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Sabine Wespieser

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Littérature étrangère

Les lanceurs de feu

A Belfast, l'été 2014 restera dans les mémoires comme celui des Grands Feux. Bien avant les foyers traditionnellement élevés à l'occasion de la parade orangiste du 12 juillet, de gigantesques incendies illuminent la ville en toute illégalité, ravivant le spectre des Troubles. Jan Carson choisit les trois mois de cette saison si particulière pour confronter le quotidien de deux pères de famille, l'un et l'autre rongés par l'angoisse. Jonathan Murray, médecin, ne cesse de se remémorer la nuit de garde pendant laquelle il n'a pu résister à la voix enchanteresse d'une femme qui le hante désormais. Elevant seul leur enfant, il oscille entre le ravissement et la terreur de découvrir sur le petit visage inoffensif l'empreinte de sa fascinante génitrice... Quant à Sammy Agnew, ancien paramilitaire loyaliste, il tremble de devoir s'avouer que, sur la vidéo anonyme du " Lanceur de feu" appelant à propager la rébellion, il reconnaît la silhouette de son propre fils. Dans la chaleur de l'été, alors que la panique gagne et que Belfast s'embrase, ces pères, que tout sépare, partagent leur culpabilité et leur impuissance face à la violence qu'ils craignent d'avoir engendrée, et finissent par se rencontrer... Leurs tribulations apparaissent comme la métaphore de cette ville où protestants et catholiques, flics et manifestants, pauvres et riches se frôlent sans se connaître, et dont Jan Carson dresse un éblouissant portrait. Son réalisme et son incroyable énergie narrative font merveille pour embarquer le lecteur dans des situations où tout peut arriver... même croiser des enfants dotés de pouvoirs spéciaux. Comme le dit Sammy à Jonathan, il suffit d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté de la rue.

09/2021

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Littérature étrangère

Girl

Girl est un roman sidérant, qui se lit d'un souffle et laisse pantois. Ecrivant à la première personne, Edna O'Brien se met littéralement dans la peau d'une adolescente enlevée par Boko Haram. Depuis l'irruption d'hommes en armes dans l'enceinte de l'école, on vit avec elle son rapt, en compagnie de ses camarades de classe ; la traversée de la jungle en camion, sans autre échappatoire que la mort pour qui veut tenter de sauter à terre ; l'arrivée dans le camp, avec obligation de revêtir uniforme et hijab. La faim, la terreur, le désarroi et la perte des repères sont le lot quotidien de ces très jeunes filles qui, face aux imprécations de leurs ravisseurs, finissent par oublier jusqu'au son de leurs propres prières. Mais le plus difficile commence quand la protagoniste de ce monologue halluciné parvient à s'évader, avec l'enfant qu'elle a eu d'un de ses bourreaux. Après des jours de marche, un parcours administratif harassant lors de son arrivée en ville, celle qui a enfin pu rejoindre son village et les siens se retrouve en butte à leur suspicion et à l'hostilité de sa propre mère. Victime, elle est devenue coupable d'avoir introduit dans leur descendance un être au sang souillé par celui de l'ennemi. Ecrit dans l'urgence et la fièvre, Girl bouleverse par son rythme et sa fureur à dire, une fois encore, le destin des femmes bafouées. Dans son obstination à survivre et son inaltérable confiance en la possible rédemption du coeur humain, l'héroïne de ce très grand roman s'inscrit dans la lignée des figures féminines nourries par l'expérience de la jeune Edna O'Brien, mise au ban de son pays alors qu'elle avait à peine trente ans. Devenue un des plus grands écrivains de ce siècle, elle nous offre un livre d'une sombre splendeur avec, malgré tout, au bout du tunnel, la tendresse et la beauté pour viatiques.

09/2019

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Littérature française (poches)

Sages femmes

08/2021

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Littérature française

Milwaukee blues

Depuis qu'il a composé le nine one one, le gérant pakistanais de la supérette de Franklin Heights, un quartier au nord de Milwaukee, ne dort plus : ses cauchemars sont habités de visages noirs hurlant " Je ne peux plus respirer ".

Jamais il n'aurait dû appeler le numéro d'urgence pour un billet de banque suspect. Mais il est trop tard, et les médias du monde entier ne cessent de lui rappeler la mort effroyable de son client de passage, étouffé par le genou d'un policier. Le meurtre de George Floyd en mai 2020 a inspiré à Louis-Philippe Dalembert l'écriture de cet ample et bouleversant roman. Mais c'est la vie de son héros, une figure imaginaire prénommée Emmett – comme Emmett Till, un adolescent assassiné par des racistes du Sud en 1955 –, qu'il va mettre en scène, la vie d'un gamin des ghettos noirs que son talent pour le football américain promettait à un riche avenir.

Son ancienne institutrice et ses amis d'enfance se souviennent d'un bon petit élevé seul par une mère très pieuse, et qui filait droit, tout à sa passion pour le ballon ovale. Plus tard, son coach à l'université où il a obtenu une bourse, de même que sa fiancée de l'époque, sont frappés par le manque d'assurance de ce grand garçon timide, pourtant devenu la star du campus. Tout lui sourit, jusqu'à un accident qui l'immobilise quelques mois...

