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Une famille nombreuse au XXe siècle

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Famille

Une famille nombreuse au XXe siècle

"J'appartiens à une famille nombreuse qui prend racine dans le nord de la France. Cette famille traverse les guerres (parents d'abord, puis enfants). Dans cette région, les familles demeurent nombreuses. Une région comme le Pas-de-Calais présente le plus fort taux de naissances de ces dernières années ! On sait qu'après la Seconde Guerre mondiale, la société française maintient sa population grce aux familles issues de l'immigration (du Maghreb et d'Afrique subsaharienne), qui sont souvent des familles nombreuses. Ce que l'on sait moins, c'est que, dans une famille nombreuse, chacun a une place et un rôle à jouer, surtout, quand un père est dans l'obligation de changer de lieu, de département à cause de son métier. Quitter son premier environnement, quitter les amis que l'on s'est faits, s'adapter aux nouveaux lieux (scolarisation...), toutes ces choses qui ne sont pas toujours évidentes. Etre le premier, être le dernier d'une fratrie sont des places non choisies qu'il faut assumer. Etre une fille ou un garçon, avoir un statut non égal jusqu'aux années 1968, année où l'accès aux mêmes droits va être revendiqué par les femmes. Avoir un rôle spécifique selon le rang que l'on a dans la fratrie... L'exemple de ma famille permettra-t-il à d'autres personnes de se reconnaître et, surtout, de mieux comprendre que rien n'est acquis et que la place et le rôle de chacun sont toujours à défendre ? C'est un des objectifs de ce petit livre."

06/2020

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Philosophie des sciences de la

Chronique d'une espèce disparue

L'histoire de la biologie a connu des étapes fondamentales aux XIXe et XXe siècles, discutées entre autres par Darwin. Les concepts autour de l'hérédité ont beaucoup évolué et permettent aujourd'hui de mener des réflexions sur les relations entre l'homme et l'animal, la conservation des espèces et les possibilités offertes par les méthodes de sélection génétique. Forte de sa formation en histoire et sociologie des sciences et en s'appuyant sur de nombreuses anecdotes, Camille Roux-Goupille retrace les formidables découvertes scientifiques réalisées dans ce domaine grâce à un animal méconnu, le quagga. Cette espèce proche du zèbre qui vivait en Afrique du Sud a été découverte en 1758 et s'est éteinte en 1883. Pourtant, elle a fait couler beaucoup d'encre et suscité les théories les plus créatives. A partir de 1821, le quagga entre au coeur des débats scientifiques, avec notamment les théories d'infection de la mère et d'imagination maternelle (la femelle voit une image et la transmet à son petit qui héritera de ses caractéristiques). Disparu dans l'indifférence, il resurgit en 1984 lorsque des fragments de son ADN sont séquencés, à partir d'un spécimen taxidermisé, lançant le champ des études d'ADN fossile et les rêves de clonage d'espèces disparues. Cette saga inédite est racontée avec une mise en contexte scientifique et culturelle qui met en perspective les enjeux de chaque siècle.

04/2024

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ORMESSON (Il était une fois)...

Le village est cité pour la première fois sous le nom d'Amboile dans un cartulaire datant de 1140. Sa principale source de revenus restera l'exploitation de la vigne jusqu'au XIXe siècle. La seigneurie d'Amboile passe entre diverses mains au cours des siècles. Mais 1598 est une date importante à retenir, lorsque Louis II Picot de Santeny fait construire un château par Jean-Baptiste Androuet du Cerceau, architecte des bâtiments royaux. En 1604, le domaine échoit par succession à André Le Fèvre d'Ormesson, puis à son fils Olivier en 1640. Nommé rapporteur de la Chambre royale, ce dernier aura un rôle déterminant dans le procès de Nicolas Fouquet dont les nombreux amis viendront à Amboile : Madame de Sévigné, Madame de Lafayette, La Fontaine, Bossuet, Racine, Le Nôtre En octobre 1758, Louis XV élève le domaine en marquisat sous le titre d'Ormesson, nom donné désormais au château, à la paroisse et au village. C'est l'architecte Antoine-Matthieu Le Carpentier qui agrandit la demeure et construit la nouvelle église. Le village d'Ormesson compte une cinquantaine de familles à la veille de la Révolution dont le marquis Henri d'Ormesson, contrôleur général des Finances de Louis XVI, sera un témoin oculaire. A l'issue de la guerre de 1870, au cours de laquelle l'armée prussienne occupe le château, on ne compte plus que 96 Ormessonnais. Au XXe siècle, le village d'Ormesson se transforme progressivement en ville avec la construction, notamment, de lotissements qui attirent des ouvriers et artisans parisiens. Au fil du siècle, plusieurs personnalités se distinguent, comme Wladimir d'Ormesson, journaliste, ambassadeur auprès du Saint-Siège et en Argentine, qui apporta de nombreuses améliorations à la commune ainsi que son fils, Olivier, maire de la ville pendant 51 ans, qui fit beaucoup pour son développement social, sanitaire, culturel et sportif. N'oublions pas de citer Jean d'Ormesson, directeur général du Figaro, écrivain, Académicien, personnage haut en couleur qui rendit populaire le nom d'Ormesson hors des frontières de l'hexagone.

08/2021

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Histoire militaire

40e régiment d'artillerie

Le 40e régiment d'artillerie possède une histoire riche qui débute à Saint-Mihiel, à l'aube du XXe siècle. Depuis, le 40 a traversé la Grande Guerre, la campagne de France, il renaît de ses cendres dans le sable du désert et prend part à la Libération. Installé à Suippes, dans la Marne depuis 1975, le régiment fait aujourd'hui partie de la 2e brigade blindée dont il assure l'appui feu. Les artilleurs du 40e RA participent aux nombreuses opérations auxquelles l'armée française prend part à travers le monde. Un album mêlant histoire, mémoire et tradition qui invite à découvrir l'histoire du 40 et des hommes et femmes qui ont fait le régiment. Ce livre recueille de nombreuses photographies inédites, des images issues des archives de l'unité ainsi que des photos prises par des artilleurs au fil de leurs missions. Il comporte également des témoignages, des cartes et profils des pièces emblématiques ayant servi au 40. Camille Vargas est historienne, journaliste, spécialiste des guerres mondiales et particulièrement du matériel (blindé, artillerie, fortification). Elle publie régulièrement dans des revues spécialisées en histoire militaire, tel que Batailles & Blindés. " Ce superbe ouvrage, illustré par de très beaux clichés, est bien plus qu'un historique régimentaire. " Revue d'Histoire européenne. " Les férus d'histoire apprécieront ce livre". Défense Zone. " Un album mêlant histoire, mémoire et tradition. " Le Souvenir Français.

07/2022

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Essais biographiques

Tout sur Camille & Paul Claudel (ou presque)

Figures essentielles de l'art français du XXe siècle, si différents et pourtant très attachés l'un à l'autre, Camille (1864 -1943) et Paul Claudel (1868 - 1955) forment une remarquable fratrie. Tout sur Camille et Paul Claudel (ou presque), biographie vivante, à lire au gré de sa curiosité, retrace les vies, les amours et les carrières de la sculptrice et du poète-homme de théâtre. Suivons-les depuis leur enfance dans le Tardenois, à Paris où tous deux débutent, dans le monde que parcourt l'écrivain-diplomate, à l'asile de Montdevergues où l'artiste, atteinte par la maladie mentale,termine son existence. (Re)découvrons aussi les oeuvres, leurs genèses et leurs coulisses. Celle de Paul Claudel, foisonnante, éclectique, profondément traversée par la foi chrétienne, célèbre surtout par ses pièces comme L'Annonce faite à Marie, Le Soulier de satin ou Le Partage de midi. La passion créative de Camille Claudel, dont l'art puissant et sensible est parvenu à se démarquer de celui de son mentor et amant Auguste Rodin, et dont de nombreuses sculptures comme La Valse, La Petite Châtelaine, ou L'Age mûr sont aujourd'hui présentées au musée Camille Claudel à Nogent-sur-Seine. Promenons-nous dans la maison d'évocation Camille et Paul Claudel de Villeneuve-sur-Fère, maison natale de l'écrivain, à Fère-en-Tardenois, où est née Camille, ou encore à Roubaix, ville très attachée à la sculptrice. Penchons-nous sur une exceptionnelle iconographie, admirons deux artistes rares, débusquons les idées reçues.

