#Polar

Tabous

Danielle Thiéry

Tabous
À quelques jours de Noël, Celia Laporte et son bébé de quatre mois disparaissent brutalement d'une maternité. Le père de l'enfant, issu d'une puissante famille iranienne, est introuvable. L'affaire est complexe. La PJ de Bordeaux décide d'appeler en renfort l'OCRVP de Paris. Edwige Marion, la directrice du service, se rend immédiatement sur place avec son équipe et la jeune psycho- criminologue Alix de Clavery. C'est l'occasion pour la nouvelle recrue, spécialiste des crimes sur enfants, de s'imposer face aux a priori, et de faire ses preuves sur le terrain.
Alors que l'enquête des forces de police se heurte à la puissance des tabous, Alix va découvrir une vérité plus terrifiante encore.

Par Danielle Thiéry
Chez Ombres Noires

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21/09/2016 445 pages 20,00 €
Scannez le code barre 9782081377134
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Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ; tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain, ni son serviteur, ni sa servante, ni son bœuf, ni son âne : rien de ce qui lui appartient…

Le décalogue, 9 et 10.

 

Tabou : se dit d’une chose, ou d’un être qu’il n’est pas permis de toucher, ou d’un sujet qu’il n’est pas permis d’aborder.

 

« C’est toujours au nom de l’amour que les pires transgressions sont justifiées. »

Caroline Eliacheff, pédopsychiatre, psychanalyste.

 

 

1


Lundi 22 décembre, 16 heures

En Gironde, sur une piste forestière…

 


* * *

 

 

Putain !

Truc ressassait au rythme des roues du scooter pourri qui avalait le bitume en tressautant. Le phare, telle une minable bougie vacillant dans l’air froid, éclairait à peine la piste en piteux état. Depuis qu’il s’y était engagé, il n’avait croisé personne. Que des pins immobiles, en rangs serrés, de part et d’autre. Une voie qui s’ouvrait et se refermait derrière lui, une infinité de sentinelles impavides, sombre, impénétrable.

Putain !

Des ombres s’agitèrent sur le bas-côté, une masse dont il aurait pu capter les grognements si cette saleté de moteur avait fait moins de bruit. Une harde de sangliers, au moins sept ou huit, des bestiaux énormes, et des marcassins entre les pattes des monstres. Leur présence rendant les mères agressives, Truc serra les fesses et la peur fit jaillir de ses pores une odeur qu’il détestait. S’y mêlaient les relents nauséabonds de ses vêtements. Son jeans était trempé, son pull aussi. L’air glacé les collait à sa peau, comme si quelqu’un avait déversé des glaçons poisseux dans son froc.

Putain ! Putain !

Le vent devait souffler à l’envers, les cochons ne l’avaient pas reniflé. Mais il y en avait sûrement d’autres. Ils étaient de plus en plus nombreux, de moins en moins craintifs. Flippé à mort, il jeta un coup d’œil à la jauge d’essence. À zéro, ou presque. Pas malin d’avoir piqué un scooter avec le réservoir vide. Certes, l’urgence commandait et il n’avait pas eu le temps de gamberger, ni de choisir le modèle. Déjà bien beau qu’il ait trouvé celui-ci, avec la clef sur le contact et le casque accroché au guidon. Il faut que la réserve tienne jusqu’à Saillac. Et pourvu que Brandon soit chez lui. Et que ses vieux ne soient pas là pour le voir débarquer ainsi, souillé de sang, en fuite, aux abois.

Qu’est-ce qui m’a pris ?

Une courbe serrée s’annonçait, dangereuse. Des tas de gens s’étaient vautrés là, trop confiants dans l’immuable rectitude des voies forestières. Sauf qu’elles ne sont pas balisées, pas plus que ne sont indiqués les pièges, les troupeaux sauvages de cervidés et de mammifères forestiers qui hantent les pare-feu pour s’aventurer jusque dans les jardins. À la sortie du virage, il allait trouver le pont sur un affluent de l’Eyre, en réalité un ruisseau presque toujours à sec. Ensuite, à un kilomètre, il atteindrait le bourg de Silos.

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