Recherche

Lilith Saintcrow

Extraits

ActuaLitté

Science-fiction

Seth : le Bobun. Sur l'état de divinité et le militantisme syndical

Est-il un Dieu qui rêve qu'il est délégué syndical ou un délégué syndical qui rêve qu'il est Dieu ? Est-il le Dieu démiurge de Pekigniane qu'il s'évertue de créer ? N'est-il pas plutôt un homme, qui un soir de beuverie, à la suite de circonstances particulières, se trouve parachuté dans une aventure qu'il ne maîtrise pas et à laquelle il ne comprend rien ? N'est-il pas aussi devenu délégué syndical d'une entreprise, en essayant simplement de résoudre les difficultés des salariés face à un employeur autocrate, aux activités mystérieuses et mortelles pour celui qui tenterait de les dévoiler au grand jour ? N'est-il pas simplement, Serge Behan, un homme comme vous et moi, pétri d'humour et d'humanisme, confronté à la cruauté de deux mondes dans lesquels il bascule au gré des évènements ? Peut-être aussi, n'est-il qu'un pantin, manipulé par Christiane Jambart, sa Directrice des ressources humaines, Lynn Carter, sa vieille amie ethnologue et Lilith, la Maudite qui souhaite se débarrasser de son insupportable immortalité. Il est devenu Dieu et délégué syndical, contre sa volonté. L'interférence et l'interaction des deux univers le déstabilisent. Maintenant, il lui reste à choisir son monde et ses amours.

01/2020

ActuaLitté

Littérature française

Rêves d'ombres

Qu'est-ce qui se trame à l'ombre de La Closerie, à travers les habiles manoeuvres et les rendez-vous secrets ? La brillante Amarante excelle à assurer le charme et la rentabilité des lieux. Ici, tout est luxe, calme et parfum de corruption. Après le drame et le scandale qui constituent l'arrière-plan du récit, les existences se font ou se détruisent. La Closerie, refuge pour la déroute de la très silencieuse Valérie, transition instructive pour Hilith, la courageuse, n'est bientôt plus qu'un souvenir que chacune va vivre à sa manière, habitée par ses propres fantômes. Eros, à travers l'illusion, le mensonge, le simulacre, n'est jamais tel qu'on le croit. Les ombres des personnages réels ou imaginaires nous convient à leur bal étrange, où se révèle une mystérieuse et bouleversante réalité.

05/2015

ActuaLitté

Littérature étrangère

Corps royal des quêteurs Tome 3 : La Cité des hommes saints

Une légende raconte que sept moines ermites, ayant vu en songe des Berbères qui attaquaient le royaume wisigoth de Tolède, un cimeterre à la main et le nom d'Allah aux lèvres, traversèrent l'océan en direction du couchant. Ils avaient pour mission de mettre en sécurité un trésor immense qui se trouvait enfoui depuis des lustres sous les fondations d'un monastère tolédan : la Table du roi Salomon, le cadeau empoisonné de Lilith, l'incomparable reine de Saba. Ils fondèrent en Amérique la mythique Cibola, une cité protégée par la main de Dieu. Nul jusqu'à présent n'était parvenu à localiser cette ville qui, dans l'imaginaire collectif, regorgeait de richesses et de reliques magiques et où les hommes vivaient en parfaite harmonie. On sait désormais qu'elle se trouve dans le Valcabado (une petite république d'Amérique du Sud), nichée au coeur de la forêt vierge, et c'est donc là que se déroulera l'affrontement final entre le Corps national des quêteurs — l'institution secrète madrilène chargée de localiser et rapatrier les oeuvres du patrimoine espagnol éparpillées à travers le monde — et la multinationale Voynich, ou plus précisément la puissance occulte qui la manipule. Après moult péripéties, la Table de Salomon trouvera enfin son maître, et cette plongée au coeur de l'histoire de l'art, qui sait si bien mêler érudition et imagination, une envoûtante conclusion.

06/2019

ActuaLitté

Littérature étrangère

Wakolda

En 1959, sur une route désolée en Patagonie, un médecin allemand pas comme les autres croise une famille argentine ordinaire et lui propose de faire route ensemble, afin d'être moins isolés. Ce médecin n'est autre que Josef Menguele. Très vite, il est fasciné par l'un des enfants, une jeune fille qui porte le doux nom de Lilith et qui est bien trop petite pour son âge. La fascination semble réciproque : elle ne peut quitter des yeux cet homme si cultivé et sophistiqué. Alors, quand il s'installe finalement dans la pension fraîchement ouverte par sa famille d'accueil, tout s'accélère. Surtout lorsque la mère de famille accouche de deux fragiles petites jumelles qu'il faut soigner. Traqué par des agents israéliens, il continue pourtant à vivre tranquillement, allant même jusqu'à investir dans le projet d'usine de poupées du père. Des poupées parfaites. Aryennes. Contrairement à Wakolda.Wakolda, quatrième roman de Lucía Puenzo, nous entraîne au coeur d'une société argentine infiltrée par l'émigration nazie. En immergeant la figure énigmatique de Menguele dans la vie quotidienne, Lucía Puenzo s'appuie sur les détails les moins visibles de sa personnalité pour faire ressortir avec une grande subtilité l'horreur de sa pensée profonde. Un roman captivant qui entraîne le lecteur sur les routes de la mémoire.

