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D'allonnes myriam Revault, Myriam Revault d'Allones

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La faiblesse du vrai

L'irruption récente de la notion de "post-vérité", désignée comme mot de l'année 2016 par le dictionnaire d'Oxford, a suscité d'innombrables commentaires journalistiques, notamment sur le phénomène des fake news, mais peu de réflexions de fond. Or, cette notion ne concerne pas seulement les liens entre politique et vérité, elle brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. En questionnant les rapports conflictuels entre politique et vérité, Myriam Revault d'Allonnes déconstruit nombre d'approximations et de confusions. Elle montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à la constitution de l'opinion publique et à l'exercice du jugement. L'exploration du "régime de vérité" de la politique éclaire ce qui distingue fondamentalement les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et à la transformation des "vérités de fait" en opinions, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la "post-vérité" appauvrit l'imaginaire social et met en cause les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Il est urgent de prendre conscience de la nature et de la portée du phénomène si nous voulons en conjurer les effets éthiques et politiques.

10/2018

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Ouvrages généraux

L'homme compassionnel

Nos sociétés sont saisies par la compassion. Un " zèle compatissant " à l'égard des démunis, des déshérités, des exclus ne cesse de se manifester dans le champ politique. A tel point que les dirigeants n'hésitent plus à faire de leur aptitude à compatir un argument décisif en faveur de leur droit à gouverner. Phénomène circonstanciel ou nouvelle figure du sentiment démocratique ? Myriam Revault d'Allonnes interroge sans détour les rapports entre la dimension affective du vivre-ensemeble, al nature du lien social et l'exercice du pouvoir. Remontant aux sources de la modernité, elle montre que le rôle des passions et des émotions n'a cessé de nourrir la réflexion sur l'existence démocratique, de Rousseau à Arendt, en passant par Tocqueville. Où l'on verra que, si le déferlement compassionnel ne fait pas une politique, les liens entre sentiment d'humanité, reconnaissance d'autrui et capacité d'agir nécessitent pourtant d'être pensés à nouveaux frais.

01/2008

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La faiblesse du vrai

La faiblesse du vrai L'irruption de la notion de " post-vérité " a suscité d'innombrables commentaires médiatiques, mais peu de réflexions de fond. Or cette notion brouille la distinction essentielle du vrai et du faux, portant atteinte à notre capacité à vivre ensemble dans un monde commun. L'auteure montre que le problème majeur de la politique n'est pas celui de sa conformité à la vérité mais qu'il est lié à l'exercice du jugement, notamment dans la sphère publique. L'analyse du " régime de vérité " de la politique éclaire ce qui distingue les systèmes démocratiques, exposés en permanence à la dissolution des repères de la certitude, à la tentation du relativisme et du règne de l'opinion, des systèmes totalitaires, où la toute-puissance de l'idéologie fabrique un monde entièrement fictif. Loin d'enrichir le monde, la " post-vérité " appauvrit l'imaginaire social et altère les jugements et les expériences sensibles que nous pouvons partager. Myriam Revault d'Allonnes Philosophe. Elle a publié de nombreux essais au Seuil et notamment La Crise sans fin. Essai sur l'expérience moderne du temps (2012).

10/2021

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Notions

Passions publiques

PASSIONS PUBLIQUES : L'emprise des émotions, dit-on, emporte tout sur son passage, y compris les conditions du débat public. Mais leur absence est-elle la condition d'une raison publique qui ne saurait s'exercer que dans le silence des passions ? C'est dans le champ de la philosophie politique et en mettant la pensée à l'épreuve de l'événement que Myriam Revault d'Allonnes défait le grand partage du sensible et de l'intelligible, de la raison et des passions. En montrant comment s'entrelacent la rationalité politique, les sensibilités collectives et les conditions de l'agir humain, elle revisite des traditions de pensée qui, attentives au caractère incontournable des affects, ont interrogé la dynamique qui soutient l'élaboration du lien social. Ce chemin nous aide à mieux comprendre les nouvelles mobilisations où le vécu, le sentiment d'injustice, le souci de l'égale dignité jouent un rôle majeur. Comment leur émergence s'accorde,t-elle avec la capacité d'agir de l'homme raisonnable ? Parce que la raison publique s'enracine dans les dispositions sensibles qui font l'humanité de l'homme, son exercice nous incite à résister aux fureurs antipolitiques qui menacent notre existence démocratique.

