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Justine Augier

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Littérature française

Jérusalem

Après la guerre à Gaza, tandis que je me replonge dans ce qui a été écrit sur la ville, que je commence à m'entretenir avec des habitants, je réalise que j'ai échappé un peu à cette façon qui m'a tenue longtemps, en découvrant des faits, de les assimiler immédiatement à une réalité déjà sue. Que je me suis départie de l'habitude de commencer la lecture d'un article, le visionnage d'un sujet, l'écoute d'une histoire, en guettant les termes employés, les sous-entendus, pour les repérer au plus vite, d'éprouver un soulagement à la seconde où je peux identifier et nommer qui parle, de pouvoir enfin décider de me laisser gagner ou non par ses arguments et son émotion. Que c'est ici curieusement, que je me suis défaite de cette façon d'accumuler les faits à charge pour consolider un système de pensée qui ne sort plus jamais de lui-même et étouffe, que j'ai cessé un peu de pratiquer cette forme de légère terreur qu'est le Je sais qui tu es.

05/2013

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Littérature française

En règle avec la nuit

" Celui qui a tué la jeune femme je ne le connais pas, je ne peux que l'imaginer. J'imagine qu'il doit avoir l'air calme, sa colère apaisée. J'imagine que pour lui l'essentiel, était de passer à l'acte. Peu importait la victime, peu importaient sa jeunesse et sa peau sombre, peu importaient sa voix étoilée et sa certitude d'être là, pour aider les gens comme lui. Il lui fallait juste, meurtrir l'autre camp. Je vais le rencontrer. On n'a vu qu'une seule photo de lui, la même partout, dans tous les journaux, une petite photo carrée, terne, ses traits atténués, comme un fait exprès pour que chacun puisse remplir son visage, de l'image qu'il s'invente de l'assassin et du mal. Ils l'ont arrêté deux jours après l'assassinat, parce que parfois ils font vite. Très vite aussi ils l'ont condamné, et enfermé dans la prison centrale, sur le plateau ".

08/2010

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Littérature française

Les idées noires

Jean Verdier n'est pas sorti de l'enfance quand, à l'été 1942, un événement dramatique le précipite dans la Résistance. Promu héros presque malgré lui, il ne se débarrassera plus jamais d'un sentiment d'imposture. Mais y gagnera le grand amour. Au crépuscule de sa vie, Jean cohabite avec le passé et ses fantômes — séance permanente d'un film infiniment démonté/remonté, aux interruptions aléatoires, par le jeu des visites : sa fille, son petit-fils, sa femme, morte près de vingt ans auparavant... Et puis cette historienne qui, obstinément, le ramène aux lendemains de la guerre. Sur les trahisons, les faillites et les entêtements de la mémoire, sur les ambiguïtés intrinsèques à l'héroïsme et sur les menaces cycliques de l'histoire, Les Idées noires invente une musique obsédante, entre cri d'alarme et testament amoureux.

04/2015

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12 ans et +

Nous sommes tout un monde

Après le chaos provoqué par une pandémie meurtrière, et afin qu'un tel fléau ne puisse s'abattre à nouveau, les entreprises RICH ont créé La Belle Zone : une cité coupée du reste du monde et protégée par un haut mur. Véritable havre de paix et de sécurité. Depuis sa naissance, Cléo vit ainsi enfermée avec sa mère dans un petit appartement fonctionnel, où elle étudie, interagit grâce au réseau Mondo. Ses seules distractions sont les sorties autorisées sur le toit de son immeuble transformé en potager - où elle retrouve Ilya, son unique véritable ami – et la promenade hebdomadaire en extérieur. Mais attention, sans jamais quitter sa combinaison et son masque, et sous la surveillance constante de drones... C'est le prix du bien-être de tous. Il y a bien ces rumeurs de complots fomentés par les secteurs les plus pauvres de la Zone et la menace d'un mégafeu qui se rapprocherait dangereusement. Cléo n'y croit pas, elle est résolue à devenir une citoyenne modèle. Pourtant, le doute finit par s'installer en elle : les autorités cachent-elles des choses, manipulent-elles la vérité ? Elle étouffe dans ce monde confiné et aspire à plus de liberté, se sent attirée par des terres lointaines. Un roman d'anticipation qui invite à réfléchir sur nos renoncements d'aujourd'hui, les dérives d'une société du contrôle, et une possible réinvention...

05/2021

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Littérature française

Par une espèce de miracle. L'exil de Yassin al-Haj Saleh

"Au cours de l'enquête menée pour écrire De l'Ardeur, j'ai rencontré à Istanbul l'écrivain et opposant syrien Yassin al-Haj Saleh. Sa femme avait disparu en même temps que Razan Zaitouneh, à Douma, qu'il avait quittée pour retourner à Raqqa, sa ville natale, juste avant que l'Etat islamique ne s'en empare. Il avait alors rejoint Istanbul. Et, il y a un peu plus d'un an, Yassin al-Haj Saleh a décidé de s'installer à Berlin. Je voudrais me saisir de ce que raconte la présence de cet homme-là dans ce lieu-là. De ce qu'elle révèle de cette histoire syrienne et de notre histoire européenne, de la façon dont elles se croisent et dialoguent, ce qu'elle révèle de ce que c'est que de se déplacer, et des possibilités de vivre sur les ruines". J. A.

01/2021

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Littérature française

De l'ardeur. Histoire de Razan Zaitouneh, avocate syrienne

Avocate, militante des droits de l'homme, figure de la dissidence syrienne, Razan Zaitouneh s'appliquait à documenter les crimes commis dans son pays par le régime mais aussi par les groupes intégristes, à recueillir la parole de ceux qui avaient survécu à la torture et à l'enfermement - quand, en décembre 2013, elle fut enlevée avec trois de ses compagnons de lutte. Depuis lors, on est sans nouvelles. De l'ardeur reconstitue son portrait, recompose le puzzle éclaté de la révolution en Syrie, et du "crime permanent" qu'est devenu ce pays. En découvrant son combat et son sort, Justine Augier, qui a elle-même mis à distance ses premiers élans humanitaires, est saisie par la résonance que cet engagement aussi total qu'épris de nuances trouve dans ses propres questionnements. Récit d'une enquête et d'une obsession intime, partage d'un vertige, son livre est le lieu de cette rencontre, dans la brûlure de l'absence de Razan. Plongée dans l'histoire au présent, De l'ardeur nous donne un accès précieux à cette réalité insaisissable dans son assassine absurdité, et si violemment parallèle à notre confort occidental peu à peu menacé. Et ce, dans un respect absolu de la dignité du langage, dans la lucidité d'une impuissance certaine et néanmoins étrangère à toute reddition.

09/2017

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