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Rue des Etaques

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Littérature française

La vie des morts

En publiant Une amie de la famille, récit centré sur la mort de ma soeur Annie et le silence qui dès lors a enseveli ma famille, je n'imaginais pas que ce livre allait provoquer tant de réactions, révéler tant de coïncidences, amener tant de retrouvailles, de surprises, de découvertes. Tous ces signes attestaient de la puissance de l'écriture, de ce qu'elle rend possible, de ce qu'elle délivre ou dénoue. Alors j'ai décidé de dire à Annie ce que les vivants m'ont raconté d'elle, de lui montrer à quel point elle est restée présente. Je lui confie ma vie faite de rencontres, de livres écrits ou lus. Je mêle mes traits aux siens et à ceux des amis disparus. "La vie des morts", disait notre père, persuadé que sa femme et sa fille continuaient de lui parler. Ce n'était pas un songe de vieillard, c'était la simple vérité.

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Littérature étrangère

Le Capitaine des Endormis

On lui avait donné ce surnom à l'époque où il parcourait les Caraïbes dans un avion rempli de bouteilles de whisky et de cigarettes de contrebande, et où prenaient souvent place des passagers très particuliers : les cadavres de ceux qui, pour une raison ou pour une autre, avaient voulu se faire enterrer à Porto Rico ou sur le continent. John Timothy Bunker - J.T. pour les intimes, le Capitaine des Endormis pour les autres - cultivait son aura d'aventurier romantique et de séducteur impénitent. Sur l'île de Vieques où il s'arrêtait fréquemment, il avait un ami portoricain, Frank, et un amour secret et illicite, Estela, la femme de Frank. Il rêvait de partir avec elle un jour pour les Etats-Unis, de se ranger enfin et peut-être de fonder une famille. Mais tout allait basculer inopinément l'été 1950 au cours de l'insurrection armée des nationalistes portoricains et de la répression sanglante qui s'ensuivit. Cinquante ans plus tard, John Timothy Bunker ne se souvient plus exactement de ce qui est arrivé. Pendant longtemps il a dû même oublier qu'il y avait aussi un enfant devenu homme qui aujourd'hui l'attend dans un bar de Saint Croix, aux îles Vierges. Il veut savoir la vérité. Et il a les moyens de l'obtenir. Derrière cette trame narrative qui mêle une intrigue politique à une surprenante histoire d'amour, Mayra Montero sait rendre la matière palpable des émotions et fait vivre au lecteur toute l'intensité et la violence d'un désir qui sait qu'il ne trouvera plus ni répit ni espoir.

01/2005

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Littérature étrangère

Les coeurs des quatre

Une jeune championne de tir au pistolet qui ne se prive pas d'exercer son talent ; un jeune garçon qui s'émancipe de ses parents au point de prendre part à leur assassinat ; un vieux qui, tout en participant au gigantesque jeu de massacre, assure que l'innocence et la morale ne lui sont pas étrangères ; et le chef, solide, peu loquace, doué d'une volonté de fer qui conduit le groupe à la réussite d'une mission mystérieuse... Tout dans ce roman est parodique et déroutant. Parodique, au premier chef, car cette abracadabrante histoire tient à la fois du roman d'espionnage et du roman socialiste. Déroutant, car cette parodie est détournée de toutes les façons par l'absurdité et que le mystère général qui entoure les personnages, leur mission, leurs actes, génère une impression d'irréel, une sorte d'implosion de la réalité.

05/1997

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Littérature étrangère

L'ombre des aïeux

" Voilà quarante ans déjà que je porte sur la réalité serbe le regard du patient à qui l'on demande d'une voix neutre, dans le cabinet de l'ophtalmologiste, de lire les lettres placées devant lui, et en lui changeant les verres de dire s'il voit mieux, et comment. Je réponds. Sans jamais être tout à fait certain d'avoir décrit fidèlement ce que je vois. " Stevan Medakovic, le narrateur de L'ombre des aïeux, s'interroge sur sa vie. Avec sa femme Elizabeth il vit reclus dans leur petit appartement, dans le Belgrade des années soixante-dix. Ils s'étiolent dans un lourd silence, chacun seul et impuissant à aider l'autre. Stevan revient alors sur son passé : son éducation par une gouvernante pétrie de légendes héroïques serbes, sa rencontre avec la belle anglaise Elizabeth à l'université de Bristol, leur fréquentation de la haute société belgradoise de l'entre-deux-guerres, l'avènement du communisme et la difficile éducation de leur fils Mihajlo, écartelé entre deux cultures. A travers le récit des événements de sa vie et d'une déchirante recherche d'identité se dessine ainsi le destin tragique d'une famille, brisée par les orages de l'Histoire.