04/2024

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XXe siècle

Cordillera

Début du XXe siècle, au Chili. La famille Silva, respectée et crainte dans le village, est auréolée de mystère. Cecilio, le père, taiseux, les mains dans la terre rebelle. Luisa, la mère, mapuche, qui connaît le pouvoir des chants et des plantes. Esteban, l'aîné, et Joaquín, le cadet. Nombreuses sont leurs épreuves, mais le clan fait face, soudé par un amour pudique. Dans cette nature indomptable, des cols glacials aux vallons ombrageux, des pâtures verdoyantes aux mines du désert de l'Atacama, chacun chemine vers son destin. Une fresque familiale ample et romanesque.

04/2023

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Roman d'amour, roman sentiment

L'Etrange affaire du Manoir de Castaway

La jeune Rosie Churchill a quitté sa famille pour échapper aux relations conflictuelles. Elle a trouvé une chambre à louer dans le vieux manoir délabré d'une station balnéaire. Ce lieu est fascinant, les diverses générations y ayant laissé leur empreinte. Rosie découvre notamment que les murs de Castaway ont été le théâtre d'un scandale, au tout début du XXe siècle. A cette époque, le manoir était habité par les Bray, une famille riche mais aux personnalités tourmentées et complexes. Rosie se passionne pour cette histoire, et en particulier pour l'été 1924, qui a bouleversé de nombreuses vies. Elle ne s'attendait pas à ce que ce soit également son cas, des générations plus tard...

11/2014

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XXe siècle

Les nuages passent, le soleil veille…

Pascal se remémore la première moitié du XXe siècle telle qu'il l'a connue à travers les récits de ses parents, de ses grands-parents et à travers ses expériences d'enfant. Il se souvient de nombreuses situations, parfois touchantes, souvent éprouvantes, qui ont marqué l'histoire de la famille. Une grande famille paysanne vivant près de la frontière allemande, au gré des invasions, des évacuations, des exodes, des démolitions et reconstructions consécutives pendant toute cette période... Son propre petit-fils, surpris par l'évolution rapide du monde, lui demande de lui parler de ce qu'étaient ces temps désormais révolus... Grand-père et petit-fils vibrent ensemble à l'évocation de ce demi-siècle stigmatisé par deux guerres. Les évènements, les épreuves, les progrès techniques, les générations se succèdent, les nuages passent... L'espoir, le courage, la confiance résistent, les hommes se renouvellent, les valeurs demeurent, le soleil veille...

09/2021

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Design

Aino + Alvar Aalto

Une biographie visuelle et intime d'Aino et Alvar Aalto, le couple d'architectes à l'origine de certains des édifices et objets les plus emblématiques du XXe siècle. Aino ? +? Alvar Aalto est la première monographie rendant hommage à l'oeuvre publique et à la vie intime de ce couple remarquable. Grâce aux nombreuses lettres inédites qu'ils échangèrent ou envoyèrent à leurs amis, leur famille et leurs confrères, Heikki Aalto-Alanen, petit-fils d'Aino et Alvar, raconte leur vie commune jusqu'au décès d'Aino, en 1949. Cet ouvrage émouvant et accessible retrace l'histoire d'un amour et d'une vie de famille intenses, mais aussi celle d'un partenariat professionnel unique et ambitieux. Les nombreux documents, esquisses et portraits de famille, accompagnés de photographies des superbes créations d'Aino et Alvar, donnent une vision exhaustive de leur oeuvre et de leur vie ensemble.

10/2023

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Biographies

Pourquoi ce monde

Argumentée par des années de recherche, de consultation de manuscrits inédits et de correspondance privée, d’entretiens avec des proches de l’écrivaine, la biographie de Clarice Lispector par Benjamin Moser est à la fois un témoignage et un roman. Déjà traduite en portugais et publiée au Brésil, elle paraît pour la première fois en français aux éditions Des femmes-Antoinette Fouque, qui ont entrepris depuis les années 1980 de publier l’intégralité de l’œuvre de Clarice Lispector (1920-1977) et ont permis de faire connaître en France celle qui compte parmi les plus grands écrivains du xxe siècle, à l’égal de Joyce, Rilke ou Kafka. À sa mort, Clarice Lispector, bien que peu connue en Europe, était depuis longtemps devenue l’une des figures mythiques du Brésil, le « Sphinx de Rio de Janeiro », une femme qui fascinait ses compatriotes depuis son adolescence et la publication de son premier roman, Près du cœur sauvage. Avec ce portrait de femme aussi passionnant, élégant et divers que son modèle, Benjamin Moser rend compte de la troublante identité de cette écrivaine qui pouvait dire : « Je suis si mystérieuse que je ne me comprends pas moi-même », sans jamais altérer le mystère de la personnalité de cet être d’élection, ni de son écriture si singulière. Par touches subtiles autant que précises, il se tient au côté de la petite fille née en Ukraine, dans les atrocités d’une épouvantable guerre civile et dont les racines plongeaient dans un monde de violence et de pauvreté, comme de la femme de diplomate qui tiendra pendant des années ce rôle à la perfection, voyageant d’un continent à l’autre. Mais elle ne se reconnaissait qu’une patrie, le Brésil, qu’une langue, le portugais. De l’enfant qui inventait des histoires magiques à l’écrivaine pour qui la question des noms et de la nomination domine toute l’œuvre, Clarice Lispector ne cessa jamais de s’approprier les mots et d’en faire ressortir toute l’étrangeté jusqu’à devenir la « princesse de la langue portugaise ». Âme ardente, amoureuse de la vie, ayant une conscience aiguë de la mort, toujours en révolte, contre le monde autant que contre son propre mythe, proche de la mystique juive, politiquement engagée, sûre de sa valeur et assaillie de doutes, elle a exprimé toute la gamme des sentiments et de l’expérience humaine à travers les multiples facettes de son oeuvre, dans les romans, les nouvelles, la correspondance, le journalisme. Femme, épouse, mère, écrivaine : Benjamin Moser s’attache à toutes les expressions d’une personnalité unique et exceptionnelle, tout en mettant en lumière le contexte historique et culturel, en Europe comme au Brésil, qui sous-tend cette destinée particulière. Les nombreuses citations d’une œuvre qui fut peut-être, selon lui, la « plus grande autobiographie spirituelle du xxe siècle », nous invitent à lire ou relire, inlassablement, la prose splendide de Clarice Lispector. « Il sera très difficile pour quiconque d’écrire ma biographie », écrivait-elle. Le défi a été relevé avec succès, entre ce que Pourquoi ce monde donne à lire et ce qu’il laisse le lecteur imaginer.

03/2012

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Russie

De la Vendée à la Neva

Dans les premières années du xxe siècle, la Belle Epoque a vu fleurir l'amitié entre les peuples de France et de Russie. Des liens se sont noués à l'occasion de la venue de riches familles russes sur le littoral français, sur la Côte d'Azur... mais aussi en Vendée ! Perceptrice d'enfants de bonnes familles de la Russie tsariste, une jeune fille issue de la petite bourgeoisie française, au prénom prédestiné, OLGA DINGEON, a ainsi tiré un fil inattendu entre les plages des Sables-d'Olonne et les rives de la Neva, à Saint-Petersbourg. Avant que la guerre de 14 puis la Révolution rouge ne viennent balayer les certitudes de ses riches employeurs, elle a observé, et parfois partagé, leur vie d'insouciance et de mondanités, jusque dans leurs villas des rives de la Mer Noire. Elle a certes souffert de l'hiver russe, mais ses relations avec ses hôtes lui apportaient bien plus de chaleur qu'elle n'en avait besoin. Les nombreuses lettres et cartes postales envoyées à sa famille en Vendée, inédites, dévoilent une âme sensible, curieuse, amoureuse même, témoin d'un monde qui ne se voyait pas au bord de l'implosion et qui s'est pourtant effondré sous ses yeux.

