La littérature doit créer des paradis, des enfers ou des réalités nouvelles – ou elle n’est pas. Simultanément, Lolita, de Vladimir Nabokov (éditions Gallimard, 2001, traduction de Maurice Couturier) ouvre un éden et un enfer incandescents, une idylle aux ombres infernales, en nous plongeant dans la conscience d’un pédocriminel amoureux fou d’une jeune fille fantasmée qui, par sa désinvolture lascive, ses ambivalences insondables, le fait échapper à sa dépression, à son ennui d’exister dévorant.