10/1999

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Littérature étrangère

Le fond des choses

Mário de Carvalho est décidément un maître de la subversion. Son dernier roman nous offre une satire réjouissante de notre société de fausses valeurs et de réputations usurpées, à travers un personnage de petite arriviste sans scrupules qui sévit dans les médias. Mais, outre qu'elle nous amuse énormément, elle n'est pas dénuée de charme - et de nous demander si nous n'aurions pas tous quelque chose d'Eduarda Galvao ? En tout cas les amours intéressées d'Eduarda la mènent au coeur du Parti communiste, et c'est l'occasion pour l'auteur de se pencher sur l'affligeante décadence - à moins qu'il ne s'agisse d'une évolution structurelle normale - de l'institution et de ses membres. Ce qui donne lieu à un bon nombre de scènes proprement hilarantes à travers les péripéties de l'existence d'un certain Joel Strosse, qui s'est mis dans la tête d'obtenir sa carte alors que tout le monde la rend. Le propos est sans doute plus sérieux qu'il n'y paraît et au bout du compte les militants décatis ne sont ni absous ni condamnés, comme s'ils appartenaient à cette génération désenchantée et victime des temps qu'affectionne Mário de Carvalho.

11/1999

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Documentaires jeunesse

La saga des hommes

Grâce à plus de 60 superbes planches encyclopédiques illustrées, La saga des hommes raconte et explique la fascinante histoire de l'humanité. Depuis les premiers hominidés à l'époque de la préhistoire jusqu'à la fin du Moyen Age, cette encyclopédie retrace l'incroyable saga des civilisations qui se sont succédées dans le monde entier et présente les nombreux héritages à la fois culturels, scientifiques et artistiques qu'elles nous ont laissés. Agriculture, élevage, religions, écriture, architecture, monnaie, médecine, astronomie, armes, loisirs, explorations...

10/2018

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Comics

Le jardin des souvenirs

Mark Waid (Kingdom Come) et Paul Azaceta (Outcast) proposent un thriller bien noir mettant en scène un mystérieux individu qui a décidé de rendre leur nom et leur dignité à des disparus anonymes enterrés au large de New York City. Faisant appel à un réseau d'agents situés en dehors des circuits traditionnels qui ne se connaissent pas les uns les autres, un mystérieux individu s'assigne comme mission de découvrir le passé et le nom de ceux qui ont été injustement assassinés et enterrés dans ce jardin des souvenirs au large de New York City. Enquêtes, ruelles crasseuses, danger ! Du pur thriller porté par deux auteurs au summum de leur art.

02/2017

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Littérature étrangère

Le Salon des Rêves

Lorsque l'Etat décide de fermer l'usine délabrée de la petite ville de Shaoyang, les familles ouvrières sont confrontées aux réalités de la nouvelle Chine. Le Secrétaire du Parti, Li, proteste par un acte fatal, consternant toute une communauté de personnages pittoresques qui se débattent dans les contradictions de la Chine d'après Tian'anmen, encore imprégnée des principes de l'ère communiste, mais fascinée par le clinquant d'un néocapitalisme sauvage. Parmi eux, Mme Fan, mal remise de tortures infligées par les gardes rouges, et qui vocalise chaque matin sur son balcon, en se prenant pour une diva de l'opéra de Pékin ; Liu Bei, étudiante progressiste, victime des répressions, qui, pour élever son petit garçon, se prostitue au Salon des Rêves ; Da Shan, qui militait avec Liu Bei et l'a abandonnée, et qui, enrichi par la spéculation, revient à Shaoyang, chez ses parents, pour essayer de se racheter. Mais les rêves et les espoirs sont sans cesse brouillés par l'instant présent, car seul s'impose le besoin de survivre. A travers les destins romanesques d'individus ordinaires, Le Salon des Rêves brosse le tableau saisissant d'un pays méconnu: une Chine provinciale, malmenée par l'Histoire, bousculée par le changement, déchirée entre traditions et amnésie.

