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Nasreen

Extraits

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femmes

Rumeurs De Haine

Jeune, belle, docteur en médecine, Taslima Nasreen connaît déjà la notoriété au début de ces années 90 qui vont marquer un tournant dramatique dans sa vie. Une notoriété qu'elle doit tout autant à ses débuts flatteurs en poésie qu'à son indépendance scandaleusement affichée dans un pays, le Bangladesh, peu ouvert aux revendications féministes. Très vite, l'exercice routinier de la médecine et les incohérences du milieu médical ennuient Taslima, avide d'autres horizons. L'écriture lui offre l'occasion de s’exprimer et de sortir d’un cercle professionnel étriqué. Poète, elle devient bientôt aussi chroniqueuse de presse dont le ton nouveau, l'esprit de liberté et l’irrévérence séduisent rapidement un abondant lectorat. Mais ce succès lui vaut des ennemis farouches, notamment dans les milieux conservateurs et fondamentalistes. Les « progressistes » sont loin de la soutenir: électron libre, elle dérange tout le monde. Sa célébrité naissante génère des jalousies, ses adversaires se font violents et haineux. Certains de ses livres sont brûlés, elle est molestée, interdite de Foire du Livre à Dhaka. Après la parution de Lajja – un roman-vérité écrit à la hâte qui dénonce les persécutions contre la minorité hindoue du pays –, des dizaines de milliers de manifestants réclament sa mise à mort. Son livre est interdit. Tombe alors, comme un couperet, la fatwa lancée par un obscur mollah de Sylhet. Bientôt sous le coup d’un mandat d’arrêt, Taslima est désormais une hors-la-loi dans son propre pays, sans autre ressource que de s'enfuir vers la Suède, la liberté, mais aussi l'exil et l'errance...

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intégrisme islamique

Libres de le dire

Elles défendent les droits des femmes, la liberté d'expression, et critiquent sans ménagement l'intégrisme.

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fatwas

De Ma Prison

C'est en effet d'une prison que Taslima Nasreen lance ces émouvants textes-messages. D'une prison rebaptisée safe house, où le gouvernement indien l"a tenue enfermée depuis novembre 2007 sous prétexte d’assurer sa protection. D’abord assignée à résidence début septembre dans sa maison de Calcutta, l’écrivaine découvre l’inquiétude du gouvernement local, soumis à la pression des partis politiques soucieux de s’assurer le vote islamiste. À partir du 23 novembre, ce sera l’« éloignement » dans un endroit inconnu près de Delhi. Mesure qui se transforme vite en un internement pur et simple, destiné à obliger la prisonnière à quitter l’Inde de son propre gré. Ce qu’elle refuse absolument, préférant continuer à affronter les menaces dont elle est l’objet plutôt que de renouer avec la vie d’errance qu’elle a menée par le passé, pendant près de douze ans loin de son pays et de ses sources d’inspiration. Cloîtrée dans sa cellule, avec pour seuls compagnons un ordinateur et un téléphone capricieux, elle résiste jusqu’au moment où, privée des soins appropriés, sa santé chancelle. Fin mars 2008, Taslima Nasreen a repris le chemin de l’exil. Ces pages, tissées d’angoisse et de solitude, sont aussi un long cri d’étonnement: pourquoi cette grande démocratie laïque qu’est l’Inde, où elle avait cru trouver enfin refuge et justice, lui a-t-elle infligé cette ultime punition? De quel péché Taslima s’est-elle rendue coupable? Celui d’avoir dit la vérité?

05/2008

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