Pierre et jean

G Maupassant

Pierre est brun, Jean est blond ; Pierre est l’aîné, Jean le cadet ; Pierre est exalté et colérique, Jean paisible et affable. Une rivalité tacite oppose les frères Roland, fils d’anciens boutiquiers retirés au Havre, où ils mènent une vie paisible rythmée par les parties de pêche. Quand un ancien ami de la famille lègue toute sa fortune au cadet sans rien accorder à l’aîné, Pierre est dévoré de jalousie. En enquêtant sur cet héritage inexplicable, il va mettre en péril l’équilibre de la famille…Dans ce roman de la maturité, Maupassant transpose le thème universel des frères ennemis dans le milieu de la petite bourgeoisie de province et, d’une plume acérée, dissèque les contradictions et les hypocrisies de l’institution familiale.

Par G Maupassant
Chez Tredition

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Editeur

Tredition

Genre

Littérature française

21/11/2012 14,90 €
Scannez le code barre 9783849128616
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PRÉSENTATION

 

 

Pierre et Jean
ou l'art du roman

Un « petit roman »

 

 

 

Dans la carrière de Guy de Maupassant, Pierre et Jean fait figure de roman de maturité. Lorsque l'auteur en commence la rédaction, à l'été 1887, il a déjà fait paraître dans les journaux deux cents chroniques et près de trois cents contes et nouvelles, réunis pour certains dans une douzaine de recueils. Activité très lucrative, ces publications dans la presse lui ont permis de devenir célèbre et de vivre de sa plume, mais, selon son défunt maître Gustave Flaubert1, elles sont indignes d'un artiste. De plus, aux yeux de Maupassant lui-même, le roman représente le seul genre littéraire sérieux. Ainsi, s'il a fait ses preuves comme journaliste et conteur, il veut désormais être un grand romancier.

Auparavant, Maupassant a écrit trois romans à succès : Une vie (1883), qui retrace la destinée d'une jeune aristocrate normande, Jeanne Le Perthuis des Vauds, de son enfance à sa vieillesse ; Bel-Ami (1885), qui décrit la réussite sociale fulgurante du séducteur Georges Duroy, dans les milieux corrompus du journalisme, de la finance et de la politique ; Mont-Oriol (1887), qui entremêle l'histoire de Christiane de Ravenel, noble mal mariée et infidèle, et le récit de la création d'une station thermale en Auvergne.

C'est à La Guillette, sa maison d'Étretat, en Normandie, que Maupassant écrit Pierre et Jean en à peine trois mois. Après Paris (Bel-Ami) et l'Auvergne (Mont-Oriol), il choisit de situer en Normandie l'intrigue de son quatrième long récit, comme il l'avait déjà fait pour Une vie, son premier roman. Pierre et Jean se déroule dans le pays de Caux – que l'auteur connaît bien car il y a passé toute son enfance – et surtout dans la ville du Havre, grand port de marchandises et de voyageurs. À un jeune confrère2, Guy de Maupassant confia avoir eu l'idée de l'intrigue de Pierre et Jean en lisant un fait divers dans un journal local. Cette source n'a cependant pas été retrouvée.

Dans des lettres échangées avec ses proches, l'auteur désigne son œuvre tantôt comme une longue « nouvelle3 », tantôt comme un « petit roman4 ». Malgré son petit volume, Pierre et Jean marque un tournant décisif dans l'évolution de la technique romanesque de l'écrivain. Souvent éclipsé par sa réputation en tant que conteur, Maupassant romancier semble avoir atteint le sommet de son art dans ce récit, œuvre structurée dont l'intrigue est continue. En effet, loin de la construction en parties constituant chacune un tableau indépendant, qui dominait Une vie et Bel-Ami, les neuf chapitres de Pierre et Jean se succèdent dans une écriture fluide et sans rupture apparente. Pierre et Jean marque aussi une étape dans la manière dont Maupassant élabore la trame de ses romans. Œuvre à résonance flaubertienne, Une vie était centrée sur un seul personnage, Jeanne. Bel-Ami, plus balzacien5, et Mont-Oriol resserraient la durée de l'action (quelques années au lieu d'une vie entière) tout en brossant un tableau plus large, celui de la société contemporaine. Dans Pierre et Jean, Maupassant concentre son intrigue sur un seul moment de crise, qui dure quelques mois à peine, et étudie en profondeur la psychologie des personnages, en particulier celles de Pierre, de Jean et de leur mère. Ce livre laisse voir un auteur qui, après s'être essayé au roman de mœurs, non sans succès, se tourne désormais vers le roman psychologique. Ses deux dernières œuvres longues, Fort comme la mort (1889) et Notre cœur (1890), s'inscriront aussi dans ce genre.

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