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Madame “le” ou “la” ministre : l'Académie française va trancher

Les académiciens aiguisent leur épée et repassent les habits verts : le 7 février prochain, l'Académie française rendra ses conclusions sur une question cruciale, qui a « ouvert un large débat dans la société ». L'institution rendra ainsi ses conclusions sur la féminisation des titres et fonctions, tout en présentant par la même occasion son nouveau portail web.

Le 20/12/2018 à 16:44 par Antoine Oury

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Publié le :

20/12/2018 à 16:44

Antoine Oury

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(photo d'illustration, Sorin Popovich, CC BY-NC-SA 2.0)

Plus violent encore que le débat sur l'usage de “auteure” et “autrice”, celui sur la féminisation de la fonction de « ministre » trouvera bientôt son épilogue. Ou, au contraire, un nouveau départ. L'Académie française annonce en effet qu'elle se prononcera le 7 février prochain sur les règles en matière de féminisation des titres et des fonctions.

Le débat autour de l'usage de « Madame la ministre » refait régulièrement surface lorsqu'un député, par exemple, ou tout autre responsable politique, trouve malin d'appeler une femme politique ainsi. Dernier exemple en date, l'accrochage entre la secrétaire d'État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire, Brune Poirson, et le député LR Gérard Longuet, le 20 novembre dernier au Sénat.

Longuet avait donné du « Madame le ministre » et du « chère amie » pour interpeller Brune Poirson, laquelle ne s'est pas laissé faire et a gentiment renvoyé le sénateur dans les cordes.

D'autres exemples éloquents de sexisme ordinaire ou de bêtise crasse émaillent régulièrement la vie politique française... Peut-être que l'Académie saura mettre un terme à de tels événements.

Outre la présentation de ces conclusions, l'Académie présentera une plateforme inédite permettant de consulter les différentes versions de son célèbre dictionnaire, soit « un portail permettant la consultation de toutes les éditions du dictionnaire et l’accès, à partir d'une même interface, à d'autres ressources linguistiques, fruits des divers travaux de la Compagnie ».

Depuis quelques années, l'Académie s'est lancée dans un exercice de modernisation de sa communication, notamment par son site internet et sa rubrique « Dire, Ne pas dire », qui aborde des erreurs communes de langage et d'écriture.

31 Commentaires

 

NAUWELAERS

20/12/2018 à 18:36

Bonjour,
Et l'Académie a une femme -de très haut niveau - à savoir Hélène Carrère d'Encausse comme Secrétaire perpétuel(le ?)!
Long entretien récent avec une nouvelle académicienne dans «Libé»: Barbara Cassin !
Conseillé à tout le monde: petit article dans Télérama p.249 sur le précariat dans le monde de l'écriture !
Et on sait depuis peu que les ventes de romans français sont historiquement basses en 2019.
Triste mais lire un livre de façon sérieuse exige non seulement des heures libres (pas évident si on n'est pas critique littéraire de profession)mais également un effort de concentration qui ne correspond plus à l'époque -de nombreux savants français et anglo-saxons insistent sur cet aspect de la civilisation numérique qui modifie même progressivement le cerveau.
Je ne suis pas un scientifique: je ne fais que témoigner de ce que je lis et entends !
Pour moi m'enfoncer dans une lecture concentrée et sans interruption, c'est une joie avec les ondes alpha de mon cerveau qui dansent la samba ou une plus douce et chaloupée bossa nova si le texte en vaut la peine, bien évidemment !
Bonnes fêtes à vous !
CHRISTIAN NAUWELAERS

koinsky

21/12/2018 à 07:54

Ben les gilets jaunes ils vont être contents quand ils vont savoir que leurs maigres deniers qu'ils aimeraient bien qu'ils leurs servent à acheter un steak à Lidll 50

Marie

21/12/2018 à 09:33

Espérons que ceux que l'on nomme "Immortels"(les?)auront lors de leur réunion plus de grain à moudre que de décider du "le" ou "la" accompagnant "Madame". Cela m'évoque le terme "pharmacien" qui au féminin désigne l'épouse du pharmacien et qui reste au masculin pour le titre, la compétence : " elle est pharmacien". Pourquoi pas Madame le ministre? En tant que femme, je ne me sentirais nullement offensée...

