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littérature sans risque

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Lettres & linguistique

La griffe du temps.

Aux devantures des librairies, on ne compte plus les ouvrages d’historiens réfléchissant gravement à leur rapport avec la littérature. Doivent-ils en faire une source de leur savoir, mais en contextualisant la fiction depuis leur surplomb, au risque de ne pas faire mieux que l’histoire littéraire et manquer ce que fait la littérature? Ou bien recourir à l’écriture de la fiction, quitte à s’installer prosaïquement dans l’entre-deux-genres d’une classique monographie? Judith Lyon-Caen propose une aventure plus ambitieuse : à partir d’une nouvelle de Jules Barbey d’Aurevilly, «La vengeance d’une femme», l’historienne part de ce qu’est la littérature : une expérience d’être au monde, pour mesurer l’éclairage que sa discipline peut apporter à la mise en écriture romanesque. Ainsi de ces myriades d’objets, de parures, de rues et boulevards ou de lieux parisiens dont la description a pour fonction d’attester la réalité du récit : l’historien décrypte ces traces du temps, que ce soit le temps de la rédaction ou celui de l’action du récit, en retrouve l’origine, réfléchit à la manière dont le romancier en a été affecté. Non pas pour réduire l’écriture romanesque à un ancrage dans une époque, mais, au contraire, pour éclairer comment une époque nourrit le sens d’une écriture. L’historien en «herméneute» du matériau littéraire, en quelque sorte. Une invitation à apprendre à mieux lire ce qui fait la littérature et ce que fait un romancier.

02/2019

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Non classé

Histoire du coup de foudre

Ramsès II a presque soixante ans lorsqu'il tombe amoureux au premier regard d'une jeune princesse dont il fait aussitôt son épouse : voici le premier « coup de foudre » historiquement attesté. Trois mille ans plus tard, Stendhal, qui trouve l'expression ridicule, en convient : « La chose existe ». Aujourd'hui, elle est loin d'être remise en question !
Mais comment s'explique cette mystérieuse et soudaine attirance entre deux êtres ? Par la sensibilité ou la science (des atomes crochus? ou des phéromones) ? Le surnaturel (la flèche de Cupidon? ou l'intervention du Malin) ? Une pure attraction physique ou un phénomène chimique ?

Si le coup de foudre conserve toute sa part de mystère, Jean Claude Bologne en donne une lecture aussi inattendue que pertinente. En s'appuyant sur de nombreux récits empruntés à l'Histoire, à la légende et à la littérature, son enquête soulève au passage un passionnant paradoxe : notre époque cultive l'individualisme, la sécurité et le rationnel, mais elle ne rêve que de passions « enchaînantes », de surprises et de risques?

02/2017

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variole

Les rois aussi en mouraient ; les lumières en lutte contre la petite vérole

C'est la grande affaire des Lumières: on n'echappe guère à la petite vérole qui tue et défigure. Apparaît alors en Europe une méthode d'immunisation pragmatique, l'inoculation, remède dangereux pour les uns, poison salutaire pour les autres: il s'agit de contaminer un sujet sain pour tenter de contrôler l'evolution du mal. L'impact sur les mentalités comme sur l'imaginaire est immédiat et sera durable. Les inoculistes suscitent admiration, opprobre, méfiance. Leur pratique révèle ou aiguise les interrogations, les hantises et les espoirs du siècle. Voyageurs, scientifiques, journalistes, écrivains ou librettistes entrecroisent leurs discours. Les femmes ne laissent pas de jouer un rôle essentiel dans le débat. De la littérature à la religion, de la philosophie à la médecine, de la mode aux mathématiques en passant par la politique, aucun domaine n'échappe à l'étude que propose Catriona Seth de ce fait culturel global. Tout en apportant une contribution de choix à l'histoire des représentations, elle soulève des questions qui restent les nôtres: les devoirs de l'Etat en matière de santé publique. Le lien entre risque individuel et bien collectif, le droit pour chacun de disposer de son corps, la relation de l'homme à la maladie et à la mort. À l'heure du questionnement bioéthique, cette enquête est décisive.

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psychanalyse et littérature

Peut-on appliquer la litterature a la psychanalyse ?

Alors que la psychanalyse appliquée recourt à des modèles constitués pour lire les œuvres littéraires – avec le risque de donner toujours des résultats identiques –, la méthode que nous présentons ici, appelée littérature appliquée à la psychanalyse, recherche dans les œuvres et dans leurs représentations singulières de la vie psychique des éléments permettant de construire de nouveaux modèles. En effet, d’Homère à Chrétien de Troyes et de Shakespeare à Proust, les écrivains ont proposé sur nous-mêmes des hypothèses qui ne se confondent pas avec celles de la psychanalyse. Plutôt que d’interpréter leurs œuvres au moyen d’une théorie extérieure, pourquoi ne pas prendre au sérieux leur capacité de penser ce qui nous échappe, en prolongeant leurs intuitions et en mettant en forme les théories originales qu’ils esquissent? Il est vrai qu’une telle méthode n’a guère de chance de fonctionner. Mais si ce projet se révèle impossible pour une série de raisons que ce livre détaille, un travail de réflexion sur une méthode inopérante – alors que sont sans cesse privilégiées les méthodes efficaces – permet d’étudier avec précision les contraintes que la critique exerce sur le texte et les difficultés qu’elle rencontre, mais aussi ses motivations inconscientes et son noyau de délire, bref d’interroger l’acte de lecture.

02/2004

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

Un écrivain, un vrai

Un écrivain célèbre dont le dernier roman vient d’être distingué par l’International Book Prize accepte de se prêter au jeu d’une émission de téléréalité qui le suit pendant qu’il écrit et qui propose aux téléspectateurs d’intervenir sur l’histoire de son livre en cours. Il voudrait rendre la littérature accessible à tous, mais c’est lui qui risque d’y perdre sa puissance créatrice… Une dénonciation du règne du storytelling au détriment de la pensée.

01/2013

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psychanalyse et littérature

Peut-on appliquer la litterature a la psychanalyse ?

Alors que la psychanalyse appliquée recourt à des modèles constitués pour lire les œuvres littéraires – avec le risque de donner toujours des résultats identiques –, la méthode que nous présentons ici, appelée littérature appliquée à la psychanalyse, recherche dans les œuvres et dans leurs représentations singulières de la vie psychique des éléments permettant de construire de nouveaux modèles. En effet, d’Homère à Chrétien de Troyes et de Shakespeare à Proust, les écrivains ont proposé sur nous-mêmes des hypothèses qui ne se confondent pas avec celles de la psychanalyse. Plutôt que d’interpréter leurs œuvres au moyen d’une théorie extérieure, pourquoi ne pas prendre au sérieux leur capacité de penser ce qui nous échappe, en prolongeant leurs intuitions et en mettant en forme les théories originales qu’ils esquissent? Il est vrai qu’une telle méthode n’a guère de chance de fonctionner. Mais si ce projet se révèle impossible pour une série de raisons que ce livre détaille, un travail de réflexion sur une méthode inopérante – alors que sont sans cesse privilégiées les méthodes efficaces – permet d’étudier avec précision les contraintes que la critique exerce sur le texte et les difficultés qu’elle rencontre, mais aussi ses motivations inconscientes et son noyau de délire, bref d’interroger l’acte de lecture.

02/2004

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