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Elsa Deck Marsault

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discriminations, exclusion, ra

Faire justice

Que faire, concrètement, face à l'ampleur des violences sexistes, sexuelles et autres, qui sévissent dans nos sociétés ?? Comment gérer les conflits et les abus sans rejouer les mécanismes d'un système pénal qui occupe une place centrale dans la production de la violence à travers le monde ?? Ces questions traversent depuis de longues années les mouvements militants en général, et LGBTQI+ tout particulièrement, d'autant plus ardemment depuis que la déflagration MeToo les a placées au centre des discussions politiques. Sur fond de reflux généralisé, les milieux progressistes voient aussi surgir d'innombrables dénonciations des violences qui se produisent en leur sein, et qui appellent à des réponses pratiques, qui mettent en vie des relations de camaraderie, des amitiés, des organisations et des principes politiques. Ecrit par une "? militante gouine ? " impliquée dans des collectifs de gestions des violences sexistes et sexuelles, ce livre part du souci affiché de se passer de la police et des tribunaux pour en analyser les écueils dans la pratique tout en en prolongeant le geste et la réflexion. Comment en est-on arrivé au paradoxe d'un militantisme abolitionniste punitif ?? Comment les militant·es pour la justice sociale et pour l'abolitionnisme pénal en sont-iels venu·es à faire parfois pire que la police en termes de violence à l'intérieur de leurs communautés ?? Et comment sortir de cette impasse ?? La question est d'autant plus difficile qu'elle surgit au moment où les forces réactionnaires mènent une large offensive contre le wokisme accusé de tous les maux, pour mieux protéger ceux qui organisent les violences dans nos sociétés. A rebours des illusions du développement personnel et sans céder à l'injonction à la pureté militante, elle propose une critique fine du moralisme progressiste qui isole les faits de violence de la société qui les produit et justifie les pratiques punitives dans les milieux progressistes. En se saisissant d'exemples concrets rencontrés au gré de son militantisme et en discutant précisément avec les théories abolitionnistes, Elsa Deck Marsaut dessine ici des pistes pratiques pour élaborer une justice transformative inventive, capable de prendre soin des victimes et de transformer les individus afin d'endiguer enfin le cycle des violences qui jalonne nos vies.

09/2023

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sociologie du genre

La doctrine du consentement

"Un livre essentiel qui retrace les contours et les enjeux des débats actuels sur le consentement. L'autrice nous y raconte une histoire trop souvent occultée par les partisanes du "non c'est non" ou du "oui c'est oui" , celle de la rencontre entre le féminisme prohibitif et abolitionniste des sex wars et les approches néolibérales de la sexualité. Elle déchiffre et analyse avec finesse les récentes controverses autour du terme de consentement dans la loi et chez les militantes. Loin d'être simple et transparente, cette notion fait scission dans les rangs féministes. A la fois outil de légifération des violences sexuelles et clé d'une sexualité épanouie et jouissive, on attend du consentement qu'il soit partout à la fois (et aussi : explicite, enthousiaste, libre et éclairé, réversible, informé, spécifique...), tout en remettant en doute la capacité des femmes à le donner dans le cadre d'une société inégale et patriarcale. L'autrice nous conduit à travers ces méandres qui ont fait glisser les féministes et les législateurs vers un hypercontractualisme et une doctrine sécuritaire de la sexualité. A la fois critique et généreux dans son approche, cet ouvrage est un solide appui pour penser la complexité d'un sujet souvent victime de simplifications désastreuses". Elsa Deck Marsault, autrice de Faire justice "Dans ce court mais puissamment argumenté ouvrage, Clara Serra, ex-députée Podemos à l'Assemblée de Madrid et chercheuse à l'Université de Barcelone, offre une analyse critique de la notion de "consentement" , claire et simple à comprendre, et fondée sur un "grande confiance dans les possibilités du langage et du pacte explicite". L'importance et l'opportunité de cette critique ne peut être ignorée au moment où la notion de consentement est adoptée par de nombreuses féministes en France, qui en font le coeur de propositions de loi. En Espagne, le consentement a conduit à l'adoption de la loi "solo si es si" (seul un oui est un oui), loi à laquelle Serra s'est opposée en tant que députée. La publication de l'ouvrage de Clara Serra enrichira le débat en France, d'une part parce qu'il décrit les conséquences d'une loi pensée au départ comme protectrice et qui se révèle disciplinaire pour les femmes, et d'autre part, parce que l'autrice rappelle que l'espace du désir (consentir n'est pas désirer), de la sexualité et du plaisir échappe à la transparence, que souhaitent autant les féministes abolitionnistes que les néolibérales du contrat". Françoise Vergès, autrice de Un féminisme décolonial

01/2025

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