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philosophie textes / critiques / essais / commentaires

Les penseurs de la Grèce t.4 ; Héraclite

Dès l’Antiquité, Héraclite fut une légende. On dit qu’il vit le jour à Éphèse, au VIe siècle avant notre ère. Mais très vite, on donna le surnom d’Obscur à celui dont les aphorismes mystérieux et inintelligibles pour le commun des mortels prenaient davantage l’allure d’une parole pythique que d’une pensée philosophique rationnelle et traditionnelle. Ce qu’il y a de sûr, c’est que les récits des éminents spécialistes d’hier et d’aujourd’hui ne pourront jamais dissiper même le soupçon de sa véritable existence. Et pourtant, les quelques malheureux fragments qu’on lui attribue ici ou là brillaient d’un éclat si puissant qu’ils suffirent à ébranler entièrement le monde intellectuel grec et romain. C’est comme si des cendres du temple d’Artémis, le tombeau de l’unique exemplaire de son œuvre – un traité intitulé De la Nature – derrière un caractère réputé méprisant et mélancolique jaillissait encore une pensée cristalline, sublime, foudroyant et bouleversant ceux qui s’aventuraient à l’embrasser et à la méditer. Sa doctrine est révolutionnaire. Tout en s’inscrivant dans la lignée des cosmologues de son temps, le philosophe annonce le passage décisif au problème de l’Être et du devenir, celui qui donnera naissance à l’ontologie classique de Parménide et de Platon, ainsi qu’à la métaphysique d’Aristote. Au XIXe siècle, ce sera même Hegel qui dira s’être inspiré de lui.

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philosophie textes / critiques / essais / commentaires

Vies de philosophes et de sophistes

De toutes les doxographies ou biographies de penseurs grecs que les auteurs de l’Antiquité ont laissées pour la postérité, seules quelques-unes nous sont parvenues. Pourtant, et aussi peu soient-elles, toutes n’ont pas connu un sort égal, et certaines ont même, malgré leurs indéniables qualités, plongé dans l’oubli. C’est le cas des Vies de philosophes et de sophistes d’Eunape de Sardes, collection de biographies originale pour l’époque car elle expose la vie des philosophes et des sophistes dans un seul et même ouvrage. Mais c’est avant tout la génération de penseurs abordée dans ce recueil qui fera sa spécificité, et l’œuvre d’Eunape sera bien la seule à couvrir, comme il le dira lui-même, tout un pan de la pensée grecque déjà délaissé par les doxographes. Ces Vies ont aussi la particularité d’être écrites par un intellectuel engagé dans les controverses politiques, philosophiques et religieuses de son temps, la fin du IVe siècle de notre ère, période charnière pour la philosophie et surtout pour le paganisme, dans un Empire romain tout juste christianisé. En ces temps de crise, l’ouvrage prend la forme d’un manifeste philosophique exposant un idéal de vie païen, profondément ancré dans une culture grecque classique, se réclamant de Platon, d’Homère et s’incarnant en la personne de Julien l’Apostat, dont la biographie inédite occupe une place centrale. Pour toutes ces raisons, qu’elles soient philosophiques ou historiques, Les Vies de philosophes et de sophistes méritaient une nouvelle traduction tenant compte des récentes avancées de la recherche philologique.

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français (langue)

L'argot des tranchées ; d'après les lettres des poilus et les journaux du front

Publié en 1915, au tout début de la Grande Guerre, l’Argot des tranchées recense le vocabulaire inventé par les soldats du front. Pour la première fois sont rassemblées sur un champ de bataille des populations venues de tous horizons. Dans ce creuset linguistique inédit va s’élaborer un argot composite où les patois régionaux côtoient des jargons de métiers, mais aussi et surtout des langues étrangères et les sabirs des troupes coloniales (tirailleurs sénégalais, zouaves, Spahis, etc. ). Mais au-delà de l’anecdote et des curiosités, l’ensemble de ces néologismes va enrichir durablement la langue française à tel point que nombre d’entre eux sont encore et toujours utilisés dans notre parler le plus quotidien. Au fil des pages se dessine un voyage nostalgique, étonnant et savoureux, vers les traces secrètes de cette sédimentation linguistique. L’opuscule présenté ici se veut particulièrement complet. Les sources documentaires y sont riches et variées. Lazare Sainéan, philologue et linguiste (1859-1934), fait aussi bien appel à des lettres de soldats qu’à des journaux du front et à divers ouvrages déjà publiés sur le sujet. Un lexique déclinant les nouveaux mots accompagnés de citations, de courts récits pittoresques et d’indications étymologiques vient terminer fort utilement l’ouvrage.

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philosophie textes / critiques / essais / commentaires

Dernières lettres ; de la volonté de puissance à l'antichrist

Cet ouvrage entend réparer une lacune concernant l'un des plus grands philosophes de l'occident, en livrant pour la première fois au public une partie encore inédite de la correspondance de Friedrich Nietzsche (1844-1900). Il propose une traduction de 180 lettres rédigées par Nietzsche dans les dernières années de sa vie consciente ; 54 % d'entre elles étant encore inédites en français. Ces lettres sont dotées d'une introduction et accompagnées d'un appareil de notes critique.

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français (langue)

Petit dictionnaire des étymologies curieuses

« Dans ce dictionnaire des étymologies curieuses, l’origine ne jette, le plus souvent, aucune lumière sur la signification actuelle. Nous présentons la liste des mots qui sont en dehors de la loi commune de filiation. Ces mots, on ne sait le plus souvent ni où ils vont, ni d’où ils viennent, sortes de zingaris dont la biographie est, par cela même, extrêmement curieuse. [... ] L’étude de ces péripéties offre un attrait singulier, et l’histoire des mots devient plus intéressante que l’histoire des hommes. D’autre part, et dans le cours de leurs pérégrinations aventureuses, certains de ces mots dépouillent complètement leur physionomie primitive ; [... ] il y a dans ces bizarreries autre chose que de futiles singularités: elles ne sont pas l’opposé du sérieux ; elles sont le corollaire, et, partant, elles ont encore avec l’utile des liens intimes de parenté. Notre livre est donc le vrai dictionnaire de la langue française ; c’est-à-dire qu’il en enseigne les mots non plus comme le font les dictionnaires, au hasard et d’une façon tout empirique, mais il donne la science des mots, comme la grammaire donne la science des règles. Quiconque a étudié cet ouvrage possède la raison des mots. Il les rattache à un nombre limité de mots primordiaux, qu’il ramène eux-mêmes à leur antique origine ; en sorte qu’il sait non seulement ce que veut dire le terme dont il use, mais encore pourquoi ce terme a reçu telle forme ou telle destination plutôt que telle autre; il peut lire enfin, il peut parler. »

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musique

La vérité en musique

Depuis toujours, la philosophie a volontiers cultivé son affinité native avec les arts plastiques mais elle s'est en revanche employée à négliger voire mépriser la musique. Un tel bâillon parle et trahit la fascination apeurée que l'art musical, comme un chant de sirènes, produit chez le philosophe. C'est que, loin d'être, comme tout art du reste, un divertissement agréable, la musique déploie un autre sens du sens et de la vérité que ceux définis philosophiquement. L'auteur propose de se mettre à l'écoute de ce sens. La respiration porte le rythme qui anime la musique. Par l'analyse de la différenciation rythmique, on pourra comprendre comment le silence, cet indifférencié absolu, est lieu de provenance de toute musique. Les références aux compositeurs, essentiellement J. -S. Bach, Schumann, O. Greif et H. Dutilleux conduisent par-delà la diversité des siècles et des styles, à ce même creuset d'absolu dont éclot toute musique.

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