Ensablés

« Publié ou Oublié, il n’y a qu’une lettre de différence. Je dédie ces chroniques à tous ceux qui ont souffert, peiné, écrit, et injustement été oubliés. » À l’initiative d’Hervé Bel, sont apparus en octobre 2010 Les Ensablés, accompagnés d’une mention : Survivre en littérature. Car il ne suffit pas de publier pour exister, encore faut-il être lu, parfois relu, et surtout raconté.

Dans un roman de Jean Ray, les dieux anciens existent encore parce que des gens croient en eux, et disparaissent dès que ce n’est plus le cas. Ainsi sont les écrivains à la fragile postérité. Leur survie littéraire n’est plus assurée que par quelques lecteurs. La défection d’un lecteur peut être fatale : ils s’enfonceront un peu plus dans le sable, et plus aucun vent, un jour, ne parviendra à les faire reparaître. Ce sont les ensablés de la littérature. « Ensablés », un mot pour désigner ces auteurs oubliés, et qu’on exhume, de temps à autre, à propos d’une brève actualité ou l’initiative d’un éditeur courageux. 

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Les Ensablés - "Journal de travail (1929-1943)" de Jean Prévost

L'éditeur Emmanuel Bluteau a des auteurs qu'il chérit particulièrement: l'un d'eux est Jean Prévost, écrivain et résistant, mort les armes à la main dans le Vercors en 1944 à l'âge de 43 ans. Après avoir publié "L'affaire Berthet" que nous avons chroniqué, La Thébaïde fait paraître aujourd'hui Le journal de travail (1929-1943) de ce même Jean Prévost avec une préface de Jérôme Garcin (à qui l'on doit un "Pour Jean Prévost", biographie parue en 1994).  "J'ai toujours pensé, écrit ce dernier (...) que Jean Prévost s'apprêtait à donner, après la guerre, son grand roman, son oeuvre majeure." Le destin ne l'a pas voulu. Et on lira donc ce journal de travail, cette "arrière-boutique" de l'écrivain, avec un sentiment mêlé d'admiration et de tristesse pour cette promesse qui s'annonçait déjà et ne fut pas tenue.

03/11/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Jours de colère" (1989) de Sylvie Germain

Sylvie Germain est née en 1954 à Châteauroux. Formée à la philosophie, notamment auprès d’Emmanuel Levinas et de Daniel Charles, elle a été documentaliste puis professeur de français et de philosophie au lycée français de Prague, avant de se consacrer à sa seule activité littéraire. Elle obtient le prix Femina en 1989 pour son roman Jours de colère. Elle n'est pas un ensablée, mais on ne parle pas assez d'elle.

20/10/2019, 09:00

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Les Ensablés – "L’Altana ou la vie vénitienne" (1928) de Henri de Régnier (1864-1936)

Si l’on n’avait pas rêvé d’être heureux, la vie serait sans cruauté. (Marcel Proust)
Avec trois chroniques sous la plume de Hervé Bel, l’une sur Histoires incertaines, l’autre sur son entourage, le Club des longues moustaches, la dernière enfin, sur son fils, Pierre de Régnier qui écrivit Chroniques d’un patachon, Henri de Régnier est l’auteur dont l’univers est le plus relancé parmi les Ensablés, et il en est devenu au fil du temps à la fois le champion et l’emblème. Il y a donc quelque chose d’intimidant à rajouter quelques pages et un quatrième opus à cette œuvre de réhabilitation ; on redoute de déplaire ; on soupçonne que clandestinement, quelque part entre Paris et Venise, se réunit encore ce Club des Longues moustaches, que M.Bulteau (1) a admirablement décrit, redoutable cénacle agissant qui peut faire réussir ou échouer une carrière littéraire !

06/10/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Sao Kéo ou le bonheur immobile" de Pierre Billotey

Écrivain des années 1920, Pierre Billotey meurt à l’âge de 46 ans, en 1932, d’une crise d’urémie. Il enseignait au lycée Arago (place de la Nation, à Paris) et était secrétaire général de l’Association des écrivains combattants (grièvement blessé lors de la Première Guerre, Billotey avait reçu la Médaille militaire).
Sao Kéo ou le bonheur immobile fut publié chez Albin Michel en 1930, deux ans avant la mort de son auteur. Un an plus tôt, Billotey avait parcouru l’Indochine (voir son récit de voyage L’Indochine en zigzags), où le héros de Sao Kéo découvrit le Bonheur. Roman séduisant, bien de son temps, Sao Kéo a été réédité aux éditions Kailash il y a exactement vingt ans, attirant momentanément l’attention sur un auteur qui est depuis, et assez injustement, retourné dans l’oubli.

