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roman Turquie

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Le Nouveau Candide

On les avait quittés il y a deux cent cinquante ans sur lesbords du Bosphore où ils cultivaient paisiblement leur jardin. Chassés de Turquie par la montée de l’intégrisme, la hausse des impôts et la mévente des fruits confits, Candide, Cunégonde, Cacambo, la vieille, Pangloss et Martin embarquent pour la France. Ils y font connaissance avec les aéroports, les prisons, les énarques, les intellectuels, la Cour, l’action humanitaire, les organismes caritatifs, les syndicats, l’ANPE, la télévision, les élus locaux… C’est l’occasion, pour eux et pour le lecteur, d’un périple à travers les privilèges, les injustices, la corruption, l’hypocrisie, la sottise, le conformisme, les combines, bref, la société de notre temps. Voyage en Absurdie, ce roman pamphlétaire où l’on retrouve la plume acérée de Dominique Jamet est aussi un remède efficace contre la morosité. Voltaire, trois cents ans et toutes ses dents, ne s’y sentirait pas dépaysé…

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litterature moyen orient

L'ange rouge

Le biographe turc de Nâzim Hikmet se rend à Berlin, où un mystérieux personnage lui a donné rendez-vous afin de lui remettre des dossiers très importants concernant le poète. A leur lecture, il comprend qu’il s’agit de documents de police concernant la vie privée et l’engagement de Hikmet, alors réfugié en Europe de l’Est après avoir connu la prison dans son pays, et que son interlocuteur, qui se fait appeler « Ange », n’est autre qu’un ancien agent de la Stasi. Celui-ci, homosexuel et « vieux fusil » avait été amoureux du poète et de sa cause. Dans une longue évocation de Berlin avant et après la chute du mur, le biographe s’interroge sur ce personnage ambigu et sur les tragédies du 20ème siècle et se souvient aussi de son grand amour, une chanteuse de cabaret dont il ignore qu’elle travaille désormais dans un lupanar sordide de la capitale de l’Allemagne unifiée. Construit en trois parties à la jonction d'Istanbul, Moscou et Berlin, ce roman rassemble tout ce qui traverse l'œuvre de Nedim Gürsel: sa passion pour les villes et leur littérature, pour la Turquie et son histoire, pour l'errance et la poésie.

09/2012

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essais et écrits divers

D'autres couleurs

D'autres couleurs nous plonge dans l'univers intellectuel et culturel, mais aussi intime d'Orhan Pamuk. Dans ces soixante-seize essais, discours ou récits, le romancier turc nous parle de son enfance à Istanbul, de l'obtention de son premier passeport ou de la mort de son père. Il se livre à une brillante analyse de la politique turque au sens large et de la place de la Turquie par rapport à l'Europe. Il se remémore également le tremblement de terre d'Izmit en 1999, sa peur, et les catastrophes liées au passage des pétroliers dans le Bosphore. Il rappelle l'importance de Dostoïevski, de Camus, de Thomas Bernhard dans son parcours, puis revient sur l'écriture de ses propres livres. Avant d'évoquer, au centre de son discours de réception du prix Nobel, la figure de son père... Cet ensemble de textes dessine un extraordinaire portrait d'Orhan Pamuk, retraçant pour le lecteur le parcours d'un grand écrivain. Prix Nobel de littérature 2006.

09/2009

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litteratures europeennes rares

Les délices de Turquie

Original, cru, provocateur, tendre, un roman à l'énergie contagieuse, à la liberté de ton étonnante, porté par une écriture fougueuse et sensuelle. Quelque part entre Les Valseuses et Le Dernier Tangoà Paris, l'histoire d'une passion folle dans l'Amsterdam des années 1960. La redécouverte d'un roman culte et de son auteur, artiste total à la réputation scandaleuse, en révolte perpétuelle contre l'hypocrisie d'une société engoncée dans un protestantisme pudibond.

01/2013

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litteratures europeennes rares

Les délices de Turquie

Original, cru, provocateur, tendre, un roman à l'énergie contagieuse, à la liberté de ton étonnante, porté par une écriture fougueuse et sensuelle. Quelque part entre Les Valseuses et Le Dernier Tangoà Paris, l'histoire d'une passion folle dans l'Amsterdam des années 1960. La redécouverte d'un roman culte et de son auteur, artiste total à la réputation scandaleuse, en révolte perpétuelle contre l'hypocrisie d'une société engoncée dans un protestantisme pudibond.