02/2004

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Littérature étrangère

Au coeur des mers

Une assemblée de juifs religieux décide de monter en Eretz Israël. Quitter leur Galicie natale pour s'établir en Palestine, tel est leur souhait le plus cher. Nous sommes au début du XXe siècle, et la route jusqu'au port de Jaffa sera longue pour ces ingénus sans expérience ni moyens. Au cœur des mers est le récit de leurs aventures : la traversée de plusieurs pays, l'embarquement à Istanbul, puis le voyage en mer... toujours sous la protection d'un mystérieux personnage nommé Hananiah. Ce livre court, tenant à la fois du conte folklorique et de la tradition hassidique, constitue un récit fondateur de la littérature israélienne. L'écriture du grand S. J. Agnon, pleine d'humour et de finesse, déploie ici un charme intemporel et nous invite à un plaisir de lecture rare.

03/2008

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Littérature étrangère

Le dieu des animaux

A treize ans, Alice semble vivre dans un monde enchanté : le ranch de son père, qui élève des chevaux de concours. Mais la réalité est plus âpre et plus précaire : les affaires vivotent ; la sœur aînée d'Alice s'est enfuie avec un cow-boy ; quant à sa mère, elle garde la chambre depuis sa naissance. Alors la jeune fille s'invente des amitiés avec des camarades mortes ou vivantes, et quête l'affection des clientes de son père ou d'un professeur et confident, cherchant des réponses à la cruauté d'un monde qui affecte les bêtes comme les hommes. Rarement aura-t-on vu mieux évoqué le trouble de l'adolescence, sa quête d'un sens et d'un rapport harmonieux avec l'autre. Mais ce vibrant récit d'apprentissage se double d'une puissante évocation d'un univers sauvage, décrit avec amour et lucidité en une succession de scènes paroxystiques. Entre innocence et expérience, on n'oubliera pas de sitôt la voix singulière d'Alice.

03/2009

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Littérature étrangère

Le bonheur des familles

Les gens heureux n'ont pas d'histoire, c'est bien connu. Mais les familles heureuses ? Tout au long de ces seize récits qui sondent les différentes couches de la société mexicaine, l'exploration des relations familiales dans leur intimité la mieux gardée fait voler en éclats idées reçues et principes. À travers des situations qui mettent en jeu aussi bien le rapport du Président avec son fils que celui d'une femme avec l'assassin de sa fille, un curé cachant son enfant dans un village de montagne, deux frères liés par la haine, une épouse subissant par amour le sadisme de son époux, un don Juan à qui ses conquêtes rendent cruellement la monnaie de sa pièce, un général obligé de choisir lequel de ses deux fils il va sacrifier, Carlos Fuentes démontre une fois de plus sa capacité à créer des personnages dont les élans, les petitesses, les vices nous interpellent autant qu'ils nous fascinent. Avec ce livre, le grand romancier mexicain nous offre une véritable "Comédie humaine".

