#Essais

Les mères qui blessent

Anne-Laure Buffet

Négligente, narcissique, toxique...Il est difficile d'admettre qu'une mère ait pu être maltraitante à l'égard de son enfant, car une mère est forcément une bonne mère. Pourtant le traumatisme de la maltraitance maternelle non seulement sur une enfance mais sur une vie d'adulte, est d'autant plus important que la souffrance est tue.

Par Anne-Laure Buffet
Chez Eyrolles

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Eyrolles

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21/06/2018 163 pages 18,00 €
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Merci à Virginie Megglé pour son soutien et sa confiance.

Merci à Sophie Chauveau pour son amitié, pour son regard,

pour sa voix et pour sa présence, toujours.

Un grand, immense merci, à Muriel, pour ses lectures attentives,

ses remarques et ses réflexions.

Et merci à vous tous, que je ne peux citer, mais qui saurez

vous reconnaître, je crois, au travers de ces lignes.

A.-L. B.

 

 

« Ma chère maman,

[…] Je finirai par admirer votre dureté, savez-vous, et comme je voudrais

pouvoir la prendre à mon compte aussi. Mais toute la chance aura

été pour vous. Vous avez pu avoir d’autres enfants, tandis que moi,

je n’ai pu me faire une autre mère […]. »

Paul Léautaud, Lettres à ma mère

 

« Vous avez oublié la personne la plus importante

et la plus marquante de ma vie… ma mère ! »

Sir Winston Churchill

 

 

Introduction


« Il n’y a aucune recette pour devenir une mère parfaite,

mais il y a mille et une façons d’être une bonne mère. »

Jill Churchill

 

Quoi de plus parfait, aux yeux d’un petit enfant, que ses parents ? Comment juger objectivement de leurs possibles imperfections, de leurs éventuels manquements, de leurs inévitables erreurs ? L’enfant naît et grandit avec la certitude inébranlable que son monde, celui créé par ses parents et pour lui, est exemplaire, qu’il ne peut et ne doit être autrement. S’il doute de cette perfection, il se reprend aussitôt en culpabilisant, convaincu d’être injuste, indigne, un traître à sa famille. Par mimétisme inconscient et souci de plaire, il cherche à leur ressembler, ou au moins à leur convenir.

Plus encore, l’inconscient collectif, les traditions culturelles, induisent une vénération de la Mère, sorte de divinité à laquelle on doit amour et respect. Aussi un enfant ne critique-t-il pas sa mère. S’il le fait, il minimise toujours. Il redoute la punition qu’il risque de recevoir pour avoir trahi au devoir filial. Et il aura honte de l’avoir fait. Critiquer sa mère est tabou. On porte alors la culpabilité d’être un mauvais enfant ; on se reproche d’avoir eu une mauvaise mère, d’avoir à le dire et de ne pas avoir su la rendre bonne. L’enfant, seul, en subit les conséquences.

Quant aux mères, nombreuses sont celles qui s’observent, prennent du recul, constatent leurs failles ou leurs erreurs, se font aider, sont conscientes que ce qu’elles transmettent, tout ce qu’elles transmettent, va conditionner la vie de leur enfant. Mais elles ne sont pas toutes ainsi. De l’usage de la réflexion méprisante à celui de la violence physique, d’autres blessent, heurtent, ignorent, agissent mécaniquement, violentent leurs enfants.

Ces mères vont bien, en apparence. En réalité, elles sont enfermées dans une difficulté ou une fracture psychique. Elles ne changent pas et ne veulent pas changer, clamant haut et fort savoir ce qui est bon pour leur enfant car c’est leur enfant. Elles n’évoluent pas, n’en ressentant ni le besoin ni l’envie. Elles ne modifient rien, par peur de perdre ce qui leur appartient et par crainte du jugement. L’enfant est là, objet exposé ou animal de compagnie, qu’on bichonne pour le public et dont on tire la queue ou qu’on chasse d’un coup de pied lorsqu’il dérange. Elles n’assouvissent ni désir ni plaisir, si ce n’est celui d’avoir à défaut d’être. Elles ne portent pas de regard sur leur enfant, mais sur ce qu’il représente et doit être.

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