaucoup de talent, trop souvent ignoré ou minimisé.

Patalf_le_gris

04/05/2022 à 23:18

Pas du tout d'accord avec ce qui est dit au premier paragraphe. Les juifs n'ont jamais oublié l'hébreu, toute la liturgie est en hébreu sur l'ensemble de la planète. Initialement la Bible (Peutateuque) était une histoire juive. Les juifs ont une interdiction de tout prosélytisme qui fait qu'ils n'était d'aucune utilité d'envisager de traduire pour les non-juifs. Le christianisme arrive, et comme cette nouvelle religion "s'approprie" le pentateuque, en lui rajoutant les évangiles, il commence soudain à y avoir des traductions vers le grec et le latin. Las, beaucoup étaient fort mauvaises et la logique juive est de tout faire pour que la parole divine reçue par Moïse ne soit pas dénaturée. D'où la traduction "septante", offerte gracieusement uniquement pour limiter les dégâts de traduction. Dans le judaïsme, le pentateuque ne peut s'étudier que dans sa langue source : l'hébreu. Car seul le sens premier est traduisible, or le judaïsme voit quatre autres niveaux de compréhension du texte.

Marie Lebert

18/05/2022 à 11:40

Merci pour cette correction et pour ces précisions. J'ai encore beaucoup à apprendre.

Jason Miller

17/05/2022 à 15:06

Juste une correction : Fitzgerald a traduit du persan.

Marie Lebert

18/05/2022 à 11:42

En effet. C'est maintenant corrigé.

NDETOUO

09/06/2022 à 00:13

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Quand un professeur du Collège de France pillait les bibliothèques françaises

Savant respecté, professeur au Collège de France, Guglielmo Libri avait accès aux plus riches bibliothèques publiques françaises. Il en profita pour dérober manuscrits, imprimés rares et autographes, avant de fuir en Angleterre en 1848. 

25/06/2026, 18:22

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Un Degas méconnu réapparaît dans une collection privée

Le Comité Edgar Degas annonce l’identification d’une œuvre longtemps restée méconnue : une étude préparatoire pour le portrait de Diego Martelli, attribuée à Edgar Degas après enquête, expertise et recoupement documentaire. L’œuvre avait été présentée au Comité en décembre 2025 par son propriétaire, Yvon Helft. Dans l’état actuel des connaissances, elle est désormais considérée comme une étude de la main du peintre pour ce portrait majeur.

23/06/2026, 18:18

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L’agenda retrouvé : l’histoire des livres spoliés de Jakob Pawlotzky à la BmL

Ce jeudi 25 juin (de 18h30 à 20h15), à la bibliothèque Part-Dieu, une table ronde se tiendra autour du podcast À la trace, saison 2, épisode 2 L’agenda retrouvé, qui porte sur le cas des livres spoliés à Jakob Pawlotzky et dont une partie a été retrouvée dans les collections non traitées de la Bibliothèque municipale de Lyon. Article tiré de TOPO, le magazine des bibliothèques de Lyon.

19/06/2026, 14:14

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Mozart : un manuscrit inédit né de ses leçons parisiennes retrouvé à la BnF

La Bibliothèque nationale de France a identifié en février 2026, à Paris, un manuscrit inédit de Wolfgang Amadeus Mozart datant de 1778. Conservé au département de la Musique, ce cahier de 44 pages contient des exercices de composition et des pièces pour flûte et harpe liés aux leçons données à Marie-Louise-Philippine de Bonnières de Guînes. Le document sera présenté le 21 juin à la BnF Richelieu, puis diffusé le 22 juin sur France Musique.

19/06/2026, 10:32

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Un carnet vieux de 800 ans retrouvé dans les toilettes d'une ville allemande

L’association régionale allemande de Westphalie-Lippe (LWL), qui supervise notamment l’archéologie dans la région, a annoncé la découverte d’un carnet médiéval lors de fouilles à Paderborn. Retrouvé dans une latrine, l’objet, composé de cuir, de bois et de cire, est daté entre le XIIIe et la fin du XIVe siècle. Il est en cours de restauration à Münster avant l’étude de son texte latin.

08/06/2026, 11:19

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Un bibliobus de 1953 révèle une autre histoire de la lecture en URSS

Un cliché montrant une bibliothèque mobile en URSS, daté possiblement de 1953 circule avec un vif intérêt. Reprise avec un commentaire sur la censure et l’autoédition clandestine, l’image exige pourtant une lecture prudente car sa provenance reste inconnue. Entre accès public à la lecture et contrôle étatique des textes, retour sur la mémoire des livres clandestins.