03/2009

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Littérature française

L'hiver des hommes

Pourquoi la fille du général Mladic, commandant en chef des forces serbes durant le siège de Sarajevo, accusé de génocide, s’est-elle tirée une balle dans la tête avec le revolver préféré de son père ? C’est pour tenter de répondre à cette question que Marc, écrivain, passionné depuis toujours par le destin des enfants de criminels de guerre, s’envole pour Belgrade en novembre 2010 alors que rien ne va plus dans sa propre vie. À Belgrade, il est amené par d’étonnants hasards, ou malentendus, à rencontrer quelques-uns des plus proches lieutenants du général Mladic, des hommes pour la plupart recherchés pour crimes de guerre. Ce sont eux qui l’encouragent à partir pour la petite République serbe de Bosnie où, disent-ils, il rencontrera le véritable peuple serbe, celui qui a gagné la guerre et continue de se battre aujourd’hui contre les Musulmans. Arrivé à Pale, la capitale historique des Serbes de Bosnie, un ancien village de montagne devenu une ville de trente mille habitants prise sous un mètre de neige, Marc découvre une population emmurée dans le désespoir, abandonnée de tous, mais cependant persuadée d’avoir mené une guerre juste. Les ex-officiers ne nient pas avoir commis les crimes les plus épouvantables contre leurs anciens voisins musulmans et croates, mais ils estiment avoir agi en état de légitime défense et avoir été trahis par leurs anciens alliés français. Pour se justifier, ils font à Marc le récit de leur guerre, ne cachant rien des atrocités qu’ils ont commises, ou qu’ils ont subies. Marc ne les juge pas – des jours et des nuits durant il les écoute. Ce sont pour la plupart des hommes attachants, exceptionnels parfois, qui luttent aujourd’hui contre leur propre conscience, contre leurs cauchemars aussi, enfermés dans une prison dont ils sont les geôliers. L’écrivain éprouve à leur endroit une curieuse empathie, comme si cet enfer dans lequel ils se sont enfermés faisait écho à son propre désarroi. « Nous croyons qu’à rompre avec la source du mal nous allons pouvoir inventer notre propre vie et apporter le bonheur à nos enfants », écrit-il, « alors que nous sommes faits de ce mal et qu’ainsi il continue de nous habiter et de nous ronger quoi que nous décidions, et quel que soit l’endroit du monde où nous allions nous réfugier. » Ce que vivent ces hommes est finalement pour Marc l’écho le plus exacerbé, le plus terrifiant, de ce que nous sommes nombreux à vivre chacun silencieusement au fil de notre propre destin.

08/2012

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Littérature française

Au creux des souvenirs

"Les secouristes s'affairent sur l'homme. Carrère en vieil habitué les bouscule légèrement. Il s'agenouille et palpe le corps du type. Il fouille méthodiquement : les poches, sous les vêtements, dans les doublures. Rien. Aucun papier, aucun argent, aucune clé, rien". Il est inconscient. Sous les coups sa mémoire s'est enfuie. Cet homme qui est le point de jonction de tant de destins croisés qui est-il ? Où nous conduira le jeu de piste mené par un vieux limier désabusé ? De ce passé, composé de vies pittoresques nées à Pau pendant l'hiver glacial de 1956, vont peut-être surgir des vérités longtemps étouffées. Tendres ou truculents les personnages y trouveront le ressentiment, le pardon, la joie. Le lecteur aura-t-il le plaisir de les connaître ou plutôt de les reconnaître tant ils représentent des figures familières, peut-être tout ou partie de nous-mêmes ?

12/2014

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Littérature française

Le monde des grands

Durant l'enfance, l'être humain est innocent et inconscient de la vérité sur l'existence, mais en prenant de l'âge, il découvre la duplicité, la perfidie et d'autres qualités qu'il ignorait jusque-là. Le monde des grands est trop cruel, il nous oblige à ouvrir les yeux sur des horreurs que l'on n'imaginait pas ; cette brutalité subite est décevante voire choquante, et l'on réalise que pour pouvoir vivre avec ses semblables, il faut mentir, tricher, avoir une deuxième vie... Le présent recueil pose deux constats faits par son auteur, relatifs à la nature humaine et aux inégalités hommes-femmes.

07/2014

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Littérature française

Les épines des roses

Idir découvre dans l'ordinateur de son père Meddur, tombé dans le coma, des textes où celui-ci parle de sa vie, de sa maladie et de son amour pour Tayri. En lisant ces textes, Idir découvre peu à peu un père qu'il ne connaissait pas : ses doutes, ses peurs, sa fragilité et son grand amour de jeunesse. Emu par ces découvertes, il décide de partir à la recherche de la seule personne que son père n'ait jamais aimée.

04/2017

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Littérature française

Le Chant des sirènes

Ce récit commence sur une note romantique à Boukadir, une petite ville de l'Ouest algérien, où vit Mokhtar. Mais au milieu des années 90, sur fond de guerre civile, des nouvelles de massacres parviennent aux oreilles de ce jeune désoeuvré pris entre les filets du dégoût et de l'angoisse. Mokhtar fuit alors son pays sur un zodiac avec une poignée de compagnons de fortune. Arrivés, au terme de nombreuses péripéties, sur les côtes d'Almeria, les Harragas découvrent que tout ce qui luit de loin n'est pas forcément de l'or. Et c'est la rencontre fortuite avec Patricia, une Catalane protestante, qui va lui faire comprendre que la fraternité et l'amour n'ont plus de frontières.

