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Croire en l'histoire ; essai sur le concept moderne d'histoire

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Sciences historiques

Croire en l'histoire

Le XIXe siècle fut la grande époque de l'Histoire. On y croyait avec une force et une foi sans faille, on s'est mis à la pratiquer méthodiquement avec pour ambition de la hisser au rang de science, le roman s'en est emparé… Véritable théologie des temps modernes, trait d'union entre passé, présent et futur, elle organisait le monde et lui donnait un sens. Qu'en est-il aujourd'hui, où « faire de l'histoire » se signifie plus, comme chez Chateaubriand, jouer un rôle politique, être moteur des événements, mais simplement être historien, avoir fait des études et obtenu des diplômes justifiant ce titre ? Peut-on encore croire en l'Histoire ? Y croire implique-t-il de croire qu'elle a un sens ? Qui fait l'Histoire et qu'est-ce que qu'écrire l'Histoire ? Le concept moderne est-il définitivement dépassé ? Poursuivant une réflexion entamée dans ses précédents ouvrages, notamment dans Évidence de l'histoire, dialoguant avec les artistes (trois commentaires d'image ponctuent le livre), les écrivains (de Balzac à McCarthy), les historiens (Spengler, Toynbee), François Hartog montre comment l'évolution du concept d'histoire est significatif du basculement progressif de notre rapport au temps : on assiste à une fermeture du futur et à l'essor d'un présent omniprésent, mais aussi à une montée de la « mémoire » (lois mémorielles, devoir de mémoire, droit à la mémoire…). L'avenir disparaît de nos horizons, devient imprévisible, « infigurable » ; ce n'est plus l'Histoire qui juge : elle est jugée. Grand objet de croyance de l'époque moderne (avec ses dévots, ses martyrs, ses hérétiques et ses traîtres), l'Histoire semble bien être entrée dans l'ère de doute. Quelle peut dès lors être encore la mission de l'historien ?

02/2013

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Histoire de France

La Régence absolue. Philippe d'Orléans et la polysynodie (1715-1718)

Au matin du 2 septembre 1715, alors qu'il vient d'être désigné régent par le Parlement de Paris, Philippe d'Orléans annonce qu'il entend modifier la forme du dispositif gouvernemental prévu, dans son testament, par Louis XIV. Celui-ci souhaitait que, pendant la minorité du roi (Louis XV est encore un enfant), un conseil unique, le Conseil de Régence, préside aux destinées du royaume, assisté par des ministres et des secrétaires d'Etat. Philippe d'Orléans estime en revanche qu'ayant besoin des lumières de chacun, il est plus opportun de créer plusieurs conseils, chargés d'assister dans sa lourde tâche le Conseil de Régence. Quelques semaines plus tard, sept conseils, placés à la tête des départements ministériels, remplacent les secrétaires d'Etat, pierre angulaire du système institutionnel louis-quatorzien. Et c'est ainsi que durant trois ans, de 1715 à 1718, la France fut gouvernée par cette administration, qui marqua le retour aux affaires de la noblesse d'épée. Elle passera à la postérité sous le nom de "polysynodie" (gouvernement par conseils). A l'image de la Régence de Philippe d'Orléans, souvent réduite à une époque de libertinage, "où l'on faisait tout sauf pénitence" s'il faut en croire Voltaire, la polysynodie, tantôt qualifiée de "piège à nobles", tantôt présentée comme une vaine réforme qui ne suscita que désordre dans l'administration, a souvent été dénigrée : une véritable "pétaudière" selon Saint-Simon ! Mais du fonctionnement réel de ce gouvernement, nous n'avons qu'une connaissance très vague. C'est ce vide historiographique que cette étude, totalement novatrice, comble, en démontant, pour la première fois, la mécanique de cet édifice institutionnel ; en revenant aussi sur les circonstances de sa création et sur les véritables motifs de sa suppression. Avec le Régent, avec le duc de Noailles, avec le duc de Saint-Simon ou encore avec le comte de Toulouse, nous assistons aux séances des conseils ; nous suivons pas à pas le cheminement des dossiers, depuis les provinces du royaume jusqu'à la table du Conseil de Régence présidé par Philippe d'Orléans ; nous pénétrons dans le secret des cabinets de travail ; nous découvrons les taches réservées aux commis de l'administration, tandis que se dévoilent les multiples discussions et intrigues qui agitent la Cour... A la fois réflexion sur les pratiques gouvernementales, essai sur la vie politique des premières années de la Régence, une Régence absolue bien éloignée des clichés qui lui sont souvent accolés, ce livre, fondé sur un travail d'archives jusqu'à présent jamais étudiées, jette un éclairage neuf et inattendu sur les arcanes et les "mystères" de l'Etat moderne et contribue à l'intelligence de l'ancienne royauté, en ces années décisives qui séparent le Siècle de Louis XIV du Siècle des Lumières.

04/2011

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Sociologie

LE VAGABOND ET LA MACHINE. Essai sur l'automatisme ambulatoire, Médecine, Technique et société 1880-1910

Fidèle à son principal objet, ce livre est une (longue) errance, un vagabondage assez spécial, hasardeux et répétitif à la fois, qui ne se réclame d'aucune perspective systématique mais croise au contraire les regards, les disciplines : histoire, droit, sociologie, psychologie, biologie et médecine, technologie... Sans doute le vagabondage est-il un thème mythique, aussi ancien que l'Homme lui-même et qui trouve, dans notre histoire, de multiples expressions. Pourtant, malgré l'ambiguïté des valeurs que maintient en particulier la tradition franciscaine, il est une époque (1880-1910) où le vagabond devient, sur le fond d'une politique rigoureuse des populations ouvrières urbaines, un enjeu passionné. Il désigne la forme ultime d'un pathologique social qui gouverne d'autres catégories d'exclus (mendiants, clochards, prostituées, chômeurs, mauvais pauvres...) et dont on prévoit alors la suppression définitive : c'est, de fait, le premier " génocide scientifique " des temps modernes, dérisoire et banal peut-être mais qui prélude à d'autres, moins " bénins ". En même temps, le vagabond devient un objet privilégié de la médecine mentale en plein développement : Charcot crée pour le qualifier, en 1888, la notion d'Automate ambulatoire. On peut s'interroger alors sur la cohérence profonde de ce monde industriel puisque la même image, l'Automate, sert à désigner de manière " scientifique " à la fois le déchet humain, le résidu insupportable et l'idéal du nouvel " homme technique " vissé à sa fonction productive, assimilé à la Machine, normalisé dans son travail, sa vie et sa pensée. Au-delà de cette époque cruciale, l'ambivalence en question nous renvoie à des doctrines aussi fondamentales que le Mécanisme " cartésien " revu et corrigé dans le nouveau contexte, le Darwinisme (et ses applications sociales), également certaines conceptions de la dégénérescence, de l'hérédité qui n'ont pas dit aujourd'hui leur dernier mot. Finalement c'est la question philosophique de l'Individu qui peut sans doute servir de boussole dans ce voyage au bout de la nuit des vagabonds. La fin de l'individu qui se réfracte dans le miroir brisé du vagabondage (où tremble encore le souvenir rêvé de quelque enfance de l'humanité) s'inscrit dans une nouvelle logique : celle d'une nature devenue vraiment mauvaise ; celle surtout d'un nouveau personnage qui prend force dans l'histoire du XIXe siècle et n'a cessé depuis lors de hanter nos nuits comme un vieux fantôme vagabond : la Mort.