AdLib

21/12/2018 à 13:55

Ça ne m'a jamais posé problème de lire "la reine" pour l'épouse du roi, PUIS de lire aussi "la reine" pour une femme qui occupe le trône elle-même.

A vous, peut-être ?

Pour "la pharmacienne", à mon avis, lequel date du XXIe siècle et pas du XIXe, je pense plutôt à une femme qui exerce le métier de pharmacien, parce que je ne vois pas trop pourquoi on continuerait de définir une FEMME, dans notre société actuelle, par le métier... de son MARI !

Plus en France, encore, que dans d'autres pays, car les femmes françaises sont plus nombreuses que dans beaucoup d'autres pays à exercer une activité professionnelle – merci nos crèches et notre politique familiale...
je trouve donc saugrenu de continuer à les définir par la profession de leur mari, alors qu'elles en ont souvent une elles-mêmes.

Si votre enfant à "une" prof de français, dont le mari est pharmacien, vous la définirez comme "prof" ou comme "pharmacienne" ?

L'épouse du pharmacien a son existence propre... Y compris son existence sociale.La femme de M. Durand, pharmacien, n'est plus "pharmacienne", elle est Mme Durand, si elle a poursuivi la tradition de prendre le nom de son mari, ET elle est par ailleurs "pharmacienne", si elle exerce le même métier que lui, ou "prof", ou "boulangère" (rare !) ou "ministre", etc., selon la fonction sociale qu'elle-même occupe ! Ou mère au foyer... :-). Ou chômeuse...

Les choses ont évolué, depuis pas mal de temps, quand même.

Ce n'est pas parce que VOUS, ça ne vous gêne pas d'être nommé(e?) au masculin que ça ne gêne pas d'autres que vous... Il ne faut pas rechercher, je pense, ce qui VOUS gêne, mais la logique qui sous-tend cette curieuse polémique.

Pour ma part, étant femme, je trouve assez désagréable d'être nomméE au masculin, et qu'on puisse dire "il" de moi-même m'agace un peu quand même... Je tiens, moi, à la richesse de notre langue, qui fait la distinction masculin/féminin. Va-t-on la réserver aux objets et aux idées, cette distinction-là ?

Quant à la bonne foi qui alimente cette discussion qui dure depuis des décennies, je vous conseille vivement de lire l'article paru dans Le Monde, dans les années 90 (pas d'hier, donc), et intitulé, de mémoire, "La querelle du neutre" : c'est assez révélateur ! Et plus que sidérant...

Marie

21/12/2018 à 15:41

Depuis quand les métiers ont-ils un genre (pour ne pas dire un sexe)?Quand vous écrivez "définir une femme par le métier de son mari", qu'entendez-vous par "définir"? Une femme n'en a cure, elle existe par elle-même, -et je me garderais bien d'être "féministe"-. Reine est bien le féminin de roi, et alors? Boulangère est bien le féminin (et l'épouse du, si elle est mariée) de "boulanger". Le vote des femmes, dû si je ne me trompe à de Gaulle, est le seul grand pas vers une égalité que je ne revendique pas, persévérant dans la pensée du droit à la différence, d'ordre culturel.

AdLib

22/12/2018 à 09:39

Petit ajout, pardon : c'est donc au nom de votre "droit à la différence" "culturelle" que vous plaidez pour qu'on dise "Madame est boulanger", quand son mari est maçon ?

Eh bien, moi, au nom du même droit, je plaide pour qu'on dise "Monsieur est boulanger", et "Madame est boulangère".

Et je trouverais assez loufoque que, si lui-même est maçon, et sa femme boulangère, on dise "le boulanger" en parlant du mari... de la boulangère.

