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Littérature

Avant que j'oublie [Prix du livre Inter 2020]

Il y a d'un côté le colosse unijambiste et alcoo- lique, et tout ce qui va avec : violence conju- gale, comportement irrationnel, tragi-comédie du quotidien, un " gros déglingo ", dit sa fille, un vrai punk avant l'heure. Il y a de l'autre le lecteur autodidacte de spiritualité orientale, à la sensibilité artistique empêchée, déposant chaque soir un tendre baiser sur le portrait pixellisé de feue son épouse ; mon père, dit sa fille, qu'elle seule semble voir sous les appa- rences du premier. Il y a enfin une maison, à Carrières-sous-Poissy et un monde ancienne- ment rural et ouvrier. De cette maison, il va bien falloir faire quelque chose à la mort de ce père Janus, colosse fragile à double face. Capharnaüm invraisemblable, caverne d'Ali-Baba, la maison délabrée devient un réseau infini de signes et de souvenirs pour sa fille qui décide de trier méthodiquement ses affaires. Que disent d'un père ces recueils de haïkus, auxquels des feuilles d'érable ou de papier hygiénique font office de marque-page ? Même elle, sa fille, la narratrice, peine à déceler une cohérence dans ce chaos. Et puis, un jour, comme venue du passé, et parlant d'outre- tombe, une lettre arrive, qui dit toute la vérité sur ce père aimé auquel, malgré la distance sociale, sa fille ressemble tant. [Prix du livre Inter 2020]

08/2019

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Littérature hispano-portugaise

Estuaire

Edmundo Galeano a 25 ans, il a parcouru le monde, participé à une mission humanitaire et est revenu dans la maison paternelle avec une main estropiée. Il est revenu pour écrire et passe ses jours à essayer d'élaborer littérairement son témoignage. Un roman qui expliquera le monde et l'empêchera de courir à sa perte. Sa famille passe par une série de vicissitudes économiques qui mettent en danger la maison familiale, refuge de tous. Il y a l'aîné qui a mis sur pied un projet destiné à sauver la fortune de la famille en transformant deux bateaux, mais l'autorisation de l'administration se fait attendre depuis des années. Il a tenté de conjurer le sort et attend une bonne nouvelle. Un cadet avocat et dandy dont les affaires déclinent et qui essaie de sauver son cheval du naufrage de sa fortune.Le frère suivant qui réhabilite des immeubles vétustes pour les louer à des clandestins et est amoureux d'une belle Estonienne enceinte de lui et qui a besoin de place pour le bébé.La jeune sœur divorcée, avec un enfant de 8 ans fasciné par la baleine 52 Hertz, un enfant qui ne ressemble pas à son père mais au grand amour de sa mère.Et la tante Titi qui a sacrifié sa vie pour élever ses neveux et dont la vieillesse et la présence sont maintenant encombrantes.Lorsque le père de famille, armateur ruiné, baisse les bras, tout se précipite et chacun est confronté à ses échecs et à ses culpabilités.Edmundo prend alors conscience que ses aventures lointaines et son projet littéraire sont en relation directe avec les batailles privées qui se déroulent autour de lui. Ce superbe roman choral nous montre, avec tendresse et ironie pour l'apprenti écrivain, le processus de la création littéraire, ses embûches, ce que représente le travail d'écriture. Il nous montre aussi comment les vies quotidiennes dépendent de ce qui se passe bien loin d'elles-mêmes et des décisions prises à d'autres échelles. Lídia Jorge, qui a toujours pratiqué un "réalisme aux portes ouvertes", nous trouble en introduisant des éléments fantastiques et irrationnels dans ses personnages et nous montre que la passion amoureuse va plus loin qu'on ne pourrait le penser. Elle montre le plus proche pour atteindre l'universel.Après avoir exploré l'Histoire et les façons d'en rendre compte, Lídia Jorge revient à l'exploration des actions et des sentiments qui constituent les vies ordinaires et les abîmes qu'elles recouvrent. Un grand roman écrit par une très grande romancière. Lídia Jorge est née à Boliqueim dans l'Algarve en 1946. Diplômée en philologie romane de l'université de Lisbonne, elle se consacre très tôt à l'enseignement. En 1970, elle part pour l'Afrique (Angola et Mozambique), où elle vit la guerre coloniale, ce qui donnera lieu, plus tard, au portrait de femme d'officier de l'armée portugaise du Rivages des murmures (Métailié, 1989). À son retour à Lisbonne, elle se consacre à l'écriture.Ses œuvres sont publiées en Allemagne, Espagne, Italie, Grèce, Brésil, Israël, Grande Bretagne, Pays Bas, Serbie, Suède, Etats-Unis. La Couverture du soldat, 2000 a eu le Prix Jean Monnet 2000 (Cognac) Le Vent qui siffle dans les grues, 2004 a eu le Grand Prix du Roman de l'Association Portugaise des Ecrivains 2003, Premier Prix "Correntes d'escritas" 2004 (Povoa da Varzim, Portugal), Prix des lecteurs du Salon de la Littérature Européenne de Cognac 2005, Prix Lucioles des lecteurs 2005 (Librairie Lucioles, Vienne), Prix Albatros de la Fondation Günter Grass 2006 (Allemagne). Nous combattrons l'ombre, a reçu le Prix Charles Brisset 2008, La Nuit des femmes qui chantent, 2012, Les Mémorables, 2015.

08/2019

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Critiques et essais

Natchave

Jusqu’à il y a peu, en philosophie, antique patrie du concept poli à la main et de la dialectique fin moulue, Alain était synonyme de commerce pondéré, de sagesse en trois points et de radicalisme sur coussin d’air. Enfin Guyard vint. Guyard le goliard, le poissard, le soudard, nous rappelant que les Alains, long time ago, furent une tribu des plus barbares. Avec lui philo se fit folie, défroqua la toge, mit les doigts dans le nez et dans la prise, se risqua aux mauvais lieux et substitua au portique de Zénon ceux que Dame Sécurité impose à l’entrée des centrales. En témoignent à la barre les trois titres qu’icelui publia au Dilettante, on l’y voit philosopher au coeur de la taule, frôler le ravin avec des Gitans et s’encanailler la sagesse avec tout ce que le monde compte de marginaux. À lire Natchave, son quatrième titre, le dossier de l’auteur s’épaissit : natchave, en bel argot, signifiant « s’en aller, partir, se faire la belle ». S’y démontre en effet ce que le futur pensant retiendra comme « le théorème de Guyard ». Énonçons : « La profondeur de la pensée est fonction de l’usure des semelles. » À savoir que si, quelqu’un se dit penseur, matez-lui les tatanes : pures d’éraflures, vous avez affaire à un rentier du logos, un de ces fonctionnaires du cogito qui touillent la soupe conceptuelle dans un sens puis dans un autre ; mais, si elles sont usées jusqu’à la corde ou si le crèpe est fourbu, sans doute avez-vous touché un vrai, un tatoué du jus de crâne. Car le philosophe va et sa pensée va de concert, marche, rôde, randonne, dort dehors et rentre tard, passe en fraude. Au fil de ce flamboyant et turgescent traité de philosophie à grandes foulées, Guyard nous modèle un Socrate SDF, lointain disciple des chamans thraces, nous cisèle un portait d’Antisthène l’anti-système, maître de Diogène, déroule l’histoire des goliards, escholiers en rupture de colliers académiques et de bancs de galère scolastique, entrelardant le tout de tranches de vie juteuses, guyanaises, camarguaises et surtout gitanes. Tous les chemins mènent aux Roms.

10/2018

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Journal politique, tome 2

Fasciste de la première heure et gendre de Mussolini, Galeazzo Ciano comte de Cortellazzo, fut le ministre des Affaires étrangères de l’Italie mussolinienne de 1936 jusqu’en 1943. Exécutant fidèle de la politique fasciste, il s’applique à rapprocher l’Italie de l’Allemagne nazie jusqu’à la signature du Pacte d’acier en 1939 dont il est l’un des signataires. Toutefois, inquiet de la montée en puissance d’Hitler, il cherche à freiner la marche à la guerre de l’Italie mais doit céder après la débâclé de la France face à l’invasion allemande en 1940. Ses réticences tout au long du conflit le mèneront à une disgrâce. Arrêté par les Allemands, il est exécuté pour trahison par le gouvernement de la République de Salò en 1944. Ce Journal politique, sauvé in extremis lors de la fuite de l’épouse de Ciano après l’exécution, est un formidable témoignage de la politique étrangère menée par Mussolini. Proche du Duce, Ciano nous fait partager dans ces écrits ses craintes face à la guerre, les relations souvent difficiles entretenues avec le IIIe Reich et un soutien indéfectible à son beau-père.

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Le soleil des mourants

Lorsque les pompiers évacuent le corps de Titi, son seul vrai copain de galère mort sous un banc de la station Ménilmontant, Rico décide de foutre le camp. De quitter Paris pour le Sud. À mourir, autant mourir au soleil. Dans l’hiver glacial, Rico rumine l’échec de sa vie. Son divorce. Son fils, Julien, qu’il n’a plus le droit de voir. L’engrenage qui l’a jeté à la rue. À Marseille il voudrait revoir Léa, le premier amour de sa jeunesse. Qui a dit que l’espoir est au bout du chemin?

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

Bacalhau !

« Bacalhau! » peste Vindo. Ces derniers jours, c’est que « la poisse » lui colle décidément aux basques. Vindo Rodriguez, 23 ans, est un jeune lascar de Montreuil. Fort tempérament mais glandeur, il préfère les magouilles à un boulot réglo. Résultat: il vit avec ses parents, ses frères et sa soeur dans un HLM, où son oisiveté déplaît férocement à son père. C’est pourquoi, un matin en sortant de boîte, il s’attarde dans une brasserie parisienne en attendant l’heure où son paternel s’en ira au taf. La tronche saturée de beat et d’alcool, il pique du nez dans son crème quand soudain son instinct de dragueur se réveille. À quelques tables de lui, une femme l’observe: blonde, la quarantaine, belle gueule, belle silhouette – même si tout ne semble pas d’origine –, le dossier ne s’annonce pas dégueu. Toujours à l’affût « d’un bon plan », ou d’une occasion de découcher, Vindo s’invite direct à sa table. Les présentations faites, Vindo balade ses mains sous la table mais déchante aussitôt. Carole n’en a pas après ses beaux yeux bleus ni sa vigueur de jeune mâle. Non, elle est mariée à un célèbre chirurgien et doute depuis peu de sa fidélité. En échange d’un bon paquet d’oseille, elle lui propose donc de le filer durant quelques jours… Vindo accepte. Ses intentions sont simples: rapporter des nouvelles rassurantes à la bourgeoise, et tout plein de biffetons pour sa pomme. Du tout cuit. Mais c’est sans compter sur la corvée qui lui tombe sur le râble le jour-même: s’occuper de son petit frère Gustavo, gamin rachitique et méchant comme la gale qui ne jure que par ses jeux vidéos. Encombré du sale gosse – qui se prend pour le Captain Mglug, chef de la tribu intergalactique des Strogs –, Vindo remonte la piste d’un appartement secret et s’apprête à établir l’adultère. Or les choses ne se passent pas comme prévu et le lascar se retrouve embringué dans une série de plans plus foireux les uns que les autres, jusqu’à être accusé du meurtre du chirurgien. Recherché par toutes les polices de France, décrit par les médias comme l’ennemi public n°1, Vindo va plonger dans une cavale infernale et s’efforcer de prouver son innocence, avec l’aide de son poto Bousel, fumeur de joints invétérés à la tête de mouton, et de la douce et charmante Ninouche.

05/2014

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