08/1983

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Gestion

LA GALAXIE COCA-COLA. Edition 1999

Et si le Coca-Cola n'était pas une boisson ? S'il ne l'était qu'accessoirement ? S'il fallait dire en somme : peu importe l'ivresse pourvu qu'on ait le flacon ? Au fil des ans, le fameux breuvage s'est effacé derrière ses signes : la bouteille, le nom, l'écriture en pleins et en déliés, la ligne dansante. Et ceux-ci de pastiches en parodies, de citations en détournements - mènent une vie parallèle, aux antipodes de leur vocation première. Tout nous porte à croire que le centre ne commande plus entièrement l'immense configuration symbolique. Il est encore en mesure d'en infléchir la course, mais sa marge de manœuvre devient étroite. Toutes amarres rompues, la galaxie Coca-cola court dès lors le risque d'emprunter une trajectoire qui n'est pas celle que les spécialistes d'Atlanta ont calculée et de dériver à l'infini. A nous de comprendre en quoi cela nous concerne. " Toute l'histoire y est, les origines, la conquête du monde, la différence entre Coca-Cola et Pepsi-Cola (enfin !), le mythe ", écrivait Willem dans Charlie-Hebdo lors de la première parution de cet essai. Cette nouvelle édition a été revue et augmentée d'une postface : " Les enfants de Marx et de Coca-Cola ".

09/1999

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Religion

Le Catholicisme a-t-il encore de l'avenir en France ?

Le catholicisme, hier encore religion de la très grande majorité des Français, n'est plus ce qu'il était. Un tiers des enfants seulement sont désormais baptisés en son sein (contre 94 % vers 1965) et le taux de pratique dominicale avoisine les 2 % (contre 25 % à la même date). Un tel changement, qui n'est pas achevé, a des conséquences majeures, aussi bien pour cette religion que pour le pays tout entier, façonné, dans la longue durée, par cette longue imprégnation catholique. Dans le prolongement de Comment notre monde a cessé d'être chrétien, Le catholicisme a-t-il encore de l'avenir en France ? se penche sur certaines de ses manifestations contemporaines : la mutation anthropologique qu'entraîne le fait de mourir sans croire pour la génération des baby-boomers et ses descendants ; les transformations de la scène funéraire contemporaine et la diffusion de la crémation ; les recompositions de l'ascèse sous la forme du running ; les inquiétudes suscitées par l'islamisme ; la montée des " sans-religion ", notamment chez les jeunes ; l'intérêt largement répandu pour la " spiritualité ", qu'on oppose volontiers désormais à la " religion " ; le devenir minoritaire du catholicisme et les problèmes identitaires que lui pose le phénomène ; la manière dont, dans la longue durée, l'Eglise s'adapte plus ou moins à la modernité. In fine, l'auteur pose la question de savoir si l'on n'a pas plus à perdre qu'à gagner à cette mutation. Guillaume Cuchet est professeur d'histoire contemporaine à l'université Paris-Est Créteil. Il a notamment publié Comment notre monde a cessé d'être chrétien. Anatomie d'un effondrement (Seuil, 2018) et Une histoire du sentiment religieux au XIXe siècle (Le Cerf, 2020).

09/2021

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Sports

Toujours y croire

"Je me suis construit dans l'adversité. J'ai passé ma carrière à prouver. Que je méritais ma place. Que j'étais légitime à mon poste ou dans une équipe. J'ai parfois eu le sentiment que la vie était injuste, mais je n'ai jamais renoncé." La vie d'Olivier Giroud n'est pas un long fleuve tranquille. Aujourd'hui troisième meilleur buteur de l'Equipe de France, derrière Michel Platini et Thierry Henry, l'attaquant est tour à tour porté aux nues puis critiqué par la presse. Passionné de ballon rond depuis petit, le gamin de Froges, prêt à tous les sacrifices, s'est acharné à croire en ses ambitions. Et il a réussi. Son éducation fondée sur le travail, le respect et l'humilité, sa force de caractère et sa foi inébranlable en Jésus l'ont mené au sommet. A trente-quatre ans, il a toujours faim de victoires et de titres. Habituellement si discret, Olivier Giroud se confie sans fard : son enfance, l'argent, la notoriété, les coups durs, sa famille, sa rivalité supposée avec Benzema, les attaques dont il est la cible... Voici l'histoire d'un joueur que rien ne prédestinait à une carrière hors-normes, mais qui, à force de détermination, a réalisé ses rêves les plus fous.

09/2020

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Sociologie

Une sociologue au Conseil constitutionnel

2001 : Dominique Schnapper, pour l'importance et la qualité de ses travaux sur la République et la démocratie, est nommée au Conseil constitutionnel. Etrangère au sérail politique d'où sont traditionnellement issus tous les membres, elle est la première sociologue dans l'histoire de l'institution. Neuf ans durant, elle tient le journal de cette expérience unique : nulle révélation sur les hommes du Conseil, ni sur le secret des délibérations, mais une réflexion sans pareille sur le fonctionnement de notre démocratie. On pourrait croire, en effet, que le Conseil est l'institution suprême. Créé en 1958, il rompt avec la tradition française puisqu'il doit contrôler l'activité parlementaire au nom du respect de la Constitution alors que les Assemblées avaient toujours été souveraines. Toutefois, la place protocolaire médiocre des conseillers rappelle la réticence de De Gaulle à créer cette instance de validation ultime de la constitutionnalité du pouvoir dans son exercice. C'est petit à petit, sans éclats et avec ténacité, que le Conseil s'est imposé, notamment par la continuité de son action assurée par le secrétariat général et fondée sur la référence à la jurisprudence, ce corpus des décisions antérieures constitué et rappelé par le service des juristes, qui préparent les dossiers pour les conseillers. Ainsi le Conseil peut fonctionner malgré l'extrême diversité de la culture juridique et constitutionnaliste de ses membres. Des sociologues se sont faits boxeur, vagabond ou joueur de poker, afin d'oberver de l'intérieur un milieu particulier : c'est la sociologie participante. Dominique Schnapper, au cours de sa mandature, a été l'une des neuf voix qui décidèrent de la constitutionnalité de nos lois. Elle a en cela inventé une sorte de participation sociologique.