Pas vous ? Moi, avant même la différence "culturelle", j'aime bien la différence "sexuelle" que fait notre langue. Après tout, puisqu'il y a un masculin et un féminin dans notre langue française, je me demande bien pourquoi on ne l'appliquerait pas aux métiers, quand le mot existe déjà ou quand on peut facilement lui trouver une forme au féminin !

En revanche, je trouve préjudiciable à notre langue de dire "une auteurE", quand, jadis, la langue française connaissait le mot "autrice"... bien plus conforme à la formation des mots dans cette langue.
C'est beaucoup plus cela, moi, qui m'insupporte : que le politique se mêle de nous pondre des mots qui défigurent la langue ! Sous prétexte d'"égalité"...

koinsky

21/12/2018 à 10:48

Putain on a vraiment que ça à foutre d'exciter l'énervement des sans-dents. Madame ou Monsieur on s'en bat les steacks non ? Ça fait longtemps que si on respectait les gosses et le femmes ça se saurait. Putain de jeu de dupe. Tous ça va finir par mal finir...

Stéphanie

21/12/2018 à 12:27

Même l'Assemblée nationale, qui n'est pas réputée pour être un lieu où règne l'égalité des sexes, a fini par se rendre à l'évidence et à sanctionner les sexistes là où ça leur fait le plus mal, au portefeuille :
http://videos.leparisien.fr/video/madame-le-ministre-le-depute-ump-julien-aubert-persiste-et-signe-19-11-2014-x2al99g
Aux sexistes (et à leurs quelques alliées femmes ;-) qui prétendent que ce sujet est sans importance, je ferai juste remarquer (avec l'appui de nombreux hommes des nouvelles générations, plus soucieux d'égalité des sexes) que si c'était vrai, nos machos nationaux n'en parleraient pas à tout bout de champ, ne s'exprimeraient pas en permanence sur les réseaux sociaux, et ne se mettraient pas en colère à propos d'un sujet « mineur » ! Quant à l'Académie, qui attache encore de la moindre importance à ce repère de vieux réacs ?

AdLib

21/12/2018 à 15:47

MOI ! Et de nombreuses autres personnes ! Pour ma part, je n'ai pas envie de voir dans l'Académie un "repAIre de vieux réacs", car je suis très attachée à notre langue française, et je trouve que notre Académie est une chance pour celle-ci, que bien des pays nous envient.

Qu'on y soit souvent "vieux", c'est vrai, a sans doute aussi affaire avec le fait qu'on y est élu à vie et qu'on vit de plus en plus vieux, d'une part, mais aussi, d'autre part, avec le fait qu'il faille souvent attendre longtemps pour faire preuve d'un réel talent littéraire en même temps qu'on maîtrise notre langue... et son orthographe :-).

Savoir distinguer "repère" et "repaire", par exemple, peut prendre un certain temps :-) !

Cela dit, je ne trouve pas vraiment d'arguments, au XXIe siècle, pour continuer à devoir suivre l'Académie elle-même, lorsqu'on n'est pas d'accord avec ses choix. Pour ce qui est de la langue d'un peuple, c'est le peuple qui décide, Académie ou pas.
Et, donc, l'Académie, ici, à mon sens, devra plier... pour se soumettre au choix du peuple. Je crois, pour ma part, que celui-ci est fait : que l'on dise encore "madame LE ministre", en se référant à la fonction, ou "madame LA ministre", en se référant à la personne qui occupe la fonction, n'est pas si important, car personne, aujourd'hui, ne dit plus "LE" ministre en parlant d'une femme qui occupe la fonction !

Personnellement, je trouve saugrenu, donc, de vouloir persévérer à dire "madame LE ministre", mais... le féminin étant dans "madame", ça ne me heurte pas trop.
En revanche, dire "LE" ministre de la Santé, quand ce ministre s'avère être une femme et qu'on parle de CETTE femme-là, non de sa fonction, je trouve ça non seulement imprécis, mais grossier. ET grotesque, car... il devient, du coup, très difficile de pouvoir faire les accords qui conviennent, on se prend les pieds dans le tapis...

