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Réza Barahéni

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Littérature étrangère

Lilith

" Je ne suis pas dans les livres. Je ne suis pas dans les spectacles. Ma langue n'est jamais la leur. Je suis dans l'absence de signes. Je suis dans les statuettes tombées sur le flanc, dans les ruines où les vents du désert entassent la poussière des millénaires durant. Je vis dans les déserts perdus où la tempête aveugle les caravanes, et c'est moi qu'on accuse. Je vis dans les recoins isolés et puants où stagne à ciel ouvert l'eau putride des fosses d'aisance, dans les forêts reculées et desséchées, dans les marécages pleins de serpents et d'insectes venimeux, dans les coïts où chacun des amants suce le sang de l'autre, dans les maladies que les nouveau-nés héritent de leurs parents, dans les crises et les attaques qui s'emparent des hommes en prise avec le froid ou la fièvre. On m'identifie à tout cela. Mes beautés usurpées, des imposteurs les transcrivent sous leur nom. Tous se moquent de savoir que je pense, et donc que je suis autre. Je n'ai pas été façonnée dans cette poignée d'argile rouge où, quarante ans durant, Adonanaï a insufflé son âme par tous les trous pour qu'Adadam se lève et se mette à marcher. Qui suis je ? " En libérant la parole de Lilith, la toute première femme à avoir été chassée du paradis par un usurpateur nommé Adonanaï, et en lui rendant sa place de matrice originelle, Réza Barahéni, lui-même condamné à l'exil, livre un condensé poétique et politique de son œuvre : un cri musical, littéralement primal, lancé contre despotes et tyrans, dont les victimes, depuis le commencement, sont les poètes et les femmes.

02/2007

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Littérature étrangère

Les mystères de mon pays. Tome 1

Il y a le puissant général Shâdân qui disparaît, dans d'étranges circonstances ; il y a l'odieux capitaine Crosly qui tyrannise le chétif colonel Djazâyeri. Il y a Mahi, la plus belle femme du monde, et le lieutenant Biltmore, le golden-boy qui perd la tête. Il y a le loup du mont Sabalân, l'égorgeur d'étrangers, et la fière Tahmineh Nasseri, révolutionnaire de la première heure. Et puis il y a Hossein, le malheureux interprète au service des Américains qui, après dix-huit ans de prison pour un crime qu'il n'a pas commis, se retrouve à la croisée des chemins. A travers les yeux de chacun de ces personnages défilent près de cinquante ans d'histoire, depuis les débuts de la " coopération " du Shah Réza Pahlavi avec les Etats-Unis, lesquels cherchent à enraciner leur influence au Moyen-Orient, jusqu'à l'arrivée au pouvoir de l'imam Khomeiny, après la Révolution de 1979. Paru sous le manteau en 1987 après que Réza Barahéni eut été emprisonné et torturé par ceux-là mêmes en qui tout un peuple harassé par deux mille cinq cents ans de monarchie avait cru, Les Mystères de mon pays bruit de mille voix et de siècles de culture persane. En même temps qu'il en retrace précisément les événements politiques et historiques fondateurs, ce- roman culte, toujours systématiquement censuré et pilonné en Iran. a inscrit dans l'imaginaire de toute une nation certains de ses plus grands emblèmes.

02/2009

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Littérature étrangère

Elias à New York

Un homme s'en va rejoindre les siens dans le Maryland. Bercé par le train, il s'endort et se met à rêver... Durant les premières années de son adolescence, un fils est conduit par son père dans les méandres d'une cité souterraine et obscure dont les murs humides laissent sourdre des cris de femmes et d'enfants affolés... A peine auront-elles accouché que les geôliers de sept parturientes les conduiront à l'échafaud... Au soixante-dixième étage d'un building new-yorkais, une assemblée de poètes aveugles assis au bord d'un gouffre attend de couronner un innocent clairvoyant... La même nuit, alors que toute lumière a disparu, deux écrivains divaguent au gré des rues de la ville devenue labyrinthique et trimballent dans leur errance un bidon trop lourd... La pluie ruisselle. Alors que le sommeil le prend, l'homme, taraudé par un nom qu'il ne reconnaît pas, se souvient, mais dans l'ombre de sa mémoire. Un visage le poursuit. Des inconnues jamais totalement étrangères lui répètent avec insistance son nom magique, clef de son moi profond, refoulé, depuis le commencement, par l'histoire, le mythe et la loi. La loi de Dieu ordonnée par les pères et conquise sur les femmes, nourrie de leur sang. Ces choses interdites, taboues, qu'il cherche à tâtons, ces cris qu'il entend, ce sont les racines du monde. Réza Barahéni entretisse les fondamentaux de la littérature et de la pensée modernes, fragmentant et nouant aux mêmes fils magiques Orientaux et Occidentaux, parmi lesquels Nezâmi, Shéhérazade, Borges, Gertrude Stein et Kafka. La fiction, ruse et victoire sur l'écrasante tyrannie des patriarches, bat le rappel des victimes, femmes en premier. A l'instar du cheval de fer qui conduit Rahmat vers sa nouvelle vie, elle tient lieu, perforant la nuit aveugle, de chemin initiatique.