03/2010

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Littérature étrangère

La cuisine totalitaire

N'allons pas croire que les Russes ne mangent que du caviar ! Bien au contraire, en Russie, le véritable symbole du luxe et d'un art de vie distingué, c'est l'ananas. Voilà un bel exemple de notre inculture quant à l'art culinaire de l'ex-U.R.S.S. Grâce à Wladimir Kaminer cette période est tout à fait révolue. " Pour organiser un dîner russe chez soi : il suffit d'acheter beaucoup d'alcool, des cornichons, d'appeler ses amis, d'inviter les voisins, de mettre la musique à fond et voilà, le tour est joué. " Auteur talentueux mais aussi papillon des nuits berlinoises, l'auteur guide son lecteur dans la joie et la bonne humeur au travers des " cuisines du monde " - Arménie, Géorgie, Ukraine, Lettonie, Ouzbekistan, Sibérie, etc. - et invite le profane à découvrir des régions et des peuples bien plus proches qu'on ne pourrait l'imaginer : " La cuisine arménienne se distingue par ses salades, ses herbes et ses épices considérées comme non comestibles dans le reste du monde. " Ou encore : " Le plus étonnant dans la cuisine ukrainienne était, et est toujours l'art de pouvoir concocter des plats délicieux en un minimum d'efforts. " Par de nombreuses anecdotes truculentes, Wladimir Kaminer nous rafraîchit la mémoire sur l'histoire mouvementée de ces pays marqués par le sceau du socialisme. Bien souvent, lorsqu'une page importante d'Histoire se tourne, c'est aussi des pans entiers de richesse et de traditions culinaires qui disparaissent. Wladimir Kaminer est soutenu dans sa tâche par sa femme Olga, qui apporte sa contribution aux meilleures recettes de ce recueil. Des rencontres inoubliables avec la cuisine soviétique et des recettes originales, rehaussées avec humour par les illustrations de Vitali Konstantinov : un vrai régal !

09/2012

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Policiers

Le déshonneur d'Ann Campbell

Sortie brillamment de l'Académie militaire de West Point, la fille du général " Fighting Joe " Campbell était également d'une beauté lumineuse. A tel point qu'elle avait été choisie pour figurer sur les posters de recrutement de l'Armée. Pourquoi donc cette jeune fille a-t-elle été assassinée, dans des conditions qui font croire à un viol particulièrement sadique ? Et par qui ? L'honneur de l'armée est peut-être en jeu. Paul Brenner, officier lui-même, reçoit tous les pouvoirs, y compris celui d'arrêter les officiers supérieurs si nécessaire, pour tenter de résoudre cette affaire avant que le FBI ne s'en empare. Comme si sa position n'était pas assez compliquée, on lui adjoint une spécialiste des viols, Cynthia Sunhill, avec qui il a vécu une tumultueuse histoire d'amour l'année précédente. Au cours de leur enquête, Paul et Cynthia découvrent que la belle Ann avait séduit presque tous les officiers de l'entourage de son père. Tous pouvaient vouloir sa mort... Officier dans l'infanterie, Nelson DeMille a participé à la guerre du Viêt-Nam où il a obtenu plusieurs décorations. Il se consacre aujourd'hui à sa carrière littéraire. Avec ce livre, il fait désormais partie des auteurs américains les plus vendus au monde.

03/1994

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Littérature française

Un roman français

" C'est l'histoire d'une Emma Bovary des seventies, qui a reproduit lors de son divorce le silence de la génération précédente sur les malheurs des deux guerres. C'est l'histoire d'un homme devenu un jouisseur pour se venger d'être quitté, d'un père cynique parce que son coeur était brisé. C'est l'histoire d'un grand frère qui a tout fait pour ne pas ressembler à ses parents, et d'un cadet qui a tout fait pour ne pas ressembler à son grand frère. C'est l'histoire d'un garçon mélancolique parce qu'il a grandi dans un pays suicidé, élevé par des parents déprimés par l'échec de leur mariage. C'est l'histoire d'un pays qui a réussi à perdre deux guerres en faisant croire qu'il les avait gagnées, et ensuite à perdre son empire colonial en faisant comme si cela ne changeait rien à son importance. C'est l'histoire d'une humanité nouvelle, ou comment des catholiques monarchistes sont devenus des capitalistes mondialisés. Telle est la vie que j'ai vécue : un roman français. "

08/2009

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Littérature étrangère

Le syndrome d'Ulysse

Paris est toujours un merveilleux fantasme pour les jeunes écrivains latino-américains, Esteban vient y étudier la littérature, mais il y découvre aussi la pluie, le froid, la solitude et la plonge dans le sous-sol d'un restaurant coréen. Il rencontre d'autres émigrés, coréens, marocains, latino-américains, roumains, africains, tous porteurs d'une histoire qu'ils nous racontent avec sincérité. Tous jeunes, désespérés, inventifs et sans le sou, ils trouvent le salut dans leur solidarité, leur amitié, et se raccrochent à l'unique chose qui leur prouve leur humanité: le sexe. A travers lui, ils se retrouvent égaux et peuvent croire un instant que tout peut changer. Esteban est un amoureux maladroit, sincère et volage, qui souffre de la jalousie et de l'abnadon tout en pratiquant avec enthousiasme une vie érotique échevelée et drôle qui le conduira à ce pour quoi il est venu à Paris, l'écriture. Romancier traitant avec une infinie tendresse ses personnages ballottés dans un monde de misère et de désespoir, Santiago se place à l'ombre de Henry Miller pour nous raconter avec distance et un humour exceptionnel ces Jours tranquilles dans un Paris moderne au cour de la mondialisation. Un roman prenant, juste, plein d'énergie vitale, et magnifiquement écrit.