21/05/2026, 16:29

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Le phare d’Alexandrie, 7e merveille du monde, refait surface après des siècles sous la mer

Au large d’Alexandrie, en Égypte, une partie de l’une des sept merveilles du monde ancien a récemment refait surface. L’équipe du projet international PHAROS a remonté des eaux méditerranéennes 22 blocs monumentaux attribués aux portes monumentales du phare d’Alexandrie.

13/05/2026, 16:42

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Restitution d’un livre rare à la Bibliothèque municipale de Lyon

Le jeudi 26 mars 2026, Stéphane Clavreuil, président directeur général de la librairie Clavreuil (Paris), a restitué à la BmL un livre qui avait disparu de ses collections voici plus de 200 ans. Il s’agit du Premier livre de Gaspar de Saillans, gentilhomme, citoyen de Valence-en-Dauphiné, édité à Lyon en 1569 par Jacques de la Planche. Article tiré de TOPO, le magazine des bibliothèques de Lyon.

08/05/2026, 08:40

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Le plus ancien poème anglais refait surface dans un manuscrit oublié

Deux chercheurs du Trinity College Dublin, Elisabetta Magnanti et Mark Faulkner, ont identifié à la Bibliothèque nationale centrale de Rome une copie du Caedmon’s Hymn, considéré comme le plus ancien poème connu en langue anglaise. Daté entre 800 et 830 et produit à l’abbaye de Nonantola, le manuscrit devient le troisième plus ancien témoin conservé du poème. L’étude a été publiée dans la revue Early Medieval England and its Neighbours.

29/04/2026, 18:23

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Un dessin inédit de Gustave Doré refait surface par hasard

Un dessin attribué à Gustave Doré, jusque-là inconnu des répertoires courants, a refait surface à Belfort entre les mains d’Armand Berauer, antiquaire strasbourgeois à la retraite. Ce dernier a repéré l’œuvre au début de l’année dans une salle des ventes belfortaine, convaincu d’avoir affaire à une feuille inédite du grand illustrateur né à Strasbourg. 

23/04/2026, 18:01

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Comment l’écriture est née : une révolution en 500 ans

À l’heure des messages vocaux et des vidéos, l’écriture passe au second plan, comme une vieille évidence. C’est précisément ce que l’égyptologue allemand Ludwig D. Morenz invite à reconsidérer : loin d’être une invention surgie d’un seul coup, l’écriture serait le résultat d’une lente série de solutions concrètes, mises au point sur plusieurs siècles. 

21/04/2026, 13:05

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Une bibliothèque récupère un livre brûlé, perdu lors d'un séisme de 1906

Présumé détruit dans les incendies qui suivirent le séisme de San Francisco en 1906, un exemplaire d’Echoes of the Foot-Hills a retrouvé la Mechanics’ Institute Library après plus d’un siècle d’absence. Derrière cette restitution, un collectionneur, une provenance reconnue et un objet noirci par le feu, devenu témoin matériel d’une catastrophe qui ravagea les collections de l’une des plus anciennes bibliothèques de la côte Ouest.

20/04/2026, 16:08

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En 2028, le Forum des archivistes de Douai promet quelques “aléas”

Du 22 au 24 mars 2028, Douai (Nord) accueillera le Forum des archivistes, organisé tous les trois ans et l'occasion, pour la profession, « pour faire le point sur les avancées de la recherche en archivistique, les grands projets conduits en France, dans les secteurs public comme privé, et les transformations profondes du métier ».

10/04/2026, 10:03

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Jean-François Chougnet devient président des Archives de la critique d’art

Passé par le Centre Pompidou, le Parc de la Villette, le Musée Berardo (Lisbonne) ou encore le Mucem, Jean-François Chougnet prend la présidence des Archives de la critique d’art (ACA), collections de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA).

09/04/2026, 13:05

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La légendaire malédiction de Toutankhamon, une invention de journaliste

Près d’un siècle après sa rédaction, une lettre de Howard Carter réapparaît sur le marché des autographes et déplace le regard : moins vers le tombeau de Toutankhamon que vers la fabrication d’un récit mondial. Vendue à Boston, cette pièce de 1934 attribue la « malédiction » à Arthur Weigall et éclaire la rencontre entre presse et enchères. 