22/09/2019, 09:00

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Les Ensablés - Les chroniques du Lac - "Campagne" de Raymonde Vincent

Et si l’on redécouvrait Raymonde Vincent  (1908-1985) ? En 1937, alors que Mervale de Rogissart est couronné du prix Renaudot, elle remporte haut la main, à 28 ans, le prix Fémina pour Campagne (face à Robert Brasillach et Henri Bosco), 27 ans après Marguerite Audoux qui s’éteint la même année. Toutes deux originaires de la campagne berrichonne, orphelines à quatre ans, autodidactes, arrivées sans le sous à Paris, connaissent le succès grâce à une rencontre avec un homme de lettres. Pour les deux femmes, le succès se limite à leur premier roman centré sur les souvenirs nostalgiques d’une enfance paysanne, rythmée par la nature et les travaux des champs au fin fond du Berry. Elles représentent un courant populiste rural, totalement ensablé qui mérite d’être exhumé.

08/09/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Hans le marin" d'Edouard Peisson (1896-1963)

Roman maritime qui se déroule à terre, Hans le marin est une fable étonnamment moderne sur la liberté. Paru en 1929 en cahiers verts chez Grasset, ce roman écrit par Edouard Peisson, capitaine de la marine marchande devenu journaliste, met en scène le destin pour le moins original tiré d’un fait réel d’Hans, un solide gaillard, bon et grand gars, marin américain aux dents blanches, qui va débarquer un beau jour dans la ville de Marseille. Dès sa descente de bateau, le marin sera sous le charme de la ville. Dès qu’il aura mis pied à terre, il sera bien décidé à y dilapider sa solde et partir voguer dans les bars sur les rivages de l’ivresse. Se saouler de tabac, d’alcool, de femmes. De tout ce que propose Marseille la vénéneuse.
Sans le savoir Hans débute un long voyage en terre inconnue. Tel Ulysse au royaume d’Hades, il sera confronté à la nuit, à la mort et à la résurrection. 

25/08/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Les clefs" de Germaine Beaumont (1890-1983)

Dès lors que l’on s’intéresse à la littérature ensablée, il n’y a plus de fin à la quête : aux étals des bouquinistes, des dizaines de livres, soudain, vous attirent. En d’autres temps, je veux dire en ces temps où l’on ne s’arrêtait qu’aux seules célébrités, guidé par les manuels officiels de tourisme littéraire, on eût à peine jeté un coup d’œil aux vieux volumes, et passé son chemin après en avoir, d’une main lasse, égrené les piles comme un jeu de cartes, avec cette bonne conscience de celui qui sait. Mais voilà, les noms inconnus il y a encore un an me disent quelque chose. Je suis comme celui qui apprend une langue étrangère, tout surpris, un jour, de comprendre les bribes d’une conversation.

11/08/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Proust" selon Christian Péchenard (1930-1996)

Marcel Proust est un peu le saint patron des "Ensablés". Comme le bon Dieu au-dessus des nuages, il règne sur le peuple des écrivains oubliés devenus des ombres... Ceux qui comme moi sont intoxiqués par Proust, y reviennent toujours.  Alors on relit La Recherche, ou bien une nouvelle biographie, un nouvel essai, curieux d'y trouver de nouveaux détails: Painter, Tadié, Picon, chaque biographe essayant de prendre un biais original pour approcher cette vie où, il faut bien l'avouer, il ne se passa pas grand-chose...

28/07/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le pas de deux" de Luce Amy, par François Ouellet

En 1938, chez Grasset, Luce Amy publiait un premier très beau roman, concentré dans une forme de souffrance lumineuse : Anna, premier visage. Un jury de quatorze écrivains exclusivement masculins, dont faisaient partie Marcel Arland et Ramon Fernandez, lui décerna pour la première fois le prix Sévigné (sans rapport avec l’actuel prix Sévigné créé en 1996). Baptisé en l’honneur de la célèbre épistolière, ce prix couronnait annuellement une œuvre féminine. Il n’est pas sûr d’ailleurs, probablement à cause de la guerre prochaine, qu’il fût remis plus d’une fois.

14/07/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Madame 60 bis" de Henriette Valet (1900-1993)

Nous nous trouvons là face un véritable auteur ensablé. A la fin de sa passionnante préface, François Ouellet (qui est également, rappelons-le, notre ami et contributeur de notre rubrique) écrit: "Que devient Henriette Valet ensuite? (...) Au lendemain de la guerre, (elle) signe une pièce, "L'île grande" (...) Par la suite, nous perdons complètement sa trace." Voilà qui intrigue et, disons-le, nous donne envie de lire ce roman (récit?) publié chez l'Arbre Vengeur dans sa collection "les inconnues" (la dernière était Délétang-Tardif que nous avons également chroniquée).