05/2013

ActuaLitté

Faits de société

Un matin, j'étais féministe

Sophie Bramly raconte comment elle est devenue féministe en entremêlant sa vie et celles de femmes illustres dans ce livre inspirant qui met à mal les stéréotypes de genre et prône l'empowerment des femmes. A 21 ans, elle suit avec fascination l'émergence du hip-hop dans le Bronx : une révélation artistique et une rencontre avec l'une des cultures musicales les plus machistes. A New York toujours, elle croise Madonna et son bad féminisme revigorant. De retour à Paris, elle doit lutter contre la misogynie et les manigances de couloir de collaborateurs aux dents longues. Autant d'événements qui vont la questionner, la mettre en danger et la faire naître au féminisme. Sur son chemin, elle va croiser des figures inspirantes - sa mère, Françoise Rey, Lilith, Prince, Delphine Horvilleur ou encore Cléopâtre... - qui vont l'inviter à se poser les bonnes questions : pourquoi les femmes de pouvoir ont-elles été effacées de l'histoire ? Les femmes représentent 52 % de la population française et pourtant elles continuent à jouer les secondes roues du carrosse. Pendant que les hommes règnent en maîtres sur le progrès, la croissance économique se fait sur le dos et sur le revenu des femmes, poussées à toujours plus consommer et à se tenir éloignées de leur éros. Peut-on enfin rendre aux femmes toute leur puissance, sexuelle, intellectuelle, financière, politique, sans que les hommes se sentent lésés ?

02/2019

ActuaLitté

Poches Littérature internation

Haute enfance

A quarante ans, Kasch l'héritier est de retour dans sa ville natale, avec une seule obsession : se suicider, maintenant qu'il a écrit les quelques livres qu'il avait cru devoir écrire et qui ne l'ont mené qu'à un désespoir plus profond, celui de n'avoir pas su s'abstenir. En attendant de se pendre à sa poutre de chêne apparente, il hante les parkings, épie les ébats des jeunes amoureux. Jusqu'au jour où il délivre, des mais d'une bande de petits malfrats, une adolescente de quatorze ans, Laney. Et c'est, au pays de Haute Enfance, la rencontre du Solitaire qui " aimerait mieux pas " et de la sauvageonne, de l'intellectuel raté et de la " Lilith des champs ". Un cantique de la perversion. Linda Lê. Il y a, d'abord, la formidable galerie de personnages dessinés par Joyce Carol Oates : Laney, l'adolescente trop lucide et qui souffre de la pauvreté comme de l'isolement ; Arlène Hurley, la femme perpétuellement abandonnée par ses amants ; Vale le frère de Laney, aspiré par les charmes obscurs de la délinquance ; Earl Tuller, l'homme brutal qui meurtrit et saccage ; et, pour finir, Kasch, l'intellectuel en rupture de ban, qui devient l'ami-père-amant de Laney. Il y a aussi le rêve fou de recréer, au cœur de la modernité, une minuscule enclave de passé. Il y a, enfin, l'émotion que suscite un texte au lyrisme contenu.

10/2009

ActuaLitté

Science-fiction

Mausolées

Descendu d'un ferrail brinquebalant, Léo Kargo pose son sac à Sargonne, une commune libre de l'Europe Ralliée établie après les terribles Conflits dont les destructions massives sont encore dans les mémoires de tous. L'un des hommes les plus célèbres de son temps, le richissime et controversé Pavel Adenito Khan, l'a recruté pour s'occuper de son immense collection de livres, l'une des dernières bibliothèques au monde. Mais Kargo comprend rapidement que son embauche ne doit rien au hasard. Inquiet, il enquête... Et les questions, les rumeurs, nombreuses. surgissent... A propos des livres atteints d'une mystérieuse lèpre. sur la séduisante Danoo Forge, l'assistante du milliardaire étrangement surnommé le Diable. Et qui est cette fascinante et dangereuse Lilith, mi-femme, mi-machine qui rôde dans la cité ? Dans cette quête, hantée par le souvenir d'une science déréglée et la folie guerrière des hommes, Kargo trouvera bien plus que des réponses. Il rencontrera un destin poignant, le sien et le chaos, celui du monde. Mausolées est un miroir de notre époque troublée avec lequel, par une écriture d'une rare originalité et un art maîtrisé du suspense, l'auteur explore les grands enjeux du futur proche comme les fêlures plus intimes de l'homme. Empruntant au polar sa noirceur, au conte sa poésie, Christian Chavassieux tisse une magnifique histoire d'anticipation, passionnante et marquante de bout en bout.

