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Annie Montaut

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Penser l'écologie

Trois mille ans d'écologie indienne

Depuis ses lointaines origines, la civilisation indienne n'a cessé de nouer l'idée de l'humain avec celle de l'ordre cosmique et de ses composants que sont l'eau, la forêt, la terre et le feu. La pensée et les luttes écologiques de l'Inde contemporaine, qui forment l'objet essentiel de cet ouvrage, prolongent ainsi les spéculations anciennes sur l'indissociabilité de la nature et de la culture. Fruit d'une expérience plurimillénaire, les pratiques agroécologiques actuelles sont attentives à l'interaction des acteurs et du milieu spécifique dans lequel ils oeuvrent : on ne s'occupe pas d'un élément, que ce soit l'eau, les plantes ou la terre, sans s'occuper en même temps de l'usage qui en est fait, et de la juste rétribution, morale et matérielle, de ceux qui en prennent soin. Ces pratiques consolident le lien des humains avec l'environnement : ce lien d'amitié, et non de prédation, met en lumière les valeurs associées au féminin et le rôle des femmes travaillant aux marges de la société aisée. Les leçons à tirer de cette "écologie des pauvres" n'intéressent pas que l'Inde, mais tous les pays aujourd'hui confrontés à la dégradation de leurs milieux vitaux. Annie Montaut est professeur émérite d'hindi/linguistique à l'Inalco, et membre du Centre d'études sud-asiatiques et himalayennes (EHESS-CNRS) ; elle est l'auteure de nombreux ouvrages et articles portant sur la linguistique et la culture moderne indiennes, dont Le Hindi, grammaire linguistique, (Société de Linguistique de Paris, Peeters) et L'Esprit de la nature : Raza (L'Asiathèque). Elle a aussi traduit une trentaine d'oeuvres indiennes, dont Hind Swaraj. L'émancipation à l'indienne de Gandhi ("Poids et mesures du monde" , Fayard) et Ret samadhi de Geetanjali Shree (Editions des Femmes) roman lauréat en 2022 de l'International Booker Prize.

04/2024

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Ret Samadhi

"Ret Samadhi" est l'histoire de Dadi, grand-mère et veuve de 80 ans, qui abandonne un beau jour, sans un mot, la maisonnée de son fils aîné chez qui elle vit comme le veut la tradition. Retrouvée par la police, elle sera ensuite hébergée par sa fille célibataire et artiste, qui lui offre une toute nouvelle forme de liberté et d'amour. Elle s'ouvre alors au monde, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, qui s'avère être une transgenre issue de la communauté des Hijras. Une amitié intense naît de cette rencontre, brutalement interrompue par l'assassinat de Rosy. Cette disparition marque un nouveau tournant dans la vie de Dadi, qui décide alors de partir pour le Pakistan retrouver la maison natale de son amie, entraînant sa fille dans cette aventure. Elles seront arrêtées par la police qui les soupçonne d'être liées à leur insu à un réseau politique subversif. Lors des interrogatoires, Dadi étourdira les policiers par son attitude farfelue et ses récits apparemment incohérents, mais qui sont en réalité porteurs de sens, de spiritualité et de subversion. Ils seront eux aussi pris dans les mailles de ce filet mystérieux, conquis par cette vieille dame qui en impose par sa ténacité. "Ret Samadhi" est un roman qui fait vaciller les frontières : celle du familier et de l'étrange dans une temporalité où l'instant ramasse tout le passé et la mémoire des siècles, les frontières de genre, celles de l'âge aussi, du corps et de l'esprit, de l'amour et de la haine, des modèles de famille, de la dépendance et de la liberté, des nations " ennemies ", de l'humain et du non humain. Histoire de famille, du quatrième âge et de la dépendance, des confins surtout. L'écriture traduit puissamment ce thème de la perception par un style où monologue intérieur, dialogue, bribes de conversation scénographiées à la manière de Nathalie Sarraute et narration s'entremêlent sans couture apparente, et où familiarité et poésie se superposent, jouant en particulier sur les sonorités et les rythmes d'une façon parfois vertigineuse que la remarquable traduction d'Annie Montaut a su restituer.

03/2020

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Ret samadhi

Amma, mère, grand-mère et veuve de 80 ans, abandonne sans un mot la maisonnée de son fils aîné, où elle habitait selon la tradition. Hébergée par sa fille, une écrivaine très indépendante, elle découvre une nouvelle forme de liberté et d'amour. Amma s'ouvre alors au monde et à elle-même, aidée dans sa métamorphose par une curieuse aide-soignante, Rosy, une transgenre qu'elle semble connaître depuis toujours. Lorsque cette profonde amitié est brutalement interrompue, l'octogénaire aussi fantasque qu'attachante part pour le Pakistan sur les traces d'un mystérieux passé, entraînant sa fille dans cette folle aventure. Ce roman hors du commun, qui offre un portrait foisonnant de la culture indienne et s'inscrit dans la grande histoire de la Partition, fait vaciller les frontières : celles entre normalité et étrangeté, rêve et réalité, passé et présent, corps et esprit, et bien d'autres encore.