10/2022

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Littérature anglo-saxonne

Qu'elle était verte ma vallée !

Au tout début du XXe siècle, dans une paisible vallée du pays de Galles, les Morgan, famille nombreuse et très soudée, vivent du travail de la mine depuis des générations. Huw, le cadet, rebelle dans l'âme, sensible et indomptable, observe le monde des adultes et n'est pas loin de tout comprendre : le travail de plus en plus dur et de plus en plus dangereux, les salaires qui diminuent, les patrons pleins de mépris. Nul doute, il fera bientôt partie de ceux qui disent non et qui lèvent l'étendard de la révolte... Traduit en vingt langues, vendu à travers le monde à plusieurs millions d'exemplaires, Qu'elle était verte ma vallée incarne aujourd'hui, de façon presque emblématique, la révolte de la terre meurtris par la folie des hommes.

04/2013

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Opéra

Orphée aux enfers libéraux

Naguère taxé de conservatisme et d'élitisme, malgré sa réelle popularité, l'opéra n'en fut pas moins, tout au long de son histoire, le véhicule d'une pensée sociale et politique bien moins inféodée qu'on ne le croit à la pensée dominante. Il s'imposa ainsi comme la principale caisse de résonance des mouvements esthétiques, littéraires et philosophiques accompagnant son développement en même temps que le vecteur d'idées nouvelles, subversives ou révolutionnaires. Le renouveau de la mise en scène lyrique au XXe siècle a permis de mesurer le rôle important joué par l'opéra en tant que témoin de la modernité en faisant apparaître son discours critique sur les institutions, l'individu, le couple, la famille, le pouvoir, l'argent, le rapport à la nature et à la spiritualité - parmi bien d'autres aspects. Traversé de nombreuses innovations, le répertoire vingtièmiste, qui jette un regard souvent décapant sur les métamorphoses et les dérives de notre civilisation - et en particulier celles qu'imposent l'économie libérale - est particulièrement fécond. Ce travail analytique entrepris par les metteurs en scène contemporains est ici repris et prolongé en considérant ce qu'une cinquantaine d'opéras représentatifs du XXe siècle disent de notre temps. On y trouvera aussi bien Poulenc que John Adams, Puccini, Stravinsky Richard Strauss, Chostakovitch et Britten, entre autres.

10/2023

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Marques et modèles automobiles

Solex

1904, tout commence ! Marcel Mennesson et Maurice Goudard sont encore étudiants, l'insouciance de la jeunesse leur permet de bâtir petit à petit un empire qui portera le nom de SOLEX. 1904, tout commence ! Marcel Mennesson et Maurice Goudard sont encore étudiants, l'insouciance de la jeunesse leur permet de bâtir petit à petit un empire qui portera le nom de SOLEX. Locomotion terrestre, maritime, aérienne, sur deux roues ou davantage, les produits Solex sont partout. La route des deux inventeurs croise celle de nombreuses personnes qui les épaulent sur les chemins de la réussite : famille, secrétaires, techniciens, collaborateurs, pilotes d'avion, constructeurs, publicistes, clients, etc. Souvent discret avec un radiateur sous une calandre, un carburateur sous un capot, un micromètre dans un atelier, Solex accompagne la vie de millions de personnes à travers le monde. Solex favorise les transports, le nettoyage des villes, l'agriculture, ou plus tristement les combats militaires, sans oublier la conquête du ciel et le contrôle de fabrications. La seconde moitié du XXe siècle voit l'arrivée d'un autre succès international, une silhouette noire intemporelle, un moyen de transport bon marché pour les ouvriers, les étudiants, puis les collectionneurs : le VéloSolex ! L'esprit reste le même, faire simple et fiable. Ce livre vous propose de traverser le XXe siècle, et plus encore, au rythme de Solex, en suivant les hommes et les femmes qui ont fait de cette aventure humaine une aventure industrielle.

08/2025

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Lorraine

Pays d'Epinal, Coeur des Vosges

Au coeur des Vosges, ce territoire se découvre au fil de l'eau, entre le canal des Vosges et la Moselle. Prenez le temps d'arpenter les rues d'Epinal, cité centenaire avec ses bâtisses médiévales, son architecture de la Reconstruction et sa Cité des Images ; faites un détour par l'un des villages authentiques (Fontenoy-le-Château, Châtillon-sur-Saône...) pour découvrir son patrimoine vernaculaire ; prenez la mesure de l'histoire, en visitant l'un des sites marqués par les conflits du XXe siècle, l'une des bâtisses de l'époque de la Renaissance ou encore les souterrains d'une forteresse médiévale ; plongez dans une nature sauvage et préservée à l'occasion d'une randonnée dans la vallée de l'Ourche ou à l'ombre de l'une des nombreuses forêts de la région... Familles, sportifs, amateurs d'histoire ou d'architecture : le Pays d'Epinal est pour tous la promesse d'un beau voyage à travers le temps.

05/2023

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Ouvrages généraux et thématiqu

Le soin des pauvres

Soigner les pauvres, telle est la vocation de milliers de jeunes femmes qui, tout au long du XIXe siècle, prennent le voile en France et concrétisent ainsi un désir de vie religieuse et de service. Cet engagement ouvre aux femmes des voies pour s'affirmer hors de la famille, dans l'espace public et le monde du travail. Infirmières ou pharmaciennes, responsables de services d'hôpitaux et d'hospices, ou gardes malades à domicile, ce sont les "bonnes" soeurs du XIXe siècle. Figures de la charité, elles sont aussi les chevilles ouvrières du système public de santé dont elles accompagnent la médicalisation. Dans une société confrontée à une nouvelle pauvreté massive et alors que l'Eglise catholique s'inquiète de la déchristianisation populaire, les soeurs soignantes répondent aux attentes sociales et sanitaires, religieuses et morales de leur temps. La laïcisation républicaine signe-t-elle leur disparition ? Rien n'est moins sûr à en regarder leur présence dans Paris au début du XXe siècle. S'appuyant sur de nombreuses archives des couvents et des institutions hospitalières, cette enquête questionne la vocation des soeurs soignantes dans leur quotidien auprès des pauvres de la capitale. Elle propose une histoire du care qui éclaire les enjeux profanes et spirituels de la relation de soin. Avec le soutien du Centre de recherche et d'études "Histoire et sociétés" (université d'Artois).

09/2023

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Faïence, porcelaine, terre cui

Poteries & autres céramiques en Rouergue (Aveyron) de la fin du Moyen Âge à l'après-guerre

Cet ouvrage présente la céramique utilisée sur le territoire rouergat depuis la Renaissance (XVIe siècle) jusqu'au milieu du XXe siècle. Celle à usage domestique y est largement représentée car elle répond aux besoins basiques de l'Homme pour se nourrir (cuire, manger, boire, conserver), mais aussi celle liée à la construction et à son ornementation, à la vie animale, à l'agriculture, au jardinage, à l'hygiène, à l'éclairage, aux soins médicaux, au bien-être (confort), au religieux... On y découvre la fonction, l'utilisation et la circulation de celles-ci provenant parfois de loin. Pour la poterie réalisée en Rouergue (cat. 60 p.), le lecteur découvrira, certes, les familles de potiers et briquetiers, mais surtout une vaisselle méconnue, voire ignorée, que les fouilles archéologiques du Service Départemental d'Archéologie ont permis de remettre en lumière, tout du moins pour les plus anciennes. Révélateur d'un passé et d'un savoir-faire ce livre donnera, on l'espère, de nombreuses raisons aux lecteurs de découvrir ce magnifique patrimoine céramologique au travers des nombreux musées aveyronnais. Ce livre est précédé de deux préambules, l'un sur les origines de la poterie en Aveyron par M. Philippe GRUAT et l'autre sur le Moyen Age par M. Jacques MANISCALCO.