10/2013

ActuaLitté

Paranormal, Bit-lit, Science-f

Éden, Libération Livre 3

L'heure de la libération approche, mais malgré les initiations que les Douze ont traversées, de nombreuses épreuves sont à leur porte. La reine des Apophis n'a pas l'intention de perdre la mainmise sur l'humanité, et son plan se déploie comme une toile tentaculaire. Heureusement, Aurora et ses camarades n'ont pas dit leur dernier mot, et comme les Guides le leur avaient annoncé, plusieurs alliés se joignent à eux dans ce mouvement pour la libération. Afin d'accomplir leur mandat, les Douze se déploient sur le terrain, mais en cette fin de cycle, le chaos s'abat sur toute la surface du globe. Face aux nombreux scandales qui éclatent, le peuple se révolte, et tous doivent désormais lutter pour leur survie. Pendant que la noirceur s'intensifie sur Terre, un autre combat fait rage entre Lilith et les forces évolutives. L'issue n'a jamais été aussi incertaine : Hannah n'est pas la seule à faire preuve d'ingéniosité, et les Anciens se préparent à riposter. Est-ce que l'aide apportée par Sophïa sera suffisante pour que les Douze puissent enfin rentrer à Eden ? Les forces du Mal les plus abyssales ne peuvent oublier que les forces du Bien n'ont ni début, ni fin... Biographie : Après avoir terminé l'écriture de sa saga Flamme Jumelle, Virginie entame une nouvelle saga pour partager les prises de conscience faites en chemin. Eden vous entraînera à pousser votre réflexion plus loin quant à cet univers dans lequel nous évoluons. Etes-vous prêts à vous ouvrir à l'impossible ?

06/2023

ActuaLitté

Littérature étrangère

Corps royal des quêteurs Tome 1 : La table du roi Salomon

Canterbury : des ruelles pavées à l'ombre d'une cathédrale mythique, un honorable archevêque, des étudiants, des pubs et des bicyclettes. Tirso Alfaro, doctorant espagnol en art médiéval, s'ennuie à mourir au musée de la ville, où il officie comme guide : jusqu'au jour où, sous ses yeux, un moine dérobe la précieuse patène ancienne, fleuron de la céramique vitrifiée des maîtres cordouans, qu'il était venu étudier. Echouant à convaincre les autorités que l'oeuvre qui continue de briller de tous ses feux derrière la vitrine blindée est une réplique, Tirso est renvoyé à Madrid, où l'attend une offre d'emploi énigmatique, assortie d'un extravagant test d'aptitude... qu'il réussit. Il intègre alors le Corps royal des quêteurs : une organisation secrète, établie dans les sous-sols du Musée archéologique de Madrid, et dont la mission consiste à localiser et à rapatrier par tous les moyens les oeuvres du patrimoine historique national que les rapines des guerres des XIXe et XXe siècles ont éparpillées à travers le monde. Les objets ainsi "volés aux voleurs" sont remplacés par de parfaites copies (le procédé mis en oeuvre à Canterbury). La première mission de Tirso, qui porte sur l'un des secrets les plus insondables de l'histoire des civilisations, le lance sur la trace du roi Salomon et de Lilith, l'incomparable reine de Saba. L'amour et l'action le disputent à l'intrigue et à l'aventure, dans ce roman érudit et trépidant qui nous plonge au coeur des histoires de l'art.

06/2017

ActuaLitté

Littérature anglo-saxonne

L'amour en saison sèche. 2e édition revue et corrigée

L'âpre "saison sèche" de l'histoire du Sud des Etats-Unis - de la fin de la guerre de Sécession (1865) à la Seconde Guerre mondiale - sert de toile de fond à cette double chronique, sociale et familiale. Celle de l'inexorable décadence des familles patriciennes du Vieux Sud vouées à disparaître sous l'assaut conjugué du progrès et de la modernité. Le conflit entre le Nord et le Sud se rejoue sur le mode mineur et tragicomique d'un combat singulier entre le major Barcroft, vieille baderne sudiste frustrée de gloire guerrière, et un jeune arriviste venu de l'Ohio dont l'ambition et la vitalité n'ont d'égale que l'absence de scrupules. Enjeu de l'affrontement : la fille cadette du major, Amanda, que Harley Drew trouve fort à son goût "vue de dot". Entrent alors en lice une redoutable femme fatale, Amy Carruthers, Lilith des temps modernes, et son mari, Jeff, un pathétique pervers polymorphe. Une nouvelle relation triangulaire se noue, qui relance pour chaque protagoniste la dynamique du désir. Il ne restera - comme il se doit - qu'un seul vainqueur et maintes victimes : les représentants du Sud d'antan avec leurs illusions, mais aussi et surtout l'Amour, contraint de se replier devant la convoitise et la luxure. Les belles vertus sudistes se sont consumées sur le bûcher des vanités. Servi par son écriture puissante, d'une brutalité toute moderne, et par son humour désespérant, L'Amour en saison sèche s'inscrit dans la "Grande Tradition" de la création romanesque : Dickens, Balzac, Flaubert, James, Proust (l'écrivain fétiche de Foote) et, naturellement, Faulkner.

