#Imaginaire

The Expanse t.2 ; la guerre de Caliban

James S. A. Corey

Sur Ganymède, la lune de Jupiter transformée en grenier à blé pour les planètes extérieures, un sergent des Marines de Mars assiste au massacre de sa section d'élite par un supersoldat monstrueux.
Sur Terre, une personnalité politique de haut rang s'évertue à éviter un conflit interplanétaire, en dépit des intérêts divers de groupes de pression tentaculaires et sans scrupule.
Sur Vénus, la protomolécule extraterrestre a investi la planète entière. Elle y prolifère à l'abri des regards, génère des bouleversements mystérieux qui menacent de propager l'indicible dans tout le système solaire.
Et à bord du Rossinante, fatigué d'assurer la sécurité des transports appartenant à l'Alliance des Planètes extérieures dans l'espace, James Holden et son équipage acceptent d'aider un scientifique de Ganymède dans la recherche de sa fillette kidnappée.
Ils l'ignorent, mais l'avenir de l'humanité tout entière pourrait bien dépendre d'une poignée de laissés-pour-compte du genre tenace qui pensent que l'univers leur doit des réponses, et de leur capacité à empêcher une invasion extraterrestre. Si, bien sûr, celle-ci n'a pas déjà commencé.
Après L'Eveil du Léviathan, ce deuxième volume confirme que The Expanse, en cours d'adaptation pour une série télé, est la meilleure saga de space opera du moment. (traduit par Thierry Arson)

Par James S. A. Corey
Chez Éditions Actes Sud

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Genre

science fiction / fantastique grand format

trad. Thierry Arson
13/06/2018 907 pages 9,90 €
Scannez le code barre 9782253083665
9782253083665
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PROLOGUE

MEI

 

— Mei ? dit Miss Carrie. Laisse ta peinture, tu veux bien ? Ta mère est là.

Il lui fallut quelques secondes pour comprendre ce que disait le professeur, non parce qu’elle ne connaissait pas les mots – elle avait quatre ans, maintenant, elle n’était plus un bébé – mais parce qu’ils ne correspondaient pas au monde tel qu’elle le connaissait. Sa mère ne pouvait pas venir la chercher. Maman avait quitté Ganymède pour aller vivre sur la station Cérès parce que, comme son papa le lui avait expliqué, elle avait besoin d’un peu de temps-de-maman-toute-seule. Puis le cœur de Mei s’emballa quand elle songea Elle est revenue.

— Maman ?

D’où elle était assise, devant son chevalet de taille réduite, le genou de Miss Carrie lui occultait la vue de la porte donnant sur le vestiaire.

Ses mains étaient poissées de peinture à étaler avec les doigts, du rouge, du bleu et du vert qui dessinaient des courbes sur ses paumes. Elle se pencha en avant et voulut agripper la jambe de l’adulte, autant pour la déplacer que pour s’aider à se mettre debout.

— Mei ! s’écria Miss Carrie.

La fillette contempla les deux traînées de peinture sur le pantalon de sa maîtresse et nota la colère contrôlée qu’exprimait le large visage maintenant assombri.

— Je m’excuse, miss Carrie.

— Ce n’est pas grave, affirma l’adulte d’une voix tendue qui signifiait le contraire, mais aussi que l’enfant ne serait pas punie.

Sois gentille, va te laver les mains, et puis tu reviendras ranger ton matériel de peinture. Je m’occupe de la toile. Je la donnerai à ta mère. C’est un petit chien ?

— C’est un monstre de l’espace.

— Alors c’est un très joli monstre de l’espace. Allez, va te laver les mains, s’il te plaît, ma chérie.

Mei hocha la tête, tourna les talons et trottina vers la salle de bains, les pans de sa blouse se gonflant autour d’elle comme un chiffon agité par un conduit d’aération.

— Et ne touche pas le mur !

— Je suis désolée, miss Carrie.

— Ce n’est pas grave. Tu nettoieras après.

Elle ouvrit le robinet en grand et les couleurs s’enfuirent de sa peau en tourbillons. Ensuite, elle prit grand soin de s’essuyer les mains, sans toutefois se soucier si elle répandait ou pas de l’eau au sol. La pesanteur lui parut avoir changé et l’attirer vers la porte et le vestibule au lieu de la maintenir au sol. Les autres enfants la regardèrent, excités parce qu’elle l’était elle-même, pendant qu’elle effaçait à peu près les traces de doigts sur le mur, puis rangeait les pots de peinture dans leur boîte, et celle-ci sur son étagère. Elle fit passer la blouse par-dessus sa tête sans attendre l’aide de Miss Carrie et fourra le vêtement dans le recycleur.

Dans le vestibule, la maîtresse avait été rejointe par deux autres grandes personnes, et aucune d’elles n’était sa maman. La femme inconnue de Mei tenait délicatement dans une main son dessin de monstre de l’espace, un sourire poli aux lèvres. L’autre était le Dr Strickland.

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