06/2023

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Littérature indienne

Un amour sans mesure

Un amour sans mesure est l'histoire d'un vieux magistrat qui renonce au monde et présente sa lettre de démission, après avoir repassé comme un film toute l'histoire de sa vie : une vie ponctuée par les épisodes troublants de sa relation avec sa tante. Ce roman, proustien par sa structure circulaire, commence dans le présent du narrateur qui médite sur la faillite morale et spirituelle de son succès social, et il finit en boucle sur le geste rédempteur de sa lettre de démission, l'ensemble du texte se présentant comme l'explication de ce geste, où démission rime avec renoncement mystique (le mot hindi a les deux sens). Mais c'est essentiellement de l'enlisement progressif de sa tante dans la marginalité et la misère qu'il s'agit, et de l'expérience des limites qu'elle l'invite implicitement à comprendre. Lumière aveuglante pour le narrateur, la femme ici coïncide avec le danger ambivalent de la fascination pour la marge dans tous les sens du terme : elle propose à l'homme, qui n'en prend conscience qu'à travers la relecture de son passé, un itinéraire possible vers l'espace de l'illimité dont il a pour des raisons personnelles toujours gardé la nostalgie. Mais elle lui offre aussi, avec le mode de découverte qu'il s'en donne, la traversée de l'écriture. De sorte qu'écriture, renoncement et affrontement à l'ineffable territoire féminin paraissent ici tissés ensemble et dessiner l'un des motifs de l'expérience des limites. Le tissage est indien, l'expérience, universelle, et c'est ce qui fait la force de ce roman bref et prenant.

02/2004

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Littérature indienne

Lila

" Le lit danse sur des rythmes bleus. Elle est dans le lit, nue, elle sourit, et dort. Dans son sourire, il y a la danse de sa coquetterie. Dans sa coquetterie, la danse de ses yeux. Dans ses yeux il y a la danse du ciel. Dans les miens, la danse des souvenirs. [..] Son corps balance avec le lit. Au-delà de la douleur et de la crainte. Si loin au-dessus de la terre qu'on ne voit plus la terre ; si près du ciel que le ciel ressemble à la terre. Elle a les yeux mi-clos maintenant, les lèvres entrouvertes, nouveau festival érotique qui éclot sous mes yeux. Ses yeux mutins et ses lèvres mutines sont l'incantation de son corps; comme si la divinité pénétrait à nouveau dans son corps. [...] Moi, immobile, ailleurs, je contemple. J'ai perdu de vue ma forme, et mes difformités me semblent absurdes. Je ne suis pourtant pas détaché de leur absurdité. Si je l'étais, je me balancerais moi aussi. Avec elle, sur ce lit [...] j'ai envie de lécher le sel de son corps mutin. Tout à coup, je me souviens qu'elle s'était plainte un jour: " Tu n'as jamais fait don de tes mots à mon corps. " "

03/2004

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Thèmes photo

Ecce Homo

Anne Montaut, née à Paris en 1957, a grandi à Narbonne puis àBages dès l'âge de cinq ans. Formée aux Beaux-Arts et à l'Ecole nationalesupérieure des Arts Décoratifs de Paris, elle s'est orientée vers laphotographie en marge des institutions, développant un style anticonformiste etexpérimental. Préférant la mise en scène à la simplereprésentation du réel, elle créait des oeuvres dans un "castelet", unmini-théâtre où elle associait objets, matériaux et lumière pour explorer desthèmes profonds. Sa série Crucifix, inspirée par le Suaire, abordait laphotographie comme un art graphique, tandis que Couronne d'épines mêlaitdolorisme mexicain et paysages enneigés. Avec Angélus, elle revisitait lesymbolisme chrétien en fusionnant des assiettes anciennes et des poissonsévoquant les récits bibliques. Son travail, empreintd'une recherche esthétique exigeante, établissait un lien subtil entre foi etphotographie, reflétant une quête spirituelle. Revenue à Bages dans les années1980, elle joua un rôle clé dans la création de la Maison des Arts et s'investitcomme élue municipale déléguée à la Culture (2001-2008). Jusqu'à son décès en2022, Anne Montaut resta une figure artistique essentielle, alliant charisme, créativité et engagement.

04/2025

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