03/2022

ActuaLitté

Arts décoratifs - Traditions

Bureau d'investigation du sacré

Croisant des approches artistique, anthropologique, des thématiques les plus ésotériques aux plus institutionnelles, tous ces acteurs ont exploré ensemble pendant plus de deux ans les "territoires désarticulés du sacré" . L'ouvrage, qui paraît à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à la fois au Collège des Bernardins et aux Grandes-Serres de Pantin en 2022, n'est ni un catalogue d'exposition ni un recueil de textes académiques exhaustif, mais une proposition hybride pour qui s'intéresse aux nouvelles formes de spiritualité et aux nouvelles formes tout court, qu'elles soient du vêtement, de la vidéo, de l'installation, des objets ou des corps. Il donne à percevoir l'état de ce sujet à un moment T et témoigne d'une génération d'artistes qui n'envisage plus l'effondrisme comme une fatalité mais comme un lien pour penser la fin d'un monde. Et qui, pour construire le suivant, revendique de "cosmiser" la pensée et la terre et dessiner un nouvel horizon aux nouvelles formes de solidarité. Contributions de Aniara Rodado (artiste), Claire Barré (scénariste et romancière), Marie Voignier (artiste), Alice Brygo et Balthazar Heisch (artistes), Céline du Chéné (réalisatrice et autrice), Alain Dellanegra et Kaori Kinoshita (artistes), Meris Angioletti (artiste), David Sendrez (docteur en théologie), Collectif Les Froufrous de Lilith, Simon Ripoll-Hurier (artiste), Eric de Thoisy (architecture, fondateur agence SCAU), Valérie Mréjen (artiste), Emmanuelle Luciani (curatrice et directrice artistique de Southway Studio), Jeanne Mercier (commissaire de l'exposition). Ouvres de François-Alexandre Monfort, Alice Lejeune, Kelly Eng & Marie Piplard, Clémence Perera Vétillard, Louise Fauroux, Bianca Dacosta, Auriane Robert, Emma Tholot, Esther Denis, Rémi Coignec, Brieuc Schieb, Juliette Ayrault, Ariane Jouhaud, Isabella Aurora, Eloïse Molinié.

02/2022

ActuaLitté

Sciences historiques

L'Orient-Express véhicule des fantasmes

Cette étude originale porte sur la construction idéologique de la modernité sous l'angle ferroviaire, elle montre comment la création et le développement de l'Orient-Express a bouleversé notre façon de voir le monde à la fin du XIXe siècle, l'aiguillant vers des représentations qui sont encore en partie les nôtres aujourd'hui. En franchissant les frontières, le train a rapproché l'Orient des Français. L'Orient-Express, singulière entreprise moderne trans-européenne, permit les premiers contacts entre Occident et Orient et encouragea, certes pour une minorité de nantis, sinon la connaissance du continent et de ses habitants, du moins sa première perception et la constitution des premiers lieux communs. En outre, cette entreprise industrielle titanesque exacerba les clivages de classes, à travers une presse populiste qui ne manqua pas de stigmatiser le luxe, le lucre et l'oisiveté d'une bourgeoisie corrompue, dont l'Orient-Express aurait été l'outil des turpitudes. Et l'intérêt, essentiel, de cet ouvrage, est de montrer comment, autour de ce train, se forgent alors les représentations de la bonne société sur les femmes. A l'époque, en effet, s'amorce en Occident un mouvement d'émancipation, certes encore timide en France, qui permet à certaines femmes de se libérer du carcan du mariage, du père et de l'Eglise ; l'Orient-Express est perçu comme un instrument de cette libération, et celles qui voyagent seules comme des dévergondées. En contrepoint de l'image d'une Lilith occidentale, réellement mais encore partiellement débarrassée des hommes, se forge un autre fantasme, celui d'une femme orientale soumise, voilée, prête à réaliser tous les désirs masculins.

10/2013

ActuaLitté

Littérature étrangère

Caïn

Dernier livre de José Saramago, décédé peu après sa parution au Portugal et en Espagne. Caïn est sans doute le roman qui condense le mieux l'érudition, les inquiétudes, les convictions et le talent de conteur du grand écrivain portugais, prix Nobel de littérature. Résolument humaniste, furieusement anti religieux, d'un humour ravageur, Caïn est la reécriture libre d'une oeuvre -selon Saramago, de fiction-, la Bible, à partir de l'un de ses personnages les plus emblématiques du mal et premier meurtrier de l'histoire: Caïn. Qu’est-ce qui a poussé Cain à tuer Abel ? L’envie, comme le disent les Ecritures ? Non, répond Saramago : l’injustice de Dieu. Méprisé, rejeté, mal aimé du père céleste, Cain le bon, le laboureur fidèle, s'est rebellé contre l'arbitraire et le favoritisme. Le coupable de la mort d'Abel, c’est Dieu. Condamné à errer sur la terre, Caïn, qui erre aussi dans le temps biblique, succombe aux charmes de Lilith, assiste et participe à des événements qui le le révulsent et contre lesquels il s'insurge. Il arrête le bras d’Abraham, prêt à assassiner son propre fils, regarde épouvanté les enfants et les innocents périr dans le brasier de Sodome, assiste impuissant à la colère de Moïse passant au fil de l’épée les adorateurs du veau d’or, observe les massacres et les pillages perpétrés par les tribus d’Israel contre les Madianites, la prise de Jericho, les souffrances inutiles infligées à Job. Et lorsqu’avec Noé il monte dans l’arche supposée sauver l’espèce humaine, il prend une décision drastique qui mettra fin aux agissements inconsidérés de ce Dieu rancunier, cruel et corrompu. Caïn est, le roman de la lutte séculaire entre l'homme et Dieu, entre le créateur et sa créature.