09/2020

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Biographies

Histoire d'un malgré nous

Voici le récit autobiographique de Pierre Bedez (1927-2018), Alsacien issu d'un village francophone (Orbey) du pays welsche. Il raconte son enfance heureuse dans les années trente, parle de ses grands-pères et de la vie au début du XXe siècle dans un petit village à la frontière des Vosges. Le texte est accompagné de nombreuses photos des années trente et quarante. Il décrit les premiers mois de la guerre, la débâcle, l'arrivée des Allemands, l'Occupation. En août 1942 sont instaurés par décret le RAD (Reichsarbeitsdienst) et l'incorporation des Alsaciens lorrains dans la Wehrmacht. Toute la famille est impliquée : quatre des cinq enfants sont enrôlés. L'aîné ne reviendra pas (disparu à Belgrade, sans sépulture officielle à ce jour). Pierre Bedez est appelé au RAD en août 1944. Il s'évade avec un camarade en passant par la Suisse, pour éviter l'incorporation dans la Wehrmacht, et fait un retour difficile dans une France tout juste libérée. Résister oui, mais jusqu'où, et à quel prix ?

11/2022

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Autres éditeurs (K à O)

L'appartement

Moscou, Russie. Un vieil immeuble dans une calme ruelle. Six volées d'escalier plus haut, à gauche, une porte, et nous voilà chez les Mouromtsev. Nous sommes entrés dans ce vieil appartement moscovite un soir de décembre 1902 et y sommes restés pendant cent ans. Nous y avons fait la connaissance de plusieurs générations de Mouromtsev, de leurs amis, de leurs voisins. Nous avons été témoins de rencontres et de séparations, de joies et de peines, de pertes et d'espoirs comme chez de nombreuses familles en Russie. Dans la vie des habitants ordinaires d'un vieil appartement moscovite se reflète l'histoire de la Russie au XXe siècle. Elle nous est racontée par ses habitants, mais aussi par leurs affaires : les meubles et les vêtements, la vaisselle et les livres, les jeux et autres objets de la vie quotidienne. Car les objets gardent la trace et la mémoire de l'époque où ils ont été façonnés et utilisés. Ils sont les témoins d'une histoire dont on ne parle pas dans les manuels scolaires, mais qui est très importante pour chacun d'entre nous : celle de nos familles, de nos amis, de notre propre histoire

03/2018

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Esotérisme

Le règne de la quantité et les signes des temps

Titre majeur de René Guénon, avec " La crise du monde moderne " , cet ouvrage expose et dénonce clairement le matérialisme, le règne de l'argent, l'effacement de l'identité de toutes choses au nom de la quantité, des statistiques, de cette course en avant perpétuelle où les valeurs profondes sont oubliées et où la perte de sens amène la perdition de l'âme dans des dédales sombres. C'est le Kali Yuga. Erreurs, errances et mensonges du monde moderne sont analysés et disséqués, à la lumière de principes métaphysiques d'une rare rigueur. Ecrit à la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce texte est et reste visionnaire, presque un siècle plus tard. Auteur français de 27 ouvrages (dont 10 recueils d'articles à titre posthume), René Guénon est une figure hors-norme de la spiritualité et de l'ésotérisme du XXe siècle. Né le 15 novembre 1886 à Blois (France), dans une famille catholique, et mort musulman (soufi) le 7 janvier 1951 au Caire, en Egypte, il poursuivra toute sa vie la quête de la Connaissance, la métaphysique traditionnelle, et dénoncera les errements des sciences occultes et la rupture de l'Occident avec la vie spirituelle authentique. Il collaborera à de nombreuses publications consacrées à ces thèmes, et particulièrement, dès 1925, à la revue Le Voile d'Isis (renommée ensuite Etudes traditionnelles).

05/2023

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Non classé

Retrouver ses ancêtres espagnols

Au XIXe siècle puis au XXe siècle surtout, la France est une terre d'accueil pour les Espagnols chassés de leur pays par la misère ou la politique. Premier nom d'Espagne par la fréquence, porté en 1900 par moins d'un millier de personnes en France, Garcia est aujourd'hui le 8e patronyme de notre pays par le nombre de porteurs. Un indice qui montre que des millions de Français comptent désormais des Espagnols dans leur arbre généalogique. Comment faire pour retrouver ces ancêtres d'au-delà des Pyrénées ? Ce guide pratique rattache la généalogie à l'histoire : c'est en sachant à quelle période votre aïeul espagnol a migré et en comprenant le contexte historique du moment que vous saurez dans quelles archives chercher en France. Car la recherche commence d'abord ici. Ce sont les documents conservés par la famille ou retrouvés dans les fonds de nos archives départementales qui donnent des noms, des dates et des lieux suffisamment précis pour que la quête se poursuive en Espagne. Sur place, les modalités d'accès aux documents ne sont pas les mêmes qu'ici, les endroits de conservation non plus et la généalogie n'est pas encore un loisir de masse. Mais avec diplomatie, persévérance et patience, vous pourrez remonter votre arbre loin dans le passé, les archives paroissiales débutant en général au XVIe siècle, et les numérisations se faisant toujours plus nombreuses. Cette 4e édition mise à jour vous guide pas à pas en indiquant les derniers développement Internet.

03/2022

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Faïence, porcelaine, terre cui

Terres du bas adour

Cette édition, publiée au format A 4 avec de très nombreuses illustrations en couleur, dans la suite logique de la mise en valeur du centre potier de Castandet et de la redécouverte de la céramique du Sud- Ouest, s'attache à celle réalisée en bas Adour, c'est-à-dire à Dax, Cagnotte et une dizaine d'autres communes. Dans ce secteur entre le XVIe siècle et le milieu du XXe siècle fut actif un centre potier, des tuileries et des faïenceries dont principalement celle de Saint-Vincent-de-Xaintes (Dax). On y découvrira par communes, l'inventaire de sites de production identifiés, les familles et les artisans créateurs et enfin la production où domine la cruche de tête locale, le pega. Plusieurs potiers et décorateurs talentueux s'illustrèrent dans les ateliers landais. Mentionnons les Cazaux, dont sera issu le grand céramiste Edouard Cazaux qui n'oubliera jamais sa terre natale dont l'esprit souffle toujours dans l'atelier familial de Biarritz. Artiste-potier redécouvert, Jean-Baptiste Mothes de Saugnac-et-Cambran mais aussi le peintre en faïence Joseph Mauméjean à l'origine d'une dynastie de maîtres-verriers et le modeleur-décorateur François Lachasseigne qui, formé à Dax, s'illustrera à Malicorne.

03/2014

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Littérature française

Les esprits de la terre

Après Châteaux en enfance (1945) et avant Le temps des anges (1962), Les esprits de la terre (1953) compose le deuxième volet de la trilogie romanesque de Catherine Colomb. Mettant en scène une famille de propriétaires terriens vaudois, Les esprits de la terre raconte la spoliation - matérielle et affective - de César, héritier indésirable et marginal. En face de lui, sa terrible belle-soeur, "? Madame ? " , qui règne sur le château familial au bord du Léman, incarne l'avidité et la soif de pouvoir. Ce duel, où interviennent de nombreuses autres figures, tantôt veules, tantôt aimantes, est retracé dans un récit envoûtant à la composition audacieuse, rythmé par l'alternance du registre grotesque avec des moments de grand lyrisme. Le présent volume propose une nouvelle édition annotée, accompagnée d'une préface inédite d'Anne-Lise Delacrétaz, maître d'enseignement et de recherche à l'université de Lausanne. Née à Saint-Prex, Catherine Colomb (1892-1965) a passé la majeure partie de sa vie dans le canton de Vaud. Vivant à l'écart des milieux littéraires, elle consacre à l'écriture le temps qu'elle arrache à sa vie de mère de famille et de maîtresse de maison. Saluée de son temps par Gustave Roud et Jean Paulhan, son oeuvre est aujourd'hui considérée comme l'une des plus novatrices dans la francophonie du XXe siècle.