07/04/2026, 11:07

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Les archives de Roger Nimier données à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet

Marie et Martin Nimier, les enfants de l'écrivain Roger Nimier (1925-1962), le chef de file des « Hussards », ont fait don des archives de leur père à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet. Située dans le 5e arrondissement de Paris, l'institution conservera 3 mètres linéaires de documents, qui viennent s'ajouter à une partie de la correspondance de l'auteur du Hussard bleu (Gallimard, 1950).

03/04/2026, 13:17

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Michelle Perrot : une vie de recherche désormais aux Archives nationales

Les archives de l’historienne Michelle Perrot sont désormais conservées aux Archives nationales, sur le site de Pierrefitte-sur-Seine. Un fonds conséquent - plusieurs dizaines de mètres linéaires - qui vient enrichir le département des archives privées et qui est désormais accessible aux chercheurs.

24/03/2026, 12:23

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Les archives Sagan rejoignent l’IMEC en Normandie

Les archives de Françoise Sagan entrent à l’IMEC, marquant une nouvelle étape dans la préservation de l’héritage de l’autrice de Bonjour tristesse. Une partie de ces documents, longtemps dispersés, a été réunie et confiée à l’Institut Mémoires de l’édition contemporaine par son fils, Denis Westhoff.

20/03/2026, 18:24

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Après 900 ans d’histoire, les moines de l’abbaye de la Trappe annoncent leur départ

Après près de 900 ans de présence continue à Soligny-la-Trappe, dans l’Orne, la communauté de l’abbaye Notre-Dame de la Trappe a annoncé son départ du site à l’horizon 2028. Les douze moines trappistes qui occupent aujourd’hui le monastère invoquent deux raisons principales : la raréfaction des vocations et la charge croissante que représente l’entretien d’un vaste domaine.

16/03/2026, 14:40

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L'“hergéologue” Philippe Goddin a légué ses archives au Musée de la BD de Bruxelles

Le Musée de la Bande Dessinée de Bruxelles conservera un fonds documentaire légué par Philippe Goddin, figure majeure de l’étude et de l’analyse de l’œuvre d’Hergé, décédé en fin d'année 2025 à l'âge de 81 ans. Ses archives seront mises à disposition des chercheurs et chercheuses, afin de faciliter l'étude scientifique du patrimoine de la bande dessinée, assure l'institution.

09/03/2026, 11:38

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Deux nouvelles inédites de Kenzaburō Ōe, prix Nobel de littérature, découvertes

Deux manuscrits de nouvelles inédites de Kenzaburō Ōe, lauréat du prix Nobel de littérature en 1994 et disparu en 2023, ont été récemment découverts au Japon. Rédigés vers 1957, au moment où l’écrivain faisait ses débuts littéraires, ces textes viennent éclairer les premières années de création d’un auteur majeur de la littérature japonaise contemporaine.

04/03/2026, 18:41

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André Malraux, l’inépuisable : la Revue des Deux Mondes toujours au travail

À l’écart des statues figées, certaines figures historiques résistent aux lectures définitives. André Malraux appartient à cette catégorie rare : écrivain, homme d’action, penseur de l’art et acteur politique, il incarne les tensions majeures du XXᵉ siècle. En lui consacrant un dossier dense et pluriel, la Revue des Deux Mondes choisit de rouvrir le dossier Malraux, non pour le sanctifier, mais pour en restituer les contradictions, les élans et la puissance intellectuelle intacte. Par Vincent Hein.

18/02/2026, 16:30

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Spoliations antisémites : la restitution symbolique d’un livre de Marc Bloch

Il aura fallu plus de 80 ans pour qu’un modeste volume retrouve son histoire. Un exemplaire de la Description abrégée de la cathédrale d’Amiens, ayant appartenu à l’historien Marc Bloch, a été restitué à ses ayants droit ce lundi. Saisi en 1942 lors des spoliations antisémites menées sous l’Occupation, l’ouvrage avait ensuite intégré, à tort, les collections publiques françaises.

16/02/2026, 18:17

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Des écrits romains invisibles pendant 2000 ans révèlent enfin leurs secrets

À Tongres, dans l’est de Belgique, l’archéologie prend parfois des allures d’enquête à rebours : il ne s’agit pas d’identifier un coupable, mais de retrouver une phrase disparue. Des fragments de tablettes d’écriture en bois, jadis recouverts de cire, livrent des textes que le temps avait presque effacés. Le résultat forme un corpus rare pour le nord-ouest de l’Empire romain : plus de 85 tablettes (souvent fragmentaires) associées à Atuatuca Tungrorum, l’ancienne Tongres. 

