#Roman jeunesse

Mon père est parti à la guerre

John Boyne

Alfie Summerfield vient d'avoir cinq ans le jour où la Grande Guerre éclate. Son père a promis qu'il ne partirait pas mais s'engage dès le lendemain, persuadé que "tout sera fini à Noël". Quatre ans plus tard, la guerre fait rage et le jeune garçon ignore si son père est vraiment parti en mission ou s'il a disparu à jamais. Tout le monde semble savoir ce qui lui est arrivé mais le secret reste bien gardé. Devenu cireur de chaussures à la gare de King's Cross de Londres, Alfie va enfin découvrir la vérité au hasard d'une de ses rencontres et partir pour la mission la plus importante de sa vie... La première Guerre Mondiale vue à travers le regard d'un jeune garçon. Une aventure bouleversante. Par l'auteur du Garçon en pyjama rayé.

Par John Boyne
Chez Gallimard-Jeunesse

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Genre

litterature jeunesse romans / contes / fables

trad. Catherine Gibert
15/09/2016 245 pages 7,10 €
Scannez le code barre 9782070582679
9782070582679
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Expédiez-moi au loin avec le sourire

 

Chaque soir, avant de s’endormir, Alfie Summerfield s’efforçait de se remémorer à quoi ressemblait sa vie avant le début de la guerre. Plus le temps passait et plus il avait de mal à garder ses souvenirs intacts.

Les combats avaient commencé le 28 juillet 1914. Certains pourraient ne pas se rappeler cette date avec autant de précision, mais Alfie, lui, ne l’oublierait jamais. C’était le jour de son anniversaire. Il avait cinq ans et ses parents avaient organisé une petite fête en son honneur, mais seule une poignée de personnes avait répondu à l’invitation : mamie Summerfield, qui était restée dans son coin à sangloter dans son mouchoir en répétant à qui voulait l’entendre : « C’est la fin. Cette fois, c’est la fin », jusqu’à ce que Margie, la mère d’Alfie, la menace de la renvoyer chez elle si elle ne se reprenait pas ; le vieux Bill Hemperton, leur plus proche voisin, un Australien presque centenaire qui s’amusait à faire sortir et rentrer son dentier d’un coup de langue ; Kalena Janáček, la meilleure amie d’Alfie, qui habitait trois maisons plus loin, et son père, chaussé des souliers les plus brillants de Londres, qui tenait le magasin de bonbons au bout de la rue. Alfie avait convié la plupart de ses amis de Damley Road. Mais, ce matin-là, les mères avaient sonné les unes après les autres à la porte des Summerfield pour prévenir que le petit un tel ou un tel ne participerait pas à l’anniversaire.

– Ce n’est pas un jour à faire la fête, n’est-ce pas ? s’était exclamée Mme Smythe du numéro neuf, la mère de Henry Smythe, qui occupait le pupitre devant celui d’Alfie à l’école et faisait au moins dix pets puants par jour. Vous feriez mieux de tout annuler, avait-elle ajouté.

– Je n’annule rien du tout ! avait répondu Margie, la mère d’Alfie, en levant ses mains de rage au bout du cinquième désistement. Au contraire, il faut profiter au mieux de cette journée. Mais que vais-je faire de toutes ces victuailles si personne ne vient ?

Alfie l’avait suivie dans la cuisine. Sur la table étaient alignés bien proprement les sandwichs au corned-beef, le ragoût de tripes, les œufs au vinaigre, la langue froide et les anguilles en gelée, le tout recouvert de serviettes à thé pour éviter que les aliments ne se gâtent.

– Je peux les manger, avait dit Alfie, qui aimait se montrer serviable.

– Ha ! s’était écriée Margie. J’en suis sûre. Tu es un puits sans fond, Alfie Summerfield. Je ne sais pas où tu loges tout cela. Franchement, je l’ignore.

En rentrant pour déjeuner, Georgie, le père d’Alfie, semblait préoccupé. Contrairement à son habitude, il n’avait même pas fait sa toilette dans l’arrière-cour pour se débarrasser des odeurs de lait et de cheval. Il s’était précipité dans le salon pour lire le journal, puis il l’avait lentement replié et caché sous un des coussins du sofa avant d’entrer dans la cuisine.

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