Par exemple : "Le ministre de la Santé est arrivé(e?) avec son époux... Il (l'époux ? ou elle ?) portait un tailleur de couleur rouge...", etc.
Un vrai casse-tête, absurde !

Donc... on peut juste faire soi-même ses choix, et laisser l'Académie faire les siens... Un jour ou l'autre, elle ira dans le sens du peuple, de toute façon...
Et, généralement, le peuple, lui n'aime pas que sa langue se transforme en casse-tête absurde... :-).

ARGUMENTUM BACULINUM

29/05/2022 à 22:05

Oui c'est vrai les "jeunes" générations d'hommes sont plus ouverts et ça pose du reste un nouveau problème.
Lorsqu'ils ne sont pas homos ... ils sont "bis" et donc les deux, et lorsqu'ils sont les deux, ils se laissent porter par celui ou celle avec qui il vit !..
C'est invraisemblable d'entendre le nombre de jeunes femmes qui vivent avec des lascars dont elles disent qu'elles les portent à bout de bras ... qu'ils ne prennent aucune décision ... qu'ils restent au lit lorsqu'ELLES vont au turbin ... ne se prennent jamais en charge ... n'ont aucune ambition qu'ils ne prennent pas leur défense lorsqu'elles sont agressées ...
Et de surcroît en ne foutus rien, il veulent tous être "acteurs" ou "mannequins" ... le cinéma a de tristes jours devant lui !..
Avec tout ce monde là, nous ne sommes pas sortis de l'auberge !..
Autrefois, les femmes croyaient que leur physique était l'assurance d'une vie rêvée ... aujourd'hui elles sont toujours pareilles sauf que les hommes fonctionnent de même, ce qui commence à poser de très sérieux problèmes non ?..
Heureusement l'humanité perdurera car d'ici quelques années, les mômes seront tous issus de tubes de verre et il aura du personnel dirigé par l'état pour s'en occuper et en faire des "consommateurs dociles" ... Il n'y a aucune raison d'utiliser des puces mises dans les cerveaux ou sous les ongles ... vous verrez ce sera plus simple que ne l'imaginaient les Orwell et les Huxley !..

Quant à moi, je m'en tape royalement car je serai mort 'ici 10/15 ans quoi qu'il en soit !..

koinsky

21/12/2018 à 13:01

Je dis que "ce" sujet est sans importance, pas que l'égalité hommes-femmes est sans importance. Je pense même que le sort des femmes en ce bas monde est peu enviable et devrait être une priorité absolue, juste après celui des enfants. Mais d'ailleurs, c'est vrai ça, ils sont où les gosses ? Qui se soucie de leur sort, hein ? Ah c'est parce que c'est pas des électeurs donc on s'en fout, ah oui, c'est vrai ça m'avait échappé, padon... Alors adieu les gosses démerdez-vous avec vos biberons et vos hochets pour clamer votre innocence. Je hais cette société où les valeurs ne sont pas liberté/égalité/fraternité mais lâcheté/déni/omerta. Bonnes fêtes à toutes ;(

AdLib

21/12/2018 à 15:28

"Je hais cette société où les valeurs ne sont pas liberté/égalité/fraternité mais lâcheté/déni/omerta."

Une belle déclaration "d'amour" à notre humanité ?! Vous ne voyez même plus que vous-même n'êtes que haine et agressivité !Vous croyez que c'est en crachant votre "haine" que vous allez changer le monde ?
Enfin, si vous voulez le changer, ce que je ne crois pas. Trop chouette de pouvoir cracher dessus, ça fait du bien, hein ? Surtout quand on prend soin de se mettre au-dehors.

koinsky

21/12/2018 à 16:35

Ouais ça fait du bien de temps en temps de donner un bon coup de pied dans la fourmilière, dans ce système "propre sur lui" qui oblige à marcher au pas de l'oie et à tenir strictement son rang. Je pense que ça suffit d'être pris pour des jambons par des "élites" arrogantes et donneuses de leçon, corps intermédiaires compris. Et d'arrêter de censurer les commentaires dès qu'ils sortent un tant soit peu des rails idéologiques bien-pensants... à bon entendeur.euse, salut.