03/02/2026, 12:17

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Après 80 ans, les archives de la dénazification sortent de l’ombre

Un pan majeur de l’histoire de l’immédiat après-guerre devient accessible au public. Les Archives d’État du Bade-Wurtemberg ont mis en ligne plusieurs milliers de dossiers issus des procédures de dénazification menées dans la zone d’occupation française après 1945, jusqu’ici conservés aux Archives diplomatiques françaises, à La Courneuve, près de Paris.

26/12/2025, 13:21

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Au Louvre, une inondation endommage des centaines de documents

Une fuite d’eau a endommagé plusieurs centaines de documents d’égyptologie au Louvre, relançant la mobilisation des syndicats qui dénoncent la vétusté du musée et appellent à une grève reconductible à partir du 15 décembre. Ils demandent des moyens pour sécuriser le site et améliorer les conditions de travail.

08/12/2025, 14:22

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Quand la musique s’écrivait sans notes : un fragment du IXe siècle découvert

Découverte par The Raab Collection, une feuille de manuscrit liturgique du IXe siècle porte ce qui pourraient être les plus anciennes notations musicales connues en mains privées. Derrière ce fragment oublié, une véritable leçon d’histoire… et de lecture.

29/10/2025, 17:19

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Le testament de Nicolas Flamel rejoint les Archives nationales

Des lettres de Saint Louis, François Ier, Henri IV et Louis XIV, des bulles pontificales, des actes notariés, mais aussi le testament de Nicolas Flamel : les archives de l’Hôpital national des Quinze-Vingts ont été transférées aux Archives nationales. Ce fonds exceptionnel, qui retrace plus de sept siècles d’histoire, devient désormais accessible au grand public et aux chercheurs, après un minutieux travail de restauration et de numérisation.

14/10/2025, 18:33

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À Zurich, ces quelques feuillets seraient plus vieux de plusieurs siècles

À la Bibliothèque centrale de Zurich, quelques feuillets jusqu’ici décrits dans des notices préliminaires comme un fragment de psautier gréco-arabe du XIXe siècle viennent de changer singulièrement de profil. Le chercheur Mina Monier y a reconnu les restes d’un manuscrit liturgique copte-arabe qu’il date, à titre provisoire, du Moyen Âge. Une hypothèse encore à confirmer, étayée notamment par l’écriture arabe et l’organisation matérielle du document.

06/10/2026, 16:29

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Après 550 ans, ce manuscrit retrouve la cathédrale où travaillait son auteur

Écrit de la main de Franchino Gaffurio en 1473-1474, alors que le musicien n'était pas encore maître de chapelle du Duomo de Milan, le Codice Sola Cabiati vient de rejoindre l'institution à laquelle il devait consacrer près de quatre décennies. Adjugé 230.400 €, droits inclus, le plus ancien manuscrit autographe connu de Gaffurio était conservé dans la même famille depuis 1925. Son acquisition permettra surtout de rouvrir aux chercheurs un document resté largement inaccessible pendant un siècle.

05/10/2026, 11:49

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Cette Magna Carta vieille de 700 ans tient dans la paume d’une main

Un des textes juridiques les plus célèbres d’Occident, dans un volume de 10 centimètres de haut. Dartmouth College a acquis pour sa Rauner Special Collections Library un recueil du début du XIVe siècle contenant une copie de la réémission de la Magna Carta par Édouard Ier en 1300. Il ne s’agit donc pas d’un original de la charte de 1215, mais d’un petit livre de droit médiéval, richement enluminé et conçu pour pouvoir être transporté.

04/10/2026, 07:00

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Le manuscrit de Saint-Brieuc est parti pour 85 000 € : on en demande aujourd'hui 1,2 million

Le vendredi 21 novembre 2025, à Plérin, dans les Côtes-d'Armor, la maison Armor Enchères présentait sous le numéro 77 un manuscrit latin sur parchemin. L'estimation portée au catalogue était de 200 à 300 euros. Le lot est parti à 85.000 euros au marteau, soit 103.360 euros frais compris. Deux cent quatre-vingts fois l'estimation haute. Par Hugues Ouvrard, animateur de bibliophilie.com

03/10/2026, 14:55

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Les chercheurs traquaient ce manuscrit perdu : il était vénéré chaque jour depuis des générations

Dans un petit monastère de Marudanallur, dans le delta de la Kaveri, des chercheurs ont identifié un manuscrit sur feuilles de palmier du Bhagavannāmabhūṣaṇa, œuvre sanskrite de Śrīdhara Veṅkaṭeśa. Présenté comme le seul témoin manuscrit connu de ce texte, le document n’avait pourtant jamais disparu là où il était conservé : placé dans une boîte en bois avec des objets liés à Sadguru Swami, il était vénéré quotidiennement depuis des générations.

