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litterature francaise romans nouvelles correspondance

La grande nageuse

Cet été là, nous nous retrouvâmes plusieurs fois sur la plage du Fort Neuf. Une femme se révèle le matin au réveil et à la sortie du bain. C’est là où on voit la vérité des os. Son corps long et droit se dépliait en dos crawlé quand elle partait nager seule au-delà des voiliers mouillés à l’ancre. Après une heure de natation, je la voyais sortir le corps ruisselant, fortifié par l’Atlantique, les jambes légèrement tremblantes, le visage enfin souriant. Elle s’étendait sur une serviette toujours de couloir noire ou ardoise. Elle lut cet été-là Cicéron, Des termes extrêmes des biens et des maux ; je revois très bien la couverture rouge du livre qui l’absorbait: c'était une lecture bien sérieuse pour la plage. Je profitais de ces moments pour crayonner dans mon carnet des croquis de ses jambes et de ses pieds. Originaires de Bretagne, Marion et le narrateur se connaissent depuis l’enfance. Marion a aussi des ascendances vietnamiennes et un corps à la beauté indolente. Tous les deux ont la même passion pour l’océan. Lui est marin, elle une nageuse silencieuse qui goûte un plaisir sensuel à avaler les kilomètres. Ils fondent une famille. Mais le narrateur aspire à d’autres horizons: il nourrit une passion de plus en plus vive pour la peinture. De son côté, Marion passe de plus en plus de temps au fond l’eau. La mer réunit ou sépare-t-elle ceux qui s’aiment?

05/2014

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

La patience des buffles sous la pluie

Une succession de voix d'hommes et de femmes de tous âges. Précis de la vie quotidienne ou dramatique, ces 73 textes sont des petits croquis de gens plus moins ordinaires aux prises avec leurs doutes, leurs convictions, leurs failles, leurs forces et leurs petitesses. Dans chacun de ces polaroïds, les personnages s'expriment avec leur propre langage. Certains avec familiarité, d'autres avec retenue, ou encore naïveté, mauvaise foi ou élégance. C'est parfois drôle, parfois un peu moins. Il y est souvent question d'amour , de désamour, d'ennui ou de bonheur de la vie conjugale, mais aussi de ces moments insignifiants de l'existence qui nous révèlent autant que les grands rendez-vous. Les joies côtoient les peines, les vérités redressent les apparences, on se ment ou se livre sans pudeur comme on le ferait à un inconnu dont on se moque du jugement. On dit le faux pour adoucir le vrai, on hurle le vrai, fatigué par le faux, on fuit, on se repent, on ironise, on supplie, on se fâche, bref, on tente simplement de rester vivant. Et ce, autant dans le rire que dans l'amertume.

02/2009

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