11/2019

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Littérature française

Des nouvelles du monde

" La vraie vie est ailleurs ", " Les pères ne savent pas ", " Belle au bois dormant "... La voix si singulière de Rozenn Guilcher se fragmente en de multiples portraits intérieurs pour mieux nous atteindre. Car dans ces nouvelles, c'est nous, femmes et hommes de ce temps, qui sommes parfois férocement, souvent cocassement mais toujours tendrement mis en scène. Nous qui tentons maladroitement d'aimer et souffrons de ne pas l'être ; nous qui partons pour d'improbables ailleurs ou sommes englués dans une trop pesante réalité ; nous embringués dans de tristes fêtes ou contraints d'improviser les funérailles d'un être cher. Nous traversant la rue, nous traversant la vie. Nous vivants, tant bien que mal, engoncés dans cette humaine condition qui ne semble pas avoir été taillée à nos mesures et isolés dans une société où nous peinons à trouver notre place. Puisque nous sommes vivants et qu'il faut encore vivre. Puisque mourir demain n'est pas encore prêt. "

10/2010

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Littérature étrangère

Le laboureur des eaux

Comme son père et son grand-père, Nicolas est un commerçant aisé du centre-ville de Beyrouth, où il possède un magasin d'étoffes renommé. Durant la guerre civile, il perd ses parents et sa maîtresse, Chamsa, la jeune et belle servante d'origine kurde. Puis le feu ravage le magasin familial, en préservant toutefois le sous-sol qui sert de dépôt. Nicolas s'y réfugie un jour et décide d'y vivre, au milieu de ses somptueuses soieries dont il connaît l'histoire et les variétés comme personne. A travers ces étoffes, il se remémore les deux femmes de sa vie : sa mère, fantasque et infidèle, et Chamsa, digne descendante d'un peuple insoumis, avec laquelle il aurait pu échapper à son sinistre destin... Les personnages de Hoda Barakat évoluent dans une ville qui se meurt et qui les entraîne dans son néant. Comme elle, sept fois déjà dans sa longue histoire, ils doivent disparaître sans laisser de traces pour faire place à un nouveau peuple, porteur de valeurs nouvelles. Les leurs, tragiquement désuètes, ne leur offrent plus rien que le malheur. Laboureurs des eaux, à l'image des Phéniciens, ils ne creusent nul sillon, ne bâtissent que des ruines.

08/2001

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Littérature étrangère

Le miroir des paysans

Que peut-on dire de mieux de ce livre profond et âpre que ce que Gotthelf en dit à sa parution : " Bonjour, braves gens ! Ne vous fâchez pas ! Je vous offre un présent ; acceptez-le, tel que je vous l'offre, de bonne foi. C'est un miroir, mais non pas un miroir ordinaire, dans lequel chacun croit voir un beau visage parce qu'il y voit le sien. Mon miroir vous montre les mauvais côtés et non les beaux côtés de votre vie ; il vous montre donc ce que l'on ne voit pas d'ordinaire, ce que l'on ne veut pas voir. Il ne vous montre pas cela pour se moquer de vous, mais pour que vous deveniez plus sages. On a excité votre curiosité, et dans ce que vous pouvez lire, il est question de hauts et simples personnages, de leur façon d'être et d'agir. Mais sur vous-mêmes, vous ne pouvez lire rien d'autre que des offenses isolées, des discours flatteurs ; personne jusqu'à présent ne vous a affectueusement et fidèlement tendu votre image, et encore beaucoup moins une image qui renferme les ombres troubles de votre vie. C'est fâcheux ; car, si vous ignorez ces ombres, vous ne pouvez pas non plus les effacer ni les détruire. Dès ma jeunesse, j'ai vécu parmi le peuple et je l'ai aimé, c'est aussi pourquoi son image est née, fidèle et vraie, dans mon cœur ; à présent, étant donné l'époque où nous vivons, il m'a semblé qu'il était de mon devoir de tirer cette image de mon cœur pour la placer devant vos yeux, car l'appel du temps, qui veut que nous devenions plus sages et que nous nous améliorions, vous l'avez entendu ; il pénètre dans toutes les cabanes. Cette fois-ci, je ne vous montre qu'un seul côté de l'image, parce que, si je vous montrais l'image dans sa totalité, elle vous aveuglerait ; en effet, je vous montre le mauvais côté en signe de ma sincère fidélité, et pour que vous n'oubliiez pas, à cause des beaux côtés que je saurais décrire de vos personnes, les aspects fâcheux qui sont là aussi tout de même. " Gotthelf est considéré aujourd'hui comme un des écrivains majeurs de la littérature européenne du XIXe siècle. Lützeflüh est devenu, par le pouvoir de ses livres, un lieu mythique, le miroir des paysans, le village d'Uli le valet de ferme qui deviendra maître de sa ferme. L'Age d'Homme publie l'œuvre romanesque de Gotthelf dans la nouvelle traduction de Raymond Lauener.