08/2007

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Histoire internationale

Une terre promise

Un récit fascinant et profondément intime de l'histoire en marche, par le président qui nous a insufflé la foi dans le pouvoir de la démocratie. Dans le premier volume passionnant et très attendu de ses mémoires présidentiels, Barack Obama raconte l'histoire de son improbable odyssée, de jeune homme en quête d'identité à dirigeant du monde libre, retraçant de manière singulièrement détaillée et personnelle son éducation politique et les moments emblématiques du premier mandat de sa présidence historique - une période de transformations et de bouleversements profonds. Barack Obama entraîne le lecteur dans un voyage fascinant, depuis ses toutes premières aspirations politiques à sa victoire cruciale aux primaires de l'Iowa, qui démontra le pouvoir de l'engagement citoyen, jusqu'à la soirée décisive du 4 novembre 2008, lorsqu'il fut élu 44e président des Etats-Unis, devenant ainsi le premier Afro-Américain à accéder à la fonction suprême. En se retournant sur l'histoire de sa présidence, Barack Obama propose une exploration unique et pénétrante de l'amplitude phénoménale mais aussi des limites du pouvoir présidentiel, ainsi qu'un témoignage singulier sur les ressorts de la politique intérieure et de la diplomatie internationale. Il fait entrer le lecteur dans le Bureau ovale et la salle de crise de la Maison-Blanche et l'emmène partout dans le monde, de Moscou à Pékin en passant par Le Caire. Il nous confie les réflexions qui l'ont occupé à certains moments cruciaux - constituer son gouvernement, faire face à une crise financière mondiale, prendre la mesure de Vladimir Poutine, franchir des obstacles en apparence insurmontables pour faire aboutir la réforme sur le système de santé, se retrouver en profond désaccord avec certains généraux sur la stratégie des Etats-Unis en Afghanistan, s'atteler à la réforme du marché financier, réagir face au désastre provoqué par l'explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, et enfin donner le feu vert à l'opération Neptune's Spear qui conduit à la mort d'Oussama Ben Laden. Une terre promise est un récit extraordinairement intime et introspectif - l'histoire du pari qu'un homme a lancé à l'Histoire, d'un militant du travail associatif dont la foi a été mise à l'épreuve sur la scène internationale. Barack Obama parle sans détours de ce véritable numéro d'acrobatie qui a consisté pour lui à être le premier candidat afro-américain à la présidence, à porter les attentes de toute une génération galvanisée par le message de " l'espoir et du changement " et à relever les défis que posent à la conscience morale les grandes décisions. Il évoque en toute franchise les forces d'opposition qui se sont dressées contre lui, sur le front domestique comme à l'étranger, la façon dont sa nouvelle vie à la Maison-Blanche a pu affecter sa femme et ses filles, et parle sans fard des moments où il s'est retrouvé en proie au doute et à la déception - sans jamais renoncer pour autant à croire que dans cette formidable aventure en marche qu'est l'Amérique, le progrès est toujours possible. Ce livre puissant et magnifiquement écrit est l'expression de la conviction profonde de Barack Obama : la démocratie n'est pas un don du ciel mais un édifice, fondé sur l'empathie et la compréhension mutuelle, que nous bâtissons ensemble, jour après jour.

11/2020

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Actualité et médias

Anatomie d'un coeur sauvage

Sexe, drogue et Rock'n'roll ! Les confessions d'Asia Argento, actrice, réalisatrice, chanteuse et figure de proue du mouvement #Metoo. Fille du réalisateur Dario Argento et de l'actrice Daria Nicolodi, Asia a passé une enfance chaotique entre une mère violente et un père absent, totalement dévoué au cinéma. Cette absence de cadre a forgé chez elle, très jeune, une désir farouche de liberté, et la vie -A les hommes en particulier n'ont cessé de lui faire payer très cher. Asia Argento a écrit ce texte sur les conseils de sa psychologue, sans doute y a t-elle senti un moyen de reconstruction. Le livre est divisé en trois parties, tout le début est consacré à l'enfance et aux relations compliquées qu'elle entretient avec sa mère. Elle tourne son premier film à 9 ans, Palombella Rossa de Nani Moretti. A l'adolescence, Asia découvre l'amour, le sexe, la drogue, la musique et la mort. Sa demie soeur Anna, anorexique, meurt percutée par une voiture à Rome. La seconde partie relate toute sa vie avant #Metoo : Asia part à la conquête d'Hollywood, elle est confrontée aux ambitions des uns, à la jalousie des autres, etc. C'est aussi l'époque des viols répétées de Weinstein qu'elle dénoncera plus tard. Elle raconte en détails la prémédition de ce dernier, sa "méthode" et toute son ignominie. La dernière partie est consacrée au mouvement #Metoo et à sa réflexion très construite sur la place des femmes dans la société. Elle y parle aussi de son histoire d'amour tragique avec Anthony Bourdain et de la mort de sa mère des suites d'un AVC en temps de Covid en Italie. On découvre une autrice, une forte personnalité qui parle d'elle avec beaucoup d'humour et de lucidité. Asia Argento a un grand sens du rythme et un véritable talent de conteuse. Elle se qualifie souvent de survivante, ce texte tend à nous le faire croire.

09/2021

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Policiers

Le chapeau de M. Briggs. Récit sensationnel du premier meurtre commis à bord d'un train anglais

Le 9 juillet 1864, un chapeau, une canne et un sac sont retrouvés sous le siège ensanglanté d'un compartiment de chemin de fer. Le corps du banquier auquel ils appartenaient gît entre les voies. Chargés d'élucider le premier meurtre jamais commis à bord d'un train en Angleterre, les célèbres détectives de Scotland Yard suivent la piste d'un jeune suspect Allemand très vite identifié. Ce dernier vient de s'embarquer pour New York, comme il l'avait décidé depuis longtemps. Ils devront traverser l'Atlantique pour trouver celui dont la vraie personnalité apparaît au fil des témoignages de ceux qui l'ont connu... Bijoutiers, chapeliers, cheminots, tailleurs, prostituées et cochers se succèdent pour tenter de reconstituer les événements, face à des juges dont le pouvoir n'aurait à craindre que celui de la presse. Sur fond de rivalité entre l'Angleterre et l'Allemagne, alors que sévit le débat sur la peine capitale, l'accusé parviendra-t-il à prouver son innocence ? Kate Colquhoun retrace à un rythme exalté une affaire de meurtre qui défraya la chronique. Inspiré d'un fait divers réel - le premier meurtre commis à bord d'un train anglais - ce livre met en scène des personnages qui ont réellement existé : Franz Müller, tailleur allemand établi près de Londres, les détectives (Richard Tanner et Frederick Williamson) et le chef de la police de Scotland Yard (Sir Richard Mayne), ainsi que divers témoins, dont un cocher (Jonathan Matthews), un bijoutier (John Death), un chapelier (Daniel Digance). Divisé en trois parties correspondant aux différentes phases de l'enquête (La City, la traversée jusqu'à New York et le retour en Angleterre pour le jugement au tribunal), l'histoire se déroule essentiellement à Londres, ville dont les descriptions sont parfois dignes des romans de Dickens. Au-delà du plaisir de lecture procuré par la progression de l'enquête et le suspense qui s'ensuit, Le chapeau de Mr Briggs documente et souligne l'émergence de débats dont les conséquences sont toujours perceptibles aujourd'hui : la question de savoir si les policiers et les juges cherchent à établir la vérité ou leur vérité : les personnages sont attachants malgré leurs failles. Les célèbres détectives, souvent décrits avec humour, brillent parfois moins par leur sagacité que par la manière dont ils tentent de faire coïncider les faits avec l'issue qu'ils envisagent : il leur faut un coupable, et les témoins susceptibles de disculper Franz Müller sont judicieusement écartés. Leur empressement à croire que Müller est l'assassin s'explique par le climat d'hostilité de l'Angleterre envers l'Allemagne, mais aussi du fait qu'ayant jadis parfois échoué à élucider certains meurtres, ils veulent rétablir leur réputation. le pouvoir de la presse et l'influence de l'opinion publique : les détectives doivent tenir compte d'une presse populaire en plein essor, par laquelle les citoyens expriment leurs doutes sur l'enquête, voire leur donnent des conseils. L'opinion publique, nourrie de romans à sensation, participe au débat. A travers les nombreux extraits de journaux de l'époque, le lecteur assiste également à un curieux revirement : la presse en viendra à exprimer occasionnellement la crainte qu'une erreur sur la personne du suspect n'ait été commise, tant la personnalité de l'accusé semble en contradiction avec celle d'un assassin. le récit captivant d'un grand procès : composé entre autres d'extraits de transcriptions authentiques clairement analysés, ce récit expose aussi les mécanismes par lesquels l'avocat de la Couronne manipule les jurés en réussissant à leur faire oublier des éléments à décharge incontestables. le débat sur la peine de mort : il est, lui aussi, richement analysé. Les arguments des abolitionnistes, convaincus de la barbarie d'une pratique qui ne dissuade personne, reposent aussi sur la croyance que la certitude du châtiment vaut plus que le châtiment lui-même. Les politiciens, quant à eux, redoutent les troubles à l'ordre public qu'entraînent les rassemblements autour de ce " spectacle ".