01/2013

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

Mélancolie vandale ; roman rose

Dans Berlin réunifiée, Kornelia Sumpf, cinquante-trois ans, ("fruit débile des amours d'une charogne et d'un fossoyeur") condamnée à rester à jamais "une empotée de l'Est", travaille comme interprète à la prison de Moabit où le détenu est souvent basané et insuffisamment germanophone. Elle est désormais la compagne, prétendument comblée, d'un homme plus jeune qu'elle, Ali, son ultime conquête, qui a été élevé, dans ce qui fut Berlin-Ouest, par une mère turque, richissime et foutraque, prénommée Utkügul, dont la fortune permet à son aboulique de fils de passer son temps en tête-à-tête avec l'écran de son ordinateur (et les vidéos pornos afférentes). Bien avant de rencontrer Ali, l'homme aux "lèvres-saucisses", Kornelia a adopté la petite Viorica, d'origine roumaine (on dira "Rom", sous peu), devenue une pré-adolescente paumée, d'humeur aussi maussade que le temps qui sévit à Berlin, en cet hiver 2010, et dont la fascination pour la société de consommation triomphante entraîne des échanges aussi fréquents qu'embarrassants avec la puissante caste que forment les vigiles de supermarchés.
Afin d'échapper à la suffocante emprise de la dévoratrice Utkügul, restée "à l'Ouest", le couple turco-germanique, fier de sa mixité, vit dans le modeste (et peu amène) pavillon familial de l'ancien Berlin-Est dans le quartier de Lichtenberg, où, cloué sur un fauteuil roulant, le père de Kornelia, dit "petit-papa", achève son existence dans la hargne et ce mutisme aussi "réflexe" que tactique auquel l'a rompu sa longue expérience de communiste impénitent et de délateur professionnel aux temps "heureux" de la STASI.
A son corps défendant, et comme à son insu, sa fille Kornelia, quand elle a terminé sa journée de "traductrice du malheur" à la prison de Moabit, semble passer son temps à traverser dans les deux sens un Mur qui n'existe plus, comme si ce dernier faisait défaut à l'ordre bénéfique naguère providentiellement assigné à l'univers. En proie à des nostalgies bancales et à des haines confuses, cette femme de devoir, au sourire (socialiste) inoxydable mais dont la jeunesse s'enfuit inexorablement, l'est en effet aussi à des désirs, désordonnés et violents, sur lesquels elle n'est pas en mesure de mettre un nom, sinon celui de sexe (par provocation, impuissance et manque d'imagination réunis) ou de consommation (activité enfin autorisée, sinon prescrite). Mais, dressée par la RDA, une Kornelia Sumpf ne peut rêver de posséder une Audi que juchée sur la selle de son vélo, prolétaire symbole d'une liberté de circulation qui s'étend désormais jusqu'à la célèbre Alexanderplatz (oncques immortalisée par Döblin et à présent livrée aux promoteurs).
Sur son vélo, Kornelia roule, dérape dans la neige, tombe, se blesse, rencontre le parcours d'un marathon en folie où des vieillards cacochymes repoussent leurs limites au risque de leur vie, fait des rencontres, assiste à des accidents, se trompe de chemin, se met en retard, nouvelle Alice déjantée au pays sans merveilles, se cherche un avenir, une histoire qui serait enfin à elle et comblerait le manque, souffrant, sans le comprendre, du temps qui passe, de l'inassouvissement, de la solitude harassante qui règne dans une ville qui, pour avoir fait de la notion de communauté retrouvée son nouvel étendard, fièrement brandi à la face du monde, n'a, à l'instar de l'Europe dite unie, réussi à se fonder en transmission d'aucune sorte.
Aussi mal à l'aise vis-à-vis d'un passé familial caviardé que frustrée par le morne présent qui lui est dévolu, cette "femme gauchère" porte sur ce qui l'entoure un regard tour à tour exalté et agressif, qui, tout en "scannant" avec trop d'ironie une vie sans espoir et des destinées sans grandeur (vieillards en déshérence ou "actifs" aliénés s'entassant dans l'enfer du métro), lamine les mythologies de la défunte RDA comme les illusions de l'Allemagne nouvelle.
Dans le décor chaotique d'une modernité violente placée sous le signe du marché libéral qui a pris ses quartiers en des lieux où, hier encore, sévissaient de tout autres moeurs et pratiques, sous les cieux plombés d'une ville immense dont la division fut l'un des symboles majeurs du XXe siècle, se déploie, tel un plan crypté (et cruellement poétique), l'impitoyable cartographie d'un monde aussi interdit d'authentique mémoire qu'il est assujetti au "devoir" de célébrer sans trêve cette dernière, quitte à la soumettre à une marchandisation aussi décomplexée que florissante.
Ecrit à "l'impersonnel" (au "on"), Mélancolie vandale (non sans dérision sous-titré : roman rose) propose avec cet hommage paradoxal et désabusé rendu à une ville emblématique, une vision de nos temps contemporains aussi désespérée que lucide. Tant il est vrai que, avec ce roman puissamment baroque, aussi tragique que farcesque, Jean-Yves Cendrey, en avatar de Jérôme Bosch (ou en passager sidéré embarqué sur quelque nef des fous), semble ici sonner l'alerte sur la renaissance possible de la "bête immonde", ce monstre familier aux multiples visages si prompt à prospérer, en temps de paix, sur tous les territoires abandonnés à sa férocité vorace.

01/2012

Articles

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