01/2002

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Littérature française

La carte des Mendelssohn

Au retour d'un séjour marquant à Berlin, Diane Meur, fidèle à son goût pour les filiations, décide de mener l'enquête sur Abraham Mendelssohn, banquier oublié de l'histoire, qui servit de pont entre le Voltaire allemand et un compositeur romantique plus précoce encore que Mozart. Mais comment ne pas remonter d'abord à l'origine, à Moses, le petit infirme du ghetto, qui à onze ans maîtrisait Torah et Talmud, à quatorze ans partit seul sur les routes rejoindre à Berlin un professeur bien-aimé ? Comment, en pleines années 2010, ne pas se passionner pour cet apôtre de la tolérance, grand défenseur de la liberté de culte et d'opinion ? Et, accessoirement, père de dix enfants dont le banquier Abraham n'était que le huitième... Happée par son sujet, l'auteur explore cette descendance, la voit s'étendre au globe entier et aux métiers les plus divers, jusqu'à une ursuline belge, des officiers de la Wehrmacht, un planteur de thé à Ceylan. Même quand on est, comme elle, rompue aux sagas familiales d'envergure, impossible de tenir en main cette structure : l'arbre généalogique se transforme en carte, La Carte des Mendelssohn, qui envahit d'abord la table de son salon, puis le projet lui-même. Le roman devient dès lors celui de son enquête, une sorte de Vie mode d'emploi où la famille tentaculaire apparaît comme un résumé de l'histoire humaine. La romancière nous enchante par ses libres variations sur les figures les plus tragiques ou les plus excentriques, tout en nous dévoilant ses sources, sa chronologie, et en mêlant sa propre vie à la matière de son livre. Tour de force d'un écrivain qui jamais ne perd le nord, La Carte des Mendelssohn finit par mettre à mal toute idée de racines, et par donner une image du monde comme un riche métissage où nous sommes tous un peu cousins. Il est urgent de lire Diane Meur.

08/2015

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Documentaires jeunesse

Le monde des pictogrammes

Dans tous les lieux publics, le long des routes, comme dans les magasins, en France ou à l'étranger, partout on rencontre des petits dessins colorés, des signes, des pictogrammes... Mais que sont-ils exactement ? Comment sont-ils nés ? Quelle a été leur évolution ? A quoi servent-ils ? Suffisent-ils à constituer un vrai langage international cohérent ? Le mot de l'éditeur : Grâce à des explications simples et de nombreuses illustrations, ce livre répond à ces questions et invite à découvrir la diversité des pictogrammes utilisés à travers le monde...

04/2018

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Musique, danse

Panorama des cirques européens

Christian Leyder, auteur de plusieurs livres sur les cirques français, nous invite à un voyage exceptionnel qui nous fera visiter les plus grands cirques européens. Ces établissements d'Allemagne, d'Autriche, de Belgique, du Danemark, d'Espagne, de Finlande, de Grande-Bretagne, d'Italie, de Norvège, des Pays-Bas, du Portugal, de Suède et de Suisse, sont présentés par ordre alphabétique. Le lecteur pourra donc trouver immédiatement les chapiteaux qui circulent, leur date de création, leur date d'arrêt pour ceux qui n'existent plus, et le nom de leurs propriétaires successifs. Ce panorama, qui enchantera les nombreux aficionados de la Piste, est illustré de 362 documents, dont 36 en couleur.