02/2012

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Actualité et médias

Un chasseur en campagne

Il était temps d'en savoir un peu plus sur l'homme qui parle depuis des années au nom de tous les chasseurs de France et qui défend avec passion une écologie pragmatique. "Le patron des chasseurs" est connu pour parler sans langue de bois aux principaux leaders politiques de gauche et de droite, aux ministres comme au président de la République, pour défendre ce monde rural très souvent caricaturé. Il est vrai qu'après la colère des gilets jaunes et la forte poussée des votes extrêmes dans nos campagnes, le temps est maintenant compté de mettre un terme à la vision technocratique et à l'écologie punitive qui s'imposent depuis des décennies dans nos terroirs. Elu local, il parle sans tabou de cette ruralité vivante et joyeuse qui se doit d'être à la fois moderne et novatrice, tout en étant respectueuse de la nature et des traditions. Willy Schraen aborde aussi les réformes historiques de la chasse française qui placent aujourd'hui cette passion populaire au coeur de la biodiversité, de la police rurale et de la connaissance scientifique. Par ce témoignage, il cherche à mobiliser ceux qui refusent de croire que la ville serait notre seul avenir alors que vingt millions d'habitants et 95 % des communes de France font partie intégrante de cette France rurale trop souvent oubliée.

08/2020

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Histoire internationale

Le lynchage aux Etats-Unis

Le 7 juin 1998, on découvre, devant le plus vieux cimetière noir de la ville de Jasper, Texas, les restes d'un homme ; les genoux et les organes génitaux ont été rabotés, la tête et le bras droit arrachés. Les traces de sang permettent de retrouver un dentier, des clés et, un kilomètre plus loin, le bras et la tête dans un fossé. C'est un lynchage, celui de James Byrd, le dernier exemple de lynchage traditionnel. Il est l'œuvre de trois hommes, qui veulent venger un Blanc assassiné en donnant une leçon à tous les Noirs. Depuis la guerre de Sécession, Jasper est, selon la communauté noire du lieu, " un endroit où les choses arrivent longtemps après leur temps ". Aux États-Unis, le racisme ne se cantonne pas aux ghettos urbains. Dans le Sud profond, il ressurgit parfois, avec une violence qu'on voulait croire oubliée. Précis dans ses références, pointu dans ses analyses, effrayant dans ses descriptions, cet essai s'appuie sur les publications récentes d'historiens américains : jusque dans les années 1990, le lynchage était un sujet tabou. En France, c'est le premier livre qui lui est consacré.

04/2008

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Actualité et médias

La riposte centriste. Pour une alternative crédible et indépendante

Le Centre en politique est le royaume du "ninisme" (ni de gauche ni de droite, voire ni de gauche ni de gauche) ; un peu à gauche, un peu à droite ; une fois à gauche, une fois à droite ; mais aussi girouette, indécis, ambigu, opportuniste, mou etc. Cette sémantique et ces quolibets peuvent paraitre anodins mais ils décrédibilisent en fait la volonté et la possibilité même d'indépendance du Centre en forgeant des perceptions et des opinions négatives, simplistes et ridicules sur son rôle dans notre paysage politique. Le Centre doit être une conviction, pas une hésitation. Cette conviction est la volonté inébranlable de créer une troisième voie libérale-sociale, humaniste et démocrate, pro-européenne, pro-peuple et écolo-progressiste qui redonne ses lettres de noblesse à l'engagement politique et à l'action publique. Une voie qui repose sur des idées fortes et porte un projet de société qui se donne pour "mission" d'humaniser le monde de demain. Avec cet essai, Olivier Nataf et Philippe Dervaux ont l'ambition de démontrer que ce choix volontaire est possible et en proposent les principes directeurs et le cadre programmatique. Ils veulent ainsi motiver ceux qui voudraient bien, mais qui n'osent pas ou n'osent plus y croire, et appellent à une prise d'indépendance intellectuelle et politique du Centre.

01/2017

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Policiers

Le bal des frelons

La montagne, le grand air, la nature, ce n’est pas aussi sain et bucolique qu’on le pense. D’abord parce qu’il y a les vestiges de l’ancienne usine de tungstène, pas loin. Ensuite parce qu’il y a le village, loin de tout. Enfin parce qu’il y a les habitants du village. C’est ça le pire. À commencer par Michel, le maire. Pusillanime, cupide, il fait ses petits trafics et prélève gentiment sa dîme sur les fonds publics, sous l’œil de sa secrétaire Coralie, toujours vierge à 40 ans passés et qui ferait tout pour ne plus l’être ; si possible, avec Monsieur le maire, ce serait mieux.Au nombre des administrés, on compte Antonin, pas si méchant pour un gardien de prison à la retraite ; sauf qu’il veut tuer sa femme Martine qui lui tape sur le système. Il ne sait pas toutefois que Martine – qui vient de retirer de la banque toutes les économies du couple sans dire où elle a caché le magot – se verrait bien veuve elle aussi, et riche. Si possible, il faudrait que Monsieur le maire, son ex-amant, l’aide à trucider Antonin, ce serait mieux. Il y a également Rémi, tellement dégoûté du genre humain qu’il ne parle plus qu’à ses poules Sten et Dhal et aux morts, sa femme Mariel en l’occurrence, qu’il a déterrée du cimetière où elle reposait. Évidemment, si elle était vivante, ce serait mieux. Sans oublier les citadins, Baptiste et Loïk, totalement insensibles au charme de cette belle contrée pyrénéenne. Ils forment un couple presque fusionnel, n’aiment que le rock’n’roll (hard) et leur hérisson Caroline. Loïk est venu là pour se venger d’Antonin, à cause d’une histoire… de femme. Baptiste explique à son amant que s’il oubliait cette vieille affaire, ce serait mieux, mais comme presque tous les personnages de ce roman, Loïk ne se caractérise ni par sa sagesse ni par son discernement. Alors il vaut mieux imiter Maxime l’apiculteur et enfiler sa combinaison protectrice pour traverser cet essaim de frelons aux dards venimeux. Dans ce village de l’Ariège, ce n’est certes pas l’ours qui fait des apparitions sporadiques qui est le plus dangereux…Pascal Dessaint l’amoureux de la nature nous offre une tout autre facette de la vie des bêtes avec cette farce drôle et cruelle qui s’inscrit dans la lignée de Siniac ou du Charles Williams de Fantasia chez les ploucs. Chassé-croisé délicieusement méchant, mené d’une plume alerte et impeccablement construit, Le Bal des frelons nous ramène à cette vérité première : l’homme est un loup pour l’homme. Mais les moments de tendresse qui éclairent le récit nous empêchent de désespérer totalement du genre humain.Pascal Dessaint est l’un des auteurs les plus primés du roman noir français. Il est par ailleurs l’un des organisateurs du « Marathon des mots » à Toulouse.

