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famille guerre exil

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Littérature

Mauvaises herbes

Dehors, le bruit des tirs s’intensifie. Rassemblés dans la cour de l’école, les élèves attendent en larmes l’arrivée de leurs parents. La jeune narratrice de ce saisissant premier chapitre ne pleure pas, elle se réjouit de retrouver avant l’heure « son géant ». La main accrochée à l’un de ses grands doigts, elle est certaine de traverser sans crainte le chaos.

Ne pas se plaindre, cacher sa peur, se taire, quitter à la hâte un appartement pour un autre tout aussi provisoire, l’enfant née à Beyrouth pendant la guerre civile s’y est tôt habituée. Son père, dont la voix alterne avec la sienne, sait combien, dans cette ville détruite, son pouvoir n’a rien de démesuré. Même s’il essaie de donner le change avec ses blagues et des paradis de verdure tant bien que mal réinventés à chaque déménagement, cet intellectuel – qui a le tort de n’être d’aucune faction ni d’aucun parti – n’a à offrir que son angoisse, sa lucidité et son silence.

L’année des douze ans de sa fille, la famille s’exile sans lui à Paris. Collégienne brillante, jeune femme en rupture de ban, mère à son tour, elle non plus ne se sentira jamais d’aucun groupe, et continuera de se réfugier auprès des arbres, des fleurs et de ses chères adventices, ces mauvaises herbes qu’elle se garde bien d’arracher.

De sa bataille permanente avec la mémoire d’une enfance en ruine, l’auteure de ce beau premier roman rend un compte précis et bouleversant. Ici, la tendresse dit son nom dans une main que l’on serre ou dans un effluve de jasmin, comme autant de petites victoires quotidiennes sur un corps colonisé par le passé.

Lauréate du Prix « Envoyé par La Poste » édition 2020

Lauréate de la mention spéciale du Prix de la littérature arabe 2020 Lauréate du Prix France-Liban de l’ADELF 2020

Lauréate de la mention spéciale du Prix Phénix de Littérature 2020

Lauréate du Prix des lecteurs 2021 de l’Escale du livre

Finaliste du Prix Montluc Résistance et Liberté 2020

Finaliste du Prix Révélation de la SGDL 2020, catégorie « Grand Prix du Premier roman »

Finaliste du Prix Première 2021 de la RTBF

Sélection du Prix du roman Fnac 2020 Sélection du Prix Méditerranée 2021

Sélection du Prix littéraire de la Porte Dorée 2021

 

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Littérature

Mur Méditerranée

À Sabratha, sur la côte libyenne, les surveillants font irruption dans l’entrepôt des femmes. Parmi celles qu’ils rudoient, Chochana, une Nigériane, et Semhar, une Érythréenne. Les deux se sont rencontrées là après des mois d’errance sur les routes du continent. Depuis qu’elles ont quitté leur terre natale, elles travaillent à réunir la somme qui pourra satisfaire l’avidité des passeurs. Ce soir, elles embarquent enfin pour la traversée. Un peu plus tôt, à Tripoli, des familles syriennes, habillées avec élégance, se sont installées dans des minibus climatisés. Quatre semaines déjà que Dima, son mari et leurs deux fillettes attendaient d’appareiller pour Lampedusa. Ce 16 juillet 2014, c’est le grand départ. Ces femmes aux trajectoires si différentes – Dima la bourgeoise voyage sur le pont, Chochana et Semhar dans la cale – ont toutes trois franchi le point de non-retour et se retrouvent à bord du chalutier unies dans le même espoir d’une nouvelle vie en Europe. Dans son village de la communauté juive ibo, Chochana se rêvait avocate avant que la sécheresse ne la contraigne à l’exode ; enrôlée, comme tous les jeunes Érythréens, pour un service national dont la durée dépend du bon vouloir du dictateur, Semhar a déserté ; quant à Dima, terrée dans les caves de sa ville d’Alep en guerre, elle a vite compris que la douceur et l’aisance de son existence passée étaient perdues à jamais. Sur le rafiot de fortune, l’énergie et le tempérament des trois protagonistes – que l’écrivain campe avec humour et une manifeste empathie – leur seront un indispensable viatique au cours d’une navigation apocalyptique. S’inspirant de la tragédie d’un bateau de clandestins sauvé par le pétrolier danois Torm Lotte pendant l’été 2014, Louis-Philippe Dalembert, à travers trois magnifiques portraits de femmes, nous confronte de manière frappante à l’humaine condition, dans une ample fresque de la migration et de l’exil."