02/2023

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Esotérisme

La crise du monde moderne

Notre civilisation est en crise, personne n'en doute. Ecrit en 1946, le diagnostic de René Guénon est aujourd'hui encore d'une actualité saisissante et son analyse d'autant plus pertinente. Guénon oppose et compare l'Orient à l'Occident, et nous retrouvons à travers son analyse la plupart de nos préoccupations actuelles, en particulier l'ultra-matérialisme de l'Occident et sa perte du sens de l'existence découlant d'une rupture avec la vie spirituelle authentique, quelle qu'elle soit. Auteur français de 27 ouvrages (dont 10 recueils d'articles à titre posthume), René Guénon est une figure hors-norme de la spiritualité et de l'ésotérisme du XXe siècle. Né le 15 novembre 1886 à Blois (France), dans une famille catholique, et mort musulman (soufi) le 7 janvier 1951 au Caire, en Egypte, il poursuivra toute sa vie la quête de la Connaissance, la métaphysique traditionnelle, et dénoncera les errements des sciences occultes et la rupture de l'Occident avec la vie spirituelle authentique. Il collaborera à de nombreuses publications consacrées à ces thèmes, et particulièrement, dès 1925, à la revue Le Voile d'Isis (renommée ensuite Etudes traditionnelles).

05/2023

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Littérature anglo-saxonne

Le cavalier de la nuit

Au début du XXe siècle, dans le sud des Etats-Unis, les petits producteurs de tabac doivent faire face à la domination des grandes compagnies qui les forcent à vendre leurs récoltes à des prix dérisoires. Le jeune avocat Percy Munn assiste, impuissant, à ce combat inégal qui précipite de nombreuses familles dans la misère et attise les flammes de la révolte. Tiraillé entre son attachement viscéral aux lois et sa soif de justice, Munn choisit finalement le camp des Cavaliers de la Nuit, une organisation secrète qui défend la cause des producteurs en détruisant des entrepôts et des champs, en faisant régner la peur et couler le sang. A leurs côtés, derrière un masque, Munn bascule dans la spirale de feu et de violence qui embrase le pays... Véritable épopée, Le Cavalier de la Nuit est le premier roman de Robert Penn Warren, triple prix Pulitzer et auteur du classique Tous les hommes du roi. Traduit pour la première fois en 1951, introuvable depuis, ce monument de la littérature américaine est enfin réédité.

02/2022

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Ethnologie et anthropologie

Modèles d'enfances

Selon les lieux et les époques, l'enfance peut être analysée selon différents modèles : l'enfant du lignage, de la chrétienté, de la Nation, ou encore l'enfant comme personne . Ces modèles se sont succédés ou se combinent selon les époques et les sociétés. Le modèle de l'enfant du lignage, a marqué les sociétés occidentales et plus largement, la plupart des sociétés rurales et agraires du monde : l'enfant est un maillon de la survie charnelle et spirituelle de l'individu et de la communauté humaine. La vie du tout-petit est précaire, et l'idée essentielle est celle de l'inachèvement et de la fragilité de son corps. Dans les pays en développement, ce modèle se maintient dans de nombreuses sociétés, même si les Etats adoptent de nouveaux droits de la famille. Un autre modèle, celui de l'enfant de la chrétienté, perdure en Occident jusqu'au XXe siècle. Il manifeste le contrôle de l'Eglise sur les alliances matrimoniales (obligation de virginité et de mariages exogamiques, indissolubilité des liens, etc.). En Occident, à partir du XVIIe siècle, un troisième modèle, qu'on appellera l'enfant de la Nation, commence à se mettre en place. Médecins, pédagogues, administrateurs se font les interprètes d'une nouvelle vision de l'enfance. Par la puériculture et l'éducation, l'enfant doit être « contrôlé » et même « dressé », pour grandir tant physiquement que moralement. Toujours en Occident, une nouvelle vision de l'enfant se dessine alors lentement, fondée sur le primat du psychologique. Ce modèle, qu'on nommera l'enfant comme personne, se diffuse au cours du XXe siècle. Les travaux des psychanalystes, des psychologues et des pédopsychiatres mettent en lumière les potentialités du bébé et ses compétences, l'importance des interactions entre la mère (ses substituts) et l'enfant, comme les effets à long terme des traumatismes subis lors de la petite enfance. S'ils se succèdent souvent, ces modèles se transforment, sont quelquefois concomitants, et se croisent de façon toujours plus complexe. A partir d'études de cas, issues de diverses sociétés à des époques différentes, les auteurs de cet ouvrage font valoir les multiples expressions de ces modèles d'enfances, tant dans les consciences individuelles que dans les modes d'organisation sociale.

03/2012

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Hindouisme

L'homme et son devenir selon le Vêdanta

Ecrit en 1925, cet ouvrage expose la constitution subtile de l'être humain et son chemin vers la Libération, du point de vue du coeur métaphysique de la philosophie hindoue, le Ved nta. René Guénon s'intéresse tout particulièrement ici à l'approche d'Adi Shankara, l'un des plus célèbres maîtres spirituels du courant spirituel du Védanta nommé Advaïta Vedanta (" non-dualité "). L'ouvrage forme une trilogie avec " Le Symbolisme de la croix " (1931) et " Les Etats multiples de l'être " (1932) qui approfondissent des thèmes premièrement abordés ici. Auteur français de 27 ouvrages (dont 10 recueils d'articles à titre posthume), René Guénon est une figure hors-norme de la spiritualité et de l'ésotérisme du XXe siècle. Né le 15 novembre 1886 à Blois (France), dans une famille catholique, et mort musulman (soufi) le 7 janvier 1951 au Caire, en Egypte, il poursuivra toute sa vie la quête de la Connaissance, la métaphysique traditionnelle, et dénoncera les errements des sciences occultes et la rupture de l'Occident avec la vie spirituelle authentique. Il collaborera à de nombreuses publications consacrées à ces thèmes, et particulièrement, dès 1925, à la revue Le Voile d'Isis (renommée ensuite Etudes traditionnelles).

06/2023

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sociologie du genre

Etre artiste et femme en province dans les années vingt

A partir du cas de Grenoble, il s'agit de décrire une situation structurelle caractérisant la carrière artistique des femmes en France au cours des années vingt du XXe siècle. Reposant sur des sources nombreuses et diversifiées (catalogues d'exposition, extraits de presse, journaux personnels d'artistes, correspondances, cahiers tenus par des membres des familles, documents d'état civil, récits et fictions autobiographiques), le livre s'attache à reconstituer les trajectoires de dizaines de créatrices dont beaucoup ont été oubliées ou ignorées par l'histoire locale alors qu'elles se sont manifestées publiquement comme des artistes en exposant leurs oeuvres dans des galeries ou des salons. La combinaison des approches quantitatives et qualitatives permet de mettre en évidence les contraintes spécifiques qui pèsent sur les femmes du fait de leur genre. Elle montre également les déterminants sociodémographiques et générationnels qui contribuent à différencier leurs carrières. Appuyée sur un corpus d'une soixantaine de créatrices, l'étude croise les grands récits de l'histoire de l'art avec une analyse de parcours singuliers où les destinées sociales assignées aux filles se combinent à différentes formes d'inégalités dues au genre : accès aux formations artistiques, aux disciplines, aux expositions ou à la sociabilité du champ artistique.

