« Avez-vous déjà essayé d’imaginer l’aspect infini de l’espace avec ses galaxies indénombrables ? Vous êtes-vous demandé ce qu’il pouvait y avoir de l’autre côté de l’infini alors même que vous saviez qu’il est impossible de le concevoir ? Voilà l’Entre, dont le seul élément tangible est l’accès vers la mort véritable. »
Cette histoire est en réalité constituée d’une multitude de voix. D’abord, celle d’Aleyna, adolescente persuadée de perdre la tête depuis la disparition de son jumeau, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Elle croit entendre des instructions, lui intimant de se rendre jusqu’au fond de la forêt pour y creuser un trou…
Ensuite, celle d’Ezel, qui nous parle depuis l’Entre, ce quelque part entre vie et mort dans lequel il évolue. Il se trouve en compagnie d’autres âmes telles que Celle-qui-attend-depuis-longtemps. Il aimerait aider sa sœur à passer à autre chose.
Celle, aussi, de Malone, un jeune homme obligé de se débrouiller pour survivre, en dormant dans des trains à l’arrêt et en se faisant de l’argent tant bien que mal pour ne pas inquiéter sa grand-mère adorée. Jeune et perdu, il se cache derrière l’humour pour ne pas avoir à explorer ses émotions.
Enfin, les voix de Rosalie et Gustave : deux jeunes gens qui tombent amoureux alors que la Seconde Guerre mondiale a ravagé leur quotidien. Le père de Rosalie, malheureusement, est un homme d’une grande violence.
Muriel Zürcher nous propose ici un récit surprenant. Si le titre en lui-même peut amener une touche de fantaisie et de mystère au récit à venir, le contenu des pages va un cran plus loin. Voici un roman plein de tendresse, malgré les thématique de deuil, d’adolescence, d’amitié et d’amour, de violence et de relations, qu’elles soient familiales, platoniques ou romantiques. Les personnages, réalistes et écorchés par la vie, sont terriblement attachants.