NAUWELAERS

21/12/2018 à 18:18

Cher Monsieur,
Bizarre je ne vous comprends pas !
Contradiction entre la teneur de votre message et votre usage de l'écriture inclusive...
Il faut choisir !
Amicalement quand même !
CHRISTIAN NAUWELAERS

Koinsky

21/12/2018 à 19:05

Ce que je veux dire c'est juste qu'on s'intéresse à des détails et que le dur on y touche pas. Bref, on s'en fout que ça soit inclusif/ve ou pas l'écriture, du moment qu'elle est un scalpel affûté qui nous permet d'inciser l'âme pour voir ce qui s'y cache dans ses recoins les plus sombres. Eloge au roman noir.

NAUWELAERS

21/12/2018 à 21:50

Bonjour,
Je ne comprends rien à votre réponse qui me paraît hors sujet.
Mais bonnes fêtes quand même !
Christian Nauwelaers

koinsky

22/12/2018 à 00:21

Vous comprenez pas ce que c'est qu'un débat stérile ? Je veux dire que l'écriture inclusive est à mon sens un leurre pour faire croire qu'on voudrait réduire l'inégalité homme/femme. Si on voulait vraiment la réduire, on ferait par exemple une loi qui punirait de non assistance à femme en danger toute personne en état de le faire qui n'interviendrait pas lors de l'agression d'une femme. Bref "féminiser" le langage n'empêchera le corps des femmes de se couvrir de bleus.

