#Essais

Atlas de l'islam ; lieux, pratiques et idéologie

Anne-Laure Dupont

Nouvelle édition! Livre numérique au format ePub 3. 0, optimisé pour une lecture sur le logiciel iBooks d'Apple. Cet atlas présente un panorama inédit de l’islam aujourd’hui, sous le signe de la diversité: 120 cartes et infographies entièrement mises à jour, y compris des documents et données sur la charî‘a ou les pèlerinages de masse. Plus d’un milliard de musulmans dans le monde: qui sont-ils? Les facteurs d’unité de l’umma, la communauté: rites, lieux d’étude et de pèlerinage, villes saintes, symboles architecturaux. L’islam politique: républiques islamiques, jihad, Frères musulmans, charî‘a. Une lecture indispensable pour renouer avec une vision juste et apaisée de l’islam. Retrouvez également l'application de vente au chapitre "La Cartothèque des Atlas"! © Éditions Autrement, 2014
Illustration de couverture: © Hiroji Kubota/Magnum Photos

Par Anne-Laure Dupont
Chez Autrement

0 Réactions |

Editeur

Autrement

Genre

islam

19/03/2014 19,90 €
Scannez le code barre 9782746732889
9782746732889
© Notice établie par ORB
plus d'informations

 

 

 

 

 

 

Introduction

 

Un atlas historique de l’islam contemporain

 

 

 

 

 

À la mémoire de Serge Dupont, mon père.

 

 

 

 

 

 

La cartographie des religions est, en général, une entreprise difficile. « Le fait religieux se prête à la description, à l’explication, à l’interprétation, mais fort mal à la quantification », écrivait Brigitte Dumortier dans l’Atlas des religions (Autrement, Paris, 2002). Pour des raisons politiques et idéologiques, les statistiques sont toujours sujettes à caution, majorées par les organismes religieux, minorées par les États. Tous les pays ne recensent pas non plus la religion de leurs habitants. Deuxième difficulté méthodologique, également évoquée par Brigitte Dumortier : « Quel niveau d’appartenance religieuse cartographier ? » Le monde compte aujourd’hui un milliard et demi de musulmans. Certes… Mais quelle signification donner à ce chiffre ? Dans ce milliard et demi d’individus, il y a des croyants, des non-croyants, des agnostiques, des pratiquants réguliers ou irréguliers, des non-pratiquants. D’aucuns se revendiquent musulmans, d’autres non. Et il y a les athées, dont certains ressentent quand même l’islam comme une part de leur culture et de leur identité… Quelques périphrases apaisent les scrupules : on parlera des individus « de tradition musulmane », ou « d’origine musulmane ». Y gagnera-t-on cependant en précision ? Dans toutes les tentatives de décompte, il faut accepter de rester insatisfait.

 

Un autre risque réside dans l’établissement de liaisons hasardeuses entre des phénomènes pourtant bien distincts, tels que les migrations et les religions. Il était difficile pour nous de relater la diffusion spatiale de l’islam sans évoquer les grands mouvements de population contemporains. C’est un fait qu’en France, par exemple, l’islam est devenu la « deuxième religion » à la suite de l’immigration massive d’individus musulmans. L’appartenance religieuse, pourtant, est tout à fait étrangère à la migration. C’est ainsi que notre double page sur la transplantation de l’islam relève plus d’un atlas des migrations que d’un atlas de l’islam à proprement parler. Elle nous a néanmoins paru nécessaire. Dans le même ordre d’idée, fallait-il faire figurer la question de Palestine, dont les fondements n’ont pas grand-chose de religieux, dans un atlas de l’islam ? Nous avons répondu par l’affirmative dans la mesure où celle-ci est devenue, dès les années 1930, une cause mobilisatrice pour les musulmans du monde entier. Ici encore, il faut assumer une certaine incertitude méthodologique et mettre en garde le lecteur, en l’invitant à une interprétation prudente et critique de ce qui lui est proposé.

 

Ajoutons que, toute pédagogique qu’elle puisse paraître, la représentation graphique des phénomènes religieux n’a souvent rien de neutre et alimente confusions, erreurs et visions anhistoriques du passé. Deux exemples. Nous connaissons tous cette carte, généralement pleine de verts de différentes nuances, qui montre l’expansion fulgurante de l’islam de la péninsule Arabique à l’océan Atlantique et à l’Indus, en un temps situé entre la mort du prophète Muhammad en 632 et l’avènement de la dynastie abbasside en 750. Le présent atlas n’en fait pas l’économie. Ne suscite-t-elle pas, néanmoins, autant de questions qu’elle n’en résout ? Que se produisit-il donc dans cette période ? Des pouvoirs musulmans furent instaurés et, avec eux, un nouvel ordre politique et social. Mais la conversion, l’adhésion des populations conquises à l’islam, l’islamisation, combien de temps prirent-elles ? Bref, ce qui s’étendit, c’est un empire avant une religion. Il faudrait réfléchir de surcroît à la durée de l’expansion de cet empire : un peu plus d’un siècle. Ce n’est effectivement rien à l’échelle de l’histoire, mais une éternité à l’échelle des vies individuelles et familiales.

Retrouver tous les articles sur Atlas de l'islam ; lieux, pratiques et idéologie par Anne-Laure Dupont

0 Commentaires

 

Aucun commentaire.