01/2011

ActuaLitté

Littérature française

Une adolescente

"Ce livre est né de mon amitié pour les sirènes : pour les filles de Lilith et non d'Eve qui transgressent les limites imposées à leur sexe et se risquent dans la rue, la bagarre ou l'écriture. Donner une voix aux adolescentes. Et prendre au mot Virginia Woolf : "Une féministe est n'importe quelle femme qui dit la vérité sur sa vie. "" L. P. Elle grandit dans la mauvaise partie de la ville : une petite ville de la banlieue ouest, collée à Paris. Elle a une grand-mère blanche et bourgeoise, une grand-mère vietnamienne et humble : une famille aimante qui se désunit. La narratrice veut s'échapper. Sans arrêt, elle s'échappe. Elle a le démon de la liberté. Alors elle fugue. Avec les garçons de la cité, elle traîne dans les rues, la nuit. Elle n'arrive pas à croire qu'elle est une fille. Au collège, ceux qui la harcèlent la surnomment "Lolito" . Mais l'adolescence se déclare. La vilaine chenille se métamorphose en papillon. L'adolescence brutalement sexualise Lolita et son monde vole en éclats. Est-elle amoureuse d'Otman, le roi des rues de sa banlieue, ou d'Ambre, l'amie de son lycée parisien, qui pique des voitures, boit et se prostitue la tête haute ? Et Lolita, où est sa place ? Elle qui renferme un mélange de "races" , de classes sociales, de masculin et de féminin ? Jusqu'à quand pourra-t-elle agir comme un garçon, impunément ? Qu'est-ce qui arrache à l'enfance ? Pour sa première autofiction, Lolita Pille se réapproprie la narration de sa propre histoire et signe un récit d'apprentissage au féminin bouleversant d'authenticité et de résilience.

01/2022

ActuaLitté

Fantasy

L'ensorceleur des choses menues

Dans un pays de lacs et de montagnes où personne n'est censé savoir ce qu'il y a sur l'autre versant, vivait Barnabéüs, ensorceleur des choses menues. Son échoppe ne payait pas de mine, mais il s'était taillé à force de labeur une bonne réputation dans le quartier. On le faisait venir pour poser un sort de serrure ou pour inverser le cours d'une source, afin que l'eau monte à l'étage. Voilà bientôt trois mois qu'il avait pris sa retraite et entrepris la rédaction de ses mémoires. Pour ce faire, il avait acquis un cabinet d'écriture ; le premier vrai luxe de son existence. Mais au moment de transcrire sa vie passée, Barnabéüs en est détourné par Prune, une jeune fille qui lui demande son aide pour retrouver son promis parti il y a de longs mois avec son père pour Agraam-Dilith, la cité blanche, la cité des mages, la cité secrète dont personne ne connaît le lieu s'il n'est mage lui-même. Barnabéüs refuse fermement jusqu'à ce qu'un matin, sorti acheter quelques légumes, il voie Prune se faire malmener dans la rue ; panier d'osier au bras, il monte à bord d'un bateau pour la protéger... Une fantasy sans épées ni chevaux, dans laquelle Régis Goddyn s'interroge sur la transmission entre les générations et imagine une société où l'avidité à vivre ne connaît aucune limite. Irait-on jusqu'à l'infanticide si c'était une voie pour l'éternité?

06/2022

ActuaLitté

Policiers

Comme elle

Une baby-sitter dévouée corps et âme... Depuis qu'elle est arrivée à New York, Ella est à la dérive. Elle vit en colocation dans un studio délabré et enchaîne les petits boulots. Aussi, quand un jeune couple aisé de l'Upper East Side lui propose de devenir jeune fille au pair, elle s'empresse d'accepter. Belle, riche, fantasque, Lonnie s'entiche aussitôt d'Ella. Fascinée par sa patronne, la baby-sitter mesure aussi ce qui les sépare - un mari charmant, un adorable fils et un compte en banque bien rempli. Mais la jalousie que lui inspire sa patronne se teinte se sentiments plus troubles et laisse bientôt place à une dangereuse obsession. " Une fascinante galerie de personnages. " Publishers Weekly " Ce roman explore le dangereux mélange entre désir et jalousie. Ce livre vous donnera des palpitations et des sueurs froides. " Lidia Yuknavitch " Ce roman vénéneux - acerbe, étincelant et sexy - impose Madeline Stevens comme un nouveau talent. Cette histoire d'obsession m'a captivée. " Julie Buntin " Un roman aussi puissant que palpitant sur l'intimité, l'identité et sur l'étrangeté qui se niche dans le coeur de ceux que nous croyons connaître. " Alexandra Kleeman " Le roman de Madeline Stevens est d'une effroyable justesse. La jalousie et l'obsession conduisent ses personnages à des extrémités qui font froid dans le dos. " Rebecca Schiff " Histoire d'amour et histoire d'horreur, chronique d'une obsession, récit d'une trahison, ce thriller psychologique met en scène deux femmes que tout oppose. " Hannah Lillith Assadi

