#Essais

Suzanne Lenglen. La Divine

Gianni Clerici

Pour beaucoup, ce n’est qu’un nom attribué à l’un des grands courts de Roland Garros.

Mais Suzanne Lenglen, invaincue entre 1919 et 1926, est avant tout la première personne à avoir fait du tennis un véritable métier. Côtoyant les plus grands, vivant ses amours avec la même passion que celle qui l’anime sur les courts, elle révolutionne son monde. Cette championne entraînée comme un homme a participé à bien des changements de mœurs qui ont libéré les femmes de conventions bourgeoises d’un autre siècle.

Le récit de cette vie intense de trente-neuf années seulement ne laisse pas de surprendre et d’émouvoir par les multiples influences que Suzanne Lenglen exerce encore de nos jours.

Gianni Clerici est un journaliste et écrivain italien, spécialiste reconnu du tennis, auteur des Gestes blancs, paru aux éditions Viviane Hamy. Les illustrations et photos inédites qui figurent dans le présent ouvrage sont issues de ses archives personnelles.

Par Gianni Clerici
Chez Editions Viviane Hamy

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Sports

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trad. Lise Chapuis
06/05/2021 386 pages 24,00 €
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L’interview avec Femina

En descendant du train à Thourotte, après Compiègne, Jean Laporte s’était résigné à louer une calèche. La propriété des Lenglen, à Marest-sur-Matz, était à sept kilomètres et le trajet à pied aurait été insurmontable, non seulement pour lui mais pour le photographe qui était chargé de deux appareils Zeiss, de son pied et d’une pile de plaques.

La calèche se mit en route à travers des champs de blé fauchés de peu, le long d’un chemin de terre qui serpentait entre de douces collines et des bois de châtaigniers et d’ormes.

Cordial, Laporte commença à poser des questions au paysan qui les menait à destination, et il ne lui fut pas difficile d’apprendre que les Lenglen avaient acquis en 1902 la propriété qui appartenait autrefois aux Bilat ; qu’ils avaient une cuisinière, une femme de chambre, et un jardinier capable de conduire l’automobile. Bien sûr qu’ils en avaient une : c’était la seule de Marest-sur-Matz !

Laporte demanda si la petite Suzanne jouait aussi à la paume, et l’homme, l’air perplexe, répéta le mot « paume » comme s’il ne connaissait pas ce vieux jeu populaire, l’ancêtre du tennis. « Je sais, je sais bien ce que c’est que la paume, reprit-il aussitôt, mais ici chez nous, en Picardie, on n’y joue plus. »

Désappointé, Laporte apprit que le sport local était le tir à l’arc, mais l’homme ne savait pas si Suzanne en possédait un. « Si vous vous intéressez aux sports, je peux vous dire que Suzanne est une fillette extrêmement sportive : en plus du tennis, elle nage dans le Matz, elle monte à cheval et à bicyclette. Mais le grand cycliste, c’est son père.

– C’est quel genre d’homme ? s’informa Laporte.

– Un homme comme il faut. Quelqu’un qui vit de ses rentes. » Et le paysan ajouta que M. Lenglen ne manquait pas d’accompagner ses dames à la messe, le dimanche. « L’église catholique, bien sûr », confirma-t-il en indiquant le clocher d’ardoise grise semblable à un paratonnerre qui fendait l’horizon en deux.

Il hocha la tête, ouvrit plusieurs fois la bouche sans se décider à parler, puis finalement : « Sauf votre respect, monsieur ne serait-il pas par hasard de la police ? » Laporte rit, en même temps que le photographe, et expliqua qu’il était un journaliste très connu, ajoutant que Suzanne venait juste de gagner le championnat du monde de tennis, ce jeu avec la raquette. Le paysan eut l’air tellement impressionné que, durant quelques minutes, il se contenta de fixer le dos de son cheval. Comme le journaliste recommençait à lui poser des questions en lui promettant le plus total anonymat, il retrouva son entrain. Mme Lenglen ? Elle était extrêmement douce et gentille ; mais, « avec tout mon respect », aussi laide que Suzanne était mignonne et charmante.

Ils étaient arrivés à un carrefour, en face de l’église autour de laquelle se serraient les toits rouges des maisons basses. « Nous sommes moins de deux cents âmes », précisa l’homme en commençant à longer le mur qui entourait le jardin des Lenglen. « La propriété des Bilat était beaucoup plus grande. Elle comprenait aussi la ferme, là-bas, après le moulin », ajouta-t-il en montrant les champs, géométriquement séparés par des rangées de peupliers, au-delà du fin ruban du Matz.