AdLib

22/12/2018 à 09:24

A votre question "Depuis quand les métiers ont-ils un genre ?", je répondrai qu'ils ont un genre depuis toujours : selon qu'ils étaient exercés par un homme ou par une femme, on les a nommés au masculin ou au féminin. Et comme, pour la plupart, dans le passé ancien, ils étaient exercés par des hommes, il est bien naturel que la plupart des métiers aient été nommés au masculin, tout simplement ! Mais le terme "cuisinière" se trouve dans le Dictionnaire de l'Académie 4e édition (donc pas tout jeune : nous en sommes à la 9e, aujourd'hui), le terme "préceptrice" est dit "rare", mais... on se doute pourquoi : parce que l'emploi de précepteur était rarement occupé par une femme ! Il en va de même pour la plupart des métiers, puisque, jusqu'à une époque récente, les femmes, majoritairement, n'exerçaient pas de "métier" en tant que tel, sauf ceux de "cuisinière", de "maîtresse d'école", d'"infirmière", etc. On trouve aussi indifféremment les termes "cantinier" et "cantinière" dans nombre de textes anciens, vu que, lors des guerres, par exemple, c'était bien souvent "une cantinière" qui suivait l'armée et apportait à manger aux soldats... Etc. ! On en trouve mille exemples dans la littérature. Je trouve donc totalement loufoque de vouloir nier que, quand tel métier était réputé être un métier "de femme", eh bien, naturellement on le mettait au féminin ! Et, comme, jusqu'à l'époque moderne, il y a eu peu de métiers "de femme", eh bien... peu de métiers se disaient au féminin... Ainsi, nous avons eu tout à fait "normalement" des "directeurs d'entreprise", vu qu'il s'agissait quasi à 100 % d'hommes, et des "directrices de crèche", vu qu'il s'agissait quasi à 100 �femmes ! Nous avons "la secrétaire du patron", mais "le secrétaire d'Etat" ! Mais nous avons déjà de très nombreux métiers qui se disent aux deux genres, par exemple "la couturière" et "le couturier", "l'instituteur" et "l'institutrice", "la secrétaire de l'écrivain" et "le secrétaire de l'écrivain", cette fonction ayant été souvent occupée aussi bien par une femme que par un homme, "cultivateur" et "cultivatrice", "ouvrier" et "ouvrière", etc. ! Chez les imprimeurs, vous aviez les "typos" (typographes), et, quand les premières femmes sont apparues dans ce métier après la révolution industrielle, on les a baptisées illico "typotes" ! Elles étaient fort mal vues de leurs collègues mâles, le monde de l'imprimerie étant essentiellement masculin et plutôt de mœurs très viriles (argot fleuri, alcool à gogo, etc. : on considérait que la femme, là, n'était pas vraiment à sa place... Aussi la typote, bien souvent, devait-elle rester à travailler dans le bureau... du chef d'atelier (on devine un peu pourquoi, non ?). Le petit peuple, en particulier, ne s'est jamais embarrassé pour mettre au féminin quand il parlait d'une femme : c'est la logique même qui l'impose. Et chacun sait que, en montant dans l'échelle sociale, chez le bourgeois aisé, il n'était pas question que la femme de monsieur travaille et ait "un métier" ! Donc, très logiquement, la "pharmacienne" est restée "la femme du pharmacien", la "boulangère" la femme du boulanger, vu qu'elle-même restait à la maison pour élever les enfants ou ne faisait au mieux que tenir la caisse dans la boutique de son mari, etc. Mais, voilà : le monde a évolué, les femmes ont appris des métiers et les exercent, aujourd'hui ! Et une "pharmacienne", mariée à un ingénieur qui, lui, n'est donc pas "pharmacien", est une femme, tout simplement, qui exerce le métier de pharmacien. Le métier se dit au masculin, mais, quand c'est une femme qui l'exerce, on le met au féminin, où est le problème ? La boulangère, fût-elle célibataire, exerce le métier de boulanger... etc. Et la femme du boulanger, qui, elle, exerce le métier d'instituteur, est dite "institutrice", et pas "boulangère" en fonction du métier de son mari ! Et elle aura plus tard sa retraite d'institutrice, tandis que, auparavant, la femme du boulanger, elle, ne recevait aucune retraite, vu qu'elle ne faisait au mieux qu'aider son mari boulanger à la boutique... Le monde a évolué... grin ! Il est donc bien normal que la langue évolue en même temps, puisque la langue est principalement destinée à nommer ce qui EST. Et ce qui est aujourd'hui est différent de ce qui était hier. Il n'y a là-dedans aucune "revendication d'égalité" ni aucun "féminisme" imbécile, il y a juste la logique d'une langue qui distingue les deux genres et les applique aux deux genres de l'humanité – où est le problème ? J'ajoute que nombre de mots désignant des métiers existent d'ores et déjà au féminin, mais que le féminin est rarement utilisé pour le "métiers", justement : vous n'avez pas une idée du pourquoi ? Eh bien, parce qu'aucune femme ne l'exerçait, tout simplement ! On dit ainsi qu'une femme est la meilleure "avocate" de telle cause humanitaire, mais une femme qui exerce le métier d'avocat a tendance à se dire elle-même encore "avocat", alors même que le féminin existe depuis belle lurette au dictionnaire de l'Académie ! Et impose donc qu'on dise "Il est avocat" et "Elle est avocate", en français normal, qui accorde ! Refuser d'accorder les mots de métier est tout simplement une aberration grammaticale, qui ne se "justifie" que par une certaine vision de la société, où la femme se trouvait quasi exclue du monde professionnel. Au point que, aujourd'hui encore, on trouve des femmes qui préfèrent se dire "directeur général" d'une grande entreprise, et qui s'estime "rabaissée" si on les dit "directrice générale" : c'est du vécu... et c'est LA SEULE raison réelle qui, aujourd'hui, fait que certaines renâclent : il est plus "valorisant" d'être nommée au masculin (comme le dit, du reste, Fumaroli dans l'article que je vous ai cité auparavant) que d'être nommée au féminin. C'est la seule VRAIE raison qui fait que certain(e)s considèrent qu'il ne faut pas féminiser... La raison n'est absolument pas linguistique. Elle est juste terriblement bête et rétrograde.