01/2021

ActuaLitté

Littérature française

Un voyage en italique. Suivi de Entretien

Jean Seberg, égérie de la " nouvelle vague )), s'attacha durant toute son existence à la plus profonde sincérité dans son jeu comme dans sa vie. Propulsée sous les feux de la rampe à l'âge de dix-sept ans par le cinéaste Otto Preminger, elle va épouser en premier mariage François Moreuil, puis Romain Gary, aviateur engagé dans les Forces Françaises Libres pendant la seconde guerre mondiale, diplomate et romancier Prix Goncourt 1956 (futur deuxième Prix Goncourt 1975 sous le pseudonyme de Emile Ajar) et enfin Dennis Berry, cinéaste, fils du réalisateur et acteur américain John Berry. Jean Seberg quitta tragiquement la Vie le 30 août 1979 à Paris après avoir voué son existence entière à la sincérité et à l'engagement, à la scène comme dans sa vie de femme, mais encore soutenant les minorités depuis son adolescence dans sa petite ville natale de Marshalltown en Iowa. Devenue star internationale, elle consacrera sa notoriété, ses relations et ses moyens financiers au soutien inconditionnel de la cause noire américaine alors éprouvée, s'attirant les foudres du F.B.I. et de la C.I.A. qui ne cesseront de la harceler pour son engagement politique sans concession, notamment à l'apogée de sa carrière dans les années 1968-1969. Elle aura cependant eu le temps de tourner Bonjour Tristesse avec Preminger, A bout de souffle avec Godard, La ligne de démarcation avec Chabrol et bien sur Les oiseaux vont mourir au Pérou de et avec Romain Gary, sans oublier Lilith avec Robert Rossen... pour les plus importants. Spontanée et attachante, sincère et infiniment séduisante, brillante, elle traversa la Vie comme une comète avec une innocence et une fraîcheur de cœur et d'esprit jamais démentis. Elle repose de nos jours dans la plus grande modestie au cimetière du Montparnasse... Philippe Legouis, dans un roman/biographique qui débute par une rencontre avec & ce qui pourrait être a le double de Romain Gary, donne vie à une Jean Seberg superbe et fragile, peu après sa rupture avec l'écrivain-aviateur. L'auteur n'en est pas à sa première tentative d' " habiter " ses personnages féminins, après avoir suivi les traces de Virginia Woolf, publié fin 2006.

06/2009

ActuaLitté

Science-fiction

Asylie, la Cruelle. Pirate et Vampire

A l'origine, j'ai été conçue pour dispenser du plaisir, pourtant celle que j'ai surnommée Kitty est terrorisée. Qui ne le serait pas ? Je lui ai promis de croquer son coeur juteux. Que voulez-vous ? je suis une Shamblô assoiffée de sang. Il est dans ma nature de vampire de me nourrir du liquide délicieux, si chaud, si goûteux et si suave de mes proies. Mais avant, ce qu'elle subira me permettra aussi de déguster ses émotions. Plaisir dont le nom n'a pas été inventé ou douleur fulgurante innomée, les deux me satisfont. Selon mes précieuses envies, elle bénéficiera tant de mes sévices que de mes douces attentions. Avant, pour bien la savourer, je dois la préparer à mon goût, elle n'en sera que plus savoureuse. Je suis une raffinée et non un monstre. Je ne force jamais ma victime. Je souhaite qu'elle se donne, qu'elle s'offre pour mieux pouvoir la déguster lentement. J'en ai déjà le sang qui me monte à la bouche... Afin de mieux la séduire, je lui narre ma vie de pirate. Conçue aussi comme une arme de guerre par Lilith la Maudite, j'ai reçu pour mission de combattre sur mer comme sur terre, les Shylocks qui menaçaient d'anéantir le royaume de Titan. Plus tard, j'ai participé à la guerre de succession de l'empire Mu. Puis, j'ai anéanti sur mer les Hordes Mardokhans. Ma dernière mission d'importance : ruiner l'Empire de Charles Quint. Mon ultime action d'éclat : la prise et le sac de Veracruz. Des exactions, j'en ai commis, mais qu'y puis-je, c'est ma nature. Certains nous considèrent mes semblables et moi, comme des monstres de cruauté et de perversité. Ils souhaiteraient nous voir disparaître de la surface du monde. Ils nous tendirent des pièges ignobles pour nous anéantir et nous firent des procès insensés. En vain. Nous avons passé les siècles et les millénaires et nous sommes toujours là. Cela ne m'écartera en aucune manière de ce pourquoi je suis ici : Croquer le coeur de Kitty. Peu m'importe ses suppliques et ses efforts pathétiques, afin d'échapper à mes crocs. Je n'éprouve aucune pitié, non vraiment aucune, car je suis une Shamblô. Je sens que je vais me régaler.