30/09/2026, 17:16

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Ils écrivent Star Wars sur du papyrus, le brûlent, puis le lisent aux rayons X

Pour apprendre à lire les papyrus carbonisés d’Herculanum sans les ouvrir, une équipe de chercheurs a fabriqué ses propres rouleaux, les a couverts de passages de Star Wars, de la Bible et de la série The Outer Limits, puis les a brûlés. Derrière le protocole presque absurde se cache une piste très concrète : repérer les manuscrits antiques dont l’encre contient du plomb, nettement plus visible aux rayons X.

29/09/2026, 13:05

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Ce livre est couvert de 190 améthystes — et son histoire mène jusqu’au Titanic

Publié à Londres en 1884, Wine, Women, and Song de John Addington Symonds est déjà un objet singulier : 60 poèmes latins médiévaux y sont traduits en vers anglais. Mais l’exemplaire conservé par le Cooper Hewitt, au Smithsonian, possède surtout une reliure de 1907 couverte de 190 améthystes serties dans l’or. Une extravagance signée Sangorski & Sutcliffe, dont le succès conduira à une commande plus folle encore : le Great Omar, englouti avec le Titanic.

28/09/2026, 12:45

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200 ans qu'on cherchait cette traduction : elle était dans la bibliothèque de Goethe

Il arrive que les bibliothèques cachent des trésors. Et puis il arrive qu’elles les cataloguent soigneusement, leur attribuent une cote, les conservent pendant des décennies — tout en ignorant précisément ce qu’elles ont sous les yeux. À Weimar, une version italienne d’Iphigénie en Tauride de Goethe, considérée comme perdue depuis près de deux siècles, vient ainsi d’être identifiée. Le détail qui rend l’affaire savoureuse : elle se trouvait dans la bibliothèque personnelle de l’écrivain, à qui son traducteur l’avait offerte.

26/09/2026, 13:37

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Ce Codex aztèque a quitté le Mexique en 1840 et rentre enfin au pays

Un aller simple en 1840, un billet retour en 2026. Il aura fallu 186 ans au Codex Azcatitlan pour retrouver le Mexique — provisoirement. Conservé à la Bibliothèque nationale de France depuis 1898, ce manuscrit pictographique consacré à l’histoire des Mexicas est présenté depuis le 17 septembre au Musée national d’anthropologie, à Mexico. Le prêt français répond à un autre voyage : le Mexique a envoyé à Paris le Codex Boturini.

20/09/2026, 06:00

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Un virus vieux de 1000 ans dormait dans les pages de ces livres

On savait qu’un manuscrit médiéval pouvait conserver un texte, une enluminure, les traces d’un atelier ou l’ADN de l’animal devenu parchemin. Il faut désormais ajouter son dossier vétérinaire. Une équipe internationale conduite par University College Dublin a retrouvé l’ADN du virus de la clavelée ovine dans 17 feuillets anciens, parmi lesquels les York Gospels et le Corpus Glossary. Mille ans après le copiste, la peau continue donc de donner de ses nouvelles.

18/09/2026, 10:56

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Chargé d'éliminer des livres catholiques en 1536, il en abrita un chez lui

Faire disparaître les monastères, soit. Leurs livres, c’était déjà plus compliqué. Au XVIe siècle, Sir John Gage, serviteur zélé d’Henri VIII, participait à la dissolution des maisons religieuses tout en conservant chez lui un manuscrit catholique devenu fort peu recommandable. Cinq siècles plus tard, six pages égarées viennent remettre la main sur ce petit arrangement avec la Réforme.

17/09/2026, 17:16

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Dans cette bibliothèque, dormait un fragment de L’Odyssée vieux de 1700 ans

Il aura fallu près de soixante-dix ans pour que quelques centimètres de parchemin changent de statut. Conservé à la bibliothèque de l’Université d’Utrecht depuis 1956, un fragment de 6,6 sur 7,7 cm s’est révélé contenir des vers du chant XII de L’Odyssée. Daté du IIIe ou du IVe siècle de notre ère, il appartenait à un codex de petit format : selon les chercheurs, une édition complète et portative du poème homérique – à peu près la taille d’un Kindle.

