Paris vaut bien une messe, Adrienne Monnier une plaque commémorative

Clément Solym - 12.11.2020

Edition - Société - Paris Adrienne Monnier - librairie Adrienne Monnier - confinement libraires commerces


Reporté de Calendes en Calendes, le projet de commémoration d’Adrienne Monnier est sur la table du conseil municipal de Paris. Examiné ce 17 novembre, il devrait aboutir à une plaque posée sur la façade du 7 rue de l’Odéon (VIe arrondissement). Le quartier de l’édition, pour celle qui est présentée comme la « sainte patronne des libraires ». 


 

Directrice d’une librairie d’avant-garde littéraire, Adrienne Monnier, sainte-patronne heureusement non martyrisée (sinon par quelques clients fâcheux) animait en effet La maison des amis des livres. À cette époque, elle avait pour voisine une certaine Sylvia Beach, sa compagne, qui avait au 12 rue de l’Odéon la librairie Shakespeare & Co. Et qui publia Ulysses de James Joyce.

Ouverte en novembre 1915, l’établissement accueillera les lecteurs jusqu’en 1951. Dans son livre Rue de l’Odéon, elle racontait : « La rive gauche m’appelait et m’appelle encore, elle ne cesse de m’appeler et de me retenir. Je n’imagine pas que je puisse jamais la quitter, pas plus qu’un organe ne peut quitter la place qui lui est assignée dans le corps. » 

Elle donnera d’ailleurs au métier ses lettres de noblesse, en tant que femme vendant des livres et non simplement tenant un salon littéraire. « Que de jeunes filles, que de femmes m’ont enviée, ont rêvé de mon sort ! Quelques-unes ont tenté d’ouvrir boutique comme moi. Elles ont presque toutes été découragées au bout de peu de temps. Elles ont vu qu’il ne s’agissait pas simplement de faire salon, mais qu’il y avait un gros boulot, un tas de corvées dont certaines fort matérielles... », raconte-t-elle dans ce même ouvrage. (voir ici)



 
La biographe Laure Murat qui l’aura justement consacrée Sainte Patronne, détrônant alors Saint Jordi, dans son livre Passage de l’Odéon (Fayard, 2003) est à l’origine de la demande. Elle avait écrit, à l’époque, à Bertrand Delanoë, maire de Paris, pour que la commerçante soit reconnue. Mais aucune rue n’était alors à pourvoir, pas plus que l’on ne put déposer de plaque — la copropriété s’y opposant, rapporte Le Monde.

Si la librairie d’Adrienne Monnier offrait d’acheter des livres, elle proposait également d’en emprunter. Et à cette belle époque, des figures comme Aragon, Gide ou Apollinaire pouvaient s’y retrouver. Jacques Prévert lui trouvait un charme particulier, « un petit magasin, une baraque foraine, un temple, un igloo, les coulisses d’un théâtre, un musée de cire et de rêves, un salon de lecture et parfois une librairie toute simple ». 
 
Selon Le Monde, il semblerait que cette figure, libraire et homosexuelle, aventurière en somme dans son métier, remplisse les critères des personnalités à mettre en avant. Rien à voir avec les positions de la maire de Paris, Anne Hidalgo, sur la réouverture des librairies.

crédit photo : Jmgobet CC BY SA 4.0


Commentaires
« Selon Le Monde, il semblerait que cette figure, libraire et homosexuelle, aventurière en somme dans son métier, remplisse les critères des personnalités »

Ah je n'avais pas compris qu'elle était homo. Je comprends mieux le battage maintenant. L'homosexualité, le truc qui transcende le talent !
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