#Imaginaire

Blackbird t.2

Anna Carey

Deux semaines plus tôt, vous vous êtes réveillé(e) sur les voies du métro de Los Angeles, totalement amnésique. La seule chose que vous saviez, c'est que des gens essayaient de vous tuer. Dans une course éperdue à travers les rues de la ville, vous avez mené votre petite enquête, et découvert que toute cette histoire n'est qu'un jeu. Un jeu macabre. Des gens pleins aux as chassent des jeunes comme vous - des paumés - pour le simple plaisir de tuer. Une entreprise leur offre ce service : AAE. Votre seule issue : fuir. A la gare, vous avez retrouvé le garçon qui hantait vos rêves et vos bribes de souvenirs. Il s'appelle Rafe, il était avec vous sur l'île où les chasseurs vous avaient d'abord lâchés, pour vous traquer comme des bêtes, avant d'effacer votre mémoire et de poursuivre le jeu " dans votre environnement naturel ".
Rafe a mieux résisté que vous à la drogue qui a gommé vos souvenirs. Il sait votre nom : Lena. Il sait aussi qu'à New York vit une autre cible : un certain Connor. Vous partez donc vers la grande ville. En vous associant à Connor, vous espérez continuer votre enquête sur AAE et peut-être démanteler le réseau.
Mais, lorsque vous arrivez à New York, vous constatez que des chasseurs vous y ont suivis. Et ils viennent de tuer Connor. Le jeu continue ; au moindre faux pas de votre part, tout sera perdu. (traduction Éric Moreau)

Par Anna Carey
Chez Bayard Jeunesse

0 Réactions |

Genre

litterature jeunesse romans / contes / fables

trad. Eric Moreau
13/11/2015 279 pages 15,90 €
Scannez le code barre 9782747053235
9782747053235
© Notice établie par ORB
plus d'informations

1

« Le train à destination de Chicago entrera en gare dans cinq minutes », annoncent les haut-parleurs.

Quelques personnes s’en vont, certaines tractant des bagages derrière elles.

De l’autre côté de l’allée, tu remarques un SDF qui dort recroquevillé sous trois des sièges. Un des hommes range son portable et se lève, tire une petite valise à roulettes. Mais l’allée est étroite, et il n’a pas la place de passer.

– Qu’est-ce que vous fichez là-dessous ? Vous bloquez le passage !

L’homme se baisse et soulève sa valise en bougonnant.

L’autre s’extirpe de son abri de fortune, attrape un sac posé par terre à côté de lui. Il s’époussette et se lève, sort un billet de train de sa poche. Puis il relève la tête, essaie d’apercevoir le tableau d’affichage. Vos regards se croisent, et soudain il n’y a plus que vous deux. Ce sont ses yeux – marron, limpides, chaleureux. Ce sont ses joues, ses lèvres, que tu as embrassées des centaines de fois. Les deux grains de beauté sur sa pommette droite. Ses cheveux sont plus longs, ils tombent sur ses sourcils, mais tu le reconnaîtrais entre tous.

Le bas de son tee-shirt est déchiré. Son pantalon est très sale. Tu regardes son poignet, et tu repères le tatouage qui dépasse sous une montre en plastique. Le carré comporte un numéro et un symbole propres, même si tu ne parviens pas à les déchiffrer.

Il te scrute, considère tes vêtements, ton chignon lisse, le foulard autour de ton cou. Tu relèves ton bracelet de cuir, lui montres ton poignet, en tournant ta main de sorte que personne d’autre ne puisse le voir.

– Toi, dit-il enfin. C’est toi.

Puis il sourit. Tu es à peine capable de respirer tant tu éprouves de sentiments pour lui, cet inconnu, le garçon que tu voyais dans tes rêves.

– Tu es là, déclares-tu alors qu’il s’approche de toi. Tu existes pour de vrai.

– J’ai cru qu’ils t’avaient tuée. Quand tu n’es pas venue au rendez-vous…

– Quel rendez-vous ?

Il tressaille et te fixe droit dans les yeux. Ses iris sont parsemés de paillettes dorées.

– Tu ne te rappelles rien ?

Sous son regard insistant, tu te raidis.

– Si, ça me revient petit à petit. Mais seulement par bribes. En rêve… par flashes. Tu te souviens de tout, toi ? De ta vie d’avant aussi ?

– C’est ça que je me suis rappelé en premier. Puis ces souvenirs se sont assemblés comme les pièces d’un puzzle, et j’ai réussi à relier les éléments entre eux.

Tu voudrais en savoir davantage, mais tu scrutes la gare. De l’autre côté du couloir principal, deux hommes, dans la quarantaine, ont la tête levée vers le panneau des départs. Presque aussitôt, l’un d’eux remarque que tu l’observes.

– Il vaudrait mieux qu’on ne discute pas ici… Ce n’est pas sûr. Il ne faudrait pas qu’on nous voie ensemble.

Le garçon consulte le panneau.

– Dans combien de temps part ton train ?

– Cinq minutes.

– C’est celui pour New York ?

Retrouver tous les articles sur Blackbird t.2 par Anna Carey

0 Commentaires

 

Aucun commentaire.