30/06/2019, 09:00

Les Ensablés – “Temples grecs, maisons des Dieux” d'André Suarès

En 1873, dans sa leçon inaugurale à l’université de Vienne, le professeur Thausing exigeait qu’on bannît le mot « beau » et récusait toute Histoire de l’art où cet adjectif figurât ; depuis, d’autres savants ont surenchéri en prétendant afficher à l’entrée des amphithéâtres : « Ici il est défendu d’admirer ». En obéissant à ces critères, on ne voit pas qu’André Suarès et  son Temples grecs, maisons des Dieux, dont L’Eveilleur nous donne une passionnante réédition, documentée et remarquablement illustrée, puisse trouver sa place sur les bancs. La preuve : en ne le mentionnant pas dans son Histoire de l’histoire de l’Art, qui est pour les Français comme le Gotha des historiens de l’art, Germain Bazin le condamne à un oubli certain. Mais chassez le génie par la porte, il revient par la fenêtre : les étudiants qui consultent à l’Institut National de l’Histoire de l’art le fonds Doucet, dont André Suarès constitua la partie la plus ancienne, puisent à pleines mains dans les trésors que le Condottiere leur a constitué.

16/06/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Dans la Russie des soviets", Albert Londres

Le Grand Palais présente actuellement une superbe exposition Rouge, art et utopie au pays des soviets. De l’espoir d’une société nouvelle suscitée par la révolution d’Octobre 1917 à la mort de Staline en 1953, le visiteur assiste au foisonnement des multiples groupes artistiques dans les années 20 et à la prise en charge croissante des arts par l’Etat. Parcourant d’un regard rapide l’étalage de bouquins proposés par la boutique de l’exposition, j'ai été attirée par un petit livre d’Albert Londres Dans la Russie au pays des soviets. La quatrième de couverture a suscité ma curiosité en découvrant qu’il s’agissait d’un reportage sur le voyage effectué  par l’auteur en 1920 dans la Russie des soviets. J'ai repensé aussitôt aux récits de Duhamel, Durtain et Béraud réunis il y a cinq ans dans Les écrivains français à Moscou dans les années 20. Dans ce cadre, le témoignage d'Albert Londres qui n'est pas encore un ensablé (pour combien de temps encore) apporte à ces derniers un autre éclairage qui ne peut que nous enrichir, et vous encourager à aller voir l'exposition Rouge.

02/06/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Tu seras ouvrier" de Georgette Gueguen-Dreyfus (1892-1973)

Le Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier) nous apprend que Georgette Gueguen-Dreyfus et son mari Georges Dreyfus militaient au sein du Parti communiste et qu’ils étaient membres de l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR). Ensemble, ils participèrent activement à la Résistance dans le maquis de l’Indre, ce dont l’écrivaine rendra compte dans des reportages à la Libération. Elle en tirera un ouvrage en deux tomes, Résistance Indre et vallée du Cher (Éditions sociales en 1970).

19/05/2019, 09:00

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Âme damnée, dandy sans limite : Paul Gégauff

ENTRETIEN – Il est tout à la fois la belle gueule et la face noire de la Nouvelle Vague, un personnage de fiction flamboyant perdu au milieu du morne réel. Presque trop beau pour être vrai. Paul Gégauff, dandy désabusé, aristo scélérat, séducteur misogyne, meurt à 60 ans, poignardé le soir de Noël par sa jeune épouse de 25 ans. Il lui aurait dit : « Tue-moi si tu veux, mais arrête de m’emmerder. » Le ton est donné.

06/05/2019, 13:20

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Les Ensablés - "Un homme nu dans une malle" de Louis Roubaud (1887-1941)

Réédité par l'Eveilleur et préfacé par Xavier Rosan, directeur de cette belle maison d'édition dont le but est de "explorer et redécouvrir des territoires méconnus ou négligés de la littérature", Un homme nu dans une malle ravira les lecteurs qui ont gardé dans leur coeur un souvenir ému des lectures enfièvrées des aventures de Rouletabille et d'Arsène Lupin. Comme d'habitude, le livre lui-même est soigné, orné d'illustrations du temps où la figure replète de l'auteur, un certain Louis Roubaud, apparaît à côté d'une question: "Qui a tué?".

