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Joyce Carol Oates

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Littérature étrangère

Un livre de martyrs américains

2 novembre 1999. Luther Dunphy prend la route du Centre des femmes d'une petite ville de l'Ohio et, se sentant investi de la mission de soldat de Dieu, tire à bout portant sur le Dr Augustus Voorhees, l'un des "médecins avorteurs" du centre. De façon éblouissante, Joyce Carol Oates dévoile les mécanismes qui ont mené à cet acte meurtrier : Luther Dunphy est à la fois un père rongé par la culpabilité car responsable de l'accident qui a causé la mort d'une de ses filles, et un mari démuni face à la dépression de sa femme. Pour ne pas sombrer, il se raccroche à son église où il fait la rencontre décisive du professeur Wohlman, activiste anti-avortement chez qui il croit entendre la voix de Dieu. Comme un sens enfin donné à sa vie, il se sent lui aussi chargé de défendre les enfants à naître, peu importe le prix à payer. Dans un camp comme dans l'autre, chacun est convaincu du bien-fondé de ses actions. Mené par des idéaux humanistes, Augustus Voorhees, le docteur assassiné, a consacré sa vie entière à la défense du droit des femmes à disposer de leur corps. Les morts de Luther et d'Augustus laissent derrière eux femmes et enfants, en première ligne du virulent débat américain sur l'avortement. En particulier les filles des deux hommes, Naomi Voorhees et Dawn Dunphy, obsédées par la mémoire de leurs pères.

09/2019

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Littérature étrangère

Le maître des poupées. Et autres histoires terrifiantes

Un jeune garçon se découvre une passion pour les poupées désormais orphelines de sa cousine, victime d'une leucémie. Commence alors une étrange collection, celle de poupées abandonnées, qu'il déniche dans le voisinage. Mais la frontière est parfois ténue entre collection et obsession, et les poupées semblent être, aux yeux du garçon, bien plus que de simples jouets d'enfants... Des vies ordinaires bouleversées par l'irruption du macabre, voilà ce qui unit " Le maître des poupées " aux cinq autres histoires qui composent ce recueil de nouvelles terrifiantes. Poursuivi par le sentiment de l'inéluctable, le lecteur reconnaît dans chaque personnage un voisin, une camarade de classe, une parente lointaine ou son libraire de quartier. Une jeune fille, délaissée par sa mère, trouve du réconfort auprès d'une autre famille, jusqu'à recevoir beaucoup trop d'amour ; un homme d'affaires avide de pouvoir est prêt à tout pour ajouter à sa collection déjà grande une mystérieuse librairie... Ou encore une femme épanouie dans sa vie de couple, qui découvre avec effroi les desseins de son mari à son encontre.

09/2019

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Poches Littérature internation

La fille tatouée

Affaibli par une étrange maladie, le riche et estimé Joshua Seigl se voit contraint d'engager un assistant. Contre toute attente, le choix de l'écrivain se porte sur Alma Busch, dite la Fille tatouée, illettrée et démunie, le corps recouvert de mystérieuses cicatrices déguisées en tatouages. Fragile et docile en surface, Alma nourrit à l'égard de son patron une haine grandissante et malsaine...

