Au trait mythique du "contour" de l'ombre qu'évoque Pline l'Ancien dans son Histoire naturelle succède, dans l'Antiquité grecque, la mimèsis que théorisent Platon et Aristote. Elle conduit, à la Renaissance, à la définition d'un dessin rationnel à partir duquel Vasari fonde à Florence l'Accademia delle arti del disegno, à l'origine de l'Académie royale de peinture et de sculpture fondée à Paris au XVII siècle. L'instauration de l'institution académique formule une doctrine raisonnée du dessin qui impose son autorité pendant deux siècles, avant de se heurter aux changements idéologiques, sociaux et industriels du XIXe siècle. Au XXe siècle apparaît un dessin qui se donne à lui-même sa propre fin, bousculant les définitions acquises, ajoutant à la raison du trait "mimétique" la raison "urgique" de son propre tracé. En guise d'épilogue (provisoire), un dernier chapitre consacré au dessin chinois ouvre vers une autre histoire du dessin dans laquelle les questions de ressemblance et de tracé s'inscrivent dans une toute autre tradition, placée sous l'égide du "trait de pinceau".
Commenter ce livre