Nagasaki est connue pour la tragédie de la bombe, une ignominie entrée dans l’Histoire, pour toujours, avec Hiroshima, elle est la deuxième ville au Japon à être victime de la bombe atomique qui a éradiqué le vivant. Vraiment tout le vivant ? Des arbres ont survécu, ils sont appelés : hibaku jumoku, que l’on peut traduire par « arbres victimes » ou « survivants de la bombe » et ils ont reçus le prix Nobel de la paix en 2024.
Véronique Brindeau nous conduit auprès de ces arbres, une visite hommage pour ces survivants du passé, véritables ambassadeurs de la ville et de la mémoire. À chaque arbre, un lieu, une histoire, un lien avec passé et présent. Certains arbres résistent encore, d’autres sont maintenus en vie artificiellement, il y a aussi ceux qui ne sont plus, mais encore indiqués comme lieu de mémoire.
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Le temps efface les traces de ce qui a été, l’urbanisme des nouvelles générations ne pense pas à conserver systématiquement ce qui a été. L’Histoire est rangée, classifiée, encadrée dans des musées ou les livres. Pourtant ces arbres résistants, sont les témoins sensibles de l’impact du souffle. Ces arbres sont un symbole du triomphe de la vie, la résistance de la nature face à la folie meurtrière des hommes. On peut les voir également comme un pied de nez à la mort : les hommes disparaissent, la nature demeure.
Ce livre est plus qu’un guide touristique thématique, Véronique Brindeau possède le talent d’une conférencière doublée d’une conteuse, il se dégage de ses lignes, une poésie, une douceur qui contraste avec la violence de la bombe. Nous apprenons beaucoup sur Nagasaki qui fut autrefois un port prospère.
On terminera avec sans doute l’arbre le plus symbolique : le magnolia de l’hôpital Saint François (14 mètres de haut), situé à 1.4 km de l’hypocentre de l’explosion, a sa rénovation, soignants et malades ont défendu cet arbre pour l’intégrer au nouveau bâtiment.
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Victoire et reconnaissance des vivants à ce survivant lié à la vie d’un médecin qui a consacré sa vie aux malades de « la pluie noire », les retombés de l’explosion. Les hibakus jumokus sont des arbres de vie qui veillent sur la mémoire des disparus.