10/2024

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Romans, témoignages & Co

Rebecca de Sunnybrook

Un roman majeur américain qui a formé la littérature anglophone du xxe siècle. Fille d'une famille pauvre et nombreuse, Rebecca est envoyée vivre chez deux tantes aux caractères bien trempés, dans l'espoir d'un avenir meilleur. Curieuse, vive, rêveuse et profondément attachante, la jeune héroïne bouleverse, par sa seule présence, l'équilibre de la petite ville de Riverboro. A travers les épreuves et les joies de la vie, elle s'affirme peu à peu, déploie sa personnalité unique et s'ouvre au monde. Publié en 1903, Rebecca of Sunnybrook Farm est une oeuvre majeure de la littérature jeunesse américaine, considérée comme l'un des premiers romans d'apprentissage au féminin. Avec un subtil mélange de réalisme, de poésie et d'humour, Kate Douglas Wiggin offre un portrait émouvant d'une enfance tiraillée entre la fantaisie et la rigueur des conventions sociales. La jeune Rebecca au regard intense et à l'imagination débordante incarne une forme de liberté intérieure et de résilience qui résonne encore aujourd'hui. Adapté plusieurs fois au cinéma, traduit dans des dizaines de langues, Rebecca of Sunnybrook Farm fut également célébré en 1993 par la poste américaine dans une série de timbres honorant les grands classiques de la littérature américaine, aux côtés de Les Quatre Filles du docteur March, La Petite Maison dans la prairie et Les Aventures de Huckleberry Finn. Le roman inspira par ailleurs la création d'Anne of Green Gables, surnommée à sa parution "la Rebecca canadienne" . Et pourtant, malgré son immense popularité outre-Atlantique, Rebecca of Sunnybrook Farm demeure encore largement méconnu en France.

10/2025

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Sociologie

Zygmunt Bauman

Zygmunt Bauman a été le témoin actif des grands bouleversements du XXe siècle. Né en 1925 en Pologne dans une famille modeste d'origine juive, il se réfugie en URSS en 1939 pour fuir le nazisme. Mobilisé en 1943 au sein de l'Armée rouge, il participe à la libération de Varsovie et, une fois la paix rétablie, il intègre le Corps de sécurité de l'intérieur (KBW) dans l'espoir de bâtir une société polonaise juste et égalitaire, loin des persécutions qu'il a connues lorqu'il était enfant du fait de son ascendance juive. Universitaire engagé, il participe à la réhabilitation de la sociologie en Pologne. S'il cède à l'optimisme en 1956, avec l'annonce par Khrouchtchev du dégel, ses espoirs sont vite déçus. Il est placé sous surveillance et c'est dans un contexte d'antisémistisme extrême qu'il se voit contraint de quitter le Parti communiste, l'université de Varsovie et la Pologne en 1968. Après un séjour en Israël, il s'installe à Leeds en 1971 où il demeure jusqu'à sa mort en 2017. En s'appuyant sur de nombreuses sources - dont des archives, le journal de sa femme Janina Bauman et des entretiens avec Bauman lui-même et nombre de personnes l'ayant connu -, Izabela Wagner retrace la vie d'un homme, d'un père, d'un man, d'un chercheur et d'un militant convaincu. La vie de Zygmunt Bauman se lit comme un roman, mais il a fallu le travail minutieux de l'anthropologue Izabela Wagner pour donner vie à cette biographie d'ampleur du père de la "modernité liquide".

09/2024

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Sociologie du travail

Droit à l'emploi, droit au salaire ?