11/2019

ActuaLitté

Littérature érotique et sentim

L'honneur du clan Tome 1 : La flamme des Highlands ; A la merci du highlander

Partagés entre devoir et passion, les héritiers MacLerie devront faire leur choix : préserver l'honneur du clan, ou sauver l'amour de leur vie. La flamme des Highlands Ciara a bien cru perdre pour toujours Tavis, destiné à une autre. Mais, lorsque celui-ci se retrouve un jour libéré de ce lien, un fol espoir envahit la jeune femme. Tavis, son ami d'enfance, son seul et unique amour, peut enfin être à elle ! Leur heure serait-elle venue ? Hélas, obnubilé par les alliances politiques, son père étouffe son bonheur naissant en arrangeant un mariage pour elle. Consciente d'outrepasser les lois de son clan, elle décide d'avouer sa passion à l'homme qu'elle aime et de le conquérir. A la merci du Highlander Rob Matheson, chef de clan, contient à grand-peine sa rage. En enlevant la fille du chef des MacLerie, le clan ennemi, son cousin a bravé son autorité et rompu les règles. Pire encore, cette brute a lancé un défi, une véritable déclaration de guerre aux MacLerie. Devant l'assemblée des guerriers, la captive, terrifiée mais surtout tremblante de colère, lui jette des regards haineux. Cette prisonnière, hélas, il ne la connaît que trop bien : c'est la farouche Lilidh, celle qui fait battre son coeur d'un désir interdit... A propos de l'auteur : Nominée trois fois aux RITA Awards - qui récompensent les meilleurs auteurs de romance -, Terri Brisbin a écrit de nombreux romans, traduits dans vingt langues et publiés dans vingt-cinq pays. Son genre favori est la romance historique, dans lequel elle excelle : en témoignent les plus de 1, 7 million d'exemplaires de ses romans vendus à travers le monde.

02/2019

ActuaLitté

Littérature française

Je hais mon chien

A quarante-cinq ans, Paul se reveille un beau matin convaincu de tenir l'explication aÌ la meÌdiocriteÌ de sa vie sentimentale : engourdi par la tendre routine qu'il partage avec Marie-Laure, sa chienne des PyreÌneÌes, il a trop aimeÌ celle-ci pour aimer encore autrui. DeÌs lors, c'est deÌcideÌ, Paul hait son chien. Il se met en teÌte d'instruire le proceÌs de l'animal. Mais cet hilarant reÌquisitoire tourne vite aÌ un examen de son passeÌ. Ressurgissent alors sa douloureuse histoire d'amour avec CeÌcile et le souvenir poignant de son initiation sexuelle par un couple bien pervers... Charles Nemes se livre aÌ un reÌcit baroque qui allie avec brio humour et graviteÌ. Charles Nemes, neÌ Charles Paul Zoltan Nemes de Weisz- Horstenstein aÌ Paris le 5 aouÌt 1951, est un reÌalisateur et sceÌnariste fran- çais. TreÌs lieÌ aÌ la troupe du Splendid, son oeuvre est marqueÌe par les films et seÌries comiques. "Je hais mon chien" est son premier roman, publieÌ en 2002 aux eÌditions Balland. Extrait : Il lui avait fallu neuf ans pour en arriver laÌ. Neuf ans de bons regards fideÌles, de jappements satisfaits, de "gratte-gratte sous le cou" , de "bonjour ce joli chien, comment il va ce matin ce joli chien ? " , et ce, malgreÌ les gueules de bois, les revers profession- nels, la solitude croissante. Neuf ans pour enfin deÌceler dans ces yeux marron peÌtillants les preuves du naufrage affectif dans lequel cet animal insouciant l'avait preÌcipiteÌ. Depuis la sonnerie du reÌveil, depuis que la papatte s'eÌtait poseÌe sur le bobord du lilit de son papa, depuis un instant, il savait. Il savait que cette bienveillance toujours disponible, cet attachement de principe, cette capaciteÌ de se mettre aÌ jouer aÌ la demande, de se preÌter aÌ la caresse ou de supporter des bourrades amicales, eÌtaient les preÌtextes de son avachissement, de son abandon de tout combat intime. Paul avait laisseÌ tomber. Il s'eÌtait fait aÌ l'ideÌe d'eÌtre seul, aÌ l'ideÌe de mourir chichement sans descendance dans un asile quel- conque, ou par inadvertance dans un studio miteux, oublieÌ du plus scrupuleux de ses freÌres. Paul ne vivait sa relation aux femmes que par historiettes sporadiques, eÌchecs annonceÌs et seÌductions sabor- deÌes ; il eÌtait lui-meÌme le tailleur appliqueÌ de toutes les vestes qu'il prenait. Jusqu'aÌ ce matin, il avait attendu avec une impatience ina- voueÌe le terme de sa vie, qui le libeÌrerait de cette culpabiliteÌ infligeÌe par la reÌussite sentimentale des autres. Or Paul venait seulement d'avoir quarante-cinq ans.