08/2019

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

Jacob, Jacob

1945. Jacob, un jeune Juif de Constantine, est enrôlé pour libérer la France. Grièvement blessé lors d'une attaque en Alsace, il meurt quelques semaines plus tard, le 20 janvier 1945. Il avait dix-neuf ans.
Ce roman raconte " sa " guerre, mais aussi le tour des casernes algériennes entrepris par Rachel (la mère) inquiète pour ce " petit dernier " dont elle est sans nouvelles, l'attente des siens, leur quotidien loin du front, entre deux langues (le français et l'arabe) et deux cultures (juive et musulmane), et la façon dont la courte vie de Jacob résonne en chacun. Tous ignorent alors que l'accélération de l'Histoire va bientôt entraîner leur propre déracinement. Les attentats se multiplient, la guerre se répand sur le sol algérien, et l'assassinat du Cheikh Raymond en juin 1962, un chanteur de Malouf, oblige la famille à s'exiler malgré elle dans le pays où Jacob a trouvé la mort.

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histoire de l'europe

Les Condé

Les Condé constituent l’un des plus fameux lignages aristocratiques de la France d’Ancien Régime. Ducs de Bourbon à l’origine, issus d’un fils de Saint Louis, ils ajoutent à ce titre celui de prince de Condé en 1546 lorsque les circonstances les placent au rang de cadets dans leur propre famille. Plusieurs de leurs chefs porteront le titre de Monsieur le Prince. Cette position secondaire dans la généalogie familiale n’atténue en rien leur volonté farouche d’affirmer leurs prétentions dans les arcanes du pouvoir monarchique. À partir de 1530 et durant trois siècles, neuf représentants se succèdent dans un parcours aussi riche que contrasté qui met en lumière des personnages fort divers. Souvent rebelles dans les guerres de religion (XVIe siècle) et de la Fronde (XVIIe siècle), le retour d’exil en 1660 du Grand Condé, vainqueur à la bataille de Rocroi, marque un tournant. Puis, dans l’établissement de son règne personnel, Louis XIV impose la docilité aux grands seigneurs. Les Condé entrent alors dans une démarche de soumission largement consentie. Au fi l des générations, ils se retirent fastueusement dans leur magnifique domaine de Chantilly, jusqu’à l’extinction tragique de leur dynastie en 1830. Avec son talent d’historien reconnu, Christian Bouyer nous raconte ce destin familial exceptionnel de notre histoire.

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litteratures europeennes rares

Comédie en mode mineur ; là est ma maison

Comédie en mode mineur. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Wim et Marie, un jeune couple hollandais de condition modeste, décident de cacher chez eux un Juif nommé Nico, leur aîné de plusieurs années. Leur relation s’inscrit très vite dans la pudeur et la bienveillance. Mais Nico, cloîtré, tombe malade et meurt d’une affection respiratoire. Le couple se débarrasse du mort dans un parc mais omet d’éliminer un indice redoutable. Que se passera-t-il lorsque le corps Nico sera découvert? Wim et Marie devront-ils fuir et connaître à leur tour la clandestinité? Ce court roman, où l’auteur se révèle l’héritier de Joseph Roth, est suivi d’un recueil de souvenirs, Là est ma maison. L’auteur, né en 1909 dans le Brandebourg, raconte son enfance paisible dans une famille juive, sa jeunesse, la montée du nazisme, ses études de médecine à Berlin, puis son exil en Hollande en 1936 où il devient pédopsychiatre, son action dans la résistance hollandaise. L’auteur évoque également son rapport à l’Allemagne, sa patrie de cœur, et sa dette affective indélébile envers la Hollande, « là où est sa maison». Hans Keilson, dont l’œuvre littéraire est marquée par la résistance au nazisme, est l’auteur d’un premier roman, La Mort de l’adversaire (Le Seuil, 2011). Il est mort en 2011 à Amsterdam à l’âge de cent un ans. Traduit de l’allemand par Dominique Santoni