17/09/2026, 11:07

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Une valise oubliée dans un grenier cachait quinze livres hébreux

Une valise, quinze livres, et des noms manuscrits qui pourraient rendre une histoire à leurs propriétaires. À Tamási, petite ville du comitat de Tolna, en Hongrie, un habitant a découvert dans le grenier de sa maison des Bibles et livres de prières en hébreu. Les ouvrages ont été confiés à une association de Bonyhád, qui tente désormais d’en retrouver l’origine — et, si possible, les descendants de ceux auxquels ils appartenaient.

15/09/2026, 16:12

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Sous les ruines de Gaza, deux spécialistes sauvent des manuscrits menacés

À Gaza, sauvegarder un manuscrit peut signifier le sortir des décombres avant de pouvoir le restaurer. L’historien Abdul Latif Abu Hashem et la chercheuse Haneen Al-Amassi ont reçu le 4 septembre le prix UNESCO/Jikji Mémoire du monde 2026. Leur travail associe numérisation, conservation et interventions d’urgence : plus de 25.000 pages de manuscrits menacés ont notamment été numérisées.

13/09/2026, 09:30

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Découpé au Moyen Âge : ses trois morceaux de ce livre se retrouvent après 700 ans

Un évangéliaire du VIe siècle, démembré parce que ses pages avaient acquis valeur de reliques : l’histoire aurait pu s’arrêter là. À Aquilée, dans le Frioul, le Codex Forojuliensis et les fragments de l’Évangile de Marc conservés à Prague et Venise sont présentés ensemble à partir de ce 12 septembre. Une première depuis près de sept siècles — et, dans leur configuration entièrement originale, pour quelques semaines seulement.

12/09/2026, 12:30

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Un manuscrit de Lucknow fait chanter quatre langues à Cambridge

Il y a des livres qui réclament le silence. Celui-ci arrive avec une bande-son. Le Fitzwilliam Museum de Cambridge ouvre ce 8 septembre A Mughal Songbook: Art, Music and Empire, autour du Plowden songbook, réalisé à Lucknow en 1787-1788 pour Sophia Elizabeth Plowden. Persan, ourdou, hindi classique et pendjabi se côtoient sur ses pages, avec des peintures de chanteuses, danseurs, musiciens et courtisanes. Un recueil musical, certes, mais aussi un document sur la culture de cour de l’Asie du Sud moghole tardive — et sur le passage de certains de ses airs vers l’Europe britannique.

12/09/2026, 12:00

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Manassa recense 520 manuscrits d’Aceh endommagés par les catastrophes

À Aceh, dans le nord de l’Indonésie, les dégâts des inondations et glissements de terrain de novembre 2025 se lisent encore sur le papier. Manassa Aceh a recensé 520 manuscrits touchés dans neuf districts ou villes de la province. Avec l’UIN Ar-Raniry et la Bibliothèque nationale, conservateurs et chercheurs tentent désormais de sauver ce qui peut l’être — tout en préparant une méthode d’intervention pour les prochaines catastrophes.

12/09/2026, 10:30

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BnF : appel aux dons pour acquérir un manuscrit d’Anne de France, un "trésor national"

La Bibliothèque nationale de France (BnF) lance une souscription publique pour acquérir le manuscrit des Enseignements et de l’Histoire du siège de Brest d’Anne de France (1461-1522). Fille du roi Louis XI, régente du royaume pendant la minorité de son frère Charles VIII, Anne de France – dite également Anne de Beaujeu – fut l’une des personnalités les plus influentes de la Renaissance. 

10/09/2026, 10:30

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Cinquante fragments dévoilent un recueil juridique romain inconnu

 Ils dormaient au Penn Museum depuis 1911 : cinquante fragments de peau animale portant un texte latin du IVe siècle. À partir des sept plus grands, Matthijs Wibier, spécialiste du droit romain à l’Université de Cincinnati, a reconstitué les deux faces d’une page provenant vraisemblablement d’un recueil de lois impériales jusque-là inconnu. Avec, déjà, des impôts, des routes à entretenir et des biens publics à protéger.

05/09/2026, 10:10

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Houdini, roi de l’évasion et bibliophile de la magie

On connaissait les menottes, les cadenas et les évasions impossibles. Harry Houdini avait aussi une autre spécialité : les livres. À Austin, le Harry Ransom Center consacre jusqu’au 24 janvier 2027 une exposition à ses collections de magie et de théâtre, réunies au fil d’une vie pour documenter illusionnistes, techniques et histoire de la scène. Avec, au passage, quelques pièces capables de faire pâlir plus d’un bibliophile.