04/2017

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Policiers

Les chiens des Cairngorms

Dans L'île des hommes déchus, Guillaume Audru mettait en scène des hommes rudes, se débattant avec leurs démons dans l'île de Stroma, au nord de L'Ecosse. Quatre ans ont passé depuis ces événements. Que se passe-t-il quand deux petits vieux sont libérés de prison pour bonne conduite et cherchent à se venger ? Que se passe-t-il quand deux frères que tout oppose décident de travailler ensemble dans un commerce illégal mais très lucratif ? Que se passe-t-il quand une inspectrice de police, têtue et déçue par ces hommes, se lance sur leur piste ? Réponse dans Les chiens des Cairngorms.

12/2017

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Littérature étrangère

Pension des mondes perdus

Timor oriental, 1999. Alor, un jeune architecte indonésien, arrive à Dili chargé de concevoir une maison pour le leader indépendantiste du Timor. Il s'installe dans la Pension du Monde Perdu, où les chambres portent des noms de massacres. Dans les mois qui précèdent le vote pour l'indépendance, il va vivre un crescendo de violence, être manipulé, rencontrer une princesse, un moine soldat, un évêque, un agent de Jakarta et le Généralissime, alias La Relique, le premier chef de la nation, survivant d'un bombardement, caché dans une grotte dans la montagne. Alor représente l'élu, le sauveur envoyé par le destin. Mais Dieu «est un crocodile étranger», dit-on à Dili. Dans l'euphorie du référendum, Jakarta lance une opération, Alor disparaît dans le chaos, et on ne retrouve qu'une tête coupée dans une boîte. La Suède envoie un évêque pour mener l'enquête. Ce livre réunit toutes les pièces et les rapports de sa mission. Ce roman magnifique est un requiem pour les mondes perdus des restes de l'Empire portugais. Il est écrit du point de vue des colonisés. Nul ne pouvait mieux parler du Timor que le journaliste qui y a été correspondant dans une des périodes sanglantes de son passé récent.

04/2015

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Beaux arts

Le supermarché des images

Le visible semble littéralement déborder d'images (plus de trois milliards d'entre elles circulent chaque jour sur les réseaux sociaux). Ce trop-plein, cette surproduction, il faut les gérer. Il faut stocker les images, les transporter, les formater, organiser leurs échanges et leurs flux. Elles requièrent des infrastructures routières (les câbles Internet), des formes inédites de travail (les modérateurs de contenu, les ouvriers du clic). Et elles transforment notre regard, elles le mobilisent comme il ne l'a jamais été. En observant les mutations parallèles de l'économie financiarisée à l'ère des cryptomonnaies, les oeuvres et les textes ici réunis cherchent à saisir, à penser cette nouvelle iconomie de la visibilité.

02/2020

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Policiers

L'héritage des rois

1518. Léonard de Vinci livre sa dernière oeuvre au roi François Ier : un projet de codage architectural destiné à mettre les générations futures sur la piste d'un précieux héritage royal. Cinq siècles plus tard, Yann Cardin, géobiologue passionné d'architecture sacrée, découvre des irrégularités dans les ornements du château de Chambord, ainsi que sur les plans de construction. A mesure qu'il décrypte leur signification, une ombre menaçante grandit sur ses pas. S'engage alors une périlleuse course contre la montre pour découvrir un code mystérieux vieux de plusieurs siècles...

05/2017

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Littérature française

Le Parlement des cigognes

Cracovie, au coeur de l'Europe : durant la visite d'une galerie de peintures, de jeunes français rencontrent un vieillard insolite portant noeud papillon en laine et canne à pommeau. Il se tient immobile devant un tableau représentant des cigognes. Qui est cet homme si irradiant d'énergie ? Au travers d'un récit bouleversant, le vieil homme témoigne de son expérience dans un pays jadis asservi par les nazis. Il livre cette part de vérité sans laquelle il n'est pas de liberté possible. Cette vérité irréparable que l'on porte en soi pour toujours. Une poignante leçon d'histoire. Le Parlement des cigognes est le neuvième roman de Valère Staraselski, auteur d'Une histoire française, de L'Adieu aux Rois, d'Un homme inutile...

