#Essais

À tous ceux qui ne se résignent pas à la débâcle qui vient

Laurent Mauduit

Dans l'histoire de la gauche française, c'est peu dire qu'il y a eu des pages peu glorieuses - promesses bafouées, reniements et trahisons - et qu'après des jours de fête et d'enthousiasme, les réformes annoncées ont trop souvent été écornées. Après l'espoir du changement, la " rigueur " ou la " pause " ! Et, en bout de course, l'inévitable défaite...
Le marasme dans lequel la France est enlisée depuis la victoire du candidat socialiste à la présidentielle de 2012 est pourtant à nul autre pareil. Jamais dans le passé, un candidat n'avait caché au pays, comme s'y est autorisé F. Hollande, la véritable politique qu'il entendait conduire. Jamais un gouvernement de gauche n'avait tourné casaque le jour même où il avait accédé au pouvoir et ne s'était appliqué, dans le plus grand désordre, mais presque avec application, à désespérer chaque jour celles et ceux qui l'avaient porté au pouvoir. A mettre en chantier les réformes réactionnaires concoctées par le camp d'en face. Jamais, surtout, un gouvernement n'avait renoncé à ce point aux valeurs fondatrices de la gauche et même de la République, acceptant qu'en son sein les campagnes xénophobes, dont l'extrême droite avait autrefois le monopole, trouvent des relais.

Par Laurent Mauduit
Chez Don Quichotte

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Genre

pamphlets politiques, faits de societe, actualite, temoignages, biographies

18/09/2014 424 pages 19,90 €
Scannez le code barre 9782359493115
9782359493115
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À mon fils, mon cher Tristan,
afin qu’il connaisse
mes engagements de jeunesse.

À tous ceux avec lesquels je les ai partagés
et qui ont gardé en eux, comme moi,
cet idéal qui nous habitait.

Pour la rédaction de ce livre, j’ai rencontré de nombreux acteurs de la vie publique, et notamment des personnalités engagées au Parti socialiste ou proches de celui-ci. Certains m’ont prié de ne pas mentionner explicitement nos rencontres, si bien que j’ai fait le choix de n’en évoquer aucune. Mais que tous sachent que je leur suis reconnaissant d’avoir puisé dans leur mémoire pour aider mes recherches.

Parmi ces personnalités, j’aimerais néanmoins signaler deux refus : Manuel Valls et Jean-Christophe Cambadélis. Dans le but de vérifier certaines des informations dont je disposais sur l’actuel Premier ministre, j’ai contacté, en mai 2014 et par téléphone, le membre de son cabinet à Matignon en charge de sa communication, Harold Hauzy, pour lui expliquer l’objet de ce livre et solliciter un rendez-vous avec le Premier ministre. Manuel Valls n’a pas pris la peine de me rappeler, ne serait-ce que pour décliner l’offre. J’ai confirmé ma demande par mail quelque temps plus tard, au mois de juin, mais ma requête est demeurée sans réponse.

Par mail également, j’ai fait savoir début juin 2014 à Jean-Christophe Cambadélis que je désirais le rencontrer pour vérifier avec lui les faits rapportés dans mon récit. J’ai insisté deux semaines plus tard par un SMS, lui signalant que j’avais découvert des faits importants le concernant et que je souhaitais m’en entretenir avec lui. En définitive, il m’a fait porter par son chauffeur, à la rédaction de Mediapart, cette lettre, en date du 9 juillet 2014, dont je respecte ici l’orthographe originale :

Laurent, C’est avec étonnement et un brin amusé que j’ai lu ton mail amical en vu d’une rencontre à propos de ton ouvrage. Depuis notre « sortie du PCI », tu me poursuis d’une vindicte pour le moins stupéfiante. Elle puise sa source dans ton éviction du poste de Secrétaire général de l’UNEF ? Ou de quelques propos que l’on t’aura rapportés ? Ou peut-être est-ce tout simplement ce que Pierre André Taguieff appelle la « force du préjugé » ? Mais il suffit de te regarder sur I-Télé pour mesurer la colère qui t’anime à mon égard. Quant à la gauche, tu as déjà prononcé notre acte de décès dans un précédent ouvrage. Je ne doute pas que tu trouveras quelques racontars pour illustrer ta nouvelle charge. Quant à apporter ma pierre, voire ma caution, à l’entreprise de démolition humaine et collective, cela ne me semble pas nécessaire. Tu le comprendras car ton jugement est fait ! Je vais donc décliner cette rencontre pour cet objet.

Le 15 juillet, je lui ai répondu par mail :

En réponse à ta lettre, je veux te dire mon regret. Je prends acte que tu ne souhaites pas me rencontrer mais je pense que c’est dommage. Car tu connais ma culture professionnelle, celle de Mediapart : les « racontars » n’y ont pas leur place. Comme tu as pu le constater tout au long des grandes affaires que nous avons révélées, de l’affaire Cahuzac jusqu’à l’affaire Tapie, en passant par l’affaire Bettencourt et bien d’autres encore, nous nous astreignons toujours à vérifier nos informations le plus méticuleusement possible. Et nous veillons toujours à respecter la règle du contradictoire. Tu avais donc bien compris que je souhaitais recueillir tes commentaires sur des faits très précis qui te concernent. Je regrette donc que tu te dérobes. Je le regrette d’autant plus que tu occupes désormais une fonction éminente qui peut susciter l’intérêt des citoyens et donc la curiosité légitime des journalistes. Je pourrais encore ajouter que certaines de tes remarques m’apparaissent obscures ou encore que je suis véritablement abasourdi d’entendre le premier secrétaire du PS, en charge si j’ai bien compris de réarmer intellectuellement son parti, prendre pour référence intellectuelle Pierre-André Taguieff, l’un des porte-voix des néoconservateurs français. Mais encore une fois, ce n’est pas cela qui m’occupe aujourd’hui. Ce sont les faits, seulement les faits – que je m’applique à reconstituer. En d’autres temps, lorsque j’écrivais un livre précédent, ton prédécesseur au poste de premier secrétaire, un certain… François Hollande, loin de me fermer sa porte, avait accepté de faire la critique de mon travail dans le journal Le Monde. Sans doute est-ce un signe de plus que les temps ont bien changé. J’en déduis que le droit à l’information des citoyens et le débat pluraliste et contradictoire ne sont pas des priorités pour le nouveau premier secrétaire du Parti socialiste.

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