04/2004

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Littérature étrangère

Shéhérazade et son romancier. 2ème édition

Une femme voyage autour du monde depuis les temps immémoriaux. Au gré du vent du nord, elle dévoile les secrets de l'invisible, révèle le mystère de la séparation primitive d'où naît la nostalgie des hommes et, de cette nostalgie, le désir, l'amour et la guerre. Elle convoque la fiction au banc de la réalité comme seul et unique moyen de briser les barrières du rêve, de la vie et de la mort, du passé, du présent et de l'avenir. Cette femme, c'est Shéhérazade, conteuse merveilleuse, femme parmi les femmes, mère de tous les rêves éveillés. Parée d'une conception pour le moins inouïe de la fiction, elle réalise l'inimpossible en abattant les murailles de la raison, en franchissant sans plus s'en soucier les frontières religieuses, nationales et culturelles. Azâdeh - son nom dans le roman - vient en aide à son écrivain, Charifi, dont les personnages ont juré la perte: du général tyrannique au modeste menuisier, tous lui refusent son pouvoir de vie ou de mort d'un simple trait de plume. Mais elle entend qu'il mène à bien la tâche qu'elle lui a confiée et qu'elle lui inspire - écrire son histoire -, qu'il fasse surgir des eaux la terre où se rencontreront le vrai et le faux, les fantômes du passé et ceux, hommes et femmes, qui ne sont pas encore venus. Pour trouver un tel souffle, il fallait un penseur du monde, de l'Orient et de l'Occident. Réza Barahéni est de ceux-là qui, parce qu'ils les maîtrisent parfaitement, sapent toutes les conventions et redessinent les cartes de la fiction. Avec une très grande minutie, il montre quelles forces concourent à l'édification de la pyramide du roman en même temps que sont creusés les labyrinthes qui la parcourent. Mais il fait plus encore: parce qu'un écrivain n'a pas pour mission de former son lecteur, à la fin du texte il lui tend le flambeau, et nous voilà, dotés de quelques étranges secrets, devenus fictionneurs nous-mêmes.

08/2002

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Beaux arts

Plantu Reza. Regards croisés

Témoins privilégiés des événements de ces dernières décennies, le dessinateur Plantu et le photographe Reza ont imaginé près de quatre-vingts oeuvres, associant les dessins de l'un aux clichés de l'autre. Ces créations, commentées par les deux artistes, sont ici réunies pour la première fois.

11/2021

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Littérature étrangère

Roza

Roza a toujours été là pour lui, et le jeune Sidelnikov est incapable imaginer sa vie sans elle. Les temps sont durs sous Brejnev, et Roza a vu son mari partir au goulag juste avant la guerre, mais pour Sidelnikov, l'existence qu'il mène sous l'aile de cette femme indépendante et généreuse, dans une petite ville de l'Oural, est tout simplement la meilleure qu'il puisse imaginer. Il est vrai que cette âme candide fait l'éducation du petit garçon, puis de l'adolescent, avec une énergie et une tendresse qui semblent inépuisables. A la mort brutale de Roza, Sidelnikov part à la dérive, et c'est seulement en inventant une autre façon de l'avoir toujours à ses côtés qu'il pourra poursuivre son chemin... Roza est un roman de formation particulièrement original, une nouvelle voix russe, poignante et d'une grande poésie.

11/2007

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