02/2011

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Faits de société

Eloge de la force. Renverser l'histoire

Que faire ? Telle est la question de ceux qui n'ont pas renoncé. Ultraviolence, crise économique, chaos social, trahison des élites... Face à l'effondrement qui vient, le Français lucide n'est plus qu'impuissance. Dans l'angle mort du dressage médiatique, son avis ne compte pas, son opinion n'existe plus. Nié dans sa souveraineté, criminalisé dans ses pensées, il n'a plus aucun moyen de se faire entendre. Résigné, vaincu, digéré par la matrice, il s'en remet à l'Etat, aux politiciens, à sa colère, à un miracle... Espérant sans trop y croire que d'autres vont le tirer de cette impasse. Il existe pourtant des solutions. Concrètes, immédiates, individuelles. A la portée de chacun. Changer le monde. Ce livre est là pour ça. Changer le monde, en commençant par soi. Dix règles. Dix simples lois pour ne plus subir, ne plus servir. Cesser de renoncer. Sortir de la servilité. Dix commandements pour exister, survivre et gagner. Retrouver enfin la vue, le pouvoir et la grandeur. Tordre le probable. Incarner l'impossible. Renverser l'histoire. Voilà l'Eloge de la force. Voilà l'Evangile selon Obertone. Essayiste à succès et romancier de renom international, Laurent Obertone réserve cet ovni incandescent à ceux qui refusent d'abdiquer : le guide de développement personnel le plus féroce et puissant jamais publié. Dix lois pour reprendre le pouvoir. Deux-cent-trente pages pour saboter la servitude. Un manuel de guerre à l'efficacité diabolique. Une mobilisation générale pour sauver les derniers esprits libres. Bienvenue dans le champ de force. Bienvenue dans le camp des forts.

09/2020

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Littérature française

Cleveland. Le philosophe anglais, ou l'histoire de M. Cleveland, fils naturel de Cromwell

Un amour fou, immense, fusionnel, troublé par les méprises, contré par les intrigues, traversé par les coups du sort : tel est le ressort des aventures de Fanny et de Cleveland. Leur rencontre s'est faite au fond d'une grotte d'Angleterre où le héros, bâtard de Cromwell, a fui le tyran. Leur passion les jette dans un enchaînement d'aventures inouïes, auxquelles Prévost, conteur inlassable, a le don, comme Alexandre Dumas, de faire croire. Actions généreuses et sombres machinations, enlèvements, duels, expéditions maritimes, rencontres, reconnaissances, l'invraisemblable, pris dans la trame du quotidien, est le climat naturel de Prévost. Dans la grande machine romanesque, tous les personnages sont emportés par une intrigue irrésistible. Unissant à une confession poignante un souffle épique, le récit de Prévost exprime l'inquiétude profonde de chaque homme, sa nostalgie d'émotions infinies. Son roman est aux lettres ce que les opéras de Haendel sont à la musique : il en a la vaillance, les immenses douleurs, la géniale démesure.

09/2003

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Histoire internationale

La question religieuse en Chine

Confucianisme, bouddhisme, taoïsme, islam, évangélisme, catholicisme, l'alun Gong. Les religions investissent une Chine que l'on aurait pu croire sécularisée par des décennies de communisme. Cette vie religieuse foisonnante, loin d'être reléguée au folklore, aux marges ou aux lieux communs des anciens sages, est restée un fait social total. Suivant cette thèse, Vincent Goossaert et David A Palmer présentent une étude des transformations de ces religions prises dans l'histoire du siècle. En convoquant une analyse de l'idéologie d'Etat, des pratiques des temples et des églises, des relations internationales et des valeurs morales, ils nous invitent à comprendre les sources et les termes de la tension politique que constitue aujourd'hui la question religieuse en Chine. Une perspective nouvelle sur la façon de penser l'articulation de la pratique religieuse avec la modernité de cette superpuissance et les problèmes qu'elle lui impose.

11/2012

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Poches Littérature internation

Le ciel en cage

Johannes, le narrateur, naît à Vienne en 1927. L'Histoire a tôt fait de venir se mêler de sa vie ordinaire, et de celle de sa famille. Johannes devient un partisan enfiévré d'Adolf Hitler : parce qu'il est soumis, à l'école, à un lavage de cerveau permanent, mais aussi, sans doute - la suite le laisse supposer -, parce qu'il est instinctivement porté vers le Mal. Il revient très vite du combat, défiguré et manchot à 17 ans. C'est alors qu'il découvre que ses parents, antinazis, cachent au grenier une jeune Juive, Elsa. Lui, l'antisémite farouche, est d'abord séduit par l'idée de contrôler le destin d'un de ces êtres qu'il a appris à haïr. Puis il se laisse toucher par le regard de la jeune fille, qui n'exprime aucun dégoût pour son infirmité. Commence alors une passion dévorante, et une cohabitation qui durera toute une vie : la mort frappe la famille de Johannes, jusqu'à ce qu'il se retrouve seul avec sa proie. A la fin de la guerre, il lui fait croire que les Nazis ont gagné, et qu'elle ne peut sortir de la maison sans courir à sa perte... Tout Le ciel en cage est dans cette relation étrange, d'une ambiguïté vertigineuse entre les deux héros. Qui trompe l'autre ? Johannes qui, par amour mêlé de haine, retient la jeune femme prisonnière ? Ou Elsa que l'on devine forcément complice de ce jeu de masques, manipulatrice suprême sous ses airs de victime ? Le monologue de Johannes, la description de la vie à Vienne durant ces années noires, la narration d'un huis clos de cauchemar mènent le lecteur au bord du précipice. Car le dégoût et la fascination se mêlent, irrésistibles, signe d'un livre d'une puissance très rare.