28/04/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Raphaël" (1926) de Henri Focillon (1881-1943)

L’œuvre d’art en tant que forme

14/04/2019, 09:00

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Les Ensablés - “Le garçon d'orage”, de Roger Vrigny (1920-1997)

À la fin des années cinquante, dans un petit village de la vallée de la Cèze entre Avignon et Nîmes, vit Marcellin Lapeyrade, trente-cinq ans, directeur d’un grand domaine de vignes. Nous sommes entre deux mondes, celui des restrictions de la guerre et celui du début du tourisme de masse. Solitaire et réservé, Marcellin mène une vie chaste aux côtés d’une mère qui n’a guère connu le bonheur dans sa vie, entre un premier époux défunt, «

07/04/2019, 09:00

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Les Ensablés - La mort, un chemin aisé : "Le passage" de Jean Reverzy

Je connais trois grands romans dont le sujet principal est l'agonie humaine: La mort d'Ivan Illitch de Tostoï, La mort du père un des volumes des Thibault de Martin du Gard, et Le passage de Jean Reverzy. Reverzy (à ne pas confondre avec Reverdy) est malheureusement moins connu que les deux autres. Pourtant, en 1954, Le passage, son premier roman lui apporta le prix Renaudot et une gloire fugace. Après, enfermé dans sa province lyonnaise, comme d'autres, il fut oublié ou presque. Il avait été médecin dans la Résistance, et l'un de ses bons amis était un autre docteur, écrivain lui aussi, Jacques Chauviré, dont je parlerai bien un jour.

31/03/2019, 10:08

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Les Ensables - "Les suppliciés" de René Naegelen (1894-1976)

Paru presqu’une décennie après la fin de la Première Guerre mondiale, Les Suppliciés racontent l’histoire de Jacques Féroul, un soldat d’infanterie qui participe aux principaux combats, depuis la Champagne jusqu’au Chemin des Dames, en passant par Verdun.

24/03/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Madame Orpha" de Marie Gevers (1883-1975)

Bien que plusieurs récits de Marie Gevers soient disponibles dans la collection de poche « Espace Nord », on ne peut pas dire que l’écrivaine soit très connue à l’extérieur de sa Belgique natale. C’est pourtant une œuvre très belle, à redécouvrir.

17/03/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Misère du matin" d'André Vers

En 2009, Finitude a réédité "Misère du matin" d'un auteur totalement oublié, André Vers (prononcer Versse). Il portait une belle moustache comme Fallet et Brassens, et il affectionnait les vieux cafés comme Hardellet : tout naturellement, il fut l'ami de ces trois hommes-là. De sacrés types qui aimaient l'amitié, les femmes et la bonne chère. Mais attention, ces quatre-là étaient des mélancoliques, cachant comme Trenet, derrière le rire, le sentiment angoissant de la finitude des choses de la vie. De celles-ci, ils en connaissaient donc le prix, et leur gaîté, leur amitié, ce plaisir qu'ils avaient à être ensemble, c'était sans doute une tentative désespérée de les faire durer, de les retenir...

11/03/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Paulina 1880" de Pierre Jean-Jouve

Pierre Jean Jouve écrit Paulina 1880 en 1925. Le poète sort alors d’une grande crise existentielle qui le marquera durablement et l’orientera vers de nouveaux choix de vie. Il divorcera de première femme Andrée Charpentier pour épouser Blanche Reverchon, une des rares femmes psychiatres intéressée par les théories révolutionnaires de Freud. Jouve reniera toute la partie de son œuvre publiée avant 1925. Ce titre Paulina 1880 sonne donc pour lui comme un nouveau départ. Article paru en 2014.

10/03/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Le club des neurasthéniques" de René Dalize

Voilà un bien curieux livre exhumé par L'Arbre Vengeur, maison d'édition émérite qui perpétue la réputation littéraire de Bordeaux. Plutôt qu'une "exhumation" d'ailleurs, il faudrait plutôt parler de re-création, car "Le club de neurasthéniques" n'a jamais été publié en volume, mais seulement en 50 feuilletons qui suscitèrent l'enthousiasme des lecteurs du journal "Paris Midi" des années 1900. L'auteur s'appelait René Dalize, en réalité René Dupuy des Islettes, un temps officier de marine, et un des meilleurs amis de Guillaume Apollinaire. Cet article est paru pour la première fois en 2013, chez les Ensablés.

03/03/2019, 09:00

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Les Ensablés - "Derrière l'abattoir" d'Albert-Jean (1892-1975)

De la Grande Guerre dont on vient de commémorer le centenaire, on évoque les tranchées, les soldats poivrés d’obus, les taxis de la Marne, les chars de l’année 18. Bref, les combats atroces qui se déroulèrent sur les champs lunaires de Champagne ou de la Somme, cet « abattoir international » comme l’appelle Bardamu dans Voyage au bout de la nuit (1933). La littérature avec Dorgelès, Chevallier, Martin-du-Gard, Genevoix, Galtier-Boissière, et tant d’autres, a décrit cet horrible massacre qui coûta entre 1.4 et 1.6 millions d’hommes à la France. Mais aujourd’hui, paraît un texte qui révèle un autre aspect peu reluisant des coulisses de la der des der : ce qui s’est passé « Derrière l’abattoir », écrit par Albert-Jean, un bien ensablé celui-là, et qu’exhume l’Arbre Vengeur (toujours lui).

24/02/2019, 09:00