01/2026

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Actualité politique France

L'esprit du macronisme ou l'art de dévoyer les concepts

Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à "traverser la rue" pour trouver un travail. Comme si l'individu était un acteur rationnel, calculateur, seul responsable de ses actes et de leurs conséquences. Or, cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même, et la nation n'est pas une "start up", sinon dans un certain discours managérial et comptable qui est au coeur de la rationalité politique d'Emmanuel Macron et qui induit au mirage d'un "nouveau monde". Car le sujet-citoyen n'est pas l'individu performant. Il n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui, sachant ce qui le relie aux autres, oeuvre au sein d'institutions justes à rendre possible telle ou telle option. L'autonomie, la responsabilité ou la capacité n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension entre l'indépendance des individus et leur intégration dans la communauté. Il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social. C'est pourquoi, loin d'être anodins, ces propos sur les chômeurs ou le "pognon de dingue" engendrent des lectures simplifiantes et univoques du lien social. Devant un tel dévoiement, Myriam Revault d'Allonnes reprend à nouveaux frais ces notions fondamentales pour en montrer la profondeur, les paradoxes et la puissance ; une leçon de clarté et de rigueur, alors que, plus que jamais, dans la crise que nous vivons, le besoin d'un monde commun s'impose.

01/2021

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La vérité à l'épreuve du faire croire

Une question contemporaine / Un grand entretien La vérité à l'épreuve du faire croire Entretien avec Myriam Revault d'Allonnes, philosophe "Nous aboutissons, avec le triomphe de la "post-vérité" - dont il faut rappeler qu'elle a sa source dans les sociétés démocratiques - à des situations où l'on peut se débarrasser des réalités factuelles et où il n'est plus nécessaire que les faits informent les opinions". Une exploration de la nuit Ce que la nuit a fait à la photographie, épisode 6, La nuit intérieure, une chronique de Julien Faure-Conorton.

04/2022

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Ainsi meurt la démocratie

Démocratie. Le mot court sur toutes les bouches, se jette au visage de l'adversaire à l'occasion des débats les plus insignifiants. L'exigence démocratique s'est enlisée et perdue dans les jeux politiciens, l'indifférence des paresses citoyennes, l'hostilité de ceux qui souhaitent sa disparition. Si le mot est vidé de son sens, la chose peut-elle encore survivre ? Les deux philosophes Chantal Delsol et Myriam Revault d'Allonnes, tout en affirmant leurs profondes divergences sur ce thème d'actualité qui divise notre société, parviennent à dialoguer avec clarté et respect, selon les principes de notre collection "Disputatio ".

03/2022

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Autres

Le crépuscule de la critique

Si le XVIIIe siècle a été pour Kant "le siècle de la critique à laquelle il faut que tout se soumette" , le temps où nous vivons signe le triomphe de la confusion à laquelle rien n'échappe. Mais la critique ne se limite pas à un exercice intellectuel et mental, la marque de ce qu'on appelle l' "esprit critique" . Elle est une attitude et même un geste, une manière de dire, de penser et d'agir et surtout une exigence politique. C'est l'une des conditions du vivre-en-commun et sa force aujourd'hui nous manque.

10/2022

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L'Esprit du macronisme ou l'art de dévoyer les concepts

Emmanuel Macron avait invité les chômeurs à "traverser la rue" pour trouver un travail. Comme si l'individu était un acteur rationnel, calculateur, seul responsable de ses actes et de leurs conséquences. Or cet individu n'existe pas, personne n'est le coach de soi-même, et la nation n'est pas une "start-up". Loin d'être anodins, ces propos engendrent des lectures simplifiantes et univoques du lien social. Car le sujet-citoyen n'est pas l'individu performant. Il n'est pas un bloc d'intérêts et de concurrence mais celui qui, sachant ce qui le relie aux autres, oeuvre au sein d'institutions justes à rendre possible telle ou telle option. L'autonomie, la responsabilité ou la capacité n'ont de sens que comprises comme porteuses d'une tension entre l'indépendance des individus et leur intégration dans la communauté. Il existe un endettement réciproque entre l'homme et le social, qui est révélateur du besoin d'un monde commun.