08/2017

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Sociologie

La violence des villes

Au Nord comme au Sud, nous aimons les grandes villes, mais nous n'en aimons pas la violence. Une tendance lourde est d'en attribuer les causes aux habitants les plus pauvres, puis d'adopter, pour les combattre, des stratégies sécuritaires : nos sociétés se transforment vite en sociétés de la peur. L'urbanisme, déjà, divise l'espace en forteresses et bidonvilles. On ne peut pas continuer à penser l'urbanisation depuis les commissariats de police : une lecture alternative des phénomènes de violence et d'insécurité urbaines est nécessaire. Elle ne peut se faire qu'en les resituant dans le contexte de la violence de l'urbanisation et de la globalisation. En prenant en compte, aussi, le point de vue des pauvres et en privilégiant, d'entre les pauvres, les " méchants ", les outsiders, les illégaux, les bandits, les membres des gangs. Quand tout paraît fermé, la " vision du pauvre " ouvre des pistes pour une pacification des territoires urbains. Contre l'actuelle dérive sécuritaire, un dialogue créatif s'impose avec ceux que le pouvoir diabolise. Ce livre s'adresse à tous ceux qui cherchent à saisir le sens de la ville, ceux qu'elle effraie et ceux qui l'aiment et ne veulent pas y renoncer, mais également aux habitants des quartiers extrêmes, même s'ils sont pauvres et " méchants ", même si la ville les détruit plus qu'elle ne les protège. Pour reconstruire des villes habitables, il faut désobéir aux modèles.

04/2005

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Beaux arts

Une Histoire des images

Au fil de chapitres courts ponctués d'anecdotes éclairantes, l'artiste nous livre sa vision de l'histoire des images. Analysant aussi bien un tableau de Poussin qu'un portrait de Van Gogh en passant par un film de Scorsese ou un bas-relief antique, il bouscule les conventions et nous montre que la perspective linéaire n'est pas la seule représentante de la réalité, que la photographie est l'enfant de la peinture, comment Le Caravage a inventé l'éclairage hollywoodien ou pourquoi l'atelier de Van Eyck ressemblait probablement aux studios de la MGM ! Des grottes aux écrans d'ordinateur, David Hockney, avec la collaboration du critique d'art Martin Gayford, explore les moyens et les raisons qui ont présidé à la création des images au fil des millénaires. Que montrent les images ? Des mensonges ou la réalité ? Les photographies restituent-elles le monde tel que nous le percevons ? Qu'a changé l'apparition de la photographie en 1839 ? Exposant un large éventail d'images, par le rapprochement entre le photogramme d'un dessin animée de Walt Disney et une estampe japonaise, la scène d'un film d'Eisenstein et une peinture de Vélasquez, les auteurs effacent les frontières entre la culture traditionnelle et le divertissement populaire, et établissent des passerelles inattendues entre la mise en scène de cinéma et les tableaux, la photo et le dessin.

06/2017

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Littérature étrangère

La physique des catastrophes

Bleue van Meer serait une adolescente américaine tout à fait ordinaire. Sauf que, à cinq ans, elle perd sa mère dans un accident de voiture, et que son père, un intellectuel exubérant et excentrique, la ballotte désormais d'une ville universitaire à l'autre, vers de nouvelles aventures, toujours sur la route. Ils vivent une relation fusionnelle, multiplient les joutes oratoires, se lancent dans des citations savantes, refont l'histoire de la littérature et de la physique quantique. Mais un jour, elle découvre le cadavre pendu d'Hannah Schneider, son professeur préféré. Que peut-elle bien faire ? Suivre les conseils paternels et reconstituer l'histoire, avec rigueur, un zeste de comique, si possible, et moult anecdotes. Cela suffira-t-il à élucider le drame et à percer les secrets d'un entourage plus mystérieux qu'il n'y paraît ? Mine de rien, sous couvert de jeu et d'humour, Marisha Pessl propose une vision critique inédite de la société consumériste américaine. A la fois noir, drôle et poignant, ce roman étourdissant de verve et de brio nous offre une héroïne inoubliable et marque l'entrée en scène fracassante de Marisha Pessl, conteuse-née et enfant prodige de la jeune littérature américaine.

08/2007