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

Reves oublies

Dans ce restaurant d'Aranjuez où il a ses habitudes, Aïta vient d'être menacé par deux hommes au motif qu'il est un directeur : il serait un " bourreau d'ouvriers ". Les temps sont troublés, il sait qu'il lui faut s'enfuir. Prenant le pari qu'il sera protégé par une ostentatoire excentricité, il revêt un costume de lin blanc et s'empare de la cage du canari : il sort de chez lui en se pavanant et marche lentement jusqu'à la gare pour sauter dans le premier train à destination d'Irun. Il espère retrouver là-bas sa femme et leurs trois fils, en villégiature dans la maison familiale. Mais il est inquiet : ses beaux-frères sont des activistes et, en cet été 1936, le Pays basque espagnol risque de tomber entre les mains des franquistes. Quand il arrive, la maison vide révèle un départ précipité : le gâteau de riz préparé pour l'anniversaire d'un des enfants est resté sur la table, inentamé. Le matin même, un homme est venu les avertir : ils vont tous être fusillés, du petit au grand-père. Ama trouve à peine le temps de rassembler quelques bijoux et de prévenir une voisine pour que son mari sache où les retrouver à son retour, prévu dix jours plus tard. Prétextant un pique-nique sur l'autre rive de la Bidassoa, elle part demander l'hospitalité à une amie d'Hendaye pour elle, ses enfants, ses frères et ses parents âgés. Elle ne sait pas qu'ils ne reviendront pas de si tôt en Espagne. Concomitantes, les deux scènes d'ouverture, très maîtrisées et visuelles, donnent le ton de ce roman de l'exil : avec une belle pudeur et sans le moindre pathos, Léonor de Récondo retrace le destin d'une famille de républicains basques, de leur fuite en 1936 à l'après-guerre.
A Hendaye où Aïta a retrouvé les siens, on s'organise tant bien que mal. Jusqu'en 1939, quand les oncles vont finalement être arrêtés et transférés au camp de Gurs, la vie est suspendue au quotidien : les enfants apprennent le français, vont à l'école, le grand-père s'improvise horloger, Aïta cultive un magnifique potager pour nourrir la famille, avant de trouver un travail d'ouvrier à l'usine d'armement. Il faut survivre. Ama, figure de mère courage, ne laisse personne se plaindre. L'essentiel n'est-il pas qu'ils soient ensemble ? Les fragments du journal intime qu'elle tient depuis le départ d'Irun donnent la mesure de sa détermination, et aussi de ses tourments.
Quand on propose sa candidature à un poste de métayer dans les Landes, toute la famille le pousse à accepter. Là encore, ils vont s'adapter : la vie à la campagne est rude, surtout l'hiver, le sol de la ferme est en terre battue, et les Allemands ne sont pas loin, qui surveillent la centrale électrique voisine. Car la rumeur de l'histoire est bien présente dans cette saga intime et familiale : les oncles sont revenus et poursuivent leurs activités politiques et secrètes, leurs partisans défilent, éveillant la curiosité des enfants. Ama recueille les confidences de tous et prend sur elle, toujours. Elle écrit de moins en moins dans son journal : la vie se confond avec la dureté des jours et les espoirs de retour s'éloignent. Elle gardera pour elle ses secrets. laissant le lecteur toujours sur la crête de l'émotion.

01/2012

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