Casino Royal, l’adaptation plus infidèle que James Bond lui-même

Porté au cinéma avec succès en 2006, le premier roman de Ian Fleming avait auparavant connu un processus d’adaptation chaotique. En 1967, après diverses mésaventures de droits d’auteur, un film parodique voyait le jour. Un joyeux fouillis dans lequel tous les agents secrets britanniques sont renommés James Bond et entraînés à ne pas succomber aux charmes de la gent féminine.

 

Le 11/02/2021 à 08:55 par Partenaire

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Publié le :

11/02/2021 à 08:55

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Réalisé plus de cinquante ans après la publication du roman de Ian Fleming, le denier film Casino Royal comporte quelques différences notables avec l’œuvre originale. Pour s’adapter à la situation géopolitique actuelle, le grand méchant de l’histoire, Chiffre, n’est par exemple plus un agent à la solde des rouges, mais un plus moderne et crédible terroriste.

Si pour certains lecteurs ce genre de liberté est déjà difficilement acceptable, l’adaptation de 1967 pousse le bouchon bien plus loin. Signé par John Huston, Robert Parrish, Ken Hughes, Val Guest et Joe McGrath le film aurait dû se faire avec Sean Connery, mais celui-ci déclina le rôle. Le producteur Charles K. Feldman, décida, après plusieurs mésaventures, de changer de projet de transformer le long métrage en parodie.

DOSSIER : quand les livres inspirent films et séries

Dans cette réalisation, James Bond (David Niven), devenu Sir James, coule des jours paisibles de retraité en peignoir ou robe de chambre — un comble quand on sait que le roman introduisait le personnage.

Après l’assassinat de la majorité des agents internationaux actifs, le MI6 sort l’agent en pantoufles de son manoir pour qu’il reprenne du service. Au sein de ce monde parallèle, le James Bond tueur et séducteur de sang-froid est une création des services secrets pour effrayer l’ennemi. Une création portant le nom de sir James, qui voit dans cet emprunt de patronyme un grand déshonneur.

Le véritable Bond dans cette réalité est bègue et pas franchement menaçant. Pour faire face au terrifiant Chiffre (Orson Welles), il va mettre en place une stratégie audacieuse. Cherchant à brouiller les pistes, il décide d’appeler tous les agents restant (homme comme femme) James Bond. C’est donc une armée d’homonymes enthousiastes qui se présente au casino. Une formation pour résister à la séduction féminine leur est de plus dispensée.

Pour ceux dont la mémoire flanche, et qui ne voient pas réellement de différence avec l’œuvre de Fleming, voici un rapide du résumé du roman Casino royal — traduit en France par Pierre Pevel et publié chez Bragelonne.

James Bond. Bel homme, charmeur et raffiné. Mais aussi tueur froid et impitoyable. Une combinaison très dangereuse. Dans cette première aventure de 007 imaginée par Ian Fleming, Bond est chargé de neutraliser un agent soviétique redoutable et flambeur de haute volée connu sous le seul nom de « Le Chiffre ».

Comment ? En ruinant son adversaire au baccara et en poussant les Russes à provoquer la « retraite anticipée » de leur homme.

Farfelu et brouillon, le film vous sera malheureusement d’aucune aide pour apprendre à ruiner vos ennemis. Notons que l’ouvrage avait connu une première adaption télévisée en 1954, avec Barry Nelson dans le rôle de l’agent secret.

 

Crédit photo : Casino Royal - 1967 - capture d'écran Youtube 

 
 
 
 
 
 

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