#Roman francophone

Je peux très bien me passer de toi

Marie Vareille

Chloé et Constance sont bonnes copines, bien qu'elles n'aient en commun que leurs vies sentimentales catastrophiques. Chloé écume les boîtes de nuit et enchaîne les histoires d'un soir, pour oublier que l'homme qu'elle aime se marie. Constance, éternelle romantique et perpétuelle célibataire, lit Jane Austen une tasse de thé à la main, en attendant que le Prince Charmant tombe du ciel. Les deux jeunes femmes décident alors de prendre leur vie en main en concluant un pacte. Chloé, parisienne jusqu'au bout des ongles, devra s'exiler avec ses talons aiguilles en pleine campagne avec interdiction d'approcher un homme pendant six mois. Constance, elle, s'engage à coucher le premier soir avec un parfait inconnu. Des vignobles du Sauternais à Londres en passant par Paris, cet étrange pacte entraînera les deux amies bien plus loin que prévu.

Par Marie Vareille
Chez Charleston

0 Réactions |

Editeur

Charleston

Genre

Littérature érotique et sentim

08/06/2015 317 pages 19,90 €
Scannez le code barre 9782368120378
9782368120378
© Notice établie par ORB
plus d'informations

Dédicace

À ma grand-mère, Marie-Françoise Vareille, née Palangié.

 

 

Citation

« Never love anyone who treats you like you’re ordinary. »

Oscar Wilde

 

 

Journal de Constance Delahaye


13 février 2013 – 20 h 45

Anniversaire de Greg annulé à la dernière minute pour cause de migraine atroce. Je serai au lit d’ici quinze minutes avec Raisons et Sentiments et ma nouvelle tisane anti-gueule de bois verveine-menthe-citrate-de-bétaïne.

C’est de la faute de ma sœur Anne-Marie qui m’a offert une Smartbox « Atelier découverte œnologie pour 2 » à Noël et que j’ai eu la bonne idée de planifier hier soir. J’ai dû y aller seule, évidemment, car je ne suis pas deux.

Point positif : j’ai eu le droit de boire deux fois plus de vin, que j’ai refusé de cracher, parce que c’est du gâchis.

Point négatif : mon état (ivre morte après deux verres) ne m’a pas permis de trouver l’âme sœur, comme Anne-Marie l’avait machiavéliquement planifié en m’offrant ce cadeau.

Ceci dit, comme l’atelier découverte œnologique pour deux se composait exclusivement de couples qui se dévisageaient avec des yeux de veaux par-dessus leur verre de Sancerre, mieux valait y assister saoule.

Résultat des courses : je n’ai pas trouvé l’âme sœur, mais moi qui ne buvais quasiment jamais, maintenant j’adore le vin. Je pense que je pourrais développer une véritable passion pour l’œnologie, le prof m’a d’ailleurs dit que j’avais un excellent palais. Pour la peine, je me suis inscrite aux trois prochains cours.

Note : penser à remercier cette courge d’Anne-Marie.

 

 

Chloé


J’appuie sur la sonnette une troisième fois, histoire de couvrir le brouhaha qui parvient de l’intérieur et la porte s’ouvre enfin. Charlotte m’embrasse, son ventre a encore enflé depuis lundi dernier.

— Chloé, je croyais que tu ne pouvais pas venir !

— Réunion annulée, dis-je en franchissant le seuil.

Mensonge, évidemment, mais je voulais être sûre que Guillaume serait là et ils ne nous invitent plus jamais ensemble.

Elle referme la porte derrière moi.

— Ta copine Constance vient de m’appeler, elle ne vient pas finalement.

— Oui, elle m’a prévenue.

Je remonte le couloir jusqu’au salon, dépose la bouteille de J&B que j’ai apportée sur le buffet et reste un instant saisie d’admiration. Pour mon dernier anniversaire, j’étais fière d’avoir réalisé l’exploit culinaire de planter vingt-huit bougies sur un marbré Savane, mais à côté de Charlotte, je fais piètre figure. Même enceinte de sept mois, elle a plié les serviettes en origami et a préparé un festival de mini-quiches tomate-feta et de brochettes de crudités pour les trente ans de son mari.

Elle m’a suivie dans le salon et avant que j’aie le temps de la féliciter pour son buffet, elle me complimente sur ma nouvelle coiffure, puis elle entreprend de me raconter ses rendez-vous à la maternité. Elle me colle sa dernière échographie sous le nez. J’ai toujours trouvé quelque peu surprenante, voire légèrement déplacée, la tendance de toutes les futures mamans à brandir à tout vent la photo panoramique de leur utérus. Pour lui faire plaisir, j’examine le cliché du flageolet rabougri avec attention avant d’affirmer :

Retrouver tous les articles sur Je peux très bien me passer de toi par Marie Vareille

Commenter ce livre