Chaque être humain est confronté à un moment donné de sa vie au questionnement de son identité, pour continuer son parcours, il faut savoir qui on est, ou, de quoi est-on animé. Pour celles et ceux qui vivent en dehors d’un système normé, la question d’identité s’élargit sur le terrain du genre. Si l’identité est un cheminement intime, le genre déborde sur la place publique. Ce qui semble simple , naturel et fluide pour l’identité, le genre, lui, doit systématiquement défendre son droit à la différence. Et cette défense use, exaspère, lasse et perturbe.
Vincent Patigniez a sollicité de nombreux témoignages, non pour écrire un livre sur le genre, mais sur la fatigue que génère le combat du droit à exister. Beaucoup de réponses parlent d’ « injonction sociale » et de violence dans les propos sur un éventuel fantasme de genre. S’il est convenu que vivre en dehors des normes c’est remettre en question ce qui est établi, la différence ne doit pas être un fardeau pour celui qui le vit.
Être confronté systématiquement aux regards et aux questionnements, fragilise, fatigue et use. C’est de
cette usure dont il est question dans ce livre-réflexion dans lequel les témoignages sont sensiblement identiques : un profond sentiment d’incompréhension et une obligation de se justifier de ses engagements jusqu’à parfois à en douter.
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Pour être tranquilles, certains et certaines sont tentés de disparaitre ou de s’adapter à la loi du plus grand nombre. La majorité ne comprend pas que l’on puisse vivre différemment, elle craint la remise en cause d’un équilibre sociétal et l’explosion du schéma familial. Poussés à l‘extrême, les arguments
des uns, critiquent, dénoncent et ridiculisent les arguments des autres.
Une querelle sans fin qui n’est pas seulement alimentée par la majorité, mais également à l’intérieur de la communauté minoritaire par des individus qui ne souscrivent pas à la non-binarité. On le voit bien, la question divise et n’est pas simplement une question générationnelle, mais un questionnement culturel.
Stress, dépressions, radicalisation, marginalisation, le combat apporte son lot de réactions aussi diverses que les attaques subies. À ce mal-être, Vincent Patigniez propose des pistes (Se rassurer sur l’utilité de son engagement, savoir doser son engagement et accepter qu’il varie, veiller à respecter ses besoins physiologiques et psychologiques, savoir nommer, prévenir, agir, et savoir (se) respecter…) utiles pour ceux et celles qui souhaitent travailler sur cette question et aider à apaiser les souffrances psychologiques.
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Ce qui est paradoxal dans cette époque actuelle propice au politiquement bien-pensant et à la profusion de l’information, c’est que le genre fait peur et implique une oppression liberticide. Le plus simple ne serait-il pas d’imaginer une société de cohabitations heureuses où chacun assumerait son identité sans se soucier de celle des autres, le droit d’être libre et de ne jamais s’excuser d’être différent. Il n’est pas interdit de rêver…