Marie

22/12/2018 à 11:02

Comme vous utilisez le mot VRAI comme vous respirez (à peu près), je vous ferai remarquer que 1) ce n'est pas le "politique" qui décide de la langue puisque c'est l'Académie française 2)il ne faut pas confondre "genre"-grammatical-et "sexe"-biologique- 3) notre riche langue dispose des deux genres pour infiniment de métiers, mais pas tous 4)l'égalité entre les sexes doit SEULEMENT être réclamée quand il s'agit du sociétal ( ex salaires)5) "Le Monde" d'aujourd'hui a tranché en titrant à la Une :" UNE médecin mise en examen pour euthanasie..."

NAUWELAERS

22/12/2018 à 14:16

Pourquoi diable reçois-je quatre ou cinq fois cette série de discussions...à l'état identique (dernière intervention: Marie le 22 décembre 2018) ?
De grâce, il ne faut pas submerger pour rien les internautes de messages identiques, par erreur ou volontairement.
Je n'en sais rien.
Ne suis pas un geek mais un littéraire, et mélomane.
En bon Belge francophile et amoureux de notre langue française, je précise:
«Une fois (ha ha ha !) suffit !»
L'excès nuit en tout...
Bonnes fêtes
CHRISTIAN NAUWELAERS

Gil

28/12/2018 à 21:29

Ben moi, je revendique mon statut de "vieux con", et pour moi ça restera Madame LE ministre et Madame LE Maire... (même si je dit Madame La Présidente...)
Comprenne qui pourra, moi j'y ai renonçé...

Marie

29/12/2018 à 12:15

Tout-à-fait d'accord avec vous, Gil, ni c.. caduc ni c..débutant comme chantait Brassens.

AdLib

29/12/2018 à 13:09

@Gil : avouez que vous êtes sur une mauvaise pente, si vous dites "Madame LE ministre" et "Madame LA présidente" :cheese: ! Un jour, vous vous apercevrez que ce choix n'est guère cohérent sur le plan du traitement linguistique...
Mais exclusivement idéologique, au prétexte que ce choix serait "justifié par la neutralité républicaine". Pourtant, "maire" et "ministre" se terminant tous les deux par un "e", qui est la terminaison typique du féminin en français, les considérer comme des termes épicènes ne pose aucun problème, pas plus qu'il n'y en a eu à installer dans notre vocabulaire courant "une élève" ou "une étudiante" lorsque les filles sont allées à l'école puis à l'université...

Le mot générique "élève", par exemple, reste bien du masculin, mais, si l'on parle spécifiquement des élèves d'une école de filles, eh bien, nous le mettrons bien au féminin ?
Il n'y a aucune raison de traiter autrement "maire" ou "ministre"... Même si, du reste, "Madame LE Ministre" peut se défendre, puisque, alors, on ne fait qu'ajouter la fonction au titre civilité. Et que la fonction se dit au masculin.

Donc, si vous mettez chaque fois "Madame" devant le titre ou la fonction, le problème ne se pose pas vraiment, car l'accord au féminin reste possible ensuite : "Madame le Ministre est arrivée vêtue d'un tailleur rose signé Saint Laurent. Elle était accompagnée de son époux..." : vous parlez bien, ici, de la PERSONNE qui occupa la fonction de...
Mais le problème se pose si vous dites simplement "Le maire de la commune est arrivé vêtu d'un tailleur rose signé Saint Laurent. Il était accompagné de son époux..."
Car vous parlez bien, encore, ici, de la PERSONNE, SANS nommer sa fonction... Ce n'est pas la fonction "qui arrive", mais la personne qui l'occupe...

Outre que, dans un article de journal, la place est souvent réduite : devoir ajouter chaque fois "madame" ou "Mme" devant le titre ou la fonction, ça fait des signes en plus et allonge d'autant l'article.
Enfin... direz-vous "Monsieur le Maire" chaque fois que vous parlerez d'un homme occupant cette fonction, pour pouvoir distinguer si vous parlez d'un homme ou d'une femme – ce qui précise l'information –, ou maintiendrez-vous la différence de traitement, en réservant le titre de civilité aux seules femmes qui occupent la fonction ?