10/2023

ActuaLitté

Poésie

La Déployée / Des pas sur Moà-neige

Autrice, artiste plasticienne et commissaire d'exposition indépendante, Juliette Fontaine a déjà publié plusieurs recueils de poèmes, dont (Avant l'hiver) des fenaisons, préfacé par Yves Bonnefoy aux éditions L'entretoise en 2003 et Tu dis, aux éditions Isabelle Sauvage en 2006. Tout en continuant sa pratique artistique (dessin, vidéo, expositions, commissariats et direction du Centre d'arts plastiques d'Aubervilliers depuis 2013), elle est récemment revenue à l'écriture de manière durable et intense : ce recueil en est le témoignage le plus saisissant. Tout y résonne d'une intériorité vibrante & retenue. Quelque chose y palpite continûment : au rythme d'un intime trouvant à s'éployer ? sans s'épancher. Les mots alors figurent & paysagent. L'autre tacitement apparaît. "J'écris dans les marges du monde", dit-elle ? simplement, doucement. Et à partir d'où, en effet ? écrire ? De quel pudique endroit ? en retrait, sans être retiré/e du monde ? trouver à voir et à dire l'en-vers des choses, la jointure [des] corps ; la soudure des eaux ? Membrure du réel invisible jusque-là. De ces marges seulement. Là : seule, seulement, à l'écart du bruit du monde et de sa rumeur, peut se former, se déployer ? tu as raison délie tous tes bras ? quelque chose comme un chant : mots-musique, mots-image qui naissent du silence, trouvent là leur source : leur ombre-source précisément. Marges du monde, donc : silence _ dévalement ; germoir qui s'ouvre. Là, seulement, s'ouvre la patine noire du ciel. Là, seulement, on entend du vent le prologue et la promesse, on voit les granits et les anges ? ceux-là même qui, nuit après nuit, la rêvent, elle : l'Enigmatique, Laylâ l'obscure ? Lilith ourdie des mains. A l'orée du monde, l'oreille se tend, écoute l'eau _ la pluie Schönberg, se surprend engouffrée par l'entrée d'une aube et la parole tonnante qui vient avec. Tonnerre en effet ! : la parole habituelle ? bavarde et affairée ? vidée de ce qu'elle désigne, pour être efficace, rapidement communiquer ? parole-affolée ? se fait à nouveau pleine et sereine : alentie ; fait à nouveau paraître ce qu'elle nomme ? parole héliotrope. Parole aux couleurs nombreuses, aux senteurs odorantes, entêtantes comme la plante ? il y a ce peuplement de l'ocre, cette nausée blanche du jour aussi, que l'on sent ; parole tournée, se tournant vers le soleil, l'ombre que ce dernier fait naître & varier ? alors on voit que l'ombre sur l'herbe recule lentement / et quitte le jardin ; on perçoit la densité brute des sous-bois. L'héliotrope, c'est aussi l'instrument qui de son miroir renvoie les rayons solaires et permet(tait) l'arpentage ; mais si la parole, dans le poème & par le poème, arpente marges du monde, s'y établit furtivement, en dresse comme une "cartographie", dans les paysages et figures qu'elle évoque et convoque à la fois ? oh rive rougie des yeux ; nudité insolente des bras ? pourtant il y a dérivation nouvelle / _ lumières courbes. Car l'arpentage est du corps d'abord : mesure de ce qui ne se mesure pas ? cette grande forme immense-ouverte plus tard d'infinis, désinscrits des routes ? dont on il faudra bien tenter ? oui ! : la danse nerveuse des mésanges ? de prendre la mesure ? l'ampleur et le rythme, le pouls aussi ? dans l'ajustement des pas : marchant, c'est cela, dans _ à tâtons. Alors dans l'écart du Dehors ? le pli des choses ? le repli du corps ? l'approche s'invente : le corps devient désir : va à l'autre ; et dans l'étreinte tentée/tentante, inverse la nomination devenue imprécation : donne-toi ton Nom / donne-toi ton Nom ? il y a le vocable blanc des mains / offerte à la saillie lunaire ? et maintenant le creuset visité du corps. Intensité sensible qui seule mesure l'être. "J'écris dans les marges du monde", dit-elle ? simplement, doucement. Et elle veut dire qu'il est possible de laisser trace de ses pas dans ces marges, que d'autres suivront. Le bruit du monde s'atténuant & sa rumeur diminuant, il y a ce bruissement retrouvé du silence où tout vit ténûment ? de cette animalité qui caractérise alors les eaux, limpides ou troubles. Alors : l'avenir des crues / l'érection des pistils ; les loups turbulents ; cette ligue des vents limeurs et la nuit partout est une mer de lait. Car écrire dans les marges du monde, ce n'est pas seulement écrire depuis ces dernières, mais, également, s'y frayant un chemin ? nichée contractile / géologie de notre langue ? ou le découvrant opportunément ? passage inattendu pour des pas dans la neige ? venir tracer dans cet espace signes et voies : lignes d'erre que d'autres à leur gré suivront par la souche effleurée des réminiscences. Et alors, forpaysés, on trouvera devant soi l'empreinte des doigts sur la roche ? tout un poème. "J'écris dans les marges du monde", dit-elle.

05/2023