01/09/2026, 15:07

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Une brosse de frottis fait parler 1300 ans de parchemins

Une petite brosse utilisée pour les frottis cervicaux s’est trouvé une deuxième carrière dans les bibliothèques patrimoniales. Des chercheurs prélèvent avec elle, sans découper ni détériorer les feuillets, le matériel génétique conservé dans les peaux transformées en parchemin. Testée sur 91 manuscrits, la méthode ouvre une nouvelle voie pour étudier les animaux, la fabrication des livres et, à terme, la circulation des peaux.

26/08/2026, 16:18

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Des manuscrits médiévaux révèlent qu'à Guernesey, on lisait en français

17 fragments de manuscrits médiévaux, redécouverts après avoir été utilisés pour relier des ouvrages plus récents — remontant aux XVIe et XVIIe siècles tout de même —, apportent de précieuses informations sur la vie intellectuelle à Guernesey. Ils révèlent notamment que le français y gardait alors une place prépondérante et notamment littéraire.

24/08/2026, 14:54

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Après Shanghai, le manuscrit de Dickens retrouve son petit musée anglais

D’ordinaire, il passe davantage de temps dans un coffre que sous les yeux du public. Après Busan et Shanghai, où plus de 1,7 million de visiteurs l’auraient vu selon son propriétaire, le manuscrit autographe des Grandes Espérances de Charles Dickens retrouve le petit musée anglais de Wisbech. Pour quelques semaines, il restera pourtant à la lumière.

22/08/2026, 14:03

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Des scientifiques analysent les microbes qui dévorent les manuscrits millénaires

Ils noircissent sur les bords, se déforment, se gélatinisent parfois avant de devenir cassants et translucides. Pour comprendre l’étrange détérioration de certains parchemins millénaires de Kairouan, des chercheurs tunisiens et allemands ont changé d’échelle : ils ont séquencé l’ADN des bactéries et champignons présents sur les feuillets. Avec un premier rappel salutaire : découvrir un microbe ne signifie pas qu’il est actuellement en train de dégrader le document.

22/08/2026, 14:02

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585 kilos de livres saisis en 1890 : Sénégal et Mali face au trésor de Ségou

Quatre caisses, 585 kilos de livres et un dossier qui, 136 plus tard, oblige désormais la France, le Sénégal et le Mali à rouvrir leurs cartes. Saisie à Ségou en 1890 par les troupes de Louis Archinard, la bibliothèque constituée par El-Hadj Omar Tall puis enrichie par son fils Ahmadou Tall est conservée pour l’essentiel à la Bibliothèque nationale de France. Dakar annonce vouloir en demander le retour. Seulement voilà : Ségou se trouve aujourd’hui au Mali, qui revendique lui aussi une partie du « trésor ».

21/08/2026, 12:18

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Ce manuscrit médiéval était trop demandé : la bibliothèque lui offre un sosie

À l’Université du Kansas, le manuscrit le plus sollicité de la Kenneth Spencer Research Library sort si souvent de sa réserve qu’il faut désormais ménager le volume. Plutôt que de réduire son usage dans les cours et les visites, l’établissement a acquis un second livre d’heures du XVe siècle, produit à Bruges. Un renfort pédagogique qui arrive avec près de six siècles de ratures, retouches et réparations.

17/08/2026, 09:30

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Ces couvertures de romans furent tout d’abord de véritables tableaux

On connaissait les couvertures. Beaucoup moins ce qu’il y avait avant elles : des panneaux peints à l’acrylique ou à l’huile, intégrés ensuite à l’objet imprimé. Heritage Auctions a dispersé le 11 août une série d’originaux conçus pour des romans, des pulps et des ouvrages de science-fiction ou de fantasy. Cinq pièces retenues par Fine Books & Collections racontent cette étape presque effacée de la fabrication du livre.

13/08/2026, 06:30

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Du papier à la reliure : à Buenos Aires, on fabrique un livre entier devant le public

À Buenos Aires, la Feria del Libro Raro & Curioso ne se contentera pas d’exposer éditions anciennes et curiosités bibliophiliques. Les 15 et 16 août, au Centro Cultural Recoleta, cinq artisans et créateurs montreront comment naît un ouvrage fait main, du papier à la reliure. Deux jours pour rendre visible une chaîne de fabrication que le volume terminé fait généralement disparaître.

10/08/2026, 12:52

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L’IA traduit l’akkadien : trois ans après, sait-elle vraiment lire le cunéiforme ?

En 2023, une équipe de chercheurs de Tel-Aviv et d’Ariel présentait un système capable de traduire automatiquement l’akkadien vers l’anglais à partir de translittérations ou de signes cunéiformes encodés en Unicode. Trois ans plus tard, TabletCraft tente désormais le trajet inverse, tandis que Palaeographicum compare des millions de signes sur des photographies de tablettes hittites. De quoi accélérer la recherche, certainement, sans congédier pour autant les assyriologues. 

09/08/2026, 10:29

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La Morgan Library ouvrira 120 000 pages de manuscrits enluminés

La Morgan Library & Museum a obtenu 2,5 millions de dollars de la Lilly Endowment pour numériser environ 300 manuscrits religieux du Moyen Âge et de la Renaissance. Baptisé The Morgan Illuminated, le programme doit aboutir en 2029 à un portail gratuit donnant accès aux volumes dans leur intégralité, soit près de 120.000 pages, avec images en haute définition, outils de recherche et contenus pédagogiques.

07/08/2026, 08:01

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David Bowie, Taylor Swift, Yoda : les affiches qui ont fait lire toute l’Amérique

Pendant des décennies, elles ont veillé sur les salles de classe, les bibliothèques et les campus américains. Les images READ de l’American Library Association ont désormais changé de statut : les 240 lots réunis par Heritage Auctions le 10 juillet ont totalisé 94 846 $. Paul Newman a dominé la vacation, devant Goldie Hawn, tandis que Taylor Swift, David Bowie ou Yoda ont confirmé que la prescription de lecture pouvait, elle aussi, finir sous le marteau.

01/08/2026, 10:14

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Un livre disparu depuis 150 ans retrouvé derrière une cheminée

150 ans de retard… Samuel Beckett n’aurait sûrement pas fait attendre Vladimir et Estragon aussi longtemps. Emprunté dans les années 1870, un livre vient de retrouver une bibliothèque australienne.

31/07/2026, 12:26

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Pourquoi les moines se rasaient-ils le crâne ? La véritable histoire de la tonsure

Avec sa couronne de cheveux autour du crâne rasé, la tonsure est devenue l’un des signes les plus familiers du moine médiéval. Mais cette coiffure ne relevait ni du folklore ni d’un simple renoncement à la vanité : elle disait une appartenance, une obéissance et parfois un camp dans les querelles qui traversaient l’Église. Des controverses de Whitby aux figures du Livre de Kells, son histoire montre combien quelques mèches pouvaient suffire à afficher une identité religieuse, comme nos coiffures continuent aujourd’hui de le faire.

20/07/2026, 14:57

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Les notes secrètes de Bruce Lee retrouvées dans un manuel de kung-fu

Avant les coups de pied, il y eut le coup de crayon. Forum Auctions a présenté à Londres un ouvrage consacré au kung-fu de la mante religieuse, couvert de notes, flèches, diagrammes et graphiques que la maison attribue à Bruce Lee. Daté des environs de 1960 et estimé entre 50.000 et 70.000 £, le volume n’a finalement pas trouvé preneur le 16 juillet. Reste un document saisissant : Bruce Lee y apparaît en lecteur au travail, bien avant de devenir une icône mondiale.

17/07/2026, 11:28

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Plus de 150 pages arrachées à un manuscrit espagnol identifiées en Californie

Un manuscrit autographe de Gonzalo Fernández de Oviedo conservé à Madrid avait été dépecé avant 1926. L’enquête de l’historien Ramón Jiménez Fraile permet désormais de relier plus de 150 pages manquantes à deux volumes acquis cette année-là par la Huntington Library, en Californie. La transaction londonienne est documentée, mais l’auteur de la mutilation et le parcours antérieur des feuillets restent inconnus.

15/07/2026, 10:36

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Découvrez un livre sur les poissons, imprimé à Rome en 1554

La bibliothèque de L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture aux Nations Unies met en avant Aquatilium animalium historiae, ouvrage publié à Rome en 1554 par Ippolito Salviani. Ce traité illustré consacré aux animaux aquatiques appartient à une collection de livres rares de plus de 2000 volumes, conservée dans des conditions climatiques strictement contrôlées.

13/07/2026, 16:46