Quel que soit votre âge, je peux vous dire, pour n'être pas jeune moi-même, que, quand vous êtes à la tête d'un service de correction en presse, comme je l'ai été, le choix s'impose vite : parler au masculin des hommes et au féminin des femmes simplifie considérablement la tâche :-) ! Ça permet de dire ensuite "il" ou "elle" sans se prendre les pieds dans le tapis, et ça permet de ne pas faire passer un couple dont "elle" est ministre, accompagnée de "son époux", pour un couple homosexuel...

Ce sont juste quelques exemples qui méritent, à mon avis, qu'on privilégie la simplicité du traitement grammatical le plus approprié. ET qu'on cesse de faire dépendre la grammaire de la vision politique de ce que la langue nomme, car la langue, elle, est là pour nommer ce qui EST, de la manière la plus précise et la moins ambiguë possible, pas pour refléter un choix politique – qui n'a pas lieu, du reste, de demeurer le même, quand la réalité de la société évolue : aucune femme n'était ministre ni maire jusqu'au XIXe siècle, mais les choses ont changé !

Letavia

06/01/2019 à 17:24

Je n'ai pas tout lu, il y a beaucoup de propositions, et je vais aggraver le problème avec la mienne.
Le Pr. Guy Deutscher, un Anglais, fait remarquer que le français est une langue fortement sexuée :
http://www.lesinfluences.fr/Guy-Deutscher-le-linguiste-qui.html
De plus, la langue (française) s'est débarrassée du neutre il y a fort longtemps, peut-être huit siècles.
De mauvaises raisons, très mauvaises, ont fait considérer le masculin comme "plus noble".
Il serait temps de revenir aux époques moins farouches, où le féminin d'une profession définissait la femme qui l'exerçait. Quelle rigidité, voire quelle sottise, de donner du Madame LE ministre" !
Toute langue évolue comme miroir de la société.
Certes, cela pose diverses difficultés : une femme médecin ne sera jamais une médecine ! Mais il n'y a pas de problème à dire "une pharmacienne", profession très féminisée.
J'attends la décision de l'Académie française avec curiosité.

Septembrebleu

08/04/2019 à 00:47

Il est aussi inexact de dire "Madame la ministre" que de dire "Monsieur le sentinelle". A l'inverse de "sentinelle" qui est un mot de genre féminin et doit rester féminin même lorsqu'il qualifie un homme, ministre étant un mot de genre masculin, il doit rester masculin même lorsqu'il désigne une femme. Il n'y a donc rien de faux à faire usage de "Mme le ministre", n'en déplaise aux idéologues féministes dont le combat rappelle les heures les plus sombres de notre histoire où l'usage de mots était imposé par la dictature.

SEVERE Joseph

16/04/2021 à 17:54

C'est superbe.

Assitan DIALLO

03/08/2021 à 16:21


rubrique « Dire, Ne pas dire »

franck38

15/10/2021 à 07:13

il y a des règles à respecter dans une démocratie et les députés doivent donner l'exemple. Mme Poirson ne doit pas dicter ses propres règles et rester dans son erreur.
D'aprés la 9ème édition du dictionnaire de l'Académie Française il est écrit Madame le ministre:

MINISTRE n. m. {XIIe siècle. Emprunté du latin minister, « serviteur ».}
L’emploi du féminin dans La ministre, et dans Madame la Ministre, qui est apparu en 1997, constitue une faute d’accord résultant de la confusion de la personne et de la fonction.

PAD

15/12/2021 à 12:31

Tout à fait !
En outre Madame La Ministre est un pléonasme.
A mon sens, on dit La Ministre ou La Présidente (désigne la personne) mais Madame le ministre ou Madame le président (la deuxième partie de la locution désigne la fonction)

bodairek

30/11/2021 à 16:15

Formidable l'evolution

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