10/2014

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Littérature étrangère

L'attente de l'aube

En cette fin d'été 1913, le jeune comédien anglais Lysander Rief est à Vienne pour tenter de résoudre, grâce à cette nouvelle science des âmes qu'est la psychanalyse, un problème d'ordre intime. Dans le cabinet de son médecin, il croise une jeune femme hystérique d'une étrange beauté qui lui prouvera très vite qu'il est guéri, avant de l'entraîner dans une histoire invraisemblable dont il ne sortira qu'en fuyant le pays grâce à deux diplomates britanniques, et ce au prix d'un marché peu banal. Dès lors, Lysander, espion malgré lui, sera contraint de jouer sur le théâtre des opérations d'une Europe en guerre les grands rôles d'une série de tragi-comédies. Sa mission : découvrir un code secret, dont dépend la sécurité des Alliés, et le traître qui en est l'auteur. Sexe, scandale, mensonges ou vérités multiples aux frontières élastiques, chaque jour et chaque nuit apportent leur tombereau d'énigmes et de soupçons. L'aube finira-t-elle par se lever sur ce monde de l'ombre, et par dissiper enfin les doutes que sème avec une délectation sournoise chez le lecteur fasciné l'auteur de cet étonnant roman du clair-obscur?

05/2012

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Sciences politiques

Géopolitique des empires. Des pharaons à l'impérium américain

Une géopolitique des empires à travers six mille ans d'histoire n'avait jamais été tentée. C'est ce que réalise cet ouvrage, depuis le premier empire (celui de Sargon, en Mésopotamie) jusqu'à l'effondrement du dernier, l'Union soviétique. Forts de cette appréciation du temps long, les auteurs invitent à appréhender le monde de demain, celui qui suivra la crise majeure que nous traversons. Comment l'industrialisation, l'urbanisation et la réduction de l'espace-temps bouleversent les équilibres, quel rôle primordial joue la géographie dans l'histoire ? Quelle place les différentes nations occuperont dans le monde? Faut-il croire à un amenuisement décisif du rôle des Etats Quel type de confrontation les Etats-Unis et la Chine vont-ils exercer étant donné leurs intérêts d'Etats, et leur souci de conserver ou de restaurer leur imperium ?...

09/2012

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Littérature étrangère

Mort de l'amour

Mon livre commence par une histoire que raconte Gombrowicz, celle d'un matelot qui avala le bout d'un mince cordage et, par l'action vermiculaire de son tube digestif, se vit hissé jusqu'au sommet du mât de misaine. Mes personnages sont dans la même situation : ils ont dit a, il leur faut dire b, puis c. Ils se retrouvent au sommet du mât, ils ne peuvent agir qu'en fonction de la noyade de Vera, ne rien décider par eux-mêmes, ne rien changer - ou le peuvent-ils ? Sont-ils libres, ou non ? Eternelle question... O. V. D. B. Dans le courant de l'été 1973, Oda Klein s'apprête secrètement à changer de vie, quand sa fillette de huit ans, Véra, se noie. Son mari, Paul, accepte un poste au Surinam pour tenter de surmonter l'épreuve. Il revient quelques années plus tard. Oda est toujours là, sa vie s'est comme arrêtée. C'est alors qu'un mystérieux incendie se déclare dans la maison voisine et qu'une jeune fille de quinze ans émerge des flammes. Le couple la recueille et tente sans succès de croire à l'illusion de refonder une famille. De la noyade de la petite fille au dénouement qui met en lumière les mécanismes de la culpabilité d'Oda, Oscar van den Boogaard construit une intrigue où les personnages semblent les jouets impuissants du destin : la mort de l'enfant, qui empêcha Oda de refaire sa vie, n'a pu qu'entraîner la mort de l'amour, amour adultère et nœud tragique du livre.

02/2003

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Littérature française

L'historiographe du royaume

"Je fus en grâce autant qu'en disgrâce. De l'un ou l'autre état les causes me furent souvent inconnues. A l'âge de quinze ans j'avais été placé au Collège royal, dans la classe de l'aîné des princes..." Celui que le destin projette ainsi dans l'entourage du futur roi du Maroc, Hassan II, aurait tort de trop croire en son étoile et de ne mettre aucune borne à ses ambitions. Il n'est pas sans risque d'avoir systématiquement devancé un prince au tableau d'honneur. Attend-il d'être appelé au gouvernement ? On l'envoie en exil. Se croit-il perdu à jamais ? On le nomme historiographe du royaume, comme Racine sous Louis XIV, comme Voltaire sous Louis XV. Ce n'est pas pour déplaire à ce conseiller lettré, qui cultive une écriture d'un classicisme achevé. Mais il a appris à redouter dans toute faveur apparente un jeu dont il serait obscurément la proie. Et qu'adviendra-t-il de sa loyauté à toute épreuve, lorsqu'une insaisissable jeune femme viendra lui murmurer les secrets des rébellions qui s'organisent clandestinement dans le royaume ? Une transposition virtuose des Mille et Une Nuits et des Mémoires de Saint-Simon au XXe siècle, qui nous fait revivre trente ans d'histoire du Maroc, entre le crépuscule du "protectorat" et le début des "années de plomb".

09/2020

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Sociologie

Lexique de l'actuel. Quelques idées reçues de notre temps, volume 1

Dominé par les rythmes courts de la communication, notre monde s'asphyxie avec ses propres clichés : il multiplie les points de vue et les interprétations, mais semble de moins en moins apte à vérifier ses sources et à maîtriser son vocabulaire. Dans un tel contexte, les formules toutes faites naissent vite et meurent aussi prématurément. D'autres, pas plus enviables, ont la vie dure. Ce livre se veut une enquête sur l'esprit et la lettre de notre temps : comment les mots agissent-ils sur nos croyances ? Par quels processus naissent les formules qui frappent, et à quel prix ? Antisémitisme, art contemporain, clone, consensus, dette, deuil, flux, gouvernance, image, pornographie, proximité, service public, virus... tous ces mots, que l'on utilise sans trop y réfléchir, que veulent-ils dire ? A notre insu, ils fabriquent l'actuel, mais au passage certains se sont mis à penser à notre place. Alors, finalement, qui parle à travers nous ? Voici une première moisson de termes suspects et de formules à double fond. Chaque échantillon est examiné à la loupe : étymologie, genèse, histoire, usages actuels, arrière-pensées, sous-entendus idéologiques, effets pratiques. En prononçant tel mot, ou en faisant mine de l'admettre, voici en réalité ce que nous nous engageons à penser, à dire et à faire croire.

