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Camille Bellaigue

Extraits

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Histoire de la philosophie

Les Idées musicales d'Aristote

" Peu de musiciens, artistes et savans à la fois, ont fait pour l'honneur de la musique autant que l'illustre directeur du Conservatoire de Bruxelles. Par ses études et ses découvertes, grâce à l'ampleur et à la sûreté d'une érudition que le bonheur de l'intuition a mainte fois servie, M. Gevaert a renouvelé, sinon créé, l'histoire de la musique dans l'antiquité. Nous devons à un tel maître de ne pas ignorer ce que la musique des Grecs était en soi, et de savoir, mieux encore, ce qu'elle était dans la pensée des grands esprits de la Grèce. Aristote fut au nombre et peut-être le premier de ceux-là. Quelle idée et quel sentiment eut de la musique le philosophe de Stagyre, c'est ce que nous voudrions chercher aujourd'hui. Remercions, en commençant, l'écrivain qui sera notre guide. M. Gevaert a doublement servi la gloire de notre art : il en a reporté plus loin l'origine ; il en a pour ainsi dire, et ce second hommage est encore plus précieux, élevé plus haut l'éminente dignité".

03/2023

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Musique

Beethoven et ses neuf symphonies

" Ce livre manquait, et rien n'y manque. Il épuise momentanément un grand sujet, le plus grand peut-être qui s'offre à la critique musicale et la défie. C'est en musicien d'abord, et en musicien consommé, que l'écrivain anglais écrit de musique. Il parle véritablement des symphonies de Beethoven et non point à propos des symphonies ou à côté. Rien de ce qui les constitue ne lui est étranger ; rien ne lui est indifférent de ce qui les touche. Les étudiant l'une après l'autre et dans l'ordre chronologique, il en considère d'abord l'organisme et comme l'être spécifique : les thèmes, les rythmes, les timbres. Entre ces éléments premiers il observe ensuite quels rapports s'établissent ; quelles réactions, quels développements s'ensuivent, en quel sens, dans quel ordre et vers quelle fin. Puis, du fond et de la substance même il passe aux accessoires et aux alentours. Il recherche les antécédents, parfois aussi les conséquences. Curieux des origines, il ne l'est pas moins des analogies. Constamment il rapproche et il compare. Commentateur de formes illustres, il aime à s'en faire l'historien, et leur fortune autant que leur beauté l'intéresse. Il n'omet ni une ébauche, ni une copie, ni même une variante, et jusque dans l'essai, l'effort, dans les corrections et les retouches, il épie les secrets du génie et ceux du travail, qui parfois se confondent. Dates de composition et d'exécution, questions de temps et de lieu, mode et format de publication, dédicaces et prix de vente, hasards et caprices, erreurs et retours de l'opinion, tout est consigné, contrôlé dans ce complet répertoire ; pas un détail n'y fait défaut et tous les documents y font preuve. En un mot, l'érudit qu'est M. Grove n'ignore des symphonies de Beethoven rien de ce qu'on peut en savoir".

03/2023

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Sociologie

La Réforme de la musique d'église

" Le 4 août dernier, quand le Conclave, par un vote qu'on n'attendait pas, donna pour successeur au Pape Léon XIII le cardinal Sarto, les musiciens ne furent pas les derniers à se réjouir. Une cause qui leur est chère deux fois, étant deux fois sacrée, avait trouvé naguère dans le patriarche de Venise un de ses plus fervens et de ses plus heureux défenseurs. On aimait à penser que le Pontife universel s'en déclarerait bientôt le juge unique et souverain. C'est aujourd'hui chose faite. En cette importante matière, le nouveau Pape a confirmé, bien plus, étendu ses promesses anciennes et rempli toutes les espérances. "In peritiâ suâ requirentes modos musicos". Recherchant lui aussi dans sa sagesse les modes de la musique. Pie X a déjà mérité l'hommage que rendait l'Ecclésiaste aux chefs du peuple de Dieu".

03/2023

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Musique

Un musicien conservateur

" Comment n'a-t-on joué que deux fois en France, et dans de médiocres conditions, cette oeuvre admirable et déjà trentenaire ? Pourquoi surtout ne l'avoir pas exécutée l'année dernière, à la mémoire de L'illustre musicien qui venait de mourir ? Sinon dans une église, où peut-être n'eût pas été admis un Requiem allemand, du moins dans cette salle, dans ce temple de beauté maintenant fermé : au Conservatoire. Là furent jouées pour la première fois les symphonies de ce Beethoven que Brahms aimait tant et que parfois il rappelle. J'aurais souhaité que cet hommage, en ce lieu, fût rendu au grand disciple du plus grand des maîtres. De l'aveu général, le Requiem allemand est l'oeuvre maîtresse de Brahms. A trente années de distance, cette musique apparaît très pure, très pieuse, à la fois puissante et douce. Volontairement isolée, contemporaine et indépendante de la réforme wagnérienne, on dirait qu'elle l'ignore ou la dédaigne. Elle ne proteste pas ; elle atteste seulement qu'en dehors d'un mouvement en apparence irrésistible, au-dessus d'un flot qui menaçait de tout engloutir, quelque chose de grand a pu naître, et demeure. Le Requiem allemand, c'est un sommet très haut, très fier, et non submergé".

03/2023

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Ouvrages généraux

L'Esprit dans la musique

" La musique a de l'esprit. Il est peu de facultés, ou de dons, qu'on s'accorde mieux à lui reconnaître. Dans toute l'histoire de notre art, je ne vois pas un chef-d'oeuvre qu'on puisse définir d'un mot, comme on définit en l'appelant "spirituel," le Barbier de Séville de Rossini. Et notez que ce mot suffit, que l'esprit fait seul toute la beauté de l'ouvrage ; nulle autre qualité ne s'y mêle ; il est tout esprit, rien qu'esprit".

03/2023

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Musique

L'Évolution musicale de Nietzsche

" S'il n'est jamais indifférent de savoir ce que de grands penseurs, les plus grands, auxquels rien d'humain n'est étranger, ont pensé de la musique, Frédéric Nietzsche est peut-être celui dont le "cas" musical, pour parler son propre langage, est le plus digne de nous intéresser et même de nous émouvoir".

03/2023