Pourquoi la revue SalariatA ? Nicolas Castel Mathieu Grégoire Jean-Pascal Higelé Maud Simonet Le salariat a longtemps eu mauvaise presse. Au milieu des années 1860, dans un chapitre inédit du Capital, Karl Marx écritA : " Dès que les individus se font face comme des personnes libres, sans salariat pas de production de survaleur, sans production de survaleur pas de production capitaliste, donc pas de capital et pas de capitaliste ! Capital et travail salarié (c'est ainsi que nous appelons le travail du travailleur qui vend sa propre capacité de travail) n'expriment que les deux facteurs d'un seul et même rapportA ". Qui dit salariat dit capitalisme et inversement. Marx invite ainsi les travailleurs et les travailleuses réuni·es dans la Première internationale, à substituer au slogan " un salaire équitable pour une journée de travail équitable ", le mot d'ordre : " Abolition du salariatA ! A ". Près d'un siècle et demi plus tard non seulement le salariat n'a pas été aboli, mais il est devenu désirable pour nombre d'individus et d'organisations syndicales. Cela ne fait guère mystère : le salariat observé par Marx et ses contemporains n'est plus celui que nous observons aujourd'hui. En tant que rapport social, le salariat a été un champ de bataille. Il a donné lieu à des stratégies d'émancipation qui se sont parfois - souventA ! - traduites en victoires et en conquêtes. Les institutions du salariat que nous connaissons aujourd'hui sont les buttes témoins de ces batailles passées. La revue Salariat nait d'un questionnementA : les sciences sociales ont-elles pris la mesure d'une telle transformationA ? Certes, l'idée d'une bascule dans l'appréciation du salariat - de condition honnie à statut désiré - est largement partagée : l'inscription puis le retrait de la revendication " d'abolition du salariatA " dans les statuts de la Confédération générale du travail sont souvent mobilisés comme manifestation de ce mouvement historique. Mais on peut se demander si la façon dont les sciences sociales conçoivent le salariat a, parallèlement, évolué en prenant toute la mesure de ses transformations historiques qui, précisément, expliquent ce basculement radical d'appréciation. C'est en partant de l'explicitation de ce paradoxe que nous souhaitons introduire le projet intellectuel de la revue Salariat. Pourquoi questionner le " salariatA "A ? Le salariat du xixe siècle n'est pas le salariat du xxe siècle et ne sera pas, on peut en faire l'hypothèse, celui du xxie siècle. Si au premier abord, il s'agit d'un rapport social consubstantiel au capitalisme, on aurait tort d'arrêter là l'analyse : le salariat s'est transformé en devenant, par certains aspects, plus complexe et, par d'autres, plus simple. Le salariat est d'abord devenu plus complexe car le rapport social salariés/employeurs ne s'exprime plus à la seule échelle de la fabrique ou de l'entreprise, ni à celle d'un face à face entre un ou des travailleurs et un capitaliste. Ce rapport se joue à plusieurs échelles comme par exemple la branche et l'échelon interprofessionnel. Il s'est par ailleurs cristallisé dans des institutions et dans le droit. Mais le salariat est aussi devenu plus simple car dans la première partie du xxe siècle, il est encore possible d'associer le rapport salarial à une classe sociale parmi d'autres, la classe ouvrière, dont les luttes, les représentations syndicales, les institutions et le droit, n'engagent pas nécessairement ou pas directement les autres classes sociales. Les paysans, les employés, les professions intellectuelles par exemple peuvent ainsi encore s'imaginer un futur dans lequel - à l'instar des ouvriers mais à côté d'eux - ils pourront construire un droit spécifique, des protections sociales spécifiques et ce, grâce à des organisations syndicales spécifiques. Près d'un siècle plus tard, le salariat s'est généralisé numériquement et la catégorie de salariat a solidarisé des segments de travailleurs et de travailleusesA : au groupe social " ouvrierA " sont venus s'ajouter le groupe social " employéA " ainsi que les " cadresA " dont il faut noter que leur intégration au salariat fut un retournement de l'histoire particulièrement significatif. Qui plus est, ces segments de travailleurs et de travailleuses ont été solidarisés dans un même rapport social qui les oppose à des employeurs de façon plus universelle, plus simple et plus claire que par le passé. Ironie de l'histoire ou diversion, c'est précisément au moment où cette confrontation entre deux classes prend sa forme la plus évidente que la lutte des classes est déclarée obsolète. Il nous semble donc qu'au lieu de prendre toute la mesure de ces profondes transformations sociohistoriques du salariat, l'usage de cette notion par les sciences sociales s'est singulièrement appauvri. Pour Marx et ses contemporains - quelle que soit par ailleurs leur sensibilité -, le salariat est d'abord une notion forgée pour identifier, décrire et expliquer une relation économique, un rapport social très androcentré qui apparaît central dans la société du xixe siècle. Pour le dire dans un vocabulaire anachronique, c'est donc avant tout un concept des sciences sociales qui donne lieu à des controverses, des interrogations. Philosophes, économistes, sociologues s'en saisissent comme d'un outil pour décrire le réel qu'ils ont sous les yeux. Un siècle et demi plus tard, force est de constater que le terme salariat n'est plus questionné. Il est très souvent, pour les sciences sociales, une simple réalité juridico-administrative, une " donnée " ne posant pas question et au mieux une catégorie mais rarement un concept. Chacun ou chacune est ou n'est pas juridiquement " salariéA " tandis que, statistiquement, l'Insee comptabilise un nombre de " salariésA " et un nombre d'" indépendantsA " puis mesure l'évolution de leur part respective. Que les sciences sociales prennent en considération le fait d'être ou non juridiquement " salariéA ", par exemple lorsqu'on étudie la condition des travailleurs et des travailleuses des plateformes, est certes important et utile. Mais, à l'instar de ce que pratiquent paradoxalement de nombreux juristes, c'est à un usage plus réflexif de la notion de salariat - qui ne se réduit pas à une catégorie molle - que nous appelons. Cette approche réductrice du salariat comme " donnée " non interrogée s'explique certainement par un mécanisme assez paradoxalA : cette forme juridique, salariale donc, est le fruit d'une histoire qui a vu un concept et des théories s'incarner dans le droit9. En effet, ce concept analytique a infusé le droit jusqu'à structurer une grande part des réalités du travail et de ses " régulationsA " dans une bonne partie de l'Europe continentale, au Japon, aux Etats-Unis et ailleurs. Cependant, cette cristallisation dans le droit s'est accompagnée d'une baisse du pouvoir analytique du concept, voire d'une neutralisation scientifique d'un concept qui n'est qu'à de rares exceptions10 interrogé. La cristallisation dans le droit s'est ainsi accompagnée d'une vitrification conceptuelle. Dans quels termes a-t-on arrêté de penser la question salariale ? Dans une définition-essentialisationA : le salariat c'est la subordination. Et cette définition-essentialisation est sous-tendue par une théorie implicite : celle de l'échange d'une subordination contre une protection. Ce " compromisA " - fordien ou autre -, est devenu un cela va de soi ou un implicite théorique, presque un récit mythique des sciences sociales. Les analyses de Robert Castel dans Les métamorphoses de la question sociale sont à ce titre souvent mobilisées pour opposer diamétralement deux périodes historiques. Dans la première, le salariat de la révolution industrielle serait profondément asymétrique, l'égalité formelle des parties donnant lieu à une inégalité de fait et au paupérisme. Dans la seconde, un droit du travail et des droits sociaux octroyés par l'Etat seraient venus compenser cette asymétrie initiale et rééquilibrer l'échange salarial11A : subordination contre protection, " compromis fordiste ", " Trente glorieusesA " et " plein-emploiA " comme nouvelle étape d'un rapport salarial enfin rééquilibré. L'état de " compromisA " peut alors plus ou moins implicitement être conçu comme un climax, un optimum indépassable. Dans un tel cadre d'analyse, on sera tendantiellement conduit à ne penser que des reculs - l'" effritement de la A société salariale " - et ce, dans la nostalgie d'un passé glorieux mais malheureusement révolu. Droits octroyés et équilibre de l'échange retrouvéA : dans une telle perspective théorique, on le voit, l'univers des possibles du salariat est relativement bien borné par cet état d'harmonie sociale et d'intégration de la classe ouvrière que l'on prête à la période d'après-guerre. Or, pleine de conflits, de conquêtes, d'émancipations, la réalité sociohistorique sur plus d'un siècle dépasse les termes de l'échange et du compromis. Penser ainsi non pas en termes de compromis mais en termes de luttes et d'émancipation, évite de présumer des définitions et limites du salariat. La réalité du salariat a changé parce que des batailles relatives au travail et/ou à la citoyenneté économique et politique ont été gagnées. Oui, le salariat est consubstantiel au capitalisme mais il est traversé en permanence, par des formes de subversion de la logique capitaliste. Le rapport salarial, en ses contradictions et ses puissances, est le point nodal de la lutte des classes et, en la matière, la messe n'est pas dite tant au point de vue des structures objectives que des structures subjectivesA : rien ne permet de conclure que ce rapport social n'est qu'enrôlement au désir-maître capitaliste12. Si le régime de désir est bien celui de désirer selon l'ordre des choses capitalistes (i. A e. une épithumè capitaliste13), il n'en demeure pas moins que depuis la théorisation produite par Marx, tout un maillage institutionnel de droits salariaux subversifs du capitalisme a pris forme au coeur du rapport salarial (sécurité sociale, cotisations sociales, conventions collectives, minima salariaux, droit du travail, statuts de la fonction publique et des entreprises publiques, etc.). En matière de salariat, on ne peut donc en rester à la théorie implicite du xixe siècle et son acquis d'une protection contre une subordination. Ce n'est pas une simple donnée juridique incontestable (être ou ne pas être " salariéA ") mais un concept qui doit être discuté, débattu, interrogé, mis en question, caractérisé et caractérisé à nouveau, au fil du temps et des luttes sociales qui s'y rattachent. Si domination, exploitation, aliénation, invisibilisation il y a, il s'agit aussi de comprendre ce qui se joue dans le salariat en termes d'émancipation des femmes et des hommes. Certes, le salariat n'est pas qu'émancipation. Et on peut songer à d'autres possibles pour les travailleurs et les travailleuses que ceux qui s'organisent à l'échelle du salariat. Mais cette dimension émancipatrice ne doit pas faire l'objet d'une occultation. Il nous parait donc nécessaire de saisir le salariat dans son épaisseur sociohistorique, dans les contradictions