10/2018

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littÉrature anglo-saxonne

Petite soeur, mon amour

Le 25 décembre 1996, JonBenet Ramsey, six ans et demi, était découverte assassinée dans la cave de ses parents à Boulder, une petite ville du Colorado. L'enfant avait été battue et étranglée. L'affaire souleva une émotion d'autant plus grande à travers l'Amérique que la petite victime, une « mini-Miss » vedette de multiples concours de beauté, était très célèbre. Les médias s'abattirent sur la ville et la famille faisant vivre à tous un véritable enfer d'insinuations, de suspicions et de mensonges destructeurs. Pourtant, et malgré les enquêtes successives, le crime est, jusqu'à ce jour, demeuré un mystère. Pas pour Joyce Carol Oates qui, s'emparant de ce fait-divers à la manière – géniale – dont elle s’est approprié la vie de Marylin Monroe (dans Blonde) en fait une histoire effarante que reconstruit dix ans après le frère de la victime. Les protagonistes, les lieux, les circonstances sont à peine modifiés. La petite fille s’appelle maintenant Bliss, c’est une championne de patinage sur glace, l’enfant adoré de ses parents, la coqueluche d’un pays, la sœur aimée et jalousée par un frère, son aîné de trois ans, Skyler. Skyler qui depuis le meurtre a vécu dans un univers de drogues, de psys et d’établissements médicalisés. Agé aujourd’hui de dix-neuf ans, et toujours pas remis des secousses de son adolescence, il fait de son récit une sorte de thérapie. Ses souvenirs sont à la fois vivaces, disloqués et déformés. Une technique que Oates maîtrise parfaitement et qu’elle utilise ici avec d’étonnants effets. Peu à peu émerge le nom du coupable: le père – homme d’affaires ambitieux –, la mère – arriviste forcenée –, un étranger cinglé ou bien… le narrateur lui-même? Tous les ingrédients préférés de Oates sont là: la vanité féminine, la stupidité masculine, la famille dysfonctionnelle, l’angoisse du parvenu, le christianisme de charlatan, les dérives de la psychanalyse, le vampirisme des médias, l’incompétence de la police. Pour produire en fin de compte un chef-d’œuvre hallucinant, un dépeçage au scalpel de l’âme humaine et de l’horreur ordinaire… Après la mort de leur mère, il organise avec l’aide d’un vieux jésuite le départ de la fratrie pour une nouvelle vie – les filles au couvent, un frère au séminaire, l’autre en Californie et Joe à l’assaut du continent! Sa rencontre avec l’indépendante Iseult Wilkins donne subitement un sens à sa quête de réussite: de Venice Beach à Montréal en passant par la Colombie-Britannique, Joe ne cessera dès lors d’oeuvrer à l’établissement de son clan. Parcourant deux guerres mondiales, les années folles, la crise de 1929, le second après-guerre, Les O’Brien est tout à la fois la biographie d’un homme exceptionnel, d’un mariage, d’une famille, et l’histoire extrêmement bien documentée d’un siècle, de l’évolution des mentalités à travers les générations qui s’entrechoquent… Avec un talent de conteur exceptionnel, Peter Behrens déploie une épopée moderne dans la tradition du grand roman américain.

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Non classé

Viol, une histoire d'amour

Ils étaient cinq. Ivres, camés. L'ordinaire de leurs samedis soirs, quoi… Peut-être encore plus excités ce samedi-là, au soir du 4 juillet. Et, vers minuit, la belle Tina Maguire, après avoir célébré la fête nationale chez des amis, a eu le tort de couper court à travers le parc pour rentrer plus vite chez elle avec sa gamine Bethie, 12 ans. Ils l'ont laissée pour morte dans le hangar à bateaux. Une tournante comme on n’ose pas en imaginer. Une abomination à laquelle a assisté, réfugiée derrière un tas de vieux canoës, la petite fille. Qui a pu finalement se traîner jusqu’à la route pour appeler au secours, et a ainsi sauvé sa mère. Sauvé? En fait, dès l’avant-procès, l’attitude du juge et les propos de l’avocat des voyous ont pratiquement massacré Tina une seconde fois. Un avocat de haut vol, payé à prix d’or, qui, malgré des preuves contraires accablantes, a brandi l’argument qui fait mouche, clamant haut et fort ce que certaines bonnes âmes pensaient tout bas: elle l’a bien cherché... en fait elle l’a cherché tout court. Ça lui pendait au nez... Elle risque désormais de mourir pour de bon, Tina. Et Bethie, face à l’état de sa mère – et aux menaces des voyous furieux d’avoir été reconnus –, ne peut que prier pour l’intervention miraculeuse d’un ange vengeur. Or il est là, dans l’ombre. Un flic épris de justice. Épris tout court. Le héros silencieux d’une histoire d’amour peu banale, racontée avec une éblouissante violence par une Joyce Carol Oates à son meilleur.

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littÉrature anglo-saxonne

La faille

Un homme et une femme se rencontrent dans un avion. Laconversation tourne à la confidence, voire à l’aveu. Un pèredécouvre qu’il ne comprendra jamais sa fille, tout comme sonpropre père était resté pour lui une énigme. Un soldat à peinerevenu d’Irak cherche obstinément son chien: la nuit, il traverseles champs l’arme au poing, se protégeant ainsi d’ennemisimaginaires. D’une écriture précise, Mary Gaitskill met à nu le malaise latentdans chaque situation, la tension sexuelle, la domination socialequi affleurent sous le vernis de l’apparence. « Pensée et émotion, chair et flux électrique » se mêlent dans ce recueil de neufnouvelles. Proche de Joyce Carol Oates ou de Joan Didion, son style incisif révèle des personnages en équilibre instable, qui tentent de négocier avec leurs failles. Née en 1954, Mary Gaitskill est considérée par plusieursgénérations d’auteurs américains comme une icônelittéraire et une nouvelliste de talent. Elle a égalementpublié deux romans, dont Veronica, paru aux Éditionsde l’Olivier en 2008. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Madeleine Nasalik.

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