Ils étaient arrivés, et le photographe était enthousiasmé par ces flaques d’ombre et de lumière, par ces arrière-plans de rêve. L’allée menait maintenant à une maison de brique aux grandes fenêtres encadrées de blanc, au toit orné de mansardes pointues et de quatre énormes cheminées. Le côté gauche de la maison s’élargissait en une vaste véranda vitrée et, sur la droite, un peu masquée par les arbres, on devinait la perspective jaune pâle d’un court de tennis. Au-delà, les eaux vert sombre du Matz venaient lécher un moulin en pierre de taille, « drapé de lierre et de rosiers grimpants, qui n’a rien à envier au Trianon », écrirait plus tard Laporte.

Dans l’allée, M. Charles Lenglen et Suzanne venaient au-devant des visiteurs. Elle était habillée très simplement, d’un petit tricot en laine avec une jupe écossaise. Le père portait une veste en tweed et une casquette. Suzanne tenait à la main une petite boîte en carton, et tout en les saluant, leur offrit des fraises : « Je viens juste de les cueillir. Mais ne craignez rien, je les ai lavées. »

Laporte et le photographe s’extasièrent sur les fraises et félicitèrent Suzanne pour sa dernière victoire sur Mme Golding.

« Brioche, ricana Suzanne.

– Tu n’as pas à l’appeler ainsi, la réprimanda Charles.

– Mais tout le monde l’appelle comme ça.

– Ce n’est pas gentil de lui manquer de respect. »

Rassurant, Laporte leur promit sa discrétion, puis il les informa que l’article s’intitulerait « Dans l’intimité d’une championne », mais qu’il respecterait les désirs de Suzanne et ceux de ses parents. M. Lenglen le regarda à travers les verres épais de ses lunettes et sembla lui accorder sa confiance. « Je vous laisse Suzanne. »

Chroniqueur expérimenté, Laporte avait dans la poche l’introduction de son article qui allait paraître dans Femina. Il tendit la feuille à Suzanne : « Je vous ai apporté ce début d’article parce que vous ne me connaissez pas encore. Dites-moi ce que vous en pensez, en toute sincérité. »

Suzanne se mit à lire à haute voix.

« C’est la grande semaine du tennis : des matchs internationaux se disputent à Saint-Cloud et, vu qu’il n’y a pas de sport plus répandu, vu qu’il n’y en a pas qui compte plus de fidèles, l’élégance internationale s’est donné rendez-vous au parc de la Faisanderie. Voici venue l’heure des championnats féminins : l’une après l’autre, les reines de la raquette se mesurent. Il y a là Mme Broquedis, triomphatrice de 1912, à la silhouette harmonieusement dessinée. Semblables comme seules deux sœurs peuvent l’être, il y a aussi les sœurs Amblard, aux cheveux bruns noués en chignon au-dessus des oreilles, qui essuient d’un geste familier la sueur sur leurs hanches. Et puis aussi miss Ryan, à l’aspect sévère et au jeu brusque ; Mme Poujade aux cheveux blonds bien ondulés ; Mme de Borman, dont même les gestes ont un savoureux accent belge ; Mme Golding, autoritaire et agressive dans ses attaques. »

Suzanne leva les yeux, en ferma un d’un air amusé :

« Brioche, dit-elle en riant.

– Entre nous, répondit en écho le chroniqueur.

– Et puis, lut encore Suzanne, soudain apparaît sur le court une petite jeune, inattendue et pleine de brio. D’un gabarit de bébé sort un corps agile de jeune faune. Des boucles brunes, retenues par un velours pour dégager les yeux, s’agitent en ondoyant ; le jupon qui s’arrête au-dessus du genou découvre à merveille les jambes nerveuses. »

Suzanne masqua un soupçon de gêne en avançant la jambe d’un geste de danseuse.

« Vous faites de la danse ? s’empressa de demander Laporte.

– J’aimerais bien. Non, je fais du saut à la corde. »

Elle se remit à lire : « Cette enfant semble se servir des balles comme un jongleur. Elle se renouvelle comme un Protée insaisissable. »

« Un personnage de la mythologie », précisa Laporte.

Admirative, Suzanne poursuivit sa lecture : « Ses services sont fougueux. Ses défenses déconcertantes. Dans les tribunes s’élève un brouhaha. Un nom passe de lèvres en lèvres : Suzanne Lenglen. Les initiés sont ravis. Ceux qui sont arrivés par hasard à Saint-Cloud se demandent ce que signifie cette apparition inattendue, ce que vient faire ce jeune Bara, cette enfant qui semble sortie d’une troupe de cirque, au milieu des expertes de la raquette. Mais les sourires laissent rapidement la place à l’étonnement, parce qu’il est en train de se passer quelque chose de stupéfiant : l’une après l’autre, les championnes d’autrefois disparaissent, vaincues par ce jeu soigné et puissant qui allie l’astuce d’une experte du filet à la fougue de la jeunesse. Quand le dernier match est terminé, et que, victorieuse de Mme Golding, Suzanne s’arrête, une ovation monte des tribunes et chacun veut admirer de près celle qui, fait unique dans l’histoire du sport, a gagné à quinze ans le championnat du monde de tennis. »

« Sur terre battue, précisa Suzanne.