03/2022

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Déportation

Parler des camps, penser les génocides

Comment parler des camps ? Peut-on penser les génocides aujourd'hui ? L'institution des " devoirs de mémoire " cache une culture polémique qui dénie ou hiérarchise les souffrances, pendant que se succèdent de nouveaux crimes de masse. Mais quelle place ces destructions laissent-elles à l'imagination de l'humain, là où le réalisme montre sa déroute ? Peuvent-elles s'inscrire dans la " culture " sans nouvelle " barbarie ", et faire l'objet d'une vivante transmission ? Pour tenter de répondre à ces questions, trente-trois chercheurs - aussi différents que Janine Altounian, Omer Bartov, Jean Bollack, Alain Brossat, Muhamedin Kullashi, Véronique Nahoum-Grappe, Myriam Revault d'Allonnes, Tzvetan Todorov, Enzo Traverso, Irving Wohlfarth... - se sont prêtés à un échange intercommunautaire et transdisciplinaire lors d'un colloque qui s'est tenu à la Sorbonne en mai 1997. Né de la volonté de mettre en présence les champs cloisonnés de l'historiographie et du témoignage littéraire, la conscience européenne et ses points aveugles, et d'échapper ainsi à la logique binaire qui oppose l'Universel au Particulier, le " savoir " objectif à l'" expérience " subjective, le présent recueil met en relation le décryptage d'événements récents (Rwanda, ex-Yougoslavie, Algérie) ou mal connus (génocide cambodgien, famine planifiée en Ukraine) avec l'héritage d'événements plus anciens (génocide arménien, génocide juif). La phénoménologie des violences politiques y conduit à une interrogation sur l'humain.

11/1999

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Philosophie

Raconter des histoires, raconter l'Histoire

Rien de plus simple, en apparence, que de raconter des histoires. Innombrables sont les récits du monde et on en trouve dans toutes les sociétés, à toutes les époques. S'il rapportent des histoires inventées et qui ne sont pas vraiment arrivées, ils relèvent de la fiction, contrairement au récit historique qui prétend à la vérité. Mais ce qu'ils ont en commun, c'est l'acte de raconter qui, quelles que soient ses formes, se déroule dans le temps. Et, réciproquement, ce qui se déroule dans le temps peut être raconté. Nos expériences se déroulent dans le temps, mais, pour qu'on le comprenne bien et qu'on le reconnaisse, il faut en faire le récit. Raconter, c'est mettre en ordre, agencer un ensemble d'éléments : c'est alors que les événements font sens. De même, c'est en se racontant qu'on peut se comprendre individuellement (quand on raconte son histoire) et collectivement (quand les historiens écrivent l'Histoire). Car l'existence humaine est celle d'un être enchevêtré dans des histoires.

10/2013

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Philosophie

Chouette philo !

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Quel est le sens de l'existence ? Comment réfléchir, philosophiquement, à ce qui se passe aujourd'hui ? Tenter de répondre aux questions métaphysiques, existentielles qu'on se pose depuis toujours (mais pas forcément de la même manière), mobiliser cet étonnement devant le monde qui fait la complicité entre la philosophie et la jeunesse : tels sont les enjeux, le pari de cet abécédaire. 26 lettres, 26 notions, 26 auteurs, 26 illustrateurs autant de mots, de styles et de références. Il n'y a pas de pensée unique dans ce livre. La seule règle a été de choisir des mots assez variés — d'Artiste à Zombie — pour représenter l'ensemble des territoires de la philosophie : ces choses invisibles, tels Dieu ou l'âme, qu'on appelle la métaphysique, mais aussi la politique, la morale, l'art ou les sciences. Faire des pensées de ces mots de tous les jours, parler des choses là où on ne s'y attend pas, mieux comprendre le monde qui nous entoure afin d'y prendre part, c'est à cela que sert la philosophie.

08/2012

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Sociologie politique

Sommes-nous toujours en démocratie?

"La vraie démocratie, elle est ici ! " . Scandés par des centaines de milliers de Français pendant le mouvement social contre la réforme des retraites début 2023, ces mots montrent les crispations auxquelles notre système politique est confronté. Comme l'avait déjà illustré le mouvement des gilets jaunes, beaucoup de citoyens ne considèrent plus comme pleinement légitimes les élus. Pour eux, les dés seraient pipés : les politiques sous l'influence des lobbys, les gouvernants sous celle du patronat, ou de Bruxelles. Et la pratique du pouvoir pencherait davantage vers un autoritarisme dédaigneux qu'un gouvernement respectueux de son mandat et du peuple souverain. Ces critiques sont-elles justifiées ? Nos institutions sont-elles adaptées aux besoins de l'époque, et à cette envie de participation aux décisions qui émerge dans la société ? Ont-elles été conçues pour répondre aux crises sociales, écologiques et humaines qui sont devant nous ? Et au fond, sommes toujours en démocratie ? 12 auteurs ont accepté d'y réfléchir.

02/2024