04/2005

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Littérature française

Tangente vers l'est

Dès l’ouverture de ce bref roman, on prend le train en marche, en l’occurrence le Transsibérien, déjà loin de Moscou, à mi-chemin de l’Asie. Le long du corridor, se presse une foule de passagers de 3e classe bardés de bagages, d’où se détache une horde de jeunes hommes en tenue camouflage agglutinés dans la fumée de cigarettes, que le sergent Letchov conduit à leur caserne d’affectation en Sibérie. Parmi eux, Aliocha, grand et massif, âgé de vingt ans mais encore puceau, et comme désarmé face aux premiers bizutages qui font partie du rituel de ces transports de conscrits. Il préfère s’isoler, lui qui n’a pas su trouver le moyen d’éviter le service militaire, qui n’attend rien de bon de cette vie soldatesque et sent la menace de cette destination hors limite. A l’écart, il commence à échafauder les moyens de fausser compagnie à son régiment. Mais comment se faire la belle à coup sûr ? Profiter d’un arrêt à la prochaine gare pour se fondre dans la foule et disparaître. A priori, il a tout à craindre de son sergent, mais aussi des deux provodnitsa, ces hôtesses de wagons, en charge de la maintenance des lieux et de la surveillance du moindre déplacement des voyageurs. Une première tentative échoue. Aussitôt repéré, il remonte dans le train. Sa fébrilité suspecte a dû le trahir. Occasion manquée donc, mais sur le quai, Aliocha a croisé une jeune Occidentale qui va bientôt s’émouvoir de son sort : Hélène, une Française de 35 ans, montée en gare de Krasnoïarsk. Elle vient de quitter son amant Anton, un Russe rencontré à Paris et récemment revenu au pays gérer un énorme barrage, un homme qu’elle a suivi par amour près du fleuve du même nom. Malgré les barrières du langage, Aliocha et Hélène vont se comprendre à mi-mots. Toute une nuit, au gré d’un roulis engourdissant, ils vont partager en secret le même compartiment, supporter les malentendus de cette promiscuité forcée et déjouer la traque au déserteur qui fait rage d’un bout à l’autre du train. Les voilà condamnés à suivre un chemin parallèle, chacun selon sa logique propre et incommunicable, à fuir vers l’Est et son terminus océanique, Vladivostok. Une histoire fragile et fulgurante dans une langue sensuelle et fougueuse, laissant à nu des êtres pris dans la rhapsodie d’un voyage qui s’invente à contre-courant. Ce texte a été conçu dans le cadre du voyage d’écrivains dans le Transsibérien organisé par Cultures France pendant deux semaines, en juin 2010, sur la partie orientale du trajet Novossibirsk-Vladivostok. Sa première version, sous forme de fiction radiophonique, a été profondément remaniée pour le présent volume.

01/2012

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Sciences politiques

Front populaire N° 1, été 2020 : Souverainisme

Fondé par le philosophe Michel Onfray, Front populaire propose une réflexion poussée sur notre société et son avenir. politique et philosophique, cette publication trimestrielle réunit de prestigieuses signatures du monde politique et intellectuel. cette revue ambitieuse de 160 pages se veut être le porte-parole de toutes les sensibilités souverainistes. Entretien croisé Jean-Pierre Chevenèment, Philippe de Villiers, démographie contre démagogie Michèle Tribalat elle a travaillé près de quarante ans à l'institut national d'études démographiques (INED) sur l'immigration étrangère et l'assimilation. pour une autre écologie Eugénie Bastié, journaliste, essayiste, elle travaille pour le Figaro. Elle a fondé la revue d'écologie intégrale d'inspiration catholique limite. Le modèle français vu d'ailleurs Mathieu Bock côte docteur en sociologie, il est membre du conseil d'orientation de l'institut Thomas-More (Bruxelles et Paris). Son dernier ouvrage : l'empire du pol il était une fois le réveil du peuple français Francois Boulo, avocat, l'une des figures marquantes des gilets jaunes. Pourquoi nous devons rebâtir un front populaire contre la mondialisation. Thibault Isabel docteur en philosophie esthétique, il dirige la revue l'inactuelle. son dernier ouvrage : manuel de sagesse païenne (le passeur, 2020). revue de livres Franck Lanot professeur agrégé de lettres modernes au lycée Victor Hugo de Caen et écrivain. Son dernier roman : Retour à Blanchelande (le passeur, 2018). Santé : repenser notre modèle pour retrouver notre excellence Georges Kuzmanovic fondateur du mouvement politique république souveraine (Paris). Effondrement de l'école et conditions de sa reconstruction. Barbara Lefevbre professeur d'histoire-géographie en disponibilité, elle est présidente de l'association "voir et dire ce que l'on voit". Son dernier ouvrage : C'est ça la France : qu'a-t-on fait pour mériter ça ? (Albin Michel, 2019). D'un amer constat vers de véritables changements Jacline Mouraud figure du mouvement des gilets jaunes, Jacline Mouraud est porte-parole du comité Bastille et l'auteur de Jaune... et après ? (Télémaque, 2020) culture et barbarie. Céline Pina ancienne conseillère régionale d'Ile de France (PS), elle est la fondatrice de "viv(r)e la république", mouvement citoyen, laïc et républicain. immigration : le new deal britannique Jeremy Stubbs docteur en lettres de l'université d'Oxford (Magdalen College), et président des conservatives abroad in Paris (section française du parti conservateur).

06/2020

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Policiers

Sortez vos morts

L'Histoire commence en 1723. Marseille est alors officiellement "guérie" de la peste. Le peintre Michel Serre entreprend de nous raconter une étrange rencontre, qui va bouleverser sa vie et son art ! Cette nuit-là, alors qu'il erre dans la ville basse pour nourrir son inspiration, le vieux peintre pousse la porte de la "Taverne des Gueules d'Anguilles", un lieu sordide et mal famé où se mêlent femmes légères, voyous et matelots en perdition. Il y croise Jérôme Cardinal, un jeune marin d'origine génoise qui, prétextant tout savoir sur la grande peste, se propose pour assouvir sa vengeance de lui en dévoiler les mystères... Tout d'abord incrédule, Serre va ployer devant cette verve insolente... Et du Grand Saint-Antoine aux Echelles du Levant, des armateurs aux notables, Cardinal dévoile et démontre alors soir après soir, l'incroyable conspiration qui va anéantir la ville au prix de quelques dizaines de milliers de morts pourrissant au soleil... Ici, la ferveur et la douleur se mêlent à la chaleur écrasante qui parfois étouffe les villes du sud. On pense au cinéma italien des années 60, quand les ombres disputent l'espace et les trottoirs au soleil trop vif! Un roman lyrique qui n'épargne ni les notables ni les pouvoirs en place.

03/2005