– Cela s’entend », confirma Laporte.

« Wilding, le grand Wilding, le dieu du tennis, lut Suzanne, n’est pas moins enthousiaste. “Bravo Bébé !” s’exclame-t-il. Le champion autrichien, le comte Salm, s’approche à son tour. “Pic Pic Picardie, crie-t-il de sa voix rauque, wunderbar !” Ce nom, Picardie, est une révélation. Suzanne Lenglen, picarde, déjà championne de Picardie, une gamine qui arrive de la province la plus sportive de France, est une leçon pour les lectrices de Femina qui aimeraient connaître les secrets de ce petit prodige. »

Dans les yeux de Suzanne, Laporte eut l’impression de lire un peu de perplexité :

« Cela ne vous plaît pas ?

– Mais si, ça me plaît, mais il y a une erreur.

– Laquelle ? Je ne suis pas vraiment un spécialiste du tennis.

– Des spécialistes, il n’y en a pas beaucoup, d’après papa. Non, l’erreur c’est autre chose. Moi je ne suis pas picarde. Je suis une citadine, née et baptisée à Paris.

– Et alors, comment se fait-il que vous soyez ici ?

– Nous habitons ici depuis dix ans. »

L’interview se poursuivit à côté de la plate-bande de fraises, dont tous deux continuaient à se régaler.

« Je n’ai pas grand-chose à raconter sur ma jeunesse, dit Suzanne. Paris ne me convenait pas. Ils ont été obligés de m’élever dans du coton. Quand je sortais, allez, un rhume. Quand je ne sortais pas, allez, une migraine. Alors, pour moi, papa a déménagé ici. C’est agréable, n’est-ce pas ? C’est un endroit sympathique, je vais vous montrer la rivière, on se baignera, si vous avez envie. »

Le journaliste se déroba : il n’avait pas son maillot de bain. Il n’était pas tellement sportif, finit-il par admettre.

« À dix ans, poursuivit Suzanne, j’ai commencé à jouer au diabolo. Vous vous souvenez, ce jeu avec deux bâtons et une sorte de bobine qu’on lance en l’air ? C’était la grande mode et je me débrouillais très bien, au diabolo. Je suis sûre que c’est ça qui m’a donné le coup d’œil, la précision, les qualités que j’ai, en somme.

– Alors on conseillera le diabolo aux femmes qui jouent au tennis, résuma Laporte. Et votre première raquette ?

– C’est deux ans plus tard. Papa revient de Compiègne et me dit : “Tiens, voilà une raquette.” C’était une petite raquette pour enfants qu’il avait payée trois francs cinquante, avec une demi-douzaine de balles dégonflées.

– Et vous êtes soudain devenue extraordinaire ?

– Pas du tout. Pendant trois mois, on a joué entre enfants, pour s’amuser, et puis un jour papa a été surpris en remarquant que je me débrouillais mieux que mes amis. Alors il a décidé de me faire commencer un entraînement plus sérieux.

– Avec un professeur.

– C’est lui qui a été mon seul professeur. Quelques mois plus tard, j’étais à Chantilly pour un tournoi. Essayez de m’imaginer. Une robe à col marin, des socquettes, les cheveux en désordre.

– Vous deviez être charmante.

– Un monstre. Je devais rencontrer Mme Bubloc, qui ne me connaissait pas. Au moment de commencer, je la vois immobile dans la tribune : “Madame, on vous cherche. – Mais mon adversaire n’est pas arrivée. – Mais si, madame. – Et où est-elle ? – C’est moi.” La Bubloc a été prise de fou rire. C’est vrai que je lui arrivais à la ceinture, mais ça m’a rendue quand même furieuse. Ah, ça m’a fait plaisir de la battre !

– Bien fait, renchérit Laporte, flatteur.

– En 1912, à Compiègne, j’ai gagné le championnat de Picardie, poursuivit Suzanne. C’est pour cela que Salm m’appelle Picardie. En 1913, je me suis beaucoup améliorée et, finalement, j’ai gagné la coupe du monde.

– Heureuse ? s’enquit Laporte, malin comme un renard.

– Bien sûr. C’est la première fois qu’une fille de mon âge obtient une victoire comme ça. Toutes les joueuses de tennis sont des femmes formées. Ce n’est pas facile de les battre : elles ont la stature, la force… des choses qui comptent. »

Suzanne, qui n’avait pas cessé de manger des fraises, se dirigea vers le moulin en sifflotant.