qui le traversent, les luttes qui le définissent et le redéfinissent, pour éclairer la question du travail aussi bien dans sa dimension abstraite que concrète. On l'aura compris, il s'agit donc ici d'interroger le salariat en lui redonnant toute sa force historique, heuristique et polémique. Le salariat, nous l'avons dit, est devenu un rapport social qui s'exprime à de multiples échelles et qui dépassent de beaucoup le simple face à face évoqué dans la deuxième section du Capital dans laquelle un employeur, " l'homme aux écusA ", se tient devant un salarié ne pouvant s'attendre " qu'à être tannéA "14. Chacune de ces échelles constitue un champ de bataille, avec ses contraintes et ses stratégies d'émancipation spécifiques. A chacune de ces échelles, le rapport social salarial s'exprime dans des collectifs, dans des solidarités et des conflictualités articulées les unes aux autres. A l'échelle de l'entreprise se jouent par exemple de nombreuses luttes pour l'emploi. A celui de la branche, par le biais des conventions collectives, se joue notamment le contrôle de la concurrence sur les salaires entre entreprises d'un même secteur. A l'échelon interprofessionnel et national se jouent l'essentiel du droit du travail et des mécanismes de socialisation du salaire propres à la sécurité sociale ou à l'assurance chômage. Le salariat est donc bien loin de la rémunération marchande de la force de travail du xixe siècle. Les champs de bataille se sont démultipliés tout en s'articulant les uns aux autres. Qu'on pense à l'importance des conventions collectives en termes de salaire et de conditions de travail pour articuler les combats dans l'entreprise et dans la branche. Qu'on pense au rôle d'activation ou au contraire d'éradication des logiques d'armée de réserve que peut jouer un mécanisme d'assurance chômage sur le marché du travail. Qu'on pense également aux mécanismes de sécurité sociale en matière de santé et de retraites en France. Ces derniers se sont constitués en salaire socialisé engageant dans une relation l'ensemble des employeurs et l'ensemble des salarié·es à l'échelle interprofessionnelle là où, dans un pays comme les Etats-Unis, la protection contre ces " risquesA " est demeurée liée à la politique salariale d'un employeur à travers des benefits par un salaire indirect mais non socialisé15. Qu'on pense également au salaire à la qualification personnelle qui émancipe largement les fonctionnaires des logiques de marché du travail. Comprendre ce que vit individuellement un salarié ou une salariée hic et nunc, suppose de prendre en considération l'ensemble de ces dimensions collectives articulées, les dynamiques historiques, les luttes, les stratégies et la façon dont l'état des rapports de force sur chacun de ces champs de bataille s'est cristallisé dans des institutions. S'il est un objet qui nous rappelle tous les mois que ce rapport social se joue à plusieurs échelles, c'est bien la fiche de paye. Elle est une symbolisation d'un salaire dit " individuelA " ou " directA " en même temps que le lieu d'un " salaire collectifA " et ce, à plusieurs égards. En effet, quant à sa détermination, le salaire est particulièrement redevable au collectif. Les forfaits salariaux négociés dans les grilles de classification des conventions collectives de branches et au niveau de l'entreprise ou encore les grades et échelons de la fonction publique sont des éléments structurants du salaire. A cet " individuelA " s'ajoute une autre dimension collective dont la fiche de paye fait état, c'est la part directement socialisée du salaire à une échelle nationale et interprofessionnelle via des cotisations ou des impôts. Ces échelles et institutions plurielles ne sont pas réductibles à une fonction de protection légitimée par une subordination mais sont beaucoup plus largement le produit des dimensions collectives et conflictuelles du salaire. Et l'on voit là, pour le dire en passant, ce qu'a d'inepte la lecture marchande et purement calculatoire du salaire, économicisme malheureusement dominant. Derrière la plus ou moins grande socialisation des salaires, c'est la question des modes de valorisation du travail qui se pose : à travers la qualification et la cotisation, le salaire n'a plus grand-chose à voir avec la fiction du prix du travail (cf. infra). Enfin, derrière la maîtrise ou non de cette socialisation, c'est aussi la bataille pour la maîtrise du travail concret qui se joue : c'est-à-dire maîtriser ses finalités, maîtriser la définition de ce qui doit être produit ou pas, maîtriser les moyens et les conditions de la production. Voilà tout ce qu'une lecture en termes de conflictualité et d'émancipation, et non seulement de protection/subordination, s'autorise à penser. Pourquoi une revue ? La revue Salariat est la poursuite du projet intellectuel et éditorial que l'Institut Européen du Salariat (IES) porte depuis sa création en 2008. La revue vise donc à accueillir des contributions qui prendront au sérieux les enjeux du salariat de façon ouverte et contradictoire. Il s'agit de promouvoir des analyses du salariat issues des sciences sociales au sens large (sociologie, science politique, histoire, économie, droit...) mais aussi des débats ou des controverses qui ne s'interdisent pas de tirer des conclusions politiques de ces analyses scientifiques16. La revue est ainsi largement ouverte à diverses disciplines et à une pluralité de registres de scientificité. Les travaux empiriques pourront ainsi côtoyer des réflexions théoriques. Des textes fondés sur un registre très descriptif pourront dialoguer avec des approches plus politiques défendant telle ou telle stratégie d'émancipation. Grâce à ce dialogue qu'on espère fécond, nous entendons mettre la production intellectuelle de la recherche au service du débat public et des luttes politiques et sociales qui se déploient dans les domaines du travail concret et de sa valorisation. Notre revue souhaite ainsi faire vivre le débat intellectuel, le dialogue interdisciplinaire et constituer un espace de liberté scientifique en autorisant des approches diverses et non formatées, ce qui suppose en particulier que le débat puisse s'épanouir le plus possible à l'abri - voire même en dehors - des enjeux relatifs au " marché du travailA " académique. Si la revue entend publier des articles d'auteurs et d'autrices dont on apprécie les qualités de chercheurs et de chercheuses, elle dénonce avec d'autres17 la fonction d'évaluation et in fine de classement des recherches et des chercheurs et chercheuses que les politiques de l'enseignement supérieur et de la recherche tendent de plus en plus à assigner aux revues. Nous souhaiterions - autant que possible - ne pas constituer un outil de légitimation supplémentaire d'un " marché du travailA " académique dans lequel de jeunes chercheurs et chercheuses - de moins en moins jeunes en réalité... - font face à une pénurie extrême de postes et sont soumis à la loi du " publish or perishA " ainsi qu'à l'inflation bibliométrique qui, paradoxalement, nuit à la qualité de la production scientifique. Cela signifie en pratique et entre autres, que nous voudrions rester en dehors de cette logique de " classementA " des revues et donc ne pas figurer dans les listes officielles des revues dans lesquelles il conviendrait pour les candidats et les candidates à la carrière académique de publier, les critères bibliométriques permettant aux évaluateurs et aux évaluatrices de se passer d'un travail de discussion sur le fond. Cela signifie également que la composition du comité de rédaction de la revue n'est pas dépendante du statut sous lequel les membres exercent leur qualité de chercheur·se : doctorant·e, titulaire ou non titulaire, chercheur·se dans ou hors des institutions de l'enseignement supérieur et de la recherche. Nous nous concevons ainsi comme un groupe ouvert à toutes celles et tous ceux qui souhaitent travailler à un projet intellectuel et proposer aux lecteurs et aux lectrices un contenu de qualité, intéressant à la fois d'un point de vue scientifique et d'un point de vue politique. En ce sens, nous proposons plusieurs rubriques pour apporter divers éclairages ou points d'entrée d'un même questionnement puisque nous avons l'objectif de structurer chaque numéro annuel autour d'une problématique commune. La rubrique Arrêt sur image invite à décrypter les enjeux derrière une image choisie, la rubrique Lectures et débats ouvre à la discussion avec des publications académiques ou littéraires et la rubrique Brut est un espace de mise en valeur de données empiriques diverses. Ces manières d'aborder la problématique générale du numéro sont complétées par des articles dans une rubrique plus généraliste, Notes et analyses. Mais ces rubriques, plus largement présentées sur le site web de la revue18, ne doivent pas constituer des carcans et elles sont elles-mêmes susceptibles d'évoluer. Droit à l'emploi ou droit au salaire ? Ce premier numéro est ainsi l'occasion de tester l'intérêt ou la validité de notre parti-pris analytique consistant à penser le salariat comme un concept de sciences sociales à vocation heuristique en dévoilant ses contradictions et ce faisant, des chemins possibles d'émancipation. La question générale que nous posons dans ce numéro est la suivante : qu'est-il préférable de garantir, un droit à l'emploi ou un droit au salaire ? Pour celles et ceux qui restent indifférent·es à une réflexion de fond sur les institutions salariales, cette question n'a pas lieu d'être car " qui dit emploi dit salaire et qui dit salaire dit emploi, garantir l'un, revient donc à garantir l'autre ". Une telle remarque passerait pourtant à côté d'un enjeu essentiel car il y a là - en première analyse et pour la période qui nous occupe, à savoir fin du xxe siècle et début du xxie siècle - deux voies d'émancipation salariale structurées autour de deux grandes familles de stratégies possiblesA : celles qui concourent à promouvoir l'emploi et notamment le plein-emploi et celles qui s'en départissent et promeuvent un droit au salaire ou font du droit au salaire un préalable. Ce débat, s'il est contemporain, n'est pas totalement nouveau et deux grandes organisations syndicales, la CGT et la CFDT s'en sont emparé avec leurs projets respectifs de sécurité sociale professionnelle ou de sécurisation des parcours professionnels. Il s'agit bien de projets différents dans lesquels l'emploi et le salaire ne recouvrent pas une même réalité. " EmploiA ", voire même " plein-emploiA " peuvent prendre des sens différents et leur éventuelle garantie ne dit rien de la nécessité du salaire ou de ressources au-delà de l'emploi précisément. La question posée dans le présent numéro est donc loin d'être anodine et c'est pourquoi nous y réfléchissons depuis une dizaine d'années19 et la remettons aujourd'hui sur le métier. Et de ce point de vue, l'expérience du confinement a été particulièrement révélatrice de ce que les différentes formes d'institutions du travail produisent en termes de droits salariaux, comme le met en lumière Jean-Pascal Higelé dans une note - révisée - de l'IES que nous publions ici.

10/2022