Editorial : Dans la détresse des attaché(e)s de presse

Clément Solym - 14.01.2008

Zone 51 - Chez Wam - attaché - presse - édition


J’en fais peut-être un peu trop, mais je vais surtout le faire brièvement. Un édito agressif, compulsif mais lancé comme un long cri d’amour vers l’infini, ou du moins un murmure de remerciement pour celles et ceux qu’on ne vous présente jamais, et envers qui pourtant nous sommes tant redevables : les attachés de presse.

Qui mieux qu’elles et eux, encore que les eux soient plus rares et que, bon, je l’avoue, c’est pas trop mon truc, qui demandais-je donc avant de me perdre grossièrement dans des affirmations de choix sexuels dont vous vous désintéressez éperdument et mon dieu comme je vous comprends… Bref, qui mieux qu’elles prêtent une oreille attentive et chaleureuse à nos récriminations infantiles ? « Tu te rends compte que tu m’as pas encore envoyé le Goncourt de cette année ? Mais il n’était pas encore élu ni imprimé ! M’en fous, je suis journaliste, j’ai tous les droits ! »

Vous souriez ? Vous ne devriez pas… J’ai entendu çà et là des phrases moins saugrenues, mais tout aussi bouffies d’orgueil. Et qu’il me soit également permis de faire mon mea culpa, parce qu’il m’est aussi arrivé dans mes débuts, de croire que dans cette fragile relation, le journaliste a l’avantage. Sauf que sans les attachés de presse, vous n’auriez pas autant de livres critiqués chaque semaine… Et que moi j’aurais pas ma dose de champagne de Saint-Estèphe vitale ! Toi qui liras cet édito et qui te souviendra de la demi-heure qu’ensemble nous avons tuée, alors que je te racontais l’histoire du vin servi, comme je te remercie.

Parfois, évidemment, on se fâche, on se dispute et on a des mots qui dépassent de beaucoup notre pensée. Ben oui, mais à qui la faute si le livre envoyé méritait plus de servir de griffoire à mon chat que d’entrée au panthéon des Grandes Œuvres ? D’ailleurs, toi aussi tu t’en souviens. Et tu m’avais même avoué que tu ne l’avais pas lu. Alors, pourquoi m’avoir incendié et pourri sur place parce que ma critique n’était pas bonne, quand c’est toi qui m’avais expédié ce livre non désiré ? Et étonnamment, rares sont celles qui me contactent quand la critique est toute acquise aux exemplaires qu’elles choient et chérissent ?

Et quand je me souviens de ce scribouillard prétextant qu’après 10 ans de métier, il estimait que telle et telle maisons d’édition lui devait tout, qu’il avait assuré une publicité plus massive qu’une campagne d’affichage dans le métro, souviens-toi, nous nous regardâmes et rîmes sous cape. Enfin, toi à bon droit, puisque justement tu travaillais pour l’une de ces maisons. Ne faites pas l’erreur de considérer que nous faisons de la publicité pour les livres dont nous causons, parfois si frivolement. Du tout. Est-ce qu’un journaliste politique fait de la pub pour Nicolas Sarkozy quand ce dernier prépare une conférence de presse ? Non. Ah oui, y’a pas de marché derrière ? Non ? Et la présidence, les avis favorables dans les sondages… tout cela n’est-il pas une forme de vente ?

Ah, là, je m’égare. D’ailleurs, il n’est pas besoin de prolonger plus avant mon plaidoyer. Merci à toi, et à toi, et à toi également, merci de ce boulot de l’ombre où vous êtes passées maîtresses. Merci de ces sourires qui réjouissent et réchauffent le cœur quand au-dehors il fait si froid. Merci des attentions que vous avez, des présentations autour d’un bon buffet et jours où j’ai une humeur de cochon et que pas une seule d’entre vous ne m’a encore dit : « Tu mériterais qu’on t’égorge ! »

Maintenant, mesdames et messieurs, après ce bel hommage rendu à votre profession, comme un baume sur vos cœurs meurtris, la première ou le premier qui me fait un coup tordu, je vous promets qu’il va le regretter.

J’ai justement des copains turcs et polonais adeptes de la torture progressive.

Vous allez adorer… Gniark, gniark, gniark !


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