Son coach, qui le traite comme un fils, lui conseille de redoubler, mais Emmett préfère tenter la Draft, la sélection par une franchise professionnelle. L'échec fait alors basculer son destin, et c'est un homme voué à collectionner les petits boulots, toujours harassé, qui des années plus tard reviendra dans sa ville natale, jusqu'au drame sur lequel s'ouvre le roman.

La force de ce livre, c'est de brosser de façon poignante et tendre le portrait d'un homme ordinaire que sa mort terrifiante a sorti du lot. Avec la verve et l'humour qui lui sont coutumiers, l'écrivain nous le rend aimable et familier, tout en affirmant, par la voix de Ma Robinson, l'ex-gardienne de prison devenue pasteure, sa foi dans une humanité meilleure.

08/2021

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Littérature

Mauvaises herbes

Dehors, le bruit des tirs s’intensifie. Rassemblés dans la cour de l’école, les élèves attendent en larmes l’arrivée de leurs parents. La jeune narratrice de ce saisissant premier chapitre ne pleure pas, elle se réjouit de retrouver avant l’heure « son géant ». La main accrochée à l’un de ses grands doigts, elle est certaine de traverser sans crainte le chaos.

Ne pas se plaindre, cacher sa peur, se taire, quitter à la hâte un appartement pour un autre tout aussi provisoire, l’enfant née à Beyrouth pendant la guerre civile s’y est tôt habituée. Son père, dont la voix alterne avec la sienne, sait combien, dans cette ville détruite, son pouvoir n’a rien de démesuré. Même s’il essaie de donner le change avec ses blagues et des paradis de verdure tant bien que mal réinventés à chaque déménagement, cet intellectuel – qui a le tort de n’être d’aucune faction ni d’aucun parti – n’a à offrir que son angoisse, sa lucidité et son silence.

L’année des douze ans de sa fille, la famille s’exile sans lui à Paris. Collégienne brillante, jeune femme en rupture de ban, mère à son tour, elle non plus ne se sentira jamais d’aucun groupe, et continuera de se réfugier auprès des arbres, des fleurs et de ses chères adventices, ces mauvaises herbes qu’elle se garde bien d’arracher.

De sa bataille permanente avec la mémoire d’une enfance en ruine, l’auteure de ce beau premier roman rend un compte précis et bouleversant. Ici, la tendresse dit son nom dans une main que l’on serre ou dans un effluve de jasmin, comme autant de petites victoires quotidiennes sur un corps colonisé par le passé.

Lauréate du Prix « Envoyé par La Poste » édition 2020

Lauréate de la mention spéciale du Prix de la littérature arabe 2020 Lauréate du Prix France-Liban de l’ADELF 2020

Lauréate de la mention spéciale du Prix Phénix de Littérature 2020

Lauréate du Prix des lecteurs 2021 de l’Escale du livre

Finaliste du Prix Montluc Résistance et Liberté 2020

Finaliste du Prix Révélation de la SGDL 2020, catégorie « Grand Prix du Premier roman »

Finaliste du Prix Première 2021 de la RTBF

Sélection du Prix du roman Fnac 2020 Sélection du Prix Méditerranée 2021

Sélection du Prix littéraire de la Porte Dorée 2021

 

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Littérature

L'Ami

Dernière sélection Prix des Libraires 2021

C'est un samedi matin comme un autre, dans la maison isolée où Thierry, le narrateur, s'est installé des années auparavant. Il y vit avec sa femme Elisabeth, encore endormie.
Leur fils habite loin désormais. Leur voisin Guy est rentré tard, sans doute a-t-il comme souvent roulé sans but avec sa fourgonnette. Thierry s'apprête à partir à la rivière, quand il entend des bruits de moteur.
La scène qu'il découvre en sortant est proprement impensable : cinq ou six voitures de police, une ambulance, des hommes casqués et vêtus de gilets pare-balles surgissant de la forêt. Un capitaine de gendarmerie lui demande de se coucher à terre le temps de l'intervention.
Tout va très vite, à peine l'officier montre-t-il sa stupeur lorsque Thierry s'inquiète pour Guy et Chantal, ses amis.
Thierry et Elisabeth, qui l'a rejoint, se perdent en conjectures.

Pour trouver une réponse à la question qui le taraude - comment avoir pu ignorer que son unique ami était l'incarnation du mal -, il n'a d'autre choix que de quitter son refuge, d'abandonner sa carapace. Thierry part sur les traces d'un passé occulté - une enfance marquée par la solitude et la violence, dont les seuls souvenirs heureux sont les séjours dans la ferme de son grand-père mort trop tôt.
Avec ce magnifique portrait d'homme, la romancière, subtile interprète des âmes tourmentées, continue d'interroger - comme elle l'avait fait dans Roissy (2018) -, l'infinie faculté de l'être humain à renaître à soi et au monde.

 

01/2021

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