#Roman jeunesse

Le crime de l'Orient-express

Agatha Christie

C’est par le plus grand des hasards qu’Hercule Poirot se trouve à bord de l’Orient-Express, ce train de luxe qui traverse l’Europe. Alors qu’il est bloqué par la neige au cœur de la Yougoslavie, on découvre, dans l’une des voitures, le corps d’un Américain sauvagement assassiné à coups de couteau. Le meurtrier se cache forcément parmi les voyageurs… Mais qui de la princesse russe, de l’Américaine fantasque, de ce couple de Hongrois distingués, de ce colonel de retour des Indes ou même du propre secrétaire de la victime a bien pu commettre pareil crime ? L’enquête commence, elle sera l’une des plus difficiles et des plus délicates pour notre célèbre détective belge.
Traduit de l’anglais par Jean-Marc Mendel

Par Agatha Christie
Chez Lgf

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Lgf

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20/08/2014 416 pages 5,90 €
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PREMIÈRE PARTIE

 

LES FAITS

 

 

1

 

Un passager de marque sur le Taurus-Express

 

 

Il était 5 heures, en ce matin d’hiver syrien. Le train auquel guides et horaires donnent le nom ronflant de Taurus-Express attendait le départ en gare d’Alep. La rame ne comportait qu’un wagon-restaurant, un wagon-lit, et deux voitures des réseaux de la région.

Au pied de la portière du wagon-lit, un jeune lieutenant de l’armée française, en grande tenue, s’entretenait avec un petit homme fluet, emmitouflé jusqu’aux oreilles et dont on n’entrevoyait que le bout rougi du nez et les deux extrémités d’une moustache en croc.

Il faisait un froid polaire, et ce n’était certes pas une sinécure que d’accompagner à la gare un étranger de marque. Mais le lieutenant Dubosc accomplissait vaillamment son devoir. Les mots aimables, en une langue admirablement châtiée, se succédaient sur ses lèvres. Il ignorait pourtant totalement les raisons de la venue en Syrie du petit homme. Bien sûr, comme toujours, des rumeurs avaient circulé. L’humeur du général dont il était le porte-fanion avait empiré de jour en jour. Et puis était arrivé ce Belge inconnu, d’Angleterre disait-on. Son séjour n’avait duré qu’une semaine, marquée par une étrange tension et des événements sortant de l’ordinaire. Un officier de haut rang s’était donné la mort, un autre avait présenté sa démission. Et, tout d’un coup, la sérénité était revenue sur le visage des responsables. Les mesures militaires de sûreté avaient été assouplies. Quant au général, il avait rajeuni de dix ans.

Par hasard, Dubosc avait surpris un aparté entre son chef et ce petit monsieur :

– Vous nous avez sauvés, mon cher, avait dit le général, si ému que sa grosse moustache grise en tremblait. Vous avez sauvé l’honneur de l’armée française, et vous nous avez évité un bain de sang ! Comment pourrais-je assez vous remercier d’avoir répondu à mon appel ?… D’avoir accepté de venir de si loin ?…

L’inconnu – un certain M. Hercule Poirot – avait élaboré une réponse approprié, dans laquelle figurait la formule suivante : « Et moi, mon général, comment aurais-je pu oublier que vous m’avez sauvé la vie ? »… Le général s’était alors récrié, affirmant qu’il n’en était rien. Et les deux hommes, après avoir dûment célébré l’amitié indéfectible de la France et de la Belgique, puis invoqué la gloire, l’honneur et autres notions exaltantes, s’étaient étreints avec chaleur et avaient mis fin à leur conversation.

Le lieutenant Dubosc persistait à ne rien comprendre à ce dont il s’agissait. Mais il avait reçu pour tâche d’accompagner M. Poirot au départ du Taurus-Express. Et il y mettait tout le zèle et l’ardeur qu’on attend d’un jeune officier dont la carrière promet d’être brillante.

– Nous sommes aujourd’hui dimanche, dit-il. Demain soir lundi, vous serez arrivé à Istamboul.

Il avait déjà fait cette observation à plusieurs reprises, mais les propos que l’on tient sur un quai de gare ont une fâcheuse tendance à se répéter.

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