« Qui vous a appris à siffler comme ça ?

– Les merles. Mais c’est l’heure de mon entraînement. Venez ! »

Laporte eut de la peine à suivre tandis qu’elle montait deux à deux les marches du moulin. Sur le mur intérieur d’une grande salle, une ligne blanche traçait le ruban imaginaire d’un filet. Suzanne enfila des chaussures en caoutchouc, empoigna sa raquette, une Driva Champion, et commença à taper la balle contre le mur, sous les yeux de papa, apparu à l’improviste.

Totalement ignorant en matière de technique, Laporte nous rapporte d’improbables commentaires de M. Charles : « Soigne mieux tes revers. Fais attention de taper au centre. Ne raidis pas ton poignet. »

L’entraînement devait être destiné à Laporte vu que, tout d’un coup, Suzanne laisse tomber sa raquette en entendant aboyer les chiens. « Mes chiens ! Vous n’avez pas vu mes chiens ! Venez ! »

Les revoilà au jardin, et un fox-terrier s’élance sur elle pour jouer, tandis qu’un berger allemand se roule sur le dos. Et après les chiens, c’est le tour des lapins, un noir et un blanc « aux yeux transparents comme de la gelée de pomme ». Toute fière et enthousiaste, Suzanne montre ses poules, et un ânon, Bob. « Et je sais aussi monter sur des échasses. » Le pauvre journaliste tombera de quelques échasses, et se retrouvera vite entraîné sur les bords du terrain de tennis. Les balles envoyées par la championne lui suggèrent « l’impression d’un petit félin humain, d’une jeune panthère qui se multiplie, jouit de sa propre souplesse, de son agilité, de sa force ».

« Je savoure, poursuit le mémorialiste, le silence de la campagne, la chaleur qui en émane, et les élans d’une forme blanche harmonieuse et robuste. » Il oublie, le misérable, de nous informer avec qui jouait la jeune fille. Peut-être avec M. Charles, qui n’est jamais allé plus loin que quelques balles lancées sans se déplacer, sans échanger ses tenues grises contre une flanelle un peu plus sportive ? Peut-être le jardinier, souvent chargé de ramasser les balles, et d’en relancer quelques-unes à la main ?

Mais Laporte ne juge pas utile de s’attarder et passe à une esquisse de Suzanne au bain : « Transpirante, haletante, la jeune fille s’est dirigée vers le moulin et en est sortie enveloppée dans un grand peignoir. Un éclair, et je vois son corps se mouvoir dans l’eau courante et limpide. »

« Elle n’est pas froide, pourquoi vous ne vous décidez pas ? crie Suzanne.

– Il ne fait pas assez chaud pour moi », répond Laporte, évasif, tandis que papa vante en souriant le bel équilibre physique de sa fille, habile dans tous les sports, depuis le tir à l’arc jusqu’au saut en hauteur.

« En somme, une vie entièrement consacrée à l’exercice physique, croit pouvoir résumer le journaliste.

– Mais sans négliger l’intellect. La directrice du collège est très satisfaite d’elle. »

Rayonnant de fierté, Charles conduit son hôte dans la chambre de Suzanne où la fillette, rhabillée, se tient devant un livre. « En position de jeune sphinx, l’idéal pour apprendre. » Mais, au bout de quelques minutes, la voilà au piano, qui joue avec entrain La Très Moutarde.

Pour que rien ne manque à la visite du journaliste, Suzanne lui révèle enfin les secrets de sa chambrette, occupée par une table de travail, une collection de livres de la Bibliothèque rose, et un ensemble de bibelots.

Elle lui montre ses porte-bonheur. Un petit éléphant, mais surtout une broche en forme de raquette. « Je l’ai perdue deux fois, et deux fois j’ai été battue. »

Désormais en confiance avec le journaliste, Suzanne va jusqu’à lui faire voir ses caricatures, lui indiquer ses livres préférés. Mais dans l’organisation parfaitement réglée de la journée, c’est maintenant l’heure du ping-pong.

Vient alors une nouvelle démonstration de l’incroyable talent de Suzanne pour les jeux et l’auteur nous informe, suivant les explications de papa, que le « tennis de table est au tennis sur gazon ce que le fleuret est à l’épée. Comme, après un bon assaut à l’épée, il est sage de prendre une leçon de fleuret pour se remettre en ligne, de même après une journée de sports violents, le ping-pong sert à calmer les nerfs. Il faut de l’intelligence et de l’esprit critique, pour ce jeu-là. »

Laporte se rend compte que le soir tombe et que son carnet est désormais rempli. Il ne renonce pas à y ajouter une dernière touche : Suzanne qui court après lui, sur le point de franchir le portail pour lui offrir une fleur, une rose rouge.

 

 

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