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Dis, pourquoi tu m’fais du mal ?

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Batons, Chiffres Et Lettres

Avant d'écrire, l'écrivain choisit, autant que possible, la langue dans laquelle il va rédiger ce qui lui semble nécessaire d'être dit. [... ] Un problème se pose actuellement aux écrivains français, bien que la plupart d'entre eux ne s'en doutent même pas. En effet, il existe actuellement deux langues, celle qui continue à être enseignée (plus ou moins mal) dans les écoles et à être défendue (plutôt mal que bien) par des organismes officiels, comme l'Académie française, et la langue parlée, je ne dis même pas la langue populaire. Que le français actuel ne soit plus le même que celui des Académies, non pas seulement la française, déjà citée, mais celles entre lesquelles est partagé le territoire français pour la distribution de l'enseignement, c'est là une vérité élémentaire. Toute la question est de savoir jusqu'où va cette différence, et s'il la faut accentuer ou bien au contraire la réduire. [... ] Il y a deux langues distinctes: l'une qui est le français qui, vers le XVe siècle, a remplacé le francien (la traduction s'impose pour presque tous les textes avant Villon), l'autre, que l'on pourrait appeler le néo-français, qui n'existe pas encore et qui ne demande qu'à naître. Il est en gestation. Sa naissance n'est pas facile. [... ] Le problème du néo-français est posé. Il n'est posé que depuis plusieurs années. L'accouchement sera laborieux. L'écrivain français doit aider à cette parturition, son travail, son œuvre doit être une maïeutique linguistique.

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litterature francaise romans nouvelles correspondance

Les enquêtes de Monsieur Proust

C'est à la fin de 1906, à Versailles. Je suis minuscule (j'ai dix-sept ans mais l'air d'en avoir treize), je gagne ma vie comme coursier. Un jour, le portier d'une grand hôtel me demande de retrouver un cornet qu'un riche client a perdu. Je me dis qu'il doit s'agir d'un sourd, je monte à sa chambre et frappe avec force, on m'ouvre. J'attendais un vieillard, je vois un homme encore jeune, mal rasé, pâle et inquiet. Il se penche vers moi et me dit d'une voix plaintive: Pourquoi frapper si fort, mon enfant? – Je ne suis plus un enfant, Monsieur, je frappe fort parce que vous avez perdu votre cornet. – Mon cornet? Quel cornet? – Votre cornet acoustique, Monsieur. Monsieur Proust, c'était lui, pousse un cri aigu, court se rouler sur un canapé couvert de papiers et de journaux. Il râle, gémit, va s'étouffer, j'ai peur. Non, il rit, je l'imite. Il est écrivain, il n'a pas quarante ans, je n'en ai pas vingt, ni lui, ni le gamin que je suis, ni personne ne peut imaginer le futur, pour le moment nous rions. Nous suffoquons ensemble, nous sommes heureux, le temps de ce qu'il appellera toujours nos secrètes enquêtes a commencé.

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Nu A La Chaise

ŤC'est le matin, nous sommes tous les trois dans la cuisine, elle mon frčre et moi. Elle prolonge le petit déjeuner elle oublie que nous devons partir pour l'école, elle oublie le nom des jours. Nous sommes ses enfants séquestrés ses enfants otages. Pas lavés pas habillés les doigts collants de beurre et de confiture de tomates vertes elle nous raconte l'Algérie. Pas n'importe quoi de l'Algérie: l'histoire de la pluie des cailloux. Nous sommes subjugués par son récit. Je le connais par cur, il me terrifie, elle adore nous terrifier. Elle non plus n'est pas lavée pas habillée, elle est exaltée. On lui réclame l'histoire. Maman dis-nous comment la pluie de cailloux a commencé? ť De retour en France au chevet de son pčre malade, la narratrice, qui vit en Inde, cherche ŕ élucider la mort accidentelle de sa mčre que l'exil avait rendue folle. Elle s'interroge en męme temps sur la place de l'amour dans son propre exil. Lequel des deux est une maladie de l'âme, l'exil ou l'amour?

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La fille de l'air

Vers dix-sept ans, j'avais décrété (puisqu'elle avait le monopole de la vie et des aventures, j'avais celui de la parole et des phrases): tu es de l'élément du feu et moi de la terre. La fille du feu: insaisissable et fantasque, et dans les soirées tous les regards vers elle, filles et garçons mêlés. Moi dans la glèbe, je pousse ma charrue, le nez sur mes pas. Tu te trompes ; tu nous tues avec tes mots ; mais tu nous tues mal: tu crois nous enterrer dessous et nous partons vivre plus loin ; tandis que tu restes agenouillée devant tes tas de pierres. Dis que je suis la fille de l'air plutôt. Mais Lucie, pourtant, le feu, c'est l'air encore, qui a trouvé son aliment. Lucie et la narratrice sont deux amies originaires d'un village du Sud où elles se retrouvent quand elles rentrent chez leurs parents. À Paris, Lucie poursuit des études et mène ses aventures. À l'occasion d'un séjour chez elle, elle rencontre J. et, sous les yeux passionnément attentifs de la narratrice, tout se transforme pour 'la fille de l'air'. Ce roman d’initiation au style singulier dessine en quelques mots un personnage, avec ses contradictions et ses particularités. Il procède par digressions et accumulations, mêlant récit et dialogue avec brio.

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Geronimo a mal au dos

'Mais regardant cet homme au milieu des rires et des chansons, comme un chêne dans son feuillage ; ce danseur crucifié à côté de la piste, ce père que j'ai craint comme l'orage et que j'ai fui pour ne pas avoir à le détester, je me dis qu'il y a pire douleur que tous les arbres de la forêt abattus, tous les massacres en images, c'est de voir un homme en silence qui pleure. ' Simon, le narrateur d'Un été autour du cou, devenu adulte, recompose le passé de son père et l'histoire de ce qui les a si longtemps séparés. Devant le cercueil de cet homme qu'il n'a pas vu mourir, Simon se souvient d'un père rude, exigeant, incapable d'exprimer son affection, dont il aura attendu en vain un geste, un mot capable de lui donner confiance. Comment retrouver la tendresse de l'amour qu'on croyait perdu?

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Voyage au bout de la nuit

« - Bardamu, qu'il me fait alors gravement et un peu triste, nos pères nous valaient bien, n'en dis pas de mal !...
- T'as raison, Arthur, pour ça t'as raison ! Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut plus la peine. On est nés fidèles, on en crève nous autres ! Soldats gratuits, héros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du Roi Misère. C'est lui qui nous possède ! Quand on est pas sage, il serre... On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger... Pour des riens, il vous étrangle... C'est pas une vie...
- Il y a l'amour, Bardamu !
- Arthur, l'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